‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 71 sur 138 · TEMPERANCE · texte numérisé non relu

TEMPERANCE

jE grand Annibal , vainqueur des Romains , mena . toujours une vie dure , sobre et tempérante , même en temps de paix , et au milieu de Carthage , lorsqu'il y occupoitla première dignité ; et l'histoire remarque qu'il ne mangeoit jamais couché sur un Ht , suivant la coutume , et qu'il ne huvoit que fort peu de vin. Une vie si réglée , si uniforme , est un grand exemple pour nos guerriers , qui mettent souvent parmi les privilèges de la guerre , et parmi les devoirs des officiers , de faii^ bonne chère et de vivre dans les délices.

n.jigésilas, roi de Lacédémone , avoit pour les lois rigides de son pays , le respect le plus religieux: il observoit sur- tout , avec le dernier scrupule , celles qui commandoient la j;empérance. Ce prince ne se traitoitpas , mieux que ceux avec lesquels il vivoit. Il évitoit de se .rassasier; il fuyoit l'ivresse , ce vice hideux qui déshonore l'homme , et particulièrement l'homme qui commande. Il maîlrisoit, pour ainsi dire, le sommeil, et ne s'y livroit qu'autant de temps que les affaires le lui pei^ meltoientv^îl se prémunissoit contre le froid et le chaud, de manière que , dans les quatre saisons de l'aimée , il ne j>ortoit jamais qu'on vêtement unique. Lorsqu'il étoit ^Ofii'/e* (entes avec les soVdalSiWo.'a.'sovX.TÊasxïtt meilleur

T E M P É R A N C B. , ' -SGl

lit qu'eux , et disoit continuellement : «Un prince ne doit « pas Remporter sur les particuliers , par la mollesse et « par les délices , mais par le couriage et par la tempe- « rance^» Déjà vieux, il paroissoit souvent en public , le matin , dans le plus grand froid de l'hiver, Stins. chaussure et sans tunique, et n^étant couvert que d'un manteau fort usé, Quelqu^un lui remontrant qu'en agissant ainsi , c^étoit ime imprudence à son âge : « Le3 « jeunes gens, dit-il, imiteront plus volontiers l'exem- « pie que leur donne un roi dans sa vieillesse.»

3. Les solitaires qui vivoient sous les auspices du saint aLhc(3eVa^i/wc,demeuroientseuls,chacundansleurcellule , pendant cinq jours de la semaine,gardant un silence exact , sans prendre d'autre nourriture que du pain , des dattes et de Peau. Le samedi et le dimanche, ÎU venoient à Péglise pour participer aux saints mystères ; après quoi, ils mangeaient en commun quelque chose de cuit,etbuvoientunpeude vin. Le samedi, à Theure des vêpres , ils apportoient au monastère leur ouvrage de toute la semaine ; et, en retournant dans leurs (ceilules , ils y portoient du pain , des dattes etde Teaupour la semaine suivante, avec des branches de palmier pour leurs ouvrages. La pauvreté, rhumilité, la tempérance étoient les vertus auxquelles S.G^ra^/me les exerçoit le

{)lus. Ils n'avoientque Thabit qu'ils portoient sur eux : eurs meubles étoient une natte pour se coucher, avec

,une méchante couverture faite de plusieurs pièces, et une cruche pleine d'eau pour boire , et pour arroser leurs feuilles de palmier. Quand ils &ertoient de leurs cellules,S^G^ra^fi!l2.evouloit qu'ils en laissassent laporte

. ouverte, pour montrer qu'ils, n'avoient rien qui ne fût à ]a disposition des autres. Son dessein étoitparlàde les ramènera l'esprit de détachementdespremiersFidelles, chez qui tout étoit en commun. Il ne permcttoità aucun des solitaires d'allumer du feu dans sa cellule, pas même une lampe , parce qu'ils pouvoient , sans lumière , tra-

. vailler à leurs ouvrages , en chantant des psaumes , ou méditantl'Ecriture-Sainte.Plusieursl'ayantpriédeleur permettre défaire chauffer leur eau> de manger quelque chose de cuit,et de lire à la clarté d'une lamfe, ill^xjx refusa cette ^race^ comme n'étwlpa&c(mi^^\H!k\^'^^$^î

T K M pi » A W C 1. j

fia tempérance d'un véritable anachorètcv 1 ce , leur dit-il , est la mère de la vraie et ^ përance : elle contribue h la pureté , en ! )ensées dangereuses ; elle donne des force» | ■ au sonmieii , et met ITiomnie'eQ état de exactement sur soi-même. Si je me rend» i h vos instances , demain il faudia user 1 Ile indulsenre qui fera naître de Douveaux I la discipline périra. Croyez-moi , mes ftè- j constans dans la carrière , et dimiBuons , île, par notre tempérance , le fardeau de ( f, t ret notre course. » Ces dis- |

iurs étoient somenus de lexemple que le saint abbé oiinnit bii-Qièrae , puisqu'il passoit ordinairement le e sons autre nourriture que l'eucharistie, xà quiM.JtfoWndevoitle jour, donnèrent àson on tonsles soins qu'une fortune médiocre et une "•use famille leur permirent , et que la relipion anda. Dès qn'il put marquer une iBcIinatiim , en qtiaune pourlesplantes.Unpaysanquienve- BOitfournir les apothicaires de la ville oùilétoitn^, fut sonpremier mai tre.L'enfantpayoitscsleconsde quelque petite monnaie, quand il pouvoit , el de ce qui devoit faire son léger rei>as d'après dîné. Déjà, avec le goût de ]n [«tanique , lalibéralité et la sobriété commencmentà ^clore enlni;et une inclination indifférentene se déve- Joppoit qu'accompagnée de ces deux vertus naissantes. Bientôt il eut épuisé tout le savoir de son maître;et il ilillut qu'il allât herboriser lui-méne aux enviroms du Mans , sa patrie , et y chercher de» plantes nouVeHes. Quand il eut fait ses humanités , on l'envoya à Parts pour la philosophie. Il y vint , mais en botaniste , c'esti-cfire , a pied. Il n'avoit garde de ne pas mettre le chemin h pront. Sa philosophie faite , sa passion poiir te plantes le détermina à l'étude de la nœdecine. Alort iï embrassa un genre de vie que l'ostentation d'un phit»- Kophe ancien, ou la pénitence d'un anachorète, n'asroi eut pas surpassé. If se réduisit au pain et àl'eau ;tout au plus se permettoil-il quelques fruits. Par là , il se m flinienoit l'esprit plus libre pour l'étude, et tonjuurs ^demeai et par^tetQ£tft.¥^-iTAx Vuaen'tfnit nul

jpr^texte de se plaindre de la matière. Il donnoit à la çcnservation de sa santé tout le soin qu'elle mcrite^ et qu'on ne lui do|me jamais : il se ménageoit beaucoup d'autorité pour prêcher un jour la diète à ses malades j et sur-tout il se rendoit riche, malgré la' fortune, non pas pour lui, mais pour les pauvres qui seuls profrtoient de cette opulence artificielle , plus difficile que toute autre à acquérir. On peut aisément croire que., puisqu'il pratiquoit au milieu de Paris cette frugalité digne de la Thébaïde , Paris étoit pour lui une Thébaïde à l'égard de tout le reste , à cela près qu'il lui foumissoit des livres et des savans. Après quelques années de pratique , il fat reçu expectant à l'Hôtel- Dieu. La place de médecin-pensioimaire lui auroit été bien due dès qu'elle seroit venue à vaquer; mais le mérite seul agit lentement, et c'est même bc£>uroup qu'il agissse. M. Jliorîn ne savoit ni s'intriguer, ni faire sa cour : l'extrême modération de ses désirs lui rendoit cet art inutile , et sa vie retirée lui en £aisoit ignorer jusqu'aux premiers élémens. A la fin cependant, on fut forcé de lui rendre justice. Mais rarjgent qu'il reccvoit de sa pension de l'Hôtel-Dieu , y demeuroit : il le remettoit dans le tronc, après avoir bien pris garde à n'être pas découvert. Ce n'étoit pas là servir ^atuitementles pauvres ; c'étoitles payer pour lesavoir servis. Sur la réputation qu'il s'^toit acquise dan» Paris, mademoiselle aeGi/zV^ le nomma son médecin. .Cette place, qu'il n'accepta qu'avec peine,robligeaàprendre un carrosse , attirail fort incommoxle ; mais , en satisfaisant à cette bienséance extérieure,dontil pouvait être comptable au public, ilne relâcha riendescmausléritéd^ns l'intérieur de sa vie dont il étoit toujours le maître. Au bout de deuxansvct demi, la princesse tomba malade.Comme il avoit le pronostic fort sér, il en dé&espéra, dans un temps même où elle «e cjroyoit hors de danger, et lui annonça la mort ; mi^qistère souverainement désagréable en de pareilles circonstances, mais dont sa piété, jointe à sa simplicité, l'empechoit de sentir le désagrément. 11 ne le s,entit pas non plus par le succès. Cette princesse, touchée de son zèle, tira de;son doigt une bague q^u'elle

lui donna > comme le dernier gage de ^u^^^cX^^tl^^^»

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