‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 74 sur 138 · TE N T A T I O N S · texte numérisé non relu

TE N T A T I O N S

«t Pamour naturel y qui le solUcitoit à toute heure de se Ëdre connoitre à ses parens qu'il voyoit si souvent passer devant lui. Son père , touché de la patience avec la- , quelle il supportoit la pauvreté , lui envoyoit , tous les jours , des mets de sa table ; mais Jean n'en prenoit que ce qui lui étoit nécessaire , et distribuoit le reste à d'autres pauvres. Sa mère , qui pleuroit encore tous les jours le fils qu'elle avoit perdu , Tavoit devant les yeux sans le connoîlre ; et , le voyant pauvre , hideux et tout défiguré j elle pouvoit h. peine arrêter ses regards sur un objet si triste et si désagréable.

Dieu 3 qui avoit sans doute inspiré à notfe Saint cette résolution extraordinaire^ luidonnala forced'y persévérer pendant trois ans, sans que de si rudes épreuves pussent aflfoiblir son courage. A la fin , connoissant que sa dernière heure apprûchoit, il pria l'intendant de la maison de dire k sa maîtresse que le pauvre Calybite la supplioit de venir le voir, ajoutant qu'il avoit quelque chose de conséquence à lui aire. La dame parut surprise de cette demande. Elle ep parla,à son mari , qui fut d'avis qu'elle lui donnât cette consolation. Etant descendue , elle fit tirer le Saint de sa loge pour lui parler. 11 étoit mourant^ e t pouvoit à peine se faire entendre. «Madame,» lui dit-il , d'une voix foible et entre-coupée , « je prie « Dieu qu'il vous récompense de la charité que vous 4c avez exercée envers un pauvre et un étranger comme « moi : mais j'ai une dernière grâce à vous demander ; « c'est qu'après ma mort je sois enterré sous cette loge , 4C avec les haillons dont je suis couvert, et sans aucune 4C cérémonie. » Apr^s qu'elle le lui eut promis , il lui présenta son livre des Evangiles , en disant : « Recevez ce « présent que je vous offre. Je souhaite que vous et votre « digne époux y trouviez votre consolation dans cette « vie , et le gage de celle que Dieu réserve aux justes. » Elle le reçut de bon cœur , mais avec quelque étonnement de voir qu'un homme si pauvre eût un livre d'un si grand prix; puis, l'ayant considéré attentivement : «Ce « livre , dit-elle , est tout semblable à celui que je don- « nai autrefois au plus jeune de mes fils. » En même temps , sa douleur se renouvella y et , ^etaiviL wxv ^^^^

T o W (bon).

I lonr l'investir de sa charge , elle lui fit préseul

liant d'un grand prix , en lui disant : « C'ertJ

on que vous le garderez pour l'amour de mû

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