‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 68 sur 138 · SYMPATHIE · texte numérisé non relu

SYMPATHIE

« lettres; et tous les sujets de cette petite société se « sont dispersés de là dans toutes les académies. »

2. M. deMonlmort , célèhre géomètre , avoit approfondi la théoriedesjeiixde hasard. M.M'co/a^-CernoaiV/i avoit appliqué la mêiue théorie à quelques questions de droit, qn 'il assujettissoit aux principes austères ducalcuf. Cette conformité de fjoùls et d'études lit naître entre ces deux savaus l'amitié pt l'émulation. M. Bernouilli vhità Paris, elM. de MoatmorC l'emmena rhei lui à sa campamie, où ils passèrent trois mois dans un combat continuel de problèmes dignes des plus

frands géomètres. II s'agissoit d'estimer les hasards, e régler les paris, de calculer ce qui se déroboitle plus au calcul. Leurs journées passoient comme de» moraens , grâce à ces plaisirs, qui ne sont pourtant pas compris dans cequ'onappelleordinairemeni les plaisirs. 5. Jamais prince n'a cppouvé plus amèrement l'ingratitude et l'inconstance du peuple que Henri IF, quoiqu'il ne désirât que son soulagement et son bonheur. La plus grande partie de ses sujets le regardoient comme un tyran, parce qu'il étoit hérétique. Lorsqu'il | iit abjuration dans l'église de l'abbaye de Saint-Denis, entre les mains de l'archevêque de Bourges, une nombreuse populace s'y rendit en foule pour voir un roi dont on lui avoit dit tant de mal , cl dont elle s'étoit formée des idées si désavantageuses. On vit alors un de ces effets merveilleux de cette force sympathique qui attire , qui unit les cœurs. Son air noble , libre et guerrier , joint à cette aimable douceur , à cette gaieté vive et charmante qui l'acçompagnoient toujours, frajv

fèrent tous les esprits , et firent éclore tout-à-cmip atTection publique. Elle alla au point qu'une vieille l femme, hors delle-méme à la vue de ce grand prince, fendit la presse , écarta tous les obstacles , courut à lui, et , lui saisissant la tête , l'embrassa plusieurs fois avec transport. Tous les spectateurs en eussent vonlu faire autant. Le peuple désaliusc répandoit dos larmes de joie, et formoit des voeux pour la prospérité d'un monarque dont tous les traits , toutes les manières, toutes les démarches étoicut, pour ainsi dire^ frappés

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au coin de la bonté. Lé 'duc de Sully ^ qui étoit près de lui , le voyant attendri à la vue de cette multitude qui poussoit des cris d^allégrcsse , et qu'on lui avoit représentée si animée contre sa personne , ne put s'empêcher de lui dire : « Eh bien ! sire ^ voilà ces gens « que Ton s'attachoit à vous peindre comme vos plus « cruels ennemis ! Ne semble-t-il pas , au contraire» , « qu'ils revoient en vous uû libérateur et un père? » Henri ne put répondre que'par des larmes de tendresse. 4' Dans'im manuscritque possède une de plus riche» l>ibliothèques de Paris ^ on lit que les comtes deligne^ taille et d'Autricourt , frères jumeaux , issus de l'une

: des quatre maisons de l'ancienne chevalerie de Lorraine, étoient si ressemblans, que quand ils s'habilloien^. l'un comme l'autre, ce qui leur arrivoit de temps en temps pour s'amuser, leurs domestiques ne pouvoient

. les distinguer. Ils avoient le même son de voix , la même jdémarche , le même maintien ; et ces rapports parfaits jetoient dans le plus grand embarras les per- «onncsT avec lesquelles ils étoient liés, et souvent leurs femmes même. Etant tous deux capitaines des chevaux-légers, l'un se plaçoit à la tête de l'escadron de l'autre , sans que les. cavaliers et les officiers se doutassent de cet échange. Le comte d'Autricourt eut une affaire criminelle ; il ne tenoit qu'à sa partie adverse de le priver de la liberté. Que fît le comte de lÀgneville ? il ne quitta plus son frère , ne le laissa plus sortir sans l'accompagner ; et la crainte de saisir l'in-

. noeent au Heu du coupable , rendit nuls les droits qu'on avoit obtenus sur la personne du comte d'Autricourt^ Ils s'amusèrent un jour d'une scène assez plaisante* M. de Ligneville fît appeler un barbier. Après s'être fait raser un côté, il prétexte une affaire pour passer dans l'appartement voisin. M. d'Autricourt y étoit caché ; il endosse la robe-de- chambre de son frère , s'attache la serviette au cou , et vient s'asseoir dans le siège qu'A^oit litté M. de Ligneville. Le barbier se met en devoir e raser l'autre côté ; mais quelle fut sa surprise eu voyant que la barbe étoit en un instant revenue ! Ne dou^ tant point que ce ne soit un démon qui a pris latvçj&.t^ Tome IlL ^

de sa pratique , il fait un éraii(! cris, el sMvanotiît' Tandis qu'on s'occupoit à le faire revenir , le comte à'Autrxcovrt rentra daus le cabinet , et M. <ie Ligne- ■ville, a denii-rasé, reprit sa place. Nouvelle sniprise pour le barbier : il crait avoir rêvé tout ce qu'il a vu j et ■n'est ronvaiucu de la vérité , qu'en voyant, qu'en tou-

chaut les deuK ifrèrcs ensemble. La sympathie qui réguoil eoLre eux: , n'étoit pas nu>ins orifîuiafe que leur ressenti)! an c« : ils ont toujours été malades dans le jnème temps. Sa l'un receyoit une blessure, l'autre en ressentait de la douleur : il en ctoil de m^me de tous leurs maux ; aussi veiiUoient-iU avec le plus grand iotérêt à la coafluile l'un de l'aielre. Ce qu'il y a de plus ctonnaiiL eocore , c'est que très-souvent ils faisoient les meutes songes. Lp jour que le ctunte d'Awiricourt fut attaque en France d'ujie fièvre continue , dont il mourut, le comte de lieneville ressentil en Bavière ies accès de la niênie fièvre , et il aivoit suc- -combé icomme sou frère,- ajoute le manuscrit, s'il n'avoit fait un vœu à Notre-îDame d'AUenting.* Si tous ■ ces fîûtfl sont véritables , il faut avouer qu'ils ont de iquoi confondre la pénétration des physiciens les plus subliis , et qu'ils nous amionceni bien .des découvertes k faire encore dans le système de la nature.

j.XlLE^ne donne une meilleure éducation qu'une peititefoiiutte, pouTvuqu'elle soitaidéedcquelquestalenS' ■La force de l'inclination , le besoin de parvenir, le pen de secoui'S même , aiguisent le désir et l'industrie , A mettent en œuvre tout ce qui est en nous. Le savant Alexis Liure, académicien célèbre, juignit à ces avantages un caractère li-ès-sérieux, très-appliqué, et qui n'S" yoit tien de jeune que le pou/voir de soutenir beaucoup dsBrpvail. Sans tout.cela,. dénué de ressources, coinmcut eût-il pu subsister durant le cours de lies éludef^ L'ncgrajide économie n'eût pas sulïi. Il fullut qu'il d^ pétât à daulres écoliers plus riches et moins di'igeos t ce qu'où venoitpresque,dansl!instant de leur enseigner d (ous^ et il en tiroil \a douLle u.tiLiié de -vivie plus

tommodement^et de savoir mieux. La promenade eût été une débauche pour lui. Dans les temps où il ctqit libre , il suivoit un médecin chez ses malades ; et au retour, il s^enfermoitpour écrire les raisonnemens qu^ij avoit entendus» A la fin de ses études , il se trouva un petit fonds pour aller à Montpellier , où Pattiroit la grande réputation des écoles de médecine ; et il fit si bien , qu^il fut encore en état de venir de là à Paris , le §éîour ordinaire et le lycée des véritables talens.

Saplvis forte inclination étoit pour ranatomie;màiâ , de toutes les inclinations qui ont une science pour objet, c'cstla pins difficile à satisfaire. Les sortes de livres qui seuls enseignent sûrement Tanatomie, ceux qu'il tout le plus étudier, sont rares ; on ne les a pas sous 8.a main en aussi grand nombre et dans le temps qu'où Youdroit. Un certain sentiment, confus à la vérité, mais très-foxt, et si général qu^il peut passer pour naturel, feil respecter ies cadavres humains ; la France n^est, pas à cet égai'd autant au-dessus de la superstition, chinoise, qui révère les morts, que les anatomistes Iç désireroient. Chaque famille veut que son défunt n'ait plus qu'à jo]iir de se$ obsèques, et ne souffre point qu'il soit sacrini^ h l'instruction pul^lique^à peine seulement perraettra-t-elle , en quelques occasions, qu'il le 'soit à sonintérêtparticuliçr. Lapolicc restreint extrêmement ia permission de disséquer les morts; et ceux à qui elle raccorde pour rutiîitécommunejensontbeaucoiip plus jalpux que cette utilité ne dcmanderoit.Quandonn^est pas de leur nombre, on ne fait guère de progrès enanatpmîe, qui ne soient eu (juelque sorte illégitimes. On est réduit à frauder les loi§, et à ne s'instruire que par artifice, par surprise , à force, de larcins toujours un peu dangereux. M. ii^^re étant à Paris, éprouva les in(îonvémens de son amour pour Panatomie. 11 est vrai qu'il fiit un temps assez tranquille, grâce Ma liaison qu'il fit avec un chirurgien de la Salpêtrière, qui avoit à sa discrétion tous les cadavres de Vhôpitaî. Il s'enferma avec lui pendant Thivcr de 1684, qui heiireusemeiit fut fort long et très-froid; et ils disséquèrent ensemble plus de deux cents cadavres. Mais le savoir qu'il acç^v\\\.\j»vx>àk

iaâ T j^ t E N s.

le grand nombre d'étndians qui coururent à lui , eïd-*' tèrent des envienxqui le Iravcrsèrenl. Il se rëfiigia dans le temple, où les plus grands criminels se niettentqnelqiiefois à l'aliri des privilèges du 'lieu. Il mit y pouvoir traVailier en sûreté j avec la permission du grandprieur de f^endâme ; mrâs un officier subalterne, ave^ qui il n'avoit pas songé à prendre les mesures néce*-' ' saires , permit qu'on lui enlevât le trésor qu'il tenoît caché dans cet asile , un cadavre qui l'occupoît alors- Cet enlèvement se fit avec une pompe insultante. On triomphoit d'avoir anêté les progrès d'im jeune homme qui n'avoit pas droit de devenir si habile. Malgré ses malheurs, et peut-éirepar ces malheurs même , sa réputation oroissoit , et les écoliers se multiplîoient. Ils n'atteudoient point de lui les grâces du discours , ni ûuc agréable facilité de débiter son savoir; mais une exactitude scrupuleuse à démontrer, une, extrême timidité à conjecturer de simples faits bienvus. De plus ils s'attachoientàluipar la part qu'il leur don- g noit à la gloire de ses découvertes dès qu'ils le méri- " toient , ou pour avoir aperçu quelque chose de nouveau, ou pour avoir eu quelque idée singulière et juste- Ce n'étoit point qu'il afTectàt de mettre leur vanité dan» ses intérêts ; il n'étoit pas si fin ni si adroit : il ne songeoit qu'à leur rendre loyalement ce qui leur étoit dû. Malgré toutes ses lumières , il s'empressoit cependant toujours de s'instruire avec l'avidité d'un disciple. Il assistoit à toutes les conférences qui se tenoient sur les ■ matières qui l'intéressoient.Il suivoil les médecins dan» leurs visites -, il se Irouvoit aux pansemens des hôpi' taux. Enfin il fut reçu docteui^régent de la faculté de Paris. L'éloquence lui manquoit absolument. Un simple anatomistc peut s'en passer , mais un médecin ne fe peut guère. L'un n'a que des faits à découvrir et à exposer aux yeux; mais l'autre,' éternellement oblige de conjecturer sur des matières très-douteuses , l'eil aussi d'appuyer ses conjectures par des raisonuemens assez solides , ou iqui du moins rassurent et flattent , l'imagination effrayée. Il doit quelquefois paiier saiw avoir d'autre but que de parler ; cai' il a le malheur de [

ne traiter avec les homibes que dans le temps prëcisëmenl où ils sont plus foibles et pins enfans que jamais. Cette puérilité de maladie règne pricipalement dans le grand monde, et surtout dans une moitié de ce grand monde y qui occupe plus les médecins , qui sait mieux les mettre à la mode , et qui a pins souvent besoin d^étre amusée que guérie. Un médecin peut agir plus raisonnablement avec le peuple ; mais , en général , s'il n^a pas le don de la parole , il faut pres-^ que qu^il ait, en récompense , celui des miracles. Aussi ne fut-ce qu^à force d'habileté que M. Littre réussit dans cette profession 5 encore pe réussit-il que parmi ceux qui secontentoient de Taii de la médecine, dénué de celui du médecin. Sa vogue ne s^étendit point jusqu^à la cour ; mais malgré tant d^obstacles , son rare mérite , justement apprécié , fiit jugé digne de décorer Tacadémie des sciences. On connut bientôt M. Littre dans cette docte compagnie , non par son empressement à se faire connoître , à 'dire son sentiment , à ^/combattre celui des. autres , à. étaler un savoir imposant, quoique inutile ; mais par sa circonspection à proposer ses pensées, par son respect pour celles d^autrui, par la justesse et la précision des ouvrages qu^il donnoit, par son silence même. 11 fut toujours d'une assiduité exemplaire à Tacadémie , fort exact à s'acquitter des travaux qu'il lui devoit,sice n'est qu'il s'en aifranchit les trois ou quatre dernières années de sa vie , parce qu'il perdoit la v^ie de jour en jour \ mais il ne se relâcha point sur l'assiduité.. Alors il se mit à garder dans les assemblées un silence dont il n'est jamais sorti : il pàroissoit un disciple de Pythagore , quoiqu'il

f»ût toujours parler en maître sur les matières qui 'avoient occupé. Ceux d^entre lès gens de bien qui condamnent tant les spectacles , Tauroient trouvé bien net sur cet article : jamais il n'en avoit vu aucun. 11 n'y a pas de mémoire qu'il se soit diverti. 11 n'avoit de sa vie songé au mariage , et ceux qui l'ont vu de plus présent assuré que les raisons de conscience n'avoient jamais dû être assez pressantes pour l'y porter. Presque tous les hommes ne songent qu'à étendre leœ s^\xex^ ^ et à y faire entrer tout ce qu^ils peuveul à*é\.x«xi%^i:"-

pour hii , il aToit réduit la sienne à n'être guère que "lui seul. Il avoit fait de sa main plusieurs préparationB anatoinîqiies , qne des médef^Lns ou chirurgiens ans. giais cl hollandais vinrent acheter de lui , quelqu(& temps avant sa mort , loi-squ'il n'en pouvoit plus faii^ d'usage. Les étrangers le connoissoient mieux que né faisoit une partie d'entre nous. 11 arrive quelquefois qu'ils nous apprennent h; mérite de nos concitoyens,-!! que nous négligions , peut-être , parce que leur mo- ■destie leur nuisoit de piès, i

2. Del'étatdetaiHeur,lJ|ûr^/'ng-, célèbre officier prHS-- 1 sien, parvint an erade de welt-mai-étrhai. En sortant d'apprentissage, ri eut l'amiiition de vouloir aller Ira*vailler à Berlin. Comme il falloit passer l'Elbe dau* un bac , et qu'il n'avoit pas de" quoi payer , le passage lui fut reftisé. Piqué de cet affront, il dédaigna u4 nicticr qu'il en crut la cause , jeta son havresac dani i le fleuve , et se-i'it soldat. Il marcha à pas de géant dans cette carrière. H'eut bientôt l'estime de ses ca-^ marades , ensuite de ses officiers , et enfin de l'élec*" lexir Frédéric- Guillaunte son maître. Ce grand prince ; ■qui ainioil la guerre , qui la sàvoît , et qui étoit forci de la faire , avança rapidement un homme qui joigno^ les vertus du citoyen à tous les talens du mihtairC; Dorji'uig fut fait welt-maréchal , et remplit l'idée qu'on doit se former d'un homme qui , de la conditioB de soldat , s'élève jusqu'au généiaiat. Une fortune si considérable , et plus encore- les qualités brillàntei ■qtti l'avoieht méritée , excitèrent la jalousie des cflciirt !saïis éWvation. Il y eut des hommes assez bas peW j ^iVe que Dorfiing , pour être devenu grand sei^nèuPi W'dvoit pas ferdn Tiot de sttn premier éfat. « Oui , il dit-il à ceuSc qui Iwi rapportèrent ce discours , «J'irf 'k été tailleuf ; j'ai coupe dn'drap : » maintensint, coi* fenna-t-il en 'portant la ïnairt sui- la garde de son'^^ j «vàiQÏ l'instrumeirt aVcc Jeguèl je coupe les ot-èiM « k tj^i cftti pai'ledt ijilil de moi. » -v ^

S.Heni^emoTnthëpôûrfagrfOn^ti-iejïecéièbreVHf* cenz!o/^(Vmni ,ilft à 1 ecolë do ^tàidGaliiébSàà tk^^iêés ^«|^s^||kQscéitte^ettpesu}:AMaë.AprèslirmrMde'ti«{

homme rare , dont le gcnie créateur avoit , en quelque sorte, enfanté la philosophie, en la tirant des ténèbres qui, depuis tant desiècW^ obscurci ssoient son flambeau, le dignedisciple dece maître immortel s'empressa de parvenir àla célébrité, en marchant snrses traces .Un géomètre ancien appelé -^m^^e, avoit fait un Traité des sections coniques, fort recherché dans son temps, et qui ,malgré Testime qu'on en avoit faite^ s'étoit perdu. Fi^ vianiy fort versé dans la géométrie deà anciens, et regrettant sur-tout l'ouvrage à^Aristée^^ entreprit d*y suppléer, autant qu'il étoit possible, en tâchant de deviner ce qu*il avoit dû nofus dire. S'il est jamais permis- aux hommes de deviner ^ c'est en cette matdère, on, si l'o^ n'est pas sûr de re trouver précisément ce qu'cm cherche> on l'est du moins de ne rie» trouver de conti'aire, et de trouver toujours l'équivalent. Il fut quinze ans entier san s pouvoir se livrer à ce projet singulier,qui demandoit des talens siprofcmds^et, durantcetmtervalle, il conçut le dessein d'un nouvel ouvrage.où ils'agissoitdedeviner encore. jipollonms-PergœM, qaivivoit environ deuat cent cinquante ans avanti'ère chrétienne,avoitramassé^ sur les sections coniques, tout ce qu'avoient fait les savans qui l'avoient précédé. Son ouvrage contenoithuit livres, dont les quatre dernierss'étoientperdus,etle cinquième traitoit des phisgrandes e t des plus petites lignes droites, qui se terminassent aux circonférences des sections coniques. M. Vwianiy laissant Aristée pour quelque temps , songea à restituer de la même manière ce cinquième livre ,,et s'y occupa dans ses quinze années de distraction. Cependant le fameux Jean-AJphonse Borelliy passant par Florence , trouva dans la bibliothèque de Médicis, un manuscrit arabe dont l'inscription latine portoit : « Les huit livres des sections coniques , «par Apollonius'Pergoeiis. » 11 jugea, par toutes les marques extérieureaqu'iiputrassembler, que cedevoit être eflFectivement ^ouvrage de ce géomètre en son ed,tier,et le grand-duc lui permit de porterce manuscrit ^ Rome, pour le faire traduire p^rAbruharnEcchellen^is^ maronite,professeur enlangues orientales. A cettenpuvelle , Vwiani , qui fi« voulait poiat perdre Ve. i\:\x)X ^^

tout ce Cfn^il aymt préparé pour sa diTinatim y'^Mt tott^^''^ tes les mesures aécessaires pour prouver qull n^aTdtV' < fait effectivement que deviner* II se fit donner des cei^ ':\ tificftts âuthenticfuesqu!ilix'entend6it point Tarabe^fA^^ ^•

ff)ur jplus de sûreté qu^il n'avoitpoint vucemanuséiityp obtint du princeI<^op<l2€2, frère' du grand*duc FerS^. nand II y la grâce qii'il lui paraphât de sa prcmre.ralâl^ Aespapiers^enrétatou ils se trouvoient alors.. Il ne vou*^' lut jpoiift qne Bof^îU lui nSandât jamais rien^^e ce*' .

În'Êcchellensis auroit pu découvrir en traduiant , H'' ^^ t imprimer son ouvrage. Tan^s que le public Hccueilr ' loit cette" production d'un savant si digne de son estimé,^ * Abr^hean Ecckellensis, qui ne savoit point de géométrie, aidé par Borelli y grand géomètre y qui ne savmt point d'arabe y travailloit à traduire le manuscrit arabe' d^ Apollonius ; et bientôt ib mirent cet ouvrage au jour^' ' Alors l'Univers isàvant, suspendu, jusqu'à ce momenii' surle jugement qu'il devoifjporter de M. Fï<namyCotA^* para sa divination aveclavértté, et l'on trouva i^Étf^roit^ plus que deviné, c'est-à-^ire, qu'il avoit été Jbl^flS^y/ plus loito qu'Apollonius sur cette matière. IJlfWBBoes^ si singulier et si heureux excita de plus en plus le désir qu^avoiti^iVîûnide réussir aussi-bien sur^riV^^e.Ure-^, gardoit depuis long-temps comme des distractiotifr im- * portunes tout ce qui l'empêchoit de se lïvifer à ceti> ouvrage, qu'il destinôit hLouisXIf^y dont il ne cessoit de recevoir des bienfaits, et qui venoit de l'agréerpour Tin des huit associés étrangers de Pacadémie des sciences. 11 redoubla d'ardeur, et enfin il en publia trois livres. On ne peut assez admirer les recherches profondes' qu^ils renfermoient : l'on souhaita , pour son honneurV €pi'Aristée ressuscitât comme avoit fait Apollonius»

4. La nature combla deses dons l'immortel Dagues seau ; et ce grand hommepftirut réunir tous les talens dont Theureux assemblage fait l'admiration de tous les siècles. 11 lut les poètes grecs et latins avec une avidité qu'il appéloit ta passion de sa jeunesse. Sa mémoire les lui rendit si présens dans tout le cours de sa vie , qu'à Page d'environ quatre-vingts ans, un homme de lettres aymt cité peu exactement une épigramméiiiiè

Martial , il lui en rappela les propres termes , en lui ftvoùanf qu^il n^avoit pas ouvert cet auteur depuis l^âge de douze ans. La société de Racine et deBoileau avoit des charmes infinis pour lui. Il cultivoit comme eux h poésie > en avoit le génie et le conserva jusqu^à ses derniers jours. Reçu avocat-général du parlement lAe Paris, iJ y parut avec tant d'éclat, que le célèbre Benys Talon j alors président à mortier, dit qu'il vou- Aoit finir comme ce jeune homme commencoit* 11 fut ensuite nommé procureur-général à trente-deux ans ; €t ce fut alors qu'il déploya tout ce qu'ilétoit. Le chancelier de Pontchartrain le chargea de la rédaction de plusieurs lois ; et charmé de la manière dont il s'en acquitta , il lui prédit qu'il le remplaceroit un jour. L'administration des hôpitaux fut l'objet le plus cher de ses soins. On lui conseilloit un jour de prendre du repos. « Puis-je me reposer , répondit-il généreuse- « ment, tandis que je sais qu'il y a des hommes qui fc souffrent ? » Il avoit prévu le premier le fameux et terrible hiver de 1709, sur des observations qu'il fit à sa campagne , et en avoit indiqué le remède , en conseillant de faire venir des blés ayant que le mal eût produit une alarme générale. A la mort du chancelier Voisin , le régent jeta les yeux sur Daguesseau pour Remplacer ce grand ministre. Il le mande au Palais- Royal 5 et, en le voyant, il lui donne le nom de chdLa" ceVkéT*- Daguesseau s'en défend, fait des représentations au prince, allègue son incapacité. Le duc d'Orléans , pour la première fois , refuse de le croire ; et Dagu^seau se voit enfin obligé de consentir à son ëlévatioïi. II parut encore plus grand que sa dignité. Il s'étoit iiistruit des lois de toutes les nations et de tous les temps. Il n'étoit étranger dans aucun pays, dans aucun siècle. Il savoit la langue française par principes, le latin, le grec , l'hébreu, l'arabe, les langues orientales, l'italien, l'espagnol, l'anglaiset le portugais. L'étude de tant de langues, qui auroit rempli la vie entière de plusieurs savans, n'étoit ^ovlt Daguesseau qu'un amusement, comme il le disoit lui-même. Son principe étoitque le changement d'occupation est seul

Tindéïassement, Ainsi, tous les travaux de J'homrtie d* retires nefaisoient aucun lorl aux fonctions au ministre. Quand il perdit sa digne (épouse , on craignît que te pâidl. des affaires, joiiilà celui de l'afilietion, ne l'accablàt-'oil liii conseilla de suspendre ses pénibles occupations. « Non, repondit- il, jemedoisaupnl)lic;iln'est pas jiisW, < qii^il souffre de mes malheurs domestiques. » 1 '

a.Lecélèbrc/^2ço/î,siconnnpai'sesdécouvertesda» ■ Jnliotanigue, naquiLdanslejardin royal desplautes. LeI preniier objels qui s'offrirent à ses yeux , ce fiirent dei plantes ; Ips premiers mots qu'il bégaya, ce forent de» noms de plantes : }a langue de la botanique fut sa langue inaternellc.Acettepremièrehabitudesejolgiiifcungoût naturel et vif, sans quoi te jardin eût été inutile. Etant sur les bancs , il fit ime action d'une audace signalée, qui ne pouvoit guère , en ce teuips-là, être entreprise queparunjenne homme, ni justifiée que par un grand succès. Il soutint dans une thèse, la circulation du sangj et les vieux docteurs, opiniàtreitient attachés i ropmion contraire , trouvèrent qu'il avoit défeadu ' avefc esprit ce qui passoit alors pour im étrange paradoxe- Cependant on avoit négligé Je jardin royal ■, et cet établissement si utile étoit tombé dans un état où l'on ne pouvoit plus le souffrir. 1! ctoit si dénué de plantes , que ce n' étoit plus un jardin. M. Fagon s'offrit de voyager pour chercher ses habitans : il alla M Auvergne , en Languedoc , en Provence , sur le» Alpes et siu- les Pyrénées , et n'en revint qu'avec de nombreuses colonies de plantes destinées à repeupler cfl désert. Quoique sa fortune fut très-médiocre, il fit toai sesvoyagesàses dépens, poussé parle seul amour de lï

fialric ; car onpeut dire que lejardin royal étoillasieini6t 1 célébra ces nouveaux citoyens dans un petit poèa* latin, afin qu'il ne manquât rien à sou ouvrage. Ce çont cours de plantes qui, de toutes les parties dumonde,i venues à ee rendez-vous coniniun, ces ditl'érenspeii végétaux, qui vivent sous un même climat; I0 vaste pire de IHore, dont toutes les richesses sont rassemhh dans cette espèce de capitale ; lesplanles les plus raresd kî lesjjlfi8é^.a»gpçe^,t:el^4Welaiieii»itive,qiiiaplusd'aœii r'

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