Pour exprimer les> conquêtes à'Jllexand^e *- le
Crandy pour tracer aux regards la rapidité des victoires
-de été héros, Apelle le peignit la foudre à la main ; et ce
4ableau Bit trouvé si bien faut , qu'il fit dire que , des- deux
^lexandresy celui de Philippe étoit invincible /et celui
-d'^pef/e inimitable. lien ntnn autre, que le oioharque
alla voira Ëphëse, où le peintre travailloit. Il paroissoit
-monté sur u n superbe coursier, avec cet air m's^antme
^u'il monlroit au moment d'une bataille. Par unedeces
£îzarreries ordinaires aux grands , le prince critiqua le
chef-d^oeuvre, ettrouvasur-tout desdéfauts dansleche-
'val. U étoit à pied. On lui amena Bùcéphalfi : aussitôt cet
«nimalsemetàhennir àlavue de celuiquereprésentoit
le tableau y le croyant véritable. « En vérité, seigneur,
< dit alors Apelle ^ ce cheval paroit se connpitrc mieux
•« que vous en peinture.;) Ayj^9\KUïov\.à' Alexandre, un
«voyage quécetartiste fit par mer , l'obligea de relâcher à
Alexandrie. Quelques envieux qu'il avoit en cette ville ,
-et qni savobentique le roi Ptolémée ne Paimoit pas , le
£rent inviter à souper de la partde ce prince. Apelle ne
«oupconnantrien dans cette; incitation: perfide, se rend
-au pKÏaàs.Pioléméey choqûQ<dé voir un hommequ'ilhaïs-
«ôit, mandé tous ceuxquietoient châtiés d'avertir les
convives, et ditau peintriede réconnoître celui qui l'avoit
mvité. Apèlle ne le trouvaht point parmi ces oÇicrers ,
prit un chaHpon , traça son portrait sur la muraille ^ et
le mionarqile reconnut ^e «î'étoit son bouffon. ^
i3. Ijéuxis^iPnrrhadûs , deux fameux peintres de f anticpiité , épris d'iihe noble émulation , entrèrent un four en lice , et se disputèréÂl te prix pit)posé à leurs rares talens.Ze2^t^pai*ut le phemier,' avec un tableau qui représentoit un enfant portant une corbeille de raisins. Ces fruits étoient rendus avec tant de NériV^ ^ ^a Tom^ Iir. ^
a42 T A L E If 8.
les oiseaux s*y trompèrent , et s^approchèrent pour lêf hecqutier^Parrhasius yint ensuite. Il avoit peint sur son fableau un rideau. Son rivalfier du suffrage desoiseauz ^ se flafctctti ddjà do la victoire. « Tirez votre rideau^ lui « dit-il d'un ton qu'aniihoit VaAiour-propre; voyons votre « ouvrage- -^ Tirea-le vous-même, répond tranquille* ^ ment Parrhasiu^ i et }tigez. }^ Zeuùcis s'approche *, il porte là main sur lo tableau; mais quelle est sa surprise, lorsque au Kèn d'un rideau il ne trouve que des couleurs! U s'avoue vaincu ; et, trcnivantmotnâ difficile de trom*peritl^s. oiseaux , que les y^ux d'un ]^einire, il rend le pi^emjer hommage au triomphe dé son antagoniste.
i4* Leg(ânie, pour s'immortaliser, s'écaiie quelç^ô** ffÀB des routes ordinaires. Hogatth, peintre anglais, ne IrairaiHok point ses tableaux potu* satisfaire cequ'on ap*pelte ks amateurs; carilaVOit négligéle mécanisme de son art, c'est-à-dire, les traits du pinceau, le rapport des partie» entre elles^ l'effet duclaii^obscur, l'harmonieda coloris^ etc., pour s'élever au poétique et au moral de la peinture. « Je reconnois > disoitîl, toutle monde pour « juge compétent de mes tableaul, excepté lesconnois- « seurs de profession. » Un seul exemple prouvera combien ilréussit, et avec quelle éloquence son pinceau par^ loit aux cœurs simples et sensibles. 11 avoitfaitgraver une estampe dans laquelle il avoit exprimé, avec cette éner^ gie qui caractérise ses pathétiques productions^ les difïcrens tourmens qu'on fait éprouver aux animaux, l^n charretier fouettoit un }our ses chevaux avec beaucoup de dureté. Un passant ,. tcluchc de pitié, lui dit :i« Mi- « sérabJe ! tu n'as donc pasf vu l'estampe d'Uogarth ?» i5. Daniel Tauvry eut sohpère pour précepteur. U apprit, pour ainsi dire , dès le berceau , les langues savantes ; et le maître trouva dans, son disciple des dispositions si heureuses, qu'il hii fit soutenir problérnaiiquement une thèse de logique à l'âge de neuf ans et demi.La lhèsegénéraledephiJosophie,problématique aussi, vint nn anâprès.En^uiteM. ïffi/tTyleipèrejquiétoîtméde^ cin de l'hôpital de Laval , enseigna en même temps à son tils la théorie de la médecine , et la pratique sur les malades de cet hôpital. Mais pour l'instruire davantafi«
dans cette profession utile, il Tenvoya k Paris, âgé de treize ans; et, âeu2C ans après,le jeune médecin fnljugé digne par l'université d^Angers, d\ être reçu docteur.Il revint à Paris ; et ce fut alors qu'à î'àt^ de. dix-huit ans , il donna au pujilic des ouvrages capables de Pimmortali* aer, et qui le firent entrer dans l^académiédes sciences, où' son mérité €ît Ises talens étoient dignes de hriiler. 16. Jeaif-Louîs^Ëlisa3ïethc2é Montchalm de Candiac apprit» dàs le berceau, à distinguer les lettres. A trente mois,' il les eonnoissoit toutefr^ les grandes oomme les petites \ et, à trois ans, il lisôit parfaitement le latin et le français, imprime ou manuscrit. A quatre ans, on lui apprit la langue latine \ à cinq, il traduisoit couilammènt les auteurs les plus di^îciles; à six, il lisoit le grec et Thcbreil. Il possédoit dès4ors les principes de rarithnnetiiqifte, de rhistoîre*, de la géographie, du blason , de la science des médailles. En quatre semai* nés , il parvint à écrire correctement et facilement.. Montpellier^ Ntmes^ Grenoble y Lyon, Paris ùiéme. Admirèrent ses progrès surprenanSy ses talens préco-^ ces , et retendue dé ses cohnoissances. 11 avoit lu une foule des poètes-^ d'orateurs , d'historiens , de philosophes , d'éptstolaires^ .de grammairiens, dans un âge où tes autres «pfàns savent Àrpeinè bégayer leur pro^; pre langue. Ce petit prodige ne fit qne paroître. C^pe* complication de maux Tenleva au mionde, dont il avoit ébé/r admiration, -à l^àge de sept ans.
. \&.A Tàge de dil-hnit anjs , Jean-^Baptiste du Ilamel oomposa nul petit: traité. oiL il: /èxpUquoit avec ime ou deux figurés,. et d^'uite ihkttièté fort simple , les trois livres des Sphéniffues de Théodore* Il y ajouta une tiftgo*, noBietrie foil tourte et fort ^claire; dans le dessein de fociKterl'entnée dcil^astronotttteilla ditdans nnouvrage postérieur, qu'il il'avoit fait imprimer celui-là que par une vanité de jeune homme \ tnats.peu de cens de cet âgé pourraient avoir lanoémô vanité. Il falloit que Kincitnalion qui lé portoit aux si!îiencesiiit déjà bien géii«'râle et bien étendue , pour ne. pas laisser échapper les mathématiques , si peu connues et si peu cultivées en ce temps-là. La physique étoit alors oommn \xa ^g^ranà.
royaume démembré , dont les provinces et les gouvei^ J nemens étoiènt devenus des souverainetés presque in*! dépendantes. L'astronomie, la mécanique, l'optiqus]? ]j la chimie , etc., étoient des sriences h part, qui n'a^l ■ voient plus rien de commun avec ce qu'on appeloitH physique ; et les médecins même en avoient détaché ' leur physiologie , dont le nom seul la irnhissoit. L* physique appauvrie et dépouillée , n'avoit plus pour I son partage que des questions également épineuses e| ] stériles. M. duHamel entreprit de lui rendre ce qu'oy i luiavoît usurpé, c'est-à-rdirejime infmitéde connoi»^ | sances utiles et agréables , propres à faire renaître^ ] l'estime et le goût qu'on luîdevoit. II commença I'exé>^ ' cution de ce dessein , par quelques ouvrages qui furent accueillis avec la plus gnihde avidité. A la forme dff dialo^tes qu'il emploie , et à cette manière de traiter i la philosophie > on reconnoit que Cicéraa a servi d^ } modèle ; mais on le recannoît encore à une latinité pure et exquise ^ et, ce qui est plus important , à nS. ' grand nombre d'expressions ingénieuses etfines , don* \ cfii^oaVti^eB aoDt'seBaést.::Ge sont des fc'MioiibâiiaH' phildadphiques gni bnt dépouillé leur sécheresseiu^ tnreUe, ou du moins oïdinairè, en passAot sa tra.ven; dfuoe:imfagina(joh flenneiëGoméej et qui n'y ootpmj cependant que'Ia^uste dos^'d'agrément qui leur «m*-, VMioit:.Ce quine doitétreembelliqueiusqu'àuBecer" laine mesure précise, est ce qui coûte le plus à embeUîiri ^■>ED-i66G,'M. Colbert, qui tavoit éDmbi^i IftglMre des lettres contribue à lanuiendëurd'ân état, prupcan et 3t approuver au roi retd}Us9«niQnt .A^Vac^éaàt' royale des sciences. Il assembla àveo-nn ^cbrufaoïeal' exquis un petit iH>^î>re dllionlDtaes ËsoellënH , ttJiMHB. dw^ssongenre. llfallDità«ettex»><Bpiiaiiiétin sebréUiré'. ^ qui .entendît et qui paxUtbiântoùtiefr'leà'Iapgaea'âe M*! sarans, celked'un chimiste ^'parelinnp]^, et celle d'oBi astronome ; qui fût auprèsidn pûblioiânr interpr^, comiuim; qui pût 'donnerai tant de matières ^pinencw et abstraites deséclaixqissemens, un certain ioUT,i6tf même un agrément que les suteorsn^li^ntque!qile~. fùia de. leur donner ,' et qne eependai)t>:U pbpf rt jdeft
T A L B N 8^ iï^5
lecteurs demandent; enfin, qui , par son caractère, fût exempt de partialité, et propre h rendre lui compte désintéressé des contestations académiques. Le choix du ministre, pour cette fonction, tomba sur M. duHamel; et ce choix glorieux ne pôuvoit tomber que sur lui. Il réunissoit à tous \es talens de conciliation, ce désintéressement littéraire qui ne s^attachc qu'au vrai , et qui rejette le mensonge sans acception des personnes ; cet amour du travail qai ne connoit de repos que le changement d'occupations ; et ce génie univevsel que le moindre rayon de vérité qui s'échappe au travers de la nue, éclaire suffisamment , tandis que la vérité entièrement développée ne frappe pas les autres.
18. Ce qui £^ rendu le nom de M. Èuysch si célèbre , a été de porter Tanatomie à une perfection jusques-là inconnue. On s'étoit long-temps contenté des premiers instrumens qui s'étoiënt d'abord offerts comme d'euxmêmes, et qui ne servoient guère qu'à séparer des parties solides, dont on ob&ervoit la structure particulière, ou la disposition qu'elles avoient entre elles. Reynier Graafy ami intime de M. Ruyschy fut le premier qui, pour voir le mouvement du sang dans les vaisseaux et les routes qu'il suit pendant la vie, inventa une nouvelle espèce deseringue, paroùilinjectoit dans les vaisseaux une matière colorée, qui marquoit tout le chemin qu'elle' faisoit, et, par conséquent, celui du sanç. Cette nou-r veauté fut d'abord approuvée ; mais ensmte on Tabandonna, parce que la matière injectée s'échappoit continuellement , et que l'injection devenoit bientôtinutile. iewûLSwajnmerdam remédia au défaut de l'invention de Gmaf. 11 pensa très-heureusement qu'il falloît prendre, luie matière chaude, (jui, en se refroidissant à mesure qu'elle couloit dans les vaisseaux , s'y épaissit, de sorte qu'arrivée à leurextrémité, elle cessât de couler; ce qui. demande, comme on voit, une grande précision, tant: pour la nature particulière de la matière qu'on em-<; ploiera, que pour le degré de feu qu'il faudra lui donner , et le plu^ ou moins de force dont on la poussera. . Par ce moyen, Swammerdam rendoit visibles pour la. piremière fois, les artèrc^s et les veines catAWvce;^ A^
la face Mais il ne suivit pas Ini-même bien loin son invention. Une {grande pi('té qui vint l'occuper finlièrement, l'en empâcha, et ne le rendit pourtant pal assez indifférent sur son secret, pour en faire part à M. J\uysck son ami, qni en étoît extrêmement cnrient*-' Il le chercha donc de son côté, et le trouva ponrifl ùioins ; car il y » beaucoup d'Bpparence que ce qii^il trouva <°toit enrore'plus parfait que le secret m('>me dff Swammerdam. Les parties éloient inject^^es de fiiçon que les dernières ramifications des vatsspaiix, j^s fine* quedesfils d'araif^oées, devCnniont visibles, et, ceqiri \ est encore plus étonnant, ne l'él oient pas quelquefois sans microscope- Quelle devoitt'lrelarantièreKSW)! déliée pour pénétrer dans de pareils canaux , et en m^me temps assez srtlide pour s'v durcir ? On vOyoît de petite» parties qui ne s'aperçoivent nidans le vivant, ni dans le mort tout frais. Descadanes d'enfans étoient injecti*9 tout entiers : l^op^ration ne paroissoit ^nferfe possibto dans les antres. Cependant il entreprit eo iwS , pajt «■dre des ctsts-gén^raiix , le cadavre dôjJt ftwt ^âlé d<S Guillaume Uercley, vire-amiral anglais, tué à la (»»-) taille donnée le u de Juin, entre les flottes d*Angle-' terre et de Hollande ; et on le renvoya en Angleterre , traité comme auroit pu l'être le pins petit cadavre. Ij^ états^ën^triux ^compensèrent ce travail if\atë ramthb' ugne d^efïix, et du travtiil même.
.'IFmit:«e qm étoititi^titëctsnseFyoitsaeonfiidtàiiéti, W mbiles^VP^ flexibilité, et tti^M« s'einheili^stiiii aveeM' teiiit»; pa*ce ^lie la oo«i«W(-en;deveftûit pldftviwjî* qu'il wfticerliibi' piint. Le» «(kàavi-eBj quoique a¥«iif'lè«i Isdra vj«»lpè», n'tffolent i»oiAt de àtailVàiBë ««iWui^i «r <»nitraimj Jb «« pt^noiCbt'aBéagFéil^^guaMiiûéBiir ^seuss<»ot««nt(fbrtBtMn)ld«'a4aM)'Op^i«ti<m:T0Milf' ni;antif9oittle>UrotTV|pdi^|tdt4l«6«ei^dtiM.i^^ \Swf foKlôngtie vi« Kti a procuï^ te^i^dé »« t#' aiioune'de.sesipi^eb-Ms ^tb^'psr lés aiisy ettïeii6péiM< fiserde'UrmRaleiur'diu^-Totisceiftibrts.dansdâtè^i cfaenewi ^ppwejU j san» Âdes ,-évet wi v^^éaàm* desm«tf>bMiw04ipIe&,éu>lvAaiprâsq«e«tési«â<tiMi«^itïP
ils se reveilleroient. Les momies de M. Ruysck prolongeoient , en quelque sorte , la vie , au lieu que celles de Tancienne Egypte ne'prolongeoient que la mort.
Quand ces prodiges commencèrent h faire du bruit, ils trouvèrent^ selon une loi bien établie de tout temps , beaucoup d'incrédules ou de jaloux. Ils doiruisoient , par quantité de raisonnemens, les faits qu^on Icâir avançoit: quelques-uns disoient , en propres ternies ^ qu'iU se laisseroient plutôt crever les yeux, que de croire de pareilles fables. A tous leurs discours, M.. Ruysch répondoit simplement : Venez , et ifvyez. Son cabinet étoi t toujours prêt K leur parler et à raisonner avec eux.Ce$ deux mots étoient devenus son refrain perpétuel , son cri de guerre. Un professeur de médecine lui écrivit bien gravement qu'il feroit mieux de renoncer à toutes ces nouveautés , et de s'attacher à l'ancienne doctrine y si solidement établie, et qui renfermoit tout. Comme le novateur ne se rendoit point \ le docteur redoubla ses lettres ; et il lui dit enun que tout ce qu'il faisoit dérogeoit à la dignité de professeur , dont il étoit revêtu. M. Ruyscn répondit :. Venez , et voyez.
Outre la chaire d'anatcmue , il fut encore chargé de celle de botanique , parlesbourgmestresd'Amsterdam ; et Pon peut bien croire qu'il ne démeutit point ses succès et ses talens dans cette occupation. Le grand con^*merce des Hollandais lui foumissoit des plantes de)te>us les climats de rUnivers. 11 les disséquoit avec la même adresse que les animaux \ et, dégageant entièrement l^.urs vaisseaux de la pulpe ou parenchyme , il montroit à découvert tout ce qui faisoit leur vie. Les ani* maux et les plantes étoient également embaumés , et sûrs de la même durée. Son cabinet , où tout alloit se rassembler, devint si abondant et si riche, qu'on l'eût pris pour le trésor savant d^on souverain. Mais , non content de la riehessa ^et dé la rareté , il voulut encore y
{'oindre ragrém.^nt., et égayer le spectacle. 11 meloit de« bouquets de pUoies 1 1 oe èaquillages à de tristes sque* lettes 9 et animoit le tout c^w.des •ûi^eriptions ou des vers pris des meilleurs jx^élesJaliiiù^.C^étoient, pour les étrangers ^tme dès plus^andèàinen^illes desFay$-Bas sc^^
dignementrtoul le reste vouloît seulement se vanlerde l'avoirvii^Les cénéraiix d'armée , les ambassadeurs , les . princes , les électpurs , les rois , y venoient comme le* ' autres; ctoes grands titres pronventdu moins la grande célébrité. Quand Ifl ci^r Fierre-le-Grand\mtenïlollande pour la preinière fois , il fut frappé , transporté à cette vii«. En effet , quelle surprise et quel plaisirpour «n génie naturellement aussi avide du vrai , qu'un pa- : rejl spectacle où il n'avoit point été conduit par degrés! 11 baisn avec tendresse le corps d'nn petit enfant encorft' aimable, et qnisembloit lui sourire. II ne pouvoil sortir de ce lieu, ni se lasser d'y rerevoir des instructions; et il diooit à la taJde très-frugale de son maître , pour passer les jonmées entières avec lui. A son second vo- i ynge,en 1717, il acheta le catinet, et l'envoya àPéters- '. bourgïfwésentdesplus utiles qu'il pût faire àlaMos- , ■ covie , qni se trouvoit , tout d'un coup et sans peine , J en possession de ce qui avoit coûté tant de travaux à l l'un des plus habiles hommes des nations savantes. j 19. M. Régis, étantàPari.s pourachever le cours de i ses études , fut frappé de la philosophie cartésienne, qni J surmontait avec peine les obstacles sans nombre qu'on 1 opposoit à ses progrès. 11 commença à la connoître par- , les cCHiferences de 'M.. Rohaut ; et il s'attacha entière- ' ment k cette philosc^hie, dont le channe, indépendam^^ mf^A^éme delaDOuveauté,ne pouvoit manquer desiD^ faire aentir à un esprtt tel que le sien. Il n'avoit plus qirt' quatre ori cinq mois à rester dans la capitale ; et ilse; • Mta de s'instruire sous M.Hohaut, qui, de son côté r zé)époursadoctiine,donnà'ton8 ses soins à un {Ëscipl*. dn'ilcroyoit propre à la répandre. Régis étant parti d^, Pri^s-^ avec iine espèce de- mission de son maître j tSI^ éiablir la nouvelle philMûpihie i Toslouse ; par <Ib» conférences publiques ,'i^'i)ooinm entai dV tenir-eafÇ^ i665' Il avoit une faeiliUfpSlfiirltble ârr parler , et 1» J don^'ain«iiérleahia1jiè}4int^mfte»à)a!partéede tei aoditenri.' Bientôt tçiutail^TUlèfût reÀméf parle ntfOf^ vean ^philosopher Savim» -j'^raufilnAs 4 ecciésiai tiqueté, ■ tout aeconr|^tp6urI'«htehât^^pda^e>«Eié^n«||ti9oi€iiit
que l^illustre Descartes ^ dont il annonçoît les découvertes. On soutint une thèse de pur cartésianisme , eu français^ dédiée à Tune des premières dames de Toulouse, queM.lî^grwavoit rendue forthabile cartésienne 5 et il présida à cette thèse.On n'y disputa qu^en français : la dame eUe-même y résolut plusieurs difficultés considérables ; et il semble qu^on affectât , par toutes ces circonstances, de faireune abjuration plus authentique de ^ancienne philosophie. Messieurs de Toulouse, touchés des instructions et des lumières que M. Régis leur avoit apportées , lui firent une pension sur leur hôtelde-ville 5 événement presque incroyable dans nos mœui*s , et qui semble appartenir à Tancienne Grèce. 2o.Les parens deM. Dodartne se contentèrent pas de faire apprendre à leur fils le latin et le grec 3 ilsyjoignirentle dessin, la musique,les instrumens, qui n^entxent que dans les éducations les plus somptueuses, et qu^on ne regarde que trop comme des superfluités agréables.- Il réussit à tout, de manière à donner les plus grandes espérances 5 et il eut achevé ses études de si bonne heure , qu^il eut le temps de s'appliquer également au droit et a la médecine , pour se déterminer mieux sur la profession qu'il embrasseroit. 11 est peut-être le seul q[a? ait voulu choisir avec tant de connoissance de cause: il est vr^i qu'il satisfaisoit aussi son extrême avidité de savoir. 11 prit enfin parti pour la médecine. Son inclination naturelle 1 y portoit j mais, ce qui le détermina le f)lus puissamment, c'est qu'il n'y vit aucun danger pour a }ystice, et une infinité d'occasions pourla charité; car il étok touché dès-lors de ces mêmes sentimens de religion^ dans lesquels il a fini sa vie. On imagine aisément avec quelle ardeur et quelle persévérance s'attache à une étude, unhommed esprit dont elle estle plus grand plaisir, et un homme de bien dentelle est devenue le devoir essentiel. Ses progrès furent rapides , comme la marche de son génie ; et bientôt sa réputation s'établk au point que les princes lui confièrent le soin de leurs jours j et déposèrent leurs cœurs dans le sien. Sa fortune fut ; applaudie , quoiqu'il la méritât; et ce fut la pre-r mière fois qu'on ne porta point envie aubonbeur méritét ]1 n'e«t pas besoin de coimoitre beaucoup les. maison»
des j]p-an(ls ,ponr savoir que, d\v être bien avec tout le monde5cVstunohef-d^fiRiTvrederoiidniteetdesa^evS.se,et souvent d'autant pIusdifficile,qucl'oaad'aillenrsdeplus grandes qualirés.Legrand secret pour y ré ussir,est celui quepritiquoitiVI./?orfflr^:ilohlif2[eoit ant.intquHlluiéloit possible,etneniénageoit point sa faveur diuis les aTaîi-es d'autrui.AvoirLesoindesoncrédit,c/étoit être endroilde Jeniployer-Heureusementpourungrandnonibredegens de méritCj les grands postes q'i^il occupoit le firent connoîtredeplusie!irs auh es personnes du premier rang oa de la première dign»î «Squi, malgré leuréiévation,avoient ponrluicctto sorte de respect qui n'a point étéétal)lipa^ mi leshommf s,etdont lanature s^est réservée le droit de disposer exi faveur de la vertu.Eni673,M.i)o Jar^entra dans Pacadémie des sciences , par le moyen de M.P^rrawZi.ïlsavoientbeaucoupdecreditauprèsdeM.CoZAtfr/, et en faisoient un usage assez extraordinaire : ils s'enservoient à faire connoître au ministre ceux qui avoientde graudstalensaussi-bienqu'eux,etàleurattirersesgracc5. Le nouvel académicien fit connoître alors un nonvead mérite qu'on n'avoit encore fait que soupçonner.Pout tribut académique, il se livra à l'étude des plantes ^ à laquelle il avoit consacré déjà bien des années ; et jamais homme n^avoit été plus propre que lui à foire Vhistoirede cette multitude immense de nations végétantes, dont rEtcrnel a peuplé notre globe pour la conservation de nos jours. 11 possédoit au souverain degré l'esprit de discussion et de recherche. Il savoit de quel côté, ou plutôt de combien de côtés différens il foiloit porter sa vue , et pointeur, pour ainsi dire, sa lunette. Tout le monde hé sait pas voir : on prend pour Fdb)rt entier la première face que le hàsaird nous en a présentée; mais M.Dodart'sLvoitlà patience de chercher toutes les autres, et Part de les découvrir, ou du inom» la précaution de soupçonner celles quMlne décotivroit pas encore. Ce ne sont pas seulement les grands objiet^ qui en ont plusieurs, mais encore les phis petits; et une grande attention est une espèce de microscope qdi les grossit. Il est vrai que cette attention scrupuleuse, qiii ne croit jamais avoir assez bien vu, que ce soin de tour* Aierun objet de tous les sens , cii un mot, qael^ësprit dSç
T À ï. ï TT s. fi5l
dîscnsiion est assez contraire à relui de d^cisi(Hi;mais un sage observateur doit pins examiner qne décider, suivre attentivement la nature par des observations exactes, et non pas la prévenir par des jugemens précipités. Rien ne sied mieux a notre raison que des conrbi- «ions un peu timides •, et même , quand elle a le droit de décider , elle feroit bien de relâcher quelque chose.
Il n'étoitpas possible que M. Dodartne portât, dans l'exercice de la méde<'ine, ce même esprit, fortifié encore par son extrême délicatesse de conscience. Un malade n^avoit à craindre ni soninapplication^ni même une implication légère et superficieUe ; mais seulement, car il faut tout dire, sa trop grande application, qui pouvoit le rendre in'ésolu sur le choix d'un parti. La pratique n'admet pas toujourslessageslenteursdelaspéculation; et quelquefois la raison elle-même ordonnequ'on agisse Mnsl^attendre.La connoissance des plantes étoit le principal travail de M. Dùdart dans Tacadémie , mais non 1^ le seul. 11 9'attacha*à étudier la transpiration insen- ^le du corps hnmaili.Tous les physiciens et les médecins en avoient toujourseu uneidee,mais si générale et si vague, que tout ce qu^ils en savoient proprement, étoit qu'il y aune transpiration. L'illustre •Sanc/onW, médecindePadoue,estlepremierquiaitsularéduireaucalcul
Sardes expériences, et en comparerla quantité à celles es déjections grossières.Elleva beaucoup au delàde ce qu'oneûtimaginé.Ilpeutsortirducorpsenunjour,selon Séutctorius, septà huitlivresdematièrepai'la transpiralicm; et, commeil n'estpas possible qu'une si abondante ëtdcuation ne «oit fort importante, plusieurs habiles médeeinslaregardentcorameundesprincipauxfondemens cfl de leur théorie et de leur pratioue. Mais , parce que SgncéoriusB. eu le premier de sibeileaLVues,il ne lésa pas poussées à leur perfection. Par exemple , quoiqu'il ait conçu, en général, que la transpiration 'devoit être différente selon les âges, ilne paroît pas avoir euégard à cçlte Afférence, ni dîans ses observations, ni dans les consé- ^i!iéhces qu'il en tire; et M. i)orfarf s'assura par des expériences continuées pendant trente-trois ans, que l'on. trauispire beaucoup plus dans ia jeunesse .fiïieÇlL^\.^\V^%\
aSs T * I^ B IV «•
fertiAHurel j'et^^fte^U chaleur du san^ , plus fmblei ineMi% que l'on vieillit , pousse au dehors moins dt particules subtiles, et qu'en même temps les pores de V peaii se resserreniJVI. Dodarl éloil particulièrement iwôpre à faire ces sortes d'espéiicnces, parce qn'iliàut les tûit sur soi-même , et mener mie vie égale et uni- £»|B(!,' tant d'un jour à l'autre , que dans tes diffcreiu igea ; autrement, on ne pourroit comparer, sans beaucoup .f erreur ou d'incertitude , les transpirations de difieFffns temps : une alternative irrégulière d'intemfl^niiçe ou sobriëtd brouilleroit tout.
■ U.fit sur ce même sujet une antre expérience , pour Ûquelle l'uniformité de vie n'eût pas été suffisante ; il filUoit encore , ce qui semblera peut-être surprenant, ' Vfl^.'gninde piété. Il trouva, le premier jour du carême ift7î^j.qu'll pesoitcent seize livres une once. 11 fit ensuite Iq Ëamne , comme il n été fait dans l'Eglise jusqu'au d^tmème siècle : il ne buvoit ni ne mangeoit que sur: i IçtÙ ou sept beuret du soir^ vivoit de légumes 1* plupart du temps, et , sur la On du carême , de paiu et d'eau. Le samedi de Pâques , il ne pesoit plus que cent, sept livres douze onces ; c'est-à-dire que , par une vie si austère, il avoit perdu en quarante-six jours huit li- l Très cinq onces , qui faisoient la quatorzième partie dft sa substance. Il reprit sa vie ordinaire ; et, au bout ^ quatre [ours , il avoit gagné quatre livres;-ce qui mac-; que qu'en huit ou neuf jours il auroit repris «on <^r», niier poid5,,et qu'on répare facilement ce que le ïeûot' a dissipé. En donnant cette expérience à l'acadânip»' i! prit toutes les précautions possibles pour se caÉbf||)^ mais il fut découvert. ïl est assez rare, non qu'un pfa^ losophe soit bon chrétien , mais que la même actîOSi soit une observation >:urieuse de philosophie et iutf, austérité chrétienne , et serve en même temps poiir l'académie et pour le ciel. ... -,
ïuJjeP.iMifi/eiriwc/tepassoitparlarueSt.-Jac) un libraire lui présenta le traité de l'homme du
Vescarfes , que l'on venoît de mettre au jour. .1 ^
vingt-six ans, et ne connoissoit Descartgs que de AffHi' etpar quelques pbîçctioas de ses cahiers de philosppluiB.! ' i}se mit h, feuilleter le Vv^te, e\.îv)\îtaççfe*y^»ii»fia'une
lumière qui en sortit toute nouvelle îk ses yeux. II entrevit une science dont il n'avoit point d^idée, et sentit qu'elle lui convenoit. La philosophie scholastique , qu'il avoit eu tout le loisir de connoitre , ne lui avoit point fait^ en £iveur de la philosophie en général , Teffet de la simple yue d'un volume de Descartes : la sympathie n'avoit ôoint joué; l'union n'y étoit point; cette philosophie ne toi avoit point paru une philosophie. Il acheta le livre^ le lut avec empressement ^ et , ce qu*on aura peut-être peine à croire, avec un tel transport, qu'illui en prcnoit des battemens de cœur , qui l'obUgeoient quelquefois d'interrompre salecture.L 'invincible et utile véritén'es t pas accoutumée à trouver tant de sensibilité parmi les nommes ; et les objets les plus ordinaires de leurs pas* sioiis se tiendroient heureux d'y en trouver autant. II abandonna donc absolument toute aiitre étude pour la philosophie de Descartes. Quand ses confrères et ses ainis, les critiques ou les historiens, à qui tout cela pazoissoitbiencreux^ lui en faisoientdes reproches, il leur demandoitsi Adamn'avoit pas eu la science parfaite ; et> oômme ils en convenoient„selon l'opinion communedes théologiens, il leur disoitque la science parfaite n'étoit donc pas la critique ou l'histoire, et qu'il ne vouloit savoir que ce qu'Adam avôit su. Il en apprit en peu d'an- Bées , du moins autant que Descartes lui-même en savoit;. car, en philosophie, plus on pense, plus on fait dé progrès,eit un homme dans le même temps pense beau* coup plus qu'un autiré. lyiais pour les sciences de fait , unhbmmenelitdans tin temps que céqu'un antre auroit
Ci.lire. Ainsi le géniefait lés philosophes aussi-bien que spoètés^et le temps faitlessàvans.Le V.Malebranche devint si «rapidement philosophe^ qu'au bout de dix annnëesde cartésianisme,ilavoitcomposéle livre delaileeberchede la f^erû^;ou>vrage immortel, qui Ait accueilli
Eve les uns , combattu par les autre* , admiré de Tous, 'auteur'étoit cartésien , njais comme Desc€irtes;'\[ ne paroissoitpas l'avoir suivi,naais.rericontré. Il règne dans ce traité un grand art de mettre des idées abstraites dans leur jour , de les.lier ensemble , de les fortifier par leur Uaisoii. Il s'y trouve même un mélange adxoiX de q;v\%w-
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tité de choses moins abstraites , qui , étant bien facile^ ment entendues ^ encouragent le lecteur à s'appliquer aux autres, leflattent de pouvoir tout entendre^ et peut* être lui persuadent qu'il entend tout h peu près; La^ diction ^ outre qu'elle est pure et châtiée y a tottte la* dignité que les matières demandent y et toute la grâce' qu'elles peuvent souffrir. Ce n'est pas qu'il eût apporté aucun soin à cultiver les talens de l'imagination ; ta conti^aire y il s'est toujours fort attaché à les dccrièr ^ mais il en avoit naturellement une fort noble et htt vive ^ qui travailloitpourun ingrat ^ malgré lui-méibllï et qui ornoit la taisoh en se cachant d'elle.
Après avoir long-temps combattu pour la dëfetMedè. sonsystèmeJcP.Ma/£r&riinci^«tombamalade;duraatki quatre derniers mois de sa vie, il s'affoiblissoi t de jour en iour,et sedessécboit jusqu'àn'étreplus qu'un vraisqtt^ jette. Son mal s'accommoda à sa philosophie i le ebtfpi qu'il àvoit tant méprisé^ se réduisitpresqu'àrien^ét Ke^ prit accoutumé à la supériorité, demeura saînetèstîer.' Il n'en faisoit usage qiie pour s'exciter à dessenUmenS' de religion, et quelquefois, pat* délassement, pour philosophersur le dépérissement de la machine^Il frittôuH jours spectateur tranquille de sa longue mort , dont le dernier moment fut tel , que Ton crût qu'il reposoiii '
Depuis que la lecture dei>^.rcûr/é^ravoitniiS8urlèf bonnes voies,il n'avoilétudié que pour s'éélairerl'esptity et non pour se charger la memoire;^car l'espi^ abesoifi de lumière, et n'en a jamais trdp. Mais la mémoire eHle' plus souvent accablée de fardea ax inutiles ;aGS8i ne cher-; che-t-elle qu'à lesaecouer.il avoît- donc assez peulu^eb cependant beaucoupappris.Uretranohoiitdesçf lectures celles qui ne sont que de pure érudition : un inseictek touchoitplus que toute l'histoire grecque ou roihaine ; et, en effet, un grand génie voitd^un coup-d'œil.beaii.'* coup d'histoires daa»une seule véflexicm d'une cei'tàinc! espèce.IlméprisoitaussicettesortedeplrilosophieqHftînei consiste qu'à apprendre lessentimens des diffél:*e!i6phi-' losophes. On peut savoir l'histoire des pensées des hom-^meé sans penser. Après cela, on ne sera pas ^lupristiu^ti n'eût JMuaia pu lire dix vers de «oîtesans dégoût Uuué4
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ijssidtiment , et pfiêmc avec certaineu précaulious, ede fermer ses fenêtres. Il avoitsibien acquis la e halntiide de l'attention , que, quand on lui pror quelque chose de difficile, on voyoit dans Tinstant prit se pointer vers Pobjet, et le pénétrer. Ses dc^ilens étoient desdivertissemensŒeïifant;etc^ëtoit le raison trè.s-digne d'un philosophe , qu'il y re^- 'jôft celle puériliic honteuse en apparence : il ne
pas toujours appliquée jer de ton tes les forces de son esprit., ci f»oifpieux de iserver à la philosophie. Cette simpliciié, queleâ
ihommesosentpresqueseuIssef*erinettre,eldont Iraste relevé toutcequllsontderare, ctoitparfaile . Une piéto fort colairéc, fort attentive et fortsc- )erfectiomioi t des mœurs que la nature seulenietjà , s'il ëtoit possible , en état de n'en avoir pas oup besoin, bu conversation rouloit sur les mè^ atièresque se^livres; seulement, pour ne pas trop acher la plupart des gens, iltàchoitde larendre un loins chrétienne; mais ilnerelàchoitricn du phi- . lique.On la recherchoitbeaucoup,qnoique si sage structive.llyaffectoitautantdesedéiyouillerd'ime lorité qui lui appartenoit, que les autres affectent
rendre unequineleurapY^artientpas.Ilvouloitctre . la vérité; et il sa voit que ce n'est guère qu'avec un nbleet soumis qu'ellepeutseglisserchezles hom- Ine venoit presque point d'étrangcrs.savans à Pa- [i ne lui rendissent leurshommages.On ditquedes ;« allemands y sont venus exprès.pour lui ; et, dans irre du roi Guillaumey un officier anglais, prison» e cîonsoloit de venir ici, parce qu'aussi-bienilavoit irseu envie A% voirleroiixîwzj A^/^etle P. Maler he. Il a eu l'honneurde recevoir une visite de Jac- Z, roi d'AngletciTe. Mais cescuriosités passagères t pas si glorieuses pour lui que l'assiduité constante IX qui vouloient véritablement le voir, et non pas 'VU. Milord Çi/ûiiriiig^/©7ï, qui est mort vice-roi de iftïque, pendant plus de deux ans de «é^oxkx q^vv'\V
fit h Paris, venoit passer avec lui deut ou trois heurei^ presque tous les matins. Les compatriotes du P. iUâ^ ér anche sentoient aussi ce qu'il valoi t ; et un assez grand nombre de gens de mérite se rassembloient autour dé lui. Ilsëtoient la plupartse^ disciples et ses amis en mé* jne temps ; et l'on ne pouvoit guère être Pun sans l^autM. Il eiUëtë difficile d'être en liaison particulière avec un homme toujours plein d'un système qu'on eût rejeté^ si l'on recevoit le système, il n'étoit pas possible qu'on ne goûtât infiniment le caractère de l'auteur y qui n - ëtoit, pour ainsi dire, que le système vivant. Aussi jamais phi* losophe, sans excepter Prthagorey n'a-t-il eu des secta-* teursplus persuadés ; et l'on peut soupçonner que, pour
Eroduire cette forte persuasion, les qualités personet is du P. Malebranche aidoient .\ ses raisonnemens. 22. Léibnitz perdit son père à l'âge de six ans ; et sa mère,femme de mérite, eut soin de son éducation; Une marqua aucune inclination particulière pour un genre d'étude plutôt que pour un autre. 11 se portaà tout avec une égale vivacité; et, comme son père lui avoit laissé une assez ample bibliothèque délivres bienchoisi$,il eù« treprit, dès qu'il sut assez de latin et de grec, de les lire tous avec ordre ; poètes , orateurs, historiens, jurisconsultes , philosophes , mathématiciens /théoloeiens. Il sentitbientAt qu'il avoit besoin de secours; il en alla chercher chez tous les habiles gens de son temps; et même, quand il le fallut, assez loin de Léipsick, sa patrie. Cette lecture universelle et très-assidue, jointe à un grand génie naturel, le fit devenir tout ce qu'il avoit lu. Pareil, en quelque sorte,aux anciens qui avoient l'adresse de mener jusqu'à huit chevaux attelés de fi^ont > il mena de fit>nt toutes les sciences : il excella dans toutes; il devint un génie universel. Les princes deBrunswick, instruits de ses talens pour rhistoire,lui confièrent celle de leur maison. Il parcourut toute l'Allemagne, pour ramasser tous les matériaux de ce grand édifice, et passa de là en Italie, oà les marquis deToscane, de Ligurie et d'Est, sortis de la même souche que les princes de Brunswick, avoient leurs principautés. Comme il alloitpar mer de Veniseà Mésola dans le Ferrarois, il fut siu*pris par une tempête.
Les
nateîotslecroyaiitaliemandelhérélique>allcMentle ^^ ^ns la mer, pour désarmer la Divinité, en conscr-
. ^^ ^nioins ses hardes et son argents Léibnitz , qui
^ ^ '^italien, comme presque toutes Icsantres lan-
^'^j. ^arquer aucun trouble . tira un chapelet','
«8^ ^: ntilàvoitprisparprécaution, et le tourna
^^^fc/Jft. . -»t. Cet artifice lui réussit : un marinier
j^L^ >L ii" 'squecethomme-làn^étoitpashéré-
^ ^^'^ y jUSte de le précipiter dans les flots.
l/^y^ ^ ^ voyage, en 1690 , il commença à faire
* ^ .c de la récolte abondante qu^il avoît faite
/^ ayantes courses. Son mérité, connu bientôtde
. Europe, lui procura dés pensions et des charges .lOrablés.L^électeurJB^/^e»y^^^^g^^/^^elefit,enl696,son conseiller-privé de justice : il Tétoitdéjà de Sélecteur de Mayence et du duc deBrunswick-Lunebourg.Kn 1 6^6,11 ïu tmis à la tête des associés étrangers de l'académie des Sciences deParis : il n'avoittenu qu^a lui d'y avoir placô plutôt, et avec le titre de pensionnaire. Dans ûîEi voyage ^u^il fil eh France, ou vonlutTy fixer fort avantageuselaicnt,pôùrvu qu^il quittâtlelutîiéranismè; mais il rejeta cette conditionL^ Allemagne en profita- Il inspira li Pélecleur de Brandebourg le dessein d'établir une académie des sciences à Berlin : il en fut fait président, et il n*y eut pqint de jaloux; car qui auroît pu ]j| être ? Un. champ, ïibn moin^ vaste et non moins glorieux , s'ouvrit à lui eii 17 1 1 . Le czar Pierre-le-Grand le vit à Torgau, et ce législateur des Barbares traita L^i5/ziVz avec la considéra* tion qu'un sage couronné a poilr un sage quinïériteroit la couronne» Il luifitun mamifique présent, lui donna le titrtî deson conseilïer-prive de justice, avec unepension 'ctiiisîdérable. L*empereurd' Allemagne ne récompensa pas moins généreusement ses talens que l'empereur de Au^ie : il lui donna le titre de conseiller auli que, avec tinè forte pension,.et lui fit des offres considérables pour le fixer à sa cour. Lavie de Léibnitz ne fut marquée que par des événemenls flatteurs, si l'on en excepte la dispute touchant la découverte du calcul différentiel, ou des infiniment petfts ; système sublime, méthode divine, qui porte noscopnoissances jusques dan<s l'infini, etçresojua TomelIL ^
aSS T A r, I Tf s.
au delà des bornes prescri tes àl'esprithumain, du moînï au delà de celles ou l'ancienne R^omelrie étoit renferihée.QuélquesphilosopheSiSertaleursdugrandiVewiOB, ■l'àcciisèrenl de l'avoir dérobé à cel homme immortel. Lëibnitz en appela à la soriélé royaJede Londres. Cette compagnie discuta, pesa les raisons, et, par prévention peut-^ti'e pourmn^omp3triote,condamnaL^tAnzfz. Les antres tribunaux de l'Europe savante te jugèrent avec moins de sévérité , et sans doute avec plus de justice. Les sages pensèrent assez généralement que le philosophe anglais et le philosophe allemand avoient saisi chacunlam^melumièreet la méine vérité, par la seule conformité de la pénétration de leur génie. Léibnia n'apprit qu'avec un chagrin riitfftel la perte de son procès , qvii entraînoit celle du plus beau rayon de sa gloire , quoiqu'il en restât toujours assez , puisque le vol dont on l'accusoit supposoit le plus grand génie. Ce revers lui inspira une tristesse qui le consuma çen à peu , et hâta , dit-on , sa mort , arrivée en 1716 , à Hanovre , comme il raisonnoit sûr la chimie. On lui a reproché quelques défauts , mais que ses gnmds talens doivent faire escuser. Sa mémoire étoit admirable : toujours prêt a répondre sur toutes sortes de matières, il mérita que le to\ d'Angletcne l'appelât son dictionnaire vii>ant. C'est , sans contredit , le savant le plus universel de l'Europe. Historien infatigable dans ses recherches, jurisconsulteprofbnd, éclairant l'étude du droit par la philosophie ; métaphysicien assez délié pour vmiloir réconcilier la métaphysique avec la théologie; poète latin même , et enfin assez grand mathématicien pour disputer l'invention du plus beau de totis les systèmes au plus grand génie qu'ait eu l'Angleterre.
23. M. Ôzanarti sentit, dès son enfance, ses regards se porter, comme malgré lui , vers les étoiles. A dix ou douze ans, il passoit quelquefois de belles nuits dans le jardin de son père, couché sur le dos, pour contempler la beauté d'un ciel bien étoile ; spectacle, en effet, nuquel il estétonnantquelaforcemêmede l'habitude puissenousrendresipeusensibles.L'admirati ondes mouvexnens célestes alfumoitdé^à en lui le désir de les connoître ; et il en démûloil çav W\-mfen\e ce t3;>i\ 4\.o\l i la
7 A t K If 8* %5^
perlée de sa raUou naissaîitç ; car il n'avoit poi^t de m^dtre ; mais la nature seule fait les bons ëcoliers. A. Tâge de quinze ans il avoit composé un ouvrage de mathématiques , qui n'a été que manuscrit, mais oà il a trouvé dans la suite des choses dignes de passer dans des ouvrges imprimés.
Il savoit trôpaàstfonomie pour donner dans les folies de Pastrologie judiciaire ; et dans la suite , quand ses rares connoissances eurent répandu son nom dans toute TËurope > il refusa courageusement tout ce qu'on lui oflfroit pour Tengager à tirer des horoscopes. Une fois seulement, il se rendit à un comte de Tempire , qu*il avoit bien averti de ne le pas croire. Il dressa, parastit)nomie, le thème desanati'nté ;etensuite,sansemployer les règles de Tastrologie^il lui prédit tous les bonheurs qtii lui vinrent à l'esprit. En même temps* le comte fît faire aussi son horoscope par un médecin très-entêté de cet art , qui s^y çroyoit fort habile , et qui ne maiv« qiia pas d'en suivre exactement , et avec scrupule , toutes les règles.Vingt ans après, le seigneur allemand apprit à M. Ozanam que toutes ses prédictions élQÎenA arrivées, et pas une de celles du médecin. Cette nouvelle lui fit na plaisir tout différent de celui qu'on pré-* tendott lui faire. On voulut l'applaudir sur son ^and savoir en astrologie , et on le conSrmoit seulement dans la pensée qu'il n'y avoit point d'astrologie.
Il composait avec tme extrême facilité , quoique sur les matières les plus difficiles des mathématiques. Sa première façon étoit la dei^cre ; jamais de ratures ni de corrections , et les tmprûneurs se louoient fort de la netteté de ses manuscrits. Quelquefois il résolvoit des problèmes embarrassés , en allant par les rues ; quelquefois même , dit-on , en dormant ^ et alors iî . se faisoit apporter promptement à son réveil de quoi les écrire ; car la mémoue , ennemie presque irréconciliable du jugement , ne dominoit point chez lui.
24. M. Le Féi^re^^re de madame Dacier^nt pensoit nullement à élever sa fîlle dans lesiettres ^maisle hasard en décida autrement. Ce savant avoit un iils , qu'il instruisoit avec grand soin. Pendant qu'il lui dQi:ktiQ\\.4.^*Si
îinoiseUe Le Fét^re , qui avoit alors oDxe - i :seiile,el travaillo'it en lapissserie.il arriva > ; jeune écolier répondit mal aux quesLions' ^a sœur, toncliée de la situation pénible uvoit , lui suggéroit tout bas les réponse! > lire. Le père étonné l'entendit ; ravi de ' erte, il résolut d'étendre sur elles ses soins, [uer à l'étude. Elle fut très-fàchée d'avoir s ce niomentellefiitassujettieàdes leçons eu de temps elle fil des pr'oerès si rapides, la rcearda comme son égale , et ne faisoit I \'r. f^oyez Agrémens , Amour des :
"■lENCEa HACiERE, Esprit , Etude, Inci-inatiom, , [iLOitopiE, Savoir, Science.