existe à laCHineuiï tribunal historique, chargé
par une loi fondamentale, dé consigner dans lés fastest
de Tempireles vertus et les vices du monarque régnant-
L'empereur Tai-Tsong^OM Taf-çtt, ordonna un jour à
ce tribunal de lui moiïtrer l'histoire de son règne. «Tu
« sais , lui dit le président, que nous donnons un récit
« exact des vertus et des vices de^ tms souverains ; et
« nous ne serions plus libres de dire la vérité, si lu jetois
« les yeuxsurcedépôtsàcré.— Quoi ! repritPempereur,
« tu veux transmettre à la postérité l'histoire de ma vie ,
« et tu prétends aussi l'informer de mes défauts , l'ins-
« truire de mes fautes? — Mon caractère , Imi répondit
« le président, et la dignité de ma place , ne me per-
« mettent pas d'altérer la vérité. Je dirai tout. Si tu fais
« quelqu'injustice, j'en serai pénétré de douleur : si tu
« déshonore ton rang par quelque fbibiesse honteuse ,
« je teplaindrai^mais je ne tairai rien. La conversation
« que nous avons ensemble ne sera pa's même passée
« sous silence : telle estmon eitactitude et ma sévérité.»
Tai'Tsong avoit l'ame noble et grande : « Continue ,
« dit-il au président 5 écris, et dis sans crainte la vérité*
«Puissent mes vertus, ou mes vices, eoixVxàsvjJw: V
328 VÉRITÉ
« Futilité publique , et à Tinstruction de mes sucées* <( »eiirs ! Ton tribunal est libre , je le protège 3 et lui « permets d^écrire mon histoire avec la plus grande « impartialité. » Voyez Vérité.
VÉRITÉ
1. HiPAMiNONDÂS, Tun des plus grands personnages de la Grèce , avoittant d'amoiu* pour la vérité, qu'il se faisoit un scrupule de mentir , même par jeu et par divertissement.
2. Firmus^ évêque de Tagaste en Afrique, montra parsagéaéreusefermeté,qullétoitvéritablementdigne de son nom. On persécutoit les chrétiens par ordre de Tempereur; et les inquisiteurs du prince ayant appris qu^m homme qui professoit la rehgion proscrite, avoit cherché un asile chez le saint prélat, vinrent le presser de le leurlivrer. 11 leur répondit : « Je ne puis ni mentir > « ni découvrir celui que vous cherchez : je Pai caché ; <^ maisvousne saurez jamais le lieu de sa retraite. 3^ Ces officiers, pleins d'indignation le saisirent lui-même, et lui firent souffrir les tourmens les plus cruels, afin de To- Lliger à découvrir le chrétien qu^ilrécéloit. Firmus , au milieu des plus affreuses tortures, se contentoitdeleur répondre ; «Jesaismourir;maisjcnesaispoint parler.:^ L'empereur fut instruit de cette héroïque constance.il fit venir le pontife , qui lui parut si digne d'admiration, qu'il lui accorda sa grâce et celle de celui qu'il avoitcaché. «Quede courageîquede vertu!s'écrieS.-^MgrMJfî/i. « Quels éloges ne mérite pas ce saint évêque, qui aima « lavérîtéjusqu^au point de tout souffrir, plutôt que de « trahir par un mensonge , et qui porta la charité jus- « qu'à s^exposer aux plus horribles supplices,plutôt que « de découvrik* un malheureux dont on vouloit lamort ! it
5. Mon palais et mes oreilles , disoit Hiéron I , « roi de Syracuse , seront toujours ouverts à quicon- « que voudra me dire la vérité , sans ménagement et « avec franchise. »