TTn seigneur de Hagi, i^hàteau situé dans le comt
deï* >"rg5 près deWiuthertour enSuisse, faisoild^ ■
ure son occupation ordinaire , quoiqu'il pos-î
ieurs hefs. If réservoit ses meilleurs chevaux
arrue-Sonfilsjjeunectd'nnc figure agréable,
tes guidoit , tandis que le père en cheveux blancs ,
ouvroit le sein de la lene , et traçoit les sillons. Un
ducd'Autrirhe, qui alloit à Wintheitour, aperçut eik
fassant ces labotireurs respectables, et fut frappé de attelage. Il s'arrête. « Faite§ halte , dit-il au grandi « maître de sa maison. Je n'ai jamais vu un si beau « paysan , ni des chevaux si superbes attelés à une « charrue. » Mais quelle fut sa surprise , lorsque le . grand-maître lui apprit que c'étoit le baron de Sagi, qui labouroit avec sou fils ! Le duc faisoit quelque, difficulté de le croire. « Monseigneur, reprit le grand- « maître , votre grandeur pourra s'en convaincre de-i . « maiu par elle-même. Elle le verra venir à cheval à « sa cour pour lui offrir ses services. » En effet , 1« lendemain le baron de Ilagi , accompagné de sept de seseens, tous à cheval, vintà Winthertour faire sa cour au duc , qui ne manqua pas de lui demander si c'étoît bien lui qu'il avoit vu la veille à la suite d'une charrue superbement attelée? « Oui, monseigneur, répondit «le baron avec dignité) c'est moi-mcmç. J'aime l'agri-
le
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4f culture, et jene trouve pas, après la guerre pour la dé- « fense de la patrie, d^occupation plus digne d'un gentil- « homme, que celle de faire ^oirlui-raemeses terres. »
8. Le consul Mummiusl^ani pris la ville de Corinthe , fit transporter à Rome les tableaux exquis , et les belles statues qui décoroient cette superbe cité; mais il étoit si peu connoisseur, (Ju^il menaça sérieuse- Inent celui qui^étoit chargé du transport de ces ouvrages précieux , que , s^il en perdoit quelques-uns , il seroit tenu d^en fournir d^autres à ses dépens.
9. Pendant la première guerre punique, le fameux M. Attilius Régulus fut envoyé en Afrique pour combattre les Carthaginois. Le temps de son consulat étant expiré , le sénat ne jugea pas 5 propos de rappeler cet habile général , et d^interrompre le cours de ses vie* toires. Il lui continua le commandement des armées. Personne ne fut autant afHigé de ce décret que celui à qui il étoit si glorieux. 11 écrivit au sénat pour s'en plaindre , et pour lui detnâhder <Ju'ôn lui envoyât un successeur. Une de ses raisons étpit qu'un homme de journée, profitant de l'occasion de la mort de son fermier qui cultivoit son pelit champ, composé de sept arpens, s'étoit enftii après avoir enlevé tout son équi-
Sage rustique 5 que sa présence étoit donc nécessaire, e peur que , si son champ venoit à n'être plus cultive , il n'eût point de quoi nourrir sa femme et ses enfans. Le sénat ordonna que le champ seroit cultivé aux dépens du public ; qu'on rachèteroit les instrumens de labourage qui avoient été volés , et que la ré-
Fublique se chargeroit aussi de la nourriture et de entretien de la femme et des enfans de Rêgulus. Ainsi le peuple romain se constitua, en quelque sorte , le fermier de ce grand homme.
10. Pfdlopémen, l'un de plus illustres capitaines de' son siècle , étant en marche avec son armée , prit les devants, et arriva le premier au lieu où il devoit loger. On y avoit été averti de son arrivée , et chacun s^empressoit à préparer uii repas magnifique pour un personnage d^me réputation si brillante. Quand il entra, eomme il n'avoit pas une mine fort heureuse , et qwj^
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rien n'aniioncoit sa dignité , personne n'y fit attention. Une femme, le prenant pour un des Talels de l'armée qui venoit préparer les j^Les , le pria de lui aider à fendre du bois. Philopé^Ên, souriant en hii-mûme de la méprise de celte femme, prit gaiement une hache , et se mit à travailler de toutes ses forces. Ses principaux, officiers arrivèrent ; el , le voyant dans cet exercice^ ils demeurèrent tout surpris : « Que faites-vous dtaife. « là , seienenr ? lui dirent-ils. — Je paie l'intérêt de œs « mauvais eniiue,» répondit en riant le f^énéral acbéen. j i. Scipion étant allé rendre visite au poète Ennius, celui-ci , qui sans doute étoit occupé , fit dire à Scipion
far sa servante qu'il étoit sorti. Scipion s'aperçut de artifice ,: cependant il feignit de le croire et s'en alla. Quelques jours après, EHniuj alla chez Scipion, et demanda k la porte s'il étoit à la maison : « Je n^ K suis pas , lui cria Scipion. — Comment , reprit le « poète ; n'est-ce pas votre voix que j'entends ? Vmi» « vous moquez de moi. — Voyez , s'écria Scipion , « l'entêtement de t-et homme : l'autre jour, sur la ibi « de sa servante , j'ai cru qu'il n'éloil pas chez lui ; et « il ne veut pas croire aujourd'hui , sur ma parole , « que je ne suis pas chez moi. »