‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 58 sur 138 · SIMPLICITE · texte numérisé non relu

SIMPLICITE

JSSY d'Amboise ayant appris que tous les seigneurs de la k:uur ae Henri II, qui éloient d'un même tournoi que lui , faisoient des dépenses extraordinaires pour leurs équipages et pour leurs habits ^ fil vêtir ses gens comme des seii;neurs,et lui marchaje plus simplement du monde au milieu de ce train ma^itique. Lanature alors Cl valoir lelleraenl ses avantages dans lapersonncde Bussi , que Bussi fut pris seul pour ungrand seigneur; et tous les seigneurs qui s'étoient fiés a leur magnificence , ne passèrent que pour des valets.

2. Contran , roi de Bourgogne , trouva dans la dépouille du duc Mummol , qu'il avoit vaincu , Iroiscenls quarante marcs de vaisselle d'argentqu'il fil briserafinde les distribuer en aumônes. « Je n'en ai réservé que deux « plats , disoit-il ; et c'est autant qu'il en faut pourleser- « vice ordinaire de ma table. » Ce prince , par ses manières simples et populaires, se fit adorer de sessujets-U alloit souvent les voir dans leurs maisons, et y mangeait ce qu'ils lui présentoient. Aussi ne l'appeloient-ils qne notre bon roi (jonf/'a«.Quand,après quelques voyagesjil reveuoitdans sa capitale, toutlepcuplesortoit au devant de lui avec les bannières, en criant ; « Vive le roi!» et ce prince embrassoit les chefs du peuple, tendoit la msin aux moindres citoyens , et satisfaisoit tout le monde par son affahilité. On eût dit un ton père qui rentroit dans le sein de sa famille , et qui caressoit ses enfaus.

Z.CharieS'Quinta\Oïi\si vanité de remplirscs lettres el ses dépêches d'une niultitudede litres , énoncanttoujours les couronnes et les royaumes d'Espagne. Il eut mêmeiapassioud'éngerUsFays-Biisenmouarchie.Poiir

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faire la critique de cette conduite, François /prit, en lui écrivant, laqnaliiédepremier gentilhomme de France, et celle de seigneur de F ambres et de Gentilly^ TÎllages des environs de Paris.

4» Pharnabaze , un des plus grands seigneurs de Perse, ayant demandé une entrevue hAgésilaSy roi de Sparte, pour traiter delà paix, un ami commun ménagea cette conférence. Le monarque lacédémonien arriva le

{)remier au rendez-vous avec ses amis •, et, en attendant e satrape , il s^assit à Pombre d'un arbre sur le gasson"^ qui s'y rencontra. Dès que Pharnabaze fut arrivé, ses

{cens étendirent à tefre des peaux très-douces et à ong poil , de riches tapis de diverses couleurs , et de magnifiques coussins. Mais voyant Agésilas assis tout simplement à terre, sans appareil, il eut honte de sa mollesse, et s'assit comme lui sur l'herbe nue. Ainsi Ton vit dans cette occasion tout le faste persan venir faire hommage à la simplicité et à la modestie spartaine. 5. Alfonse V^ roi de Sicile et d'Aragon, ne se piquoit pas de montrer beaucoup de magnificence en ses habits ; son extérieur assez simple le distinguoit peu ' d'un particulier ou d'un homme ordinaire; et, comme on lui représentoit qu'il falloit soutenir la majesté royale : « Ce n'est pas la pourpre, répondit-il, ni l'é- « clat des diamans qui doivent distinguer un roi ; mais « la sagesse et la vertu. » Il alloit souvent dans les rues à pied, sans être accompagné. Ses courtisans lui exposèrent que sa sûreté exigeoit qu'il fut suivi de gardes et de gens armés, ainsi qu'en usent tous les princes quand ils sortent. « C'est aux tyrans , réj^ondit-il , à « marcher environnés de satellites ; mes gardes sont « ma propre conscience et l'amour de mes sujets. » Comme il alloit un jour à sa bibliothèque prendre quelques livres dont il avoit besoin , il la trouva ferïnée , et celui qui en avoit la clef étoit sorti. L'expédient qu'il prit fut de rompre la serrure, et d'enfoncer la porte. Un prélat très-considéré à la cour vint à passer dans ce moment. Etonné de le voir occupé à cette opération , il lui dit : « Quoi ! un roi comme vous « daigne faire le métier d'un garçon seiïunev^. t> Al-

f\ BIMPLiriTE. I

Jde la surprise de l'évéqiie, Inî répondit ï i ne la nature a donné aux rois des mnin^J ux antres hommes ; et je ne pense pasj nr ait jamais défendu de s'en servir dan»^ îns où elles peiiyent leur être utiles. » * J [ille unique de l'empereur ^«^ujre, entrsf i s l'appartement de son père avec une pa4 1 ite : le prince en fut choqué , et la recuÇir ent. Le lendemain, elle se présenta devanl -i habillement simple et modeste. Auguste, \ e changement, l'emhrassa avec tendresse, „ " ^i..Li ule noble simplirité est-^

.. ^Ilt ^.LiS digne de la t a'Auguste! -- H'er, lé- « pondit la princesse , j 's parée pour mon époux j « aujourd'hui je suis p; poiu- mon père. »

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