TRISTESSE
exposa.les grandes obligations qu^ilavoit à Dieu, depuis son enfance , sur-tout de lui avoir donné une si bonne mère, qui Favoitélevë si pieusement, et qui avoit gouverné son royaume avec tant de zèle et de prudence. « Hélas ! sire, ajouta-t-ilavec des sanglots et des larmes , « elle n^est plus, cette illustre reine: lamortvientdevous « Tenlever ! » On ne peut exprimer le sentiment de tristessedont le cœur de ce tendre fils futpénctré .Le premier mouvement de sa douleur lui fit jeter un grand cri, et yerser un torrent de larmes ; mais revenu à lui dans le même instant , iï se jette à genoux de van tPautel, et dit, en joignant les mains: «OmonDieu! je vousrends grâces 4cdem^avoirconservéjusqu*iciunemèresidignede toute « monaffection. C^étoitim présent de votre miséricorde: « vous le reprenez comme votre bien ; jen^ai point à m^en «plaindre. 11 est vrai que je Paimois tendrement; mais, « puisqu^il vous plaît de me Tôter , que votre saint nom « soit béni dans tous les siècles ! » Le légat fit ensuite la prière pour Pâme de la princesse ; et le monarque ayant témoigné qu^il vouloit être seul , les deux prélats se retirèrent etlelaissèrentavecson confesseur. Dèsqu^ilse vit sans autre témoin que le dépositaire de ses plus secrètes pensées, il se prosterna de nouveau devant le crucifix, et demeura comme abimé dans une profonde méditation. Puis, se levant tout-à-coup avec un visage plus serein, il passe dans son oratoire, toujours accompagné de son directeur, et récite avec lui tout Toffice des morts, mais avec une telle attention , que le bon prêtre ne pouvoit assez admirerque, dans une afflictionsirécenteetsivive, il ne lui fût échappé aucune méprise , tant la pensée de Dieu suspendoit en lui tout autre sentiment ! Depuis ce moment, il fitdirechaque jour devantlui une messe basse pour Tame de cette mèrebien-aimée. Deux jours se passèrent sans qu^il voulût voir personne. Ce terme expiré, il fit appeler \e sire de Joinville^ sénéchal de Champagne, son confident, et lui dit enPapercevaht : «Ah ! sénéchal , « j^ai perdu ma mère ! — Sire , répondit le bon chevalier, «je n^en suis point surpris, vous savez qu'elle étoit mor- « telle ; mais ce qui m'étonne , c'est la tristesse excessive « d'un prince qui est en si bonne réputation de saç^^^^^»^
j./\u combat de Minorque , en 1756, un ctinonnier ayant eu le bras droit emporté , dans le moment qu'il alloit faire feu , ramasse la mèche de la main gauche , se poste denouveauàsoncanon, etdit,enfiiisantfeu:«Ces « gens-là croyoient donc que je n'avois qu'un bras? »
2. Pendant iaguerre civile de César et de Pompée, im centurion de l'arméede César, appelé Scéva, se distingua par une des pi us belles défenses don t l'histoire fasse mention. Son général étnitdevantDyrrachiuin. Pompés étantaccouru pour sauver cette ville, César l'enferma dans desjignes qu'ilfit élever autourde son camp. Dans undes combatsqni se livrèrent autourde ces lignes, i'dfva , chargé de garder une des portes d'un fort , y arrêta les ennemis, quoique blesséh latête, ayantl'épauleetla cuisse percées , et un œil crevé. Dans cet état, ilappela Hn centurion du partîcontraire, comme pourse rendre; celui-cis'étant approché sansprécaution,iÇc(^falui passa son cpce au travers du corps. A près le combat, on montra à César le boucHer de Scéva, percé en deux cent trente endroits. César , pour récompenser la valeur de ce brave officier , lui accorda une pension de sis mille deux cents livres , et le fit monter tout d'un coup du huitième grade entre les capitaines du premier.
3. A la bataille de Thapsus , en Afrique , où Scipion et Juha furent vaincus par César , un éléphant blessé et furieux; sejetasiu" unmalheureuxvalet d'armée; et', le tenant sous un pied , lui appuyant le genou sur le ventre , l'écrasant de tout le poids de son corps , il Je maJtraitoit, etachevoitdeletuerà coups redoubles de sa trompe. Un soldat vétéran, indigné à la vue de cet affreiiK spectacle , courut à l'éléphant les armes à U main. Aussitôtl^anîmal guerrier laisse le cadavre, saisit le soldat de sa trompe dont il l'enveloppe , et l'élève en I'airtoularmé,D;ms un si pressant danger, le soldat rappelle tout son courage , et se met à frapper sur la trompe de l'éléphant, avec l'épée qu'il avoit à la main.
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La douleur force Tanimal de lâcher prise. Il jette son ennemi par terre, et court avec de grands cris rejoindre la troupe des autres éléphans. Depuis ce temps-là , la cinquième légion , dont étoit ce soldat valeureux , porta un éléphant dans ^^^ enseignes.
4. Les catholiques , commandés par le duc d'Anjou , assiégeoient la Rochelle, en iSyS. 11 y avoit près de la contrescarpe un moulin nommé laBraude^ dont iVbr« mandy capitaine, avoit obtenu la propriété , sous condition quil le feroit garder.Il songea d'abord à le fortifier; mais , voyant qu'il ne parviendroit pas à le mettre en état de défense, il se contenta d'y tenir durantle jour, quelques soldat3 qui se retirantle soir , n'y laissoientquune sentinelle.Àro2r«,un des générauxcatholiques,qui crut pouvoir tirer avantage de ce moulin, profita d'un clair delunepourl'attaqueravec un détachement etdeuxcouleuvrines.Unsoldatnommé^ario/juniquedéfeuseurde ce mauvais poste , y tint ferme.U tiroit avec une incroyable célérité plusieurs coups d'arquebuse sur les assaillans 5 e t , en variant les inflexiois de sa voix , il faisoit croire qu'il avoit un assez grand nombre de camarades. Le capitaineiVior/na/iJl'encourageoitduhautd'un cavalier; et, lui parlant comme s'il avoit une compagnie entière dans le moulin, il crioit qu'on soutînt bravement l'attaque ; qu'on alloit envoyer du renfort.BarAo^, se voyant sur le point d'être forcé, demande quartier pour lui et pour les siens: onle lui accorde. Aussitôt ilmetles armes bas , et montre toute la garnison dans sa personne.
5. Pendant que le toi Jean languissoit à Londres dans une triste prison, ses sujets opposoient aux efforts des Anglais un courage invincible. Jamais on ne vit en France tant d'héroïsme que dans ce siècle malheureux. On admira , dans de simples paysans, des exemples de valeur , des actions de courage, qu'on trouve à peine dans la vie des plus célèbres capitaines. Environ deux x;ents villageois s'étoient renfermés dans Longueil , bourg situé vis-à-vis S. Corneille de Compiègne , déterminés à le défendre jusqu'à la dernière extrémité. Us avoient élu pour général un d'entre eux , appelé Guillaume Lalouette. Une compagnie anglaise , qui occupoit le château de Greil , ci:ayant défaiVDe s;)xv%^^\~
Il ^ée de rustres, vint les altaquer. Les en* lia p.. -enlj en effet , sans presque trouver d'ati-^ ol) que le chef avec quelques-uns des plaii
resoLutt . le commencement ducombat, Guillaume' LûZ/oHC^Kwirnlie mort, percé decoups.I) avoit avecliii" unvalel rme, appelé le Grand-Ferré. Çie généreu*
dômes , ému par la vue de son maître expirant^
s'attenv . oise des larmes et devient un autre hommo^f 11 ranime ses camarades ;se met à leur tête ;saisit uaflj hache ; lombe sur les Anglais, en tuedixdès lepremier choc ; met le reste en fuite , les chasse hors du l^ourgp; les poursuit ; ouvre leiu's rangs ; arrache leur drapeau j"^ et les dissipe entièrement. Non content de ces premiers^ ( exploits, il dit à l'un des siens, d'aller jeter le drapeau des ennemis dans le foss^Xelui-cî refuse , parce qu'ua gros d'Anglais coupoit le passage qui pouvoit seul y | conduire.LeGrowff-Perre'sefait suivre par sonhorame, | attaque seul le» ennemis, les renverse , s'ouvre le che-'j niin,iette le drapeau dans le fossé, revient au combat ,2 et ne cessede frapper qu'après avoir tué quarante enne- ^ mis de »a propre main et mis le reste en fuite. Quelques jours apri'S, il rrmporta un semblable triomphe ;mais, aj'antbu de l'eau froide après sa victoire, ce Samson moderne tomba dangereusement malade , et fut obligé de retourner à son village, nommé Rochocourt, voisin de Longueil. Les Anglais en furent instruits. Douze d'entre eux entreprennent de le surprendre dans son lit.La femme du malade les aperçoit, et court apprendre à son mari le danger qui le menace. A cette nouvelle , le guerrier saute de son lit , s'arme de sa hache , vole dans sa cour , fond sur l'ennemi , malgré leur nombre et sa foiblesse ; en immole cinq, et fait disparoître les autres. Cette dernière victoire redoubla son mal. Il se mit au lit , demanda les sacremens , et mourut en chrétien , après avoir combattu en héros.
6. A la célèbre bataille de Salamine , personne , du cAté desPorses,ne s'acquit plus de gloire que la fameuse ^rtémise, reine d'Halycamasse. Elle se signala pardes efforts incroyables de hardiesse ;ensorteqae^e/'a^è.T, la voyant ainsi combattre, s 'écria que dans cetle journée les hommcsavoient p.arii des femmes,et que les lenimes '
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ivoientmontré un courage de héros. Les Athéniens indr çnésdecequ^unefemme avoitosa venir porter les armes îontre eux^ avoient promis dix mille drachmes de récomoenseà quiconque la pourroit prendre en vie; mais l'aïroile guerrière échappa à leur vive poursuite. Un vaisleau athénien la serroit de près : ilparoissoit qu^elle ne pouvoit pins éviter de se rendre ; en ce moment, elle irbore le pavillon grec, et attaque un vaisseau des Perdes, monté parDamasithymus^ roi de Calynde, avec qui elle avoit eu une querelle, et le coule à fond; ce qui fit croire à ceux qui lapressoient que son vaisseau étoitdu parti des Grecs ; et ils ne songèrent plus à Tattaquer. Au reste, si cette princesse eiit été prise, ellen^auroit mérité que d'être comblée de louanges et d'honneurs. 7. Les Gaulois, après avoir mis en cendres la ville de Rome,tenoientassiégés,depuisquelquetemps,lesrestes des Romains, qui s'etoient réfugiés dans leCapitole. A force de rôder autour de cette forteresse, ils reconnurent une route nouvellement frayée, par où ils crurent pouvoir y monter. Ils choisirent une nuit pour exécuter ce desseinileur marche nefutni aperçue des sentinelles qui vieilloient sur la citadelle, ni sentie par les chiens que le moindre bruit éveille. Déjà ilsavoient gagnéle pied des remparts, et s'étoient mis en ordre de bataille pour tenter Pescakde; mais ce qui avoit trompé la sagacité des chiens, ne trompa point la vigilance des oies. On en ëlevoit une troupe dans une cour du Capitole,en Thonneur de Junon et de son temple. Dans la disette où l'on ëtoit des vivres, on avoit épargné les jours de ces animaux par un motif de religion ; mais on les nourrissoit avec plus d'économie. Naturellement, ces oiseaux ont l'ouïe fine; mais la faim les rendoit alors plus attentifs. Ils entendirent quelque bruit; et d'abord, parleurs cris etle battement de leurs ailes, ils éveillèrentMawZzV^^y, vaillant guerrier, et qui , trois ans auparavant, avoit été consul. Il fait sonner l'alarme, et court sur lerempart. A son arrivée, il trouve deuxGaulôisdéjà montés surla muraille: un d'eux lève sa hache d'arme pour l'en frapper; mais le Romainluiabatlebrasdroitd'uîicoùpdesabreâlpovisse rudement de son bouclier l'autre Gaulois, et le fait tomber du haut de la murailles ce Gaulois, en tombant, en-
«ne la ipart de ses corapagooQS. Ceux des ennemis [ ent accrochés au faîte delà muraille parles
.juupercésparrinfatigabIeiHaB/(KJ.EnfinlesRo- „^,quis'attroupent,cha5sentleursagresseursàcoups 3 pierres et de daids, et préservent la citadelle du dernier malheur.Chez lesRoinaiiis, jamais une action louable n'étoitsans récompense. Le lendemain, les troupes s'assemblèrent pour distribuer les prix militaires à ceuï qui, la veille, cnavoient mérité. JWû/i/^wjfut nommé le premier. Pour reconnoîtrei'importantservicequ'ilvcnoit de rendre, chacun se retrancha une partie de fi-omeiit qu'il recevoit du public, a-- — épargne; et une mesure de ■vind'environcinq onces, puu. les céder au vengeur, au .libéialeur, au sauveur de la patrie ; présent peu considérable aux yeux de la cupidité , mais grand et noble dans cette circonstance, parce qu'il honoroit la valeur. 8. Le consul Atdlius, s'étant engagé dans un vallon dominé par une hauteur, sur laquelle lesennemisétoient postés, se vit à la veille dépérir avec ses troupes. Mais la valeur intrépide de CalpurniusTlammu, tribun légionnaire , le sauva de ce danger , avec toute l'armée. Ce brave guerrier , suivi de trois cents hommes que son courage anime, marche à l'ennemi; et, s'éfant emparé d'une hauteur voisine : « Alloos , camarades, dit-il aux ((héros qui le secondent, mourons ; ot par notre mort « délivrons les légions et le consul. » Il dit , et par ses cris il attire IVnnemi de son côté- On l'attaque : ses guerriers se défendent avec une bravoure plus qu'hujnainc. Plus d'une fois les assaillans reculent; mais enfin les généreux Romains succombent sous l'effort du grand nombre , pendant que le consul se retire avec r'arniée que l'ennemi n'ose insulter. On trouva Coipiirnius au milieu d'un las de corps morts, tant des ennemis que des siens , parmi lesquels seul il respiroil encore. Il étoit rouvert de blessures , mais dont heureusement aucune n'étoit ntorlellc. On l'enlève, onle panse , on en prend un soin inlinî ; et parfaitement guéri, il rendit encore Jong-temps d'utiles services II sa patrie. Une eouronno'de gazon fut tonte la récompense de cebéros, qui fut tres-sensible à cet honneur.
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9. Ddnslt dernière guerre que les Romains eurent h soutenir contre Tor^irîixet contre lesLatinsquivoftloient le rétablir, un jeune patricien, nommé Ca:ius Marcius, voyant un de ses compatriotes en danger de périr, vole à son secours, écarte, renverse tout ce cjui s'oppose à sa bravoure, et tue Tennemi qui pressoit lecitoyen romain. Il fut aussitôt honoré , par le dictateur, de la couronne civique, et obtint, à la fleur de son âge, une distinction glorieuse , que les plus anciens guerriers acquéroient rarement. Ce premier succès ne fit qu'aiguillonner son courage. AusiégedeCorioIes, ilmonta le premier sur les remparts; repoussa les ennemis qui s'empressoient de résister à ses efforts, et ne cessa de combattre qu'après quelesRomainssefurentrendusmaîtrede la ville. Cfette valeur héroïque Ini fit donner le surnom de Cotiolan : c*cst ce Romain fameut par l'inflexibilité de son caractère, et la fierté de son ame. Quelque temps après, il se distînguabeaucoupdans un combat contre lesVolsques :1e consul lui fit présent d'un très-beau cheval, et lui destina la part la plus considérable du butin . Mais Coriolan^ s'avançant au milieu des soldats^ répondit généreusement : «Je suis sensible aux éloges dontm'honore le consul, et « je reçois le cheval dont il veut bien ^ratifier mon cou- « rage, lue reste me paroit plutôt le salaire d'un merce- 4c naire, que la récompense d'un homme de cœur. Je ne « demanda seulement que la liberté d'unVolsqucmoa « ami et mon hâte, que j'ai reconnu parmi les prison- « niers.» Après avoir vaincu les Volsques, il poursui voit avec ardeur les fuyards \ et, comme on lui représentoit qu'il devoitplntôt retourner au camp pour s'y reposer de tes Êttigues : «Un vainqueur, dit-il^n'est jamais fatigué ; » •t il continua de poursuivre l'ennemi , la douceur de la victoire suspendant en lui tout autre sentiment.
10. Le duc de thurf^ognCyCharles^le-Hardi^ pour assouvir la haine qu'il poftoit à Lôlr£.r ^J, ne eessoit de faire à ce prince une guerre cruelle. Après avoir porté dans tous les lieux de son passage le ravage et h mort,ilse jef a sur la ville de Beauvais,qa'ilcrby6it emporter dès la première attaque, pour aller de là se rendre maître de la capitale. Mais il vit alors congJ^téii la valeur française est Tome UI. V
secles«J
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ledoutalile , quand elle combat pour la défense (I foyers M pour le salut de son souverain- Les IjourgeoùÏMl aniniésd'un zèle héroïque,abandonnent leurs faubourg» etse renferment dans la cité, opposant aux coups de l'ennemi le rempart de leurs corps. Les filles, les femmes, liaasporlées d'une émulation magnanime , disputent à leurs pères, à leurs époux, la gloire de sauver la patrie. Souslesauspicesd'unehéroïneappel éeJeanHella chette, elles volent sur les endroits de la muraille , qui éloîenl dépourvusde défenseurs : elles renversent les échelles ; elles précipitent les andacieuxqui déjàs'emparoientdes fortifications, Jeanne Fouquet, l'ime de ces amazones françaises, arrache un étendard des niainsde l'ennemi, et le porte en triomphe par les rues de laville, à la tête de ses braves compagnes. On les comble d'éloges, on exalte leur intrépidité; et le courage des citoyens s'enflamme de plus en plus, à la vue de ces guerrières formidables. En vain lesBourguignons multiplient leurs as- Sautsjen vain lenrartillerie foudroie jour etniiitla place: leurs efifbrts réitérés ne servent qu'à déceler leur faiblesse. Charles avoit beaucoup d'hommes dans son armée; mais les guerriers étoient dans Bcauvais. IJ fut obligé d'en lever le siège , après avoir perdu la moitié de ses troupes- La résistance des citoyens deBeauvais sauva Paris, et peut-être tout le royaume , dont une grande partie du moins eût subi le sort de la capitale. ■ LoBiïJTJrécompensa dignement leur bravoure, en leur exemptant de toute espèce^'impôts,en leur laissantune entière liberté dans l'élection de leurs officiers municipaux , et en leur accordant tous les privilèges de la noblesse. Comme les femmes s'étoient signalées autant que les hommes dans cesiége mémorable, illes distinct de même par ses bien&its. Il ordonna que , dans ime fête qui se célèbreroittous les ansen l'honneur de sainte Angadresme , dont on avoit porté les reliques sur les remparts , les femmes , soit à la procession , soit à l'offrande , auroient le pas sur les hommes , et même sur le corps-de-villc. EiîBn, pour prouver encore mieux sa satisfaction , le mcaiarque écrivit à Duplp.ssis-Bouni , intendant-général des financés, cette lettre flatteuse; «M..DupUssiSim.oa ami, Je tous écris que j'ai&itvœa i
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« de-nc manger point de chair jusqu'à ce qut le vœu « quej'aifaitd^envoyerdouzecentsécuspourdeuxcenU « marcs d'argent que j'ai ordonnés pour faire une ville « de Beauvais , en remembrance de ce que Dieu m'a « donne celte ville , soit accompli 5 et pour ce , je vous « prie, tant que je le puis , que vous faites incontinent « délivrer par Briconnet lesdils douze cents écus, et en « faites faire une ville, et eiivoyeî un homme bien sûr; « mais sur-tout qu'il n^y ait point de faute ; car s'il y « avoit difficulté , mon vœu ne seroit pas accompli. )> C'est ainsi que l'on fait éclore les héros^
11. Que ne peutpoint la valeur, même clans le sexe le plus foible ? En 1378^ les Anglais, sous la condiitte du capitaine Tinet , guerrier intrépide, se présentent devant Alfuro, ville de la Navarre. La place, que sa garnison avoit abandonnéejoffroit, ce semble, une coi|iquête facile. Déjà les assaillans se flattoientd'unrichebutin. Ils s'approchent. Quelle est leur surprise de trouver les portes fermées, elles remparts remplis d'une armée •d'amazones, qui, au défaut de leurs époul,avoient pris soin de défendre leur patrie ! Leur contenance fière ^t courageuse intimide les ennemis ; et le général anglais , frappé comme d'un coup de foudre en voyant rordonnance guerrière de ces héroïnes , s'écrie , en courant à toute bride : « Voilà de braves fepimes ! « Retournons en arrière : nous n'avons rien fait. »
12. Ausiége de Sigeth,cnlrepris sousles ordresde Sôlimanll , un des officiers qui défendoient la place , certain de périr sur le rempart, prit lacruelle resolution de tuer sa femme , de peur qu'elle ne fût déshonorée en tombant sous la puissance dos vainqueurs. Cette jeune épouse, moins attachée à la vie qu'à son n)ari,lui fit des reproches sur la mauvaise opinion qu'il avoit de son
.courage, et l'assura qu'elle vouloit l'accompagner à la gloire ou au tombeau. Elle prend un de ses habits, un cheval et des armes, et se mêle parmi les officiers. Les Turcs dressent leurs échelles , et font des efforts pour se rendre maîtres des fortifications. Les assiégés les répoussent par des prodiges des valeur; mais aucun d'eux ne montre tant de bravoure que celle génère u se héroïne.
Va
Soft V A T. i: u R.
Sans cesse à côté de son mari , elle renversoit tout eér qui se présentoit devant elle.L'officier,couvert de ble*i ânrés , sentoitranimer ses forces et son courage en W votant agir ponr écarter la mort qu'elle envoyoît aittinfideIleS.Enfin,elle est percée dellèches et javelotsqai; la mettent hors d'étal de se soutenir. Elle se traîne avef^ peine sur le corps de son époux, déji terrassé ; elle «•? jette entre ses bras ; elle recueille ses derniers soo» pifs , et les rend elle-même un moment après.
i3. Un aventurier anglais , nommé FcWe/on, voulant signalfir sa valeur par quelque exploit remarquable, vint, pendant la nuit obscure, escalader le château de tontofson , en Basse-Normandie. Bertrand du Gueiclin, qui v coramandoit , étoit absent. L'officier anglidl s'étoit ménage une intelligence secrfete avec deux chant., brifcresde la damerfu Gueictin, qui demeuroîtdans ly place avec Julienne du Guesclin , religieuse , sœur d& Son mari , et tante de Bertrand. Il s'approche : tout le tnonde étoit plongé dans un profond sommeil. Il donne aux perfides suivantes le signal convenu. Déjà il avoit dressé quinze échelles contre les murs de la tour,loraque la dame du Guesclin, qui, dans le moment, revoit qu'nu surprenoit le château , ou , pour mieux dire , i demi-réveillée par le bruit des ennemis qui montoient à la hâte , s'écrie qu'on attaque la pla<-e. Julienne du Guesclia, qui couchoit avec elle, se jette hors du bt; et cette intrépide religieuse, comme ressentantia race dontelle étoit, prendhi première armure qu'elle trouve , monte sur le haut de la tour, et voyant les échelles dont les Anglais n'avoient par encore gagne les derniers échelons , elle les renverse par terre, en criant alarme ! pour appeler la garnison i la défense du cfiltean. Felleton , se voyant découvert , prend le puit de la retraite ; mais malheureusement il rencontre d» Guesclin qui le fait prisonnier. On apprit de lui ta trahison des deux chambrières ; et la rivière qui eoule aux pieds de la forteresse , offrit à ces deux misérables un tombeau digne de leur perfidie.
14. CBmeAe Médicis, duc deToscane,Tou!oitpreBdre surles Français la ville de Sienne.Ilfoitînvestir cette f/aceparsonarméejetlebnveilibnftocladéfenddurant
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huit mois avec un courage et une constance héroïques.. Les citoyens, épuises par une si longue résistance, demandent à capituler , et viennent supplier le capitaine français de signer les conditions favorables qu^on leur propose. « La république, dit-il, vient de conclure un « traité avantageux : je me retire , pour qu^elIe en re- « cueille le frmt ; mais moi et mes compagnons , nous « prétendons ne devoir notre salut qu^à nos cpées , §i « Jron est assez hardi pour troubler notre retraile. »
iS.Les Normands assiégeoient Paris; etcesbrigand^, la terreur 4e leur siècle, donnoient assaut sur assaut, et faisoient jouer tous lesinstrumensde guerre pouremporter cette capitale. Mais le courage des citoyens étoit mvincible ; et jamais la valeur ne fit tant de prodiges. Lt'éyêqneGauzelitt conduisoitlui-méme son tro upeau au combat. Le casque en tête, un carquois sur le dos..uo(3 hache à la ceinture, ce héros sacré combattait smi* la brèche, à la vue d^une croix qu^il avoit plantée sjur Je rempart. L'abbé Ebole, son neveu, 3econdoit sa bravoure, etpartageoitavecluile mérite ji doux de défendre la patrie.Cet intrépide ecclésiastique voit tomber son oncleà ses côtés : ce spectacle, qui lui fend le cœur, ranime sa vengeance.La nature l'avoit doué d'une force extrapr<^naire.Il court à la brèche, armé d'un javelot as$ez semblable à une brocJie : il en perce les Normands, et^^riie à ^s compatriotes : «Portez.ceux-ci à la.cuisine,ils sont « tout embrochés ! ^ Cependant les ennemis formoietf une nouvelle attaque générale. Déjà leurs échelleiS étoient plantées^déj à les SQJIdats montoientsur lesmurailles, etcrioient i^ic/o/re /Aussitôtunguerrierd'unetaille médiocre ,mais d'un cœur die héros, appelé Gerbault^ suivi seulement de cinq hommes aussi braves que lui., s'avance , tue les premiers qu'il rencontre , renverse les autres , anrache les échelles , et délivre la ville.
16. Le fameux Bélisaire AXxàX. assiégé dans Rome par une armée nombreuse de Gotbs^etce grand capitaine , pour reiKusser les Barbares, faiftoit des sorties fréquentes , etlivroitpresque tous les jours de sanglantes batailles.Dans un de ces combats, un cavalier massagète,nomme Cborsamanteygaide du général ronvavn )i^o\w^\î\xvX
seul uncoiptf(2e^ajbuDte-dixcaval^ers>(l]^'^i3^^
gl3 VALEUR.
■en ftûtc.Mais les Goths s'apercevanlquSI approcBoîli* ieur camp, se rallièrent, el vinrent sur lui.U tiitleplu» hardi, tharye les autres , et les met une seconde &m ra déroute , ne cessant de les ronibattre qu'après Icsiroir vus rentrer dans leurs retranrheinens. Plus valeiirein queprudent,CAor^a'«ûnïerevîeiitàRoine,ou ilest reçu averdef^andsavclamations. Quelque teiiipsaprès,ayant été blessé dans une rencontre, il jura de s'en venj^cr, et tint parole. H sortît seul , et courut vers le Camp des Goths. Ceux-ci le prirent d'abord pour un transfuge- Mais lorsqu'ils le \irent tirer sur eux , viogt cavaliers sortirent pour le niettreen pîtces.llles soutint avec une audace iiiliépide, et les tîL Wi^me reculer. Mais bientôt environné de toutes poils, fimenx à l'aspect du péril, et toujours plus redoutableà mesiue que eroissoit le nombre desenneniis,i!(on»bapercé de coups sur unnjonreau d'homnies et de chevaux qu'il avoilinunulés à sa valeur,
■■ La'bravoure de CAo/-*anmn/e piqua l't^mulationdcs fBpilainès barbares , alliés des Romains. 'JarneU,\'ùa
d'eHX,étanl resté presqueseul sur le elianipde balaille, fut aSsàlK pitune foule d'ennemi s. Mais, armé dcdeus ; javelots , et conibaltant des deux m.iins , il ne ressoit d'alia tt^e à ses pieds tous teux qui l'approrhoientiEniin,
Ïtercé de coups, il étoit près de toiulicr en défaillance , Orsqu'il vit accourir son ftère, chef dts Isaures, quise jeta entre lut et les ennemis , avec un corps de eavalerie. Ranimé par ce seteurs inespéré,i) reprit asSesde force pour re^agnei' Rome en c&uriint à toute bvide , et tou^ jours anné'de ses deux jàùlots. 11 ne survint que ^eQx joars à cet étorinalit^Hort de courafje. ' -'-'^ i7.SÔuventil-ncfaatqii'uiitraitdev.ilenrpeuTdlssip« .de nombreuxbatailioiis,ettemiinerdés guerre loBflnes etsangiante9.'Lempïa-eiMrCon>j/<irtf//,et(jri/noa/a,wi des Lombards:, 'ooinbattétciit depiiis pltdfeurs anne'«»^ l'un pour se mainteniridtfns la posseisiofl de l'Uaiie ,' l'autre pour afFcemir-sés cilnquâtes. Lesdeuxarm^ éloient en pr^sence^fitattendoientle sif;naIjÉ^ur dé4 cider celte f^i^nde ^a^iie^Vn Lombard, n<^mé^»< celcag , qui portaif«'^Iance du roi , ne put ■ tnod^reii raideur qu'ilavoit de «Bnbattre : il sort des ranci, >s'é". isijcasui' Içs G^eça;^Aomiie a\u: rài cjra^iiliït. v'^ ïéfietrci^
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avec tant de furie, qu'il Penlève de dessus son cheval, et le jettant par dessus sa tête , le fait tomber mort derrière lui. Ce trait surprenant de bravoure frappa tellement les guerriers de Pem pereur , qu'ils prirent la fuite, et abandonnèrent une victoire complette à Pennemi.
18. A la bataille de Ra venue, livrée aux Espagnols le 11 d'avril i5i2, sous les ordres de Gaston de Poix, duc de Nemours , les Français et les Allemands confédérés ne pouvoient entamer l'infanterie espagnole , parce qu'elle présentoit un front bordé de lances , qu'il étoit impossible de rompre. Cependant la victoire en dépendoit. Un officier allemand nommé Fabien, \ionm\e d^une force et d'une grandeur extraordinaires , saute au milieu des ennemis , et prenant en travers une longue pique dont il étoit armé , la baisse avec tant de violence sur celles des Espagnols , qu'il ouvre un passage à ceux qui le suivent. Les Français et le Alleniands pénètrent par cette brèche , tuent , écartent , renversent , dissipent tout ce qui s'oppose h leur cou-rage , et remportent une victoire complette.
ig. ChilpéricII, roi de France, et Charles-Martel qui vouloit le détrôner , se faisoient la guerre. Leurs armées étoient en présence. Un des soldats de Charles s'qffre d'attaquer seul les royalistes , et promet de les mettre en fuite. Le duc d'Austrasie y consent. Lé guerrier part; et, d'un air intrépide qui sembloit présager la victoire, il marche droit aux Neustriens qu'il trouve sans sentinelles , sans armes , sans défiance et sans crainte. Aussitôt il met l'épée à la main , criant d'une voix terrible ; « FViyez \ voici Charles avec ses troupes !» et perce tous ceux qu'il rencontre. L'épouvante se répand dans tous les cœurs , et Charles , témoin de la consternation , fond sur ces gens effrayés , le met en fuite , et achève le triomphe de son soldat.
20. Zéiri y le Gyrus des Arabes d'Afrique , et qui , comme ce conquérant, avoit commencé par commander à des erifans avant de cemmander à des hommes ,. avoit bâti une ville pour servir de boulevard à ses Etats. Ses voisins ne virent point sans jalousie cette nouvellecité , et bientôt ib se réunirent pour Ya xeTvNets^x*'^^
3l2 VALEUR.
étoient commandés par KématSen-Médin , chef d'une des principales tribus arabes. ZJîr/ signala son courage pnr des prodiges y et sa rare valeiu* ëtoit secondée par celle d^in de ses fils , appelé Kétab, Comme il connoissoit Paiidace intrépide de ce jeune prince^ il lui défendit de sortir de la place , et de man;her contre Tennemi. Mais rien ne put arrêter Tardeurde ce guerrier h peîna adolescent. Il se dérobe à la vigilance paternelle , fiait une sortie à la tête des plus braves de la garnison y et tombe sur Kémat qui animoit ses troupes au combat. Le coup qu'il lui porte est si violent y qu'il le terrasse , et lui trancha la tête. Les assiégans^ voyant leur général expirer , poussent un cri de douleur y et prennent la fuite. Kétab y après cette prompte victoire y rentre dans la ville y et va trouver son père y lui portant dans son triomphe une excuse de sa désobéissance.
21. Après avoir conquis les Indes y Alexandre vint assiéger la capitale du paya des Oxydraques. Par son ordre y on*plante les échelles contre la muraille de la place : il monte le premier à Passant couvert de son bcni* clier, et arrive sur le haut du mur. On se hâte pour le soutenir ; mais les échelles se brisent^ et le monarque demeure sans secours. Alors y ne consultant que son intrépide courage , il saute dans la place , tombe heureusement sur ses pieds y et l'épée i la main , il écarte tout ce qui s^offre à ses coups , tue le chef des enne^ mis qui alloit le percer ; puis y s^appuyant contre un gros arbre > il pare avec son bouclier tous les traits qu'cm lui lance. Personne n'osoit l'approcher. Le feu de ses yeux , sa contenance fière et terrible , toute sa personne intimidoit les plus hardis. Enfin^ un Indien déco«. che une longue flèche qui lui entre bien avant , un peu an dessus du côté droit. Il en sort une si graade quantité de sang, qu'il tombe et reste évanoui. L'Indien accourt plein de joie pour le dépouiller ; mais le roi , réveillé par Tattouchement de cette homme , lu i plo»ge son épée dans le corps , et punit l'audacieux. Aussitôt des officiers qui avoieut fait mille efforts pour le recourir , arrivent , lui font un rempart de leurs corps y cha&senl les Barliares , et prennent la fuite.
;ï3. Oçéai^0^ suruQuinié Ccsar-AuguMey^yîiniAéXxvàl
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es rivaux, résolut d'agrandir Pempre dont il s'étoir L maître. Les Japodes^ peuples d'lll3'ric, faisoient> s trois ans, la guerre aux Romains. Auguste raaroutre eux, et vient assiéger leur ville capitale', ap- Métuléum. La place paroissoit imprenable ; la e et Part Tavoient fortifiée de concert. Les Barbadéfendoientavee un courage plus qu^humain. Ceint on emporte le rempart après quelques jours que. Mais les Japodes, sans se déconcerter, cons- Bt en une seule nuit un nouveau mur ^ etibrment sconde enceinte qui contraint Octope de recomer ses travaux. Ce prince , dont la valeur croissoit es obstacles^ élève des terrasses, dresse des tours ut desquelles cm devoît jeter sur le mur des enne* uatre ponts volans à la fois. Cette manceuvre fut tée avec trop de précipitation. Trois des ponte se irent Pessonne n'osoit avancer sur le quatrième. st€ y qui , du haut d'une tour , combinoit les évos de ses guerriers , remarque leur irrésolution , nden hâte, presse, exhorte,, conjuré ses soldats dés, mais sans succès. Enfin, pour réveiller kur ge consterné , il donne l'exemple : il monte lui- 5 sur le pont, et marche contre la muraille, tenant rucher devant lui. On s'empresse de le suivie; la e disparoit, l'audace lui succède, officiers et soltous veulent accompagner le prince. En un mo- I la foule devient si grande, que le pont succombe e fardeau, et se rranpt ccmime les trois premiers. ^ur8 furent tués ; uii grand nombre ftu*ent blessés* ste eut la jambe droite toute froissée , et les deux ^nsidérablement offensés. Néanmoins se souteoutré un accident sifâcheux par sa fermeté d'ame, lonte sur-le-champ au haut delà tour, se montre ens , ranime leur audace , et prend la ville. Les Romains étant entrés dans la Perse pourhumi- ?tte nation rivale, formèrent le siège de Béjude, lu situé surunroc escarpé, etdéfendu parune tour ée, construite depi erres aussi dures que le diamant, «ce paroissoitimprenable. On attaque, onem^T\fc r; on donne l'd^^utau corps de laciVaâeWe , e\\^ prie#fii«uracuieiised'tttiTO
y fait arborer l'aigle romaine. Cet intrépide sam s'avance jusqu'au pied de la muraille , brave leste ves assiégés; puis enfonçant des coins ai^uslesuntl dessus des antres , entre les jointures des pierrei.tl s'aecrochaiit avec les mains aux inégalités du mur , | vient à bout de monter aux créneaux. U y touchait,!)*»' qu'un Perse roulant sur lui une pierre énorme, leji^ cipitc du haut en lias. Iln'étoitqii'étourdi desaciinlK il se relève, et courant une seconde fois au rempart,! y remonte avec la même intrépidité. Le Perse le n* verse encore enfaisant tombersur lui un pan de miifA déjà ébranlé par le bélier. Sapérius , toujours aussi b» reiix et aussi magnanime , retourne une troisième fi»: parvient enfinauhautdumur , abat d'un coup desal»* la tète de son ennemi , et la jette aux pieds des assiérai* Les Romains , étonnés de ces pi-odiges de haidies**) s'empressent de suivre le héros. Un frère de Sapén» est bientôt h ses côtés , et seconde sa bravoure trioffl phante. Enfin , une foule de soldats monte à l'escalaài et Béjude est soumis à l'empire romain.
24. Tandis que toute l'Asie fléchissoit sous le jo (\\i'Alexan,dre~le~Grand iinposoit à l'Asie , im st homme, qui n'avoilqu'im rocher pourempircjosaréi ter à celerrible conquérant. lis'appeloit.4ri*naze. Ci tonné dans un château nom méPetra-Oxiana, situéii la pointe d'un me le plus escarpé qui fût dans U Pm il comptoit trente intlle homme sous ses drapeaux, des provisions pO'Ur plus de deux ans. Le loi de M» daine lui fait ordonne*' de se rendre. « Me rendre !i «pondit-il d'un air moqueur; et à qui? votre gn « j^/ea?««(£/-ea-t-iides»iles pour volerences lieux?» monarque , vivement piqué de l'insulte , choint b cents jeunes montagnards, vailtans et robustes, acui tumés dès leur enfance à gravir contre les rochen leur ordonne d'escalader Petra-Oxiana aux approci de la nuit. Celte entreprise étoit capable de rebu le courage le plus opiniâtre. Il falloit lutter tout S fois conLre la neige , contre le vent et contre le fit Leur intrépide valeur Lrionipha de tous les ob< c/es. Aprbs un \ovw e\. iemv d'esjiesaives fatigui afji^savoij: petd.ulrea\.c-i.e\i.^âji,\aviX5«i\MSi'>^f^''*
VALEUR. 3l5
rarvinrent enfin sur le sommet d'un rocher^et donnèrent leur souverain un signal qui Tinstruisit de leur succès, Alexandre aussitôt envoie unnouveau député poui ptopctf er à Arimaze des conditions favorables. Arimaze les rejette avec mépris : alors l'envoyé le prend par la main, le prie de sortir 5 et, lui montrant les soldats macédoniens : « Vous voyez , lui dit-il, q^vx' Alexandre et ses 4 guerriers ont des ailes.»-^r£/?ïûze,frappéd'une terreur iscfudaine, se rend; mais son opiniâtreté lui coûta la vie : la vainqueur le fit expirer sur une croix , après l'avoir feit battre de verges avec toute la noblesse du pays.
25. L'empereur CAor/ejÇi/iwfassiégcoitDuren, ville delà dépendance du duc deClèves,auquelce monarque ayoil déclaré la guerre. Il envoie un béraut au seigneur de Flattes qni commandoit la garnison, pour l'engager à se rendre. On ofiroit à ce capitaine des conditions avantageuses, et une fortune considérable, s'il vouloit pré- ▼enirle courroux del'empereur. *L'empereur,répondit « fièrement ce brave guerrier, connoît donc bien peu « mon courage ? Eh bien ! je vais le lui faire connoître m en répandant mon sang- pour le service de mon prince. «Qu'il m'attaque quand il voudra. » Tant que ce héros vécut, tous les efforts de Charles furent inutiles. Mais une maison s'étanf écroulée tout-à-coup, lorsque de Flattes passoit pour aller défendre les brèches , elle ensevelit sous ses ruines et ce grand homme et les espérances de Duren, où les Impériaux entrèrent aussitôt.
26. La véritable valeur doit toujours être fondéesur la teligion. Le fameux Bayard, l'homme le plusintrépide des6nsiècle,lui dont onidisoitqu'ilavoittrois excellentes qualités propres à un grand capitaine, «assautde lévrier, 4C défense de sanglier, et fuite de loup , » reçoit un coup de mousquet à la journéedeRcbec, qui le blesse mortellement. Il se fait asseoir contre un arbre, le visage tourné vers l'ennemi, tenant la garde de son épée faite en forme de croix, et priant Dieu, en attendant la mort dont il senloit les approches. Sur le point de rendre sa grîfnde ame, il fit cette belle prière : « O mon Dieu I qui avez promis un asile dans votre miséricorde aux plus grands pécheurs qui retourneroient à vous sincèrement et de tout leur eœur ^ je mets en vous toute ma confiance > et V:raX%
3l6 VALEUR.
mon espérance dans vos promesses. Vous étetra Dieu, mou Créateur, mon Rédempteur. Je confci vous avoir mortellement oSensé , et que mille ta» ilmipor jeùuG au pain et à l'eau dans le désert ne poumi|B|r|igra arquitter mes fautes ; mais , mon Dieu ! vous sm wrtj que jelois résolu d'en faire péaitence.sî vous m'euaie» ils, i iMmservé la vie : je sens toute ma foîblesse , et qiiïiBtt oicl moi-même , je n'aurois jamais pu mériter l'enlréf 6| liliei votre paradis , et que nulle créature ne peut ol)l«* pe/ij que de votre infinie miséricorde... Mon Dieu... n* »>oe père... ouliliez mes fautes, et n'écoutez que votre dr issu meiice... Que votre justice se laisse flécliir par les afr Kier rites du sang de Jésus-Christ ! ... » La mort lui coup* i^îft laparole. SoapreiDiercriiquaadilseseatitblesséiïWil "«ila été: «Jésus! Ab ! mon Dieu! jesuismort !»etcefut«*fcDei invoquant ce nom adorable, que ce héros termina sagl»' Wes rieuse carrière, le 3o d'Avril i524j n l'âge de 48»*1^ic
27. Au fameux siège de Rhodes , que les cheTalirt^Me de 5ainl-J«an de Jérusalem soutinrent avec tantdlBO^ valeur et si peu de succès, les Turcs , conduits par 5*%? limanlt, creusèrent sous une bastion une mine tep-y^ï rible. Tandis qu'ils firent jouer ce volcan, le grandmaître dei'ordre, filliers de l'isle- Adam, éloit dan* une églisie voisiue , où il imploroit aux pieds des aiLlcis Je secours du Dieu des armées, II jugea bien, à l'hopîible fracas qu'il entendit , que l'éclat qu'avoit fait U mine seroit suivit d'un assaut. 11 .se lève dans le mo* ment où les prêtres , pour commencer l'otBce, entoonoient cette prière prélinunaire : Deus, in adjutorivn mevfa iulende J Seigneur, venez à mon secours! « J'aoeeple l'augure, » s'écrie le pieux général; et, se toUPnant vers quelques chevaliers qui l'accompagnoieBt : «Allons,mesfrèi'es,Jetu-diti!, changer le sacrifice dent»
« louanges ea celui de nos vies, et mourons, s'il le&ut, « pourla défense de notre sainte bi. »Hdit;etlenouïeaa .Machal/ée,\a. pique à la main, s'avance d'un air terrible. Il monte SLirlebastion, joint les Turcs, écarte,renvers<i lue tout ce qui ose lui résister.ll arrache les enseigne» ennemies, et regagne impétueuse ment le bastion.
28. léabelle de Baoih-e , &mme de l'imbécille Ciwr- . Ifs yi, priacease àéa*\.\iiée,^TCi&X4'Q.\-^V4.ï.'.'kçidiféite
VALEUR. 3l7
nari, pour favoriser une faction puissante, avoît fait ériter le dauphin Chartes f^JJsonfils, et nommer ier du trône français, Hehri f^,roi d'Angleterre, iponssi Catherine àe France, soeur du dauphin, grande partie du royaume le reconnut ; et , après >rt, Henri VI ^ son fils, succéda h ses pn^tendus 5 , et les fit valoir sous la régence du ducrfe Bedfort ncle. Cependant Charles J^IJs'étoîtfaît couronner tiersPànnëe même delà mort de son pèreeni 522 , lelques provinces lui ëtoient demeurëcs fidélles ; son parti étoit si foible , que les Anglais , par ion , ne Pappeloient que le roi de Bourges, Pour Ter de le ruiner, ils résolurent d^^ssiéger Orléans , fyilà. Quoique la ville fût défendue par le célèbre aillant comte de Dunois , et une foule de gentilsimes d^une bravoure éprouvée, ils avoîentsipeu de ces, et les troupes ennemis étoientsi nombreuses, lllese vit bientôt réduite à la dernière extrémité. ïrZe^l^IIlui-même,campé pour lors àChînon,dése8ide sa fortune,et déjà ilsongeolt à se réfugier dans le iphiné , lorsqu'une jeune fille, âgée de dix-sept ans , ; ranimer son courage et sauver la France, lée près des rives de la Meuse , à Dom-Remy, village Lorraine, ses parens pauvres; mais honnêtes, lui ient donné une éducation conforme à la médiocrité enrfortune. Jeanne d'^rc, ainsi s'appeloit cette héle , dès son enfance , avoit été nourrie dans ITiorreur nom anglais. Sans cesse elle prioit le Ciel de Lvrer la monarchie de ces ennemis qui la tyranniînt. Son zèle s'enflamma avec l'âge ; elle eut à treize des extases dans lesquelles elle assura qu'elle :ôit entretenue avec S. Michel, sainte Marguerite, ite Catherine, qui lui avoient annoncé que Dieu ipeloit pour chasser les Anglais, et faire couronner dauphin «\ Reims. Elle possédoit toutes les vertus ituneame simple est susceptible: innocence, piété > ideur, et une modeste assurance, qui déceloit son irage.La vie agreste avoit encore iFortifié sesmembres» turellement robustes. Elle n'avoit que Textérieur^ inéme les grâces naïves de son sexe , sans éprauv^u^' \ infirmités qui en annoncent la foîblesse.
3t8 VALEtTRi I
Après plusieurs années derëvé]atlon8,./<;a»/zepresijl|^ de plus en plus par cette voix intérieure qui l^excitôit»' s'armer pour son roi, pour sa patrie, prit enfin la résoV* lution de se fàjre présenter àBau^^ricoierf , gouveraênrl, deVaucouleurs, petite ville voisine. (^Capitaine messirei p lui dit-elle, sachez que Dieu, depuis aucun tempsen-p ça , m^a plusieurs fois fait à savoir et commandé qii6 ^ j^allasse devant le gentil dauphin , qui doit, être et est vrai roi de France, et qu'il me baillât des ^ens d'a^ mes -, et que je lèverois le siège d'Orléans , et le me* nerois sacrer à Reims. » Baudricourt étonné la prit
I)our une folle , et voulut la faire exorciserpar le curé du ieu. Mais enfin, obsédé sans cesse, il Parma de toutes!^ pièces , lui donna deuxgentilshommes avecleursdomestiques, et la congédia, en lui disant: «Va, et advienne toutce qu^ilpourra. » Elle arriveàChinon, et s'annonce à la cour du roi. Pendant deux jours on délibère si <hi | Técoutera. On Padmet par curiosité. Charles , sans aucune marque de dignité , s'étoit mêlé dans la fonle des courtisans , à dessein de réprouver. Jeanne le dis- 1 tingue, le désigne; en vain on lui dit qu'elle se trom-j pe. «C'estloi, s'écric-t-elle, c'est lui !» On admire sa noble hardiesse ; on promène sur elle des regards étonnés. Charles lui-même ne sait ce qui se passe au dedans de son cœur 5a l'aspect de cette inconnue. «Gentil dauphin , lui ditThéroïne sans se déconcerter , j'ai nom Jeanne la Pucelle.he roi du ciel m'a envoyée pour vous secourir. S'il vSus plaît me donner gens de guerre par grâce divine et force d'armes, je ferai lever le siège d'Orléans , et vous mènerai sacrer à Reims , malgré tous vos ennemis^: c'est ce que le Roi du ciel m'a commandé de vous * dire , et que sa volonté est que les Anelais se retirent en leur pays , et vous laissent paisible en votre royaume , comme en étant le vrai , unique et légitime héritier. Que si vous en feite« offre à Dieu , il vous le rendra beaucoup plus grand et florissant que vos prédécesseurs n'en ont joui , et prendra mal aux Anglais s'ils ne se retirent. »
Ainsi ditlaPucelle.LachaleurdesesparoleSjlanaïvelé de son discours, ses réponses simples,maispréciscs,tout
persuada. Le roi la fait examiner par des femmes, des
A A L EU R* 5l^
hëologienset son parlement.Tous^d^me voix unanime, déclarent qu'il faut se servirau plutôt de cet instrument çélestequeleTout-Puissantenvoieàlapatrie.6A«r/e^lui fiiit une armure complette , lui donne un étendard, des écuyers, des pages , un intendant , un chapelain , une suite conforme à 1 état d'un chef de guerre. La nouvelle amazone se met à la tête d\in convoi considérable destiné pourOrléans. Bientôt sesguerriers sont remplis de «on enthousiasme. Elle part, suivie des principaux capîfaines de Tarmée campée à Chinon. Elle arrive, le 29 Avril 14^9, à la vue de la place.i)i^/?o/jvientau devant d'elle. Il l'inviteàsati sfairetempressementqu^avoientles habitans de voir leur libératrice. Elle se rend à ses prières : elle entre comme en triomphe ; mille cris de joie se font entendre'Dès ce moment,lesOrléanais se crurent invincibles , et le furent en effet.Tout changea.Les An-
S lais, vainqueurs jusqu^à ce jour, tremblentauseul nom eJ^û/2weûî^-^rc.Ilslacroientmagicienned\aussibonne foi que les Français la croient célestementinspîrée. «Anglais , leur écrit Théroïne , vous qnin^avezaucundroità ce royaume de France, Dieu vous ordonne, de par moi Jeanne la Fvcelle , d^abandonner vos forts et de vous retirer. »0n arrête les courriers; on ne répond que par desinjures à celte audacieuse sommation. y^ûw/ze outragée, mais redoutée, se dispose à prouver sa mission.Le mercredi 4 de Mai, elle choisit un corps de troupes; et remplie d^une ardeur plus qu^humaine, elle se précipite sur les forts ennemis , et les emporte, après un assaut de quatre heures.Elle songe ensuite à siemparer du boule* vart et du fort des lourelles, oùPélite de l'armée an-
Slaise s'éloit cantonnée* Après avoir fait ses dispositions urantla nuit, aux premiers rayons dujour elle donne le signal : on la suit ; on monte avec elle sur les brèches; on se bat avec ardeur : on presse, on enfonce, on culbute Tennemi, qui se défend avec courage -.-on alloit triompher , lorsque Jfîûwwe, blessé à la gorge, est contrainte de se retirer pourmettrelepremierappareilàsablessure. Sonabsenceéteintlecouragedesassaillaus.Losoldatperd cette illusion guerrière qui le rendoit victorieux. Déjà chacunvouloitse mettre ensureté,I?w7ïoi\ylui-memeétoit de cet avis.Tout-à-couplaPi^c«//« semontre 3 elle court
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au pied dufort, elley place son dtendard. Son intrépî ditépasse dans tous les cœurs ; on redouhie d'efforts ; on ou')'tf les premières fatigues. Les Anf'laisfuient,le boulevarfl est emporté. Le lendemain , les vaincus se rangent en bataille du côté de laBeauce.Les Français, toujours condtiilSjtonjoursanimésparleurhérome, se présentent dans le même ordre , résoins de combattre, quoique inférieurs en nombre. Mais ces ennemis, aalKfois si fiers et si tcmbies , n'osent tenir devant eirt. l!l s'éloignentprécipitammeat ; ils abandonnent leurs malades, leurs bagages, leursvivres, leur artillerie, et près de cinq mille morts- Ainsi, contre toute espérance, U ville d'Orléans fut délivrée , le 8 deMai , dix jours apfès l'arrivée de laP«ce//e.La reconnoissancq publique s'épuisa, en quelque sorte, pour témoigner kJeannetPAre arec quelle vivacité on sentoit tonte la grandeur de se* services. Le roi l'anoblit, avec son père, ses trois frère», et tonte sa postérité ; lui donna le nom du Lys ^ et y ajouta des terres , afin de soutenir la gloire de ce nom. On lui érigea une statue sur le pont de la ville qu'elle venoit de sauver ; et pour éterniser la mémoire de cet heureux, événement, on établit une fête, qui se célèbre encore tous les ans , et dans laquelle on prononce l'éloge de l'héroïne , qui, depuis cette époque illnstre , n'est plus appelée que la Pucëlle d'OblÉans.
Endélivrant d'Orléans, /eannen'avoitrempli que le premier objet de sa missiou.Pour accomplir le second, elle livra de nouveaux combats;etd'abord accompagnée dudiicd'Alencon,êlleassiégeaJargeau.Aprèsqn'oneTi( emporté les faubourgs : « Avant , gentil duc , dit laPacelle,^ l'assaut!» Au même instant les guerriers la sntvcnt.Lo choc est terrible. Du haut de leur» remparts, lesennemisfontdeseffbrtsincroyables.ye^rnnelesbrarc. Sa vois et ses exemples animent les Français. «Ne craignez rien,dit-elle auduc;ne savez-vons pas la promessi* que j'ai faite à votre épouse de vous ramener sain et sauf ? » Cependant on fuît pleuvoir une grêle de traits surl'hérome;l'undéchirG3abannière qu'elle arhoroit au haut de son éphelle ; l'autre l'atteint à la têle, et h ivuverse au pied de ta muraille. Devenue plus terrible
sa chute : « Or sus , amis ! amis , sus y sus , s'écrîc-t-elle. « Nolxe-Seigneur a condamné les Anglais ; ils sont à « nous. Bon courage ! » Aux cris de la guerrière, les Français s^empressent et se précipitent. Gagner la brèche , culbuter les ennemis dans la ville , les massacrer, les écraser, les poursuivre Tcpée dans les reins , en immoler onze cents , forcer les autres à se rendre* prisonniers , est Taction d'un instant.
Ce fut par de tels exploits queJc/rwne vint enfin à bout de gagner Reims, où eUe fit sacrer le roi en 1429 , qI assista à la cérémonie son étendard k la main* Elle continua ensuite de poursuivre les Anglais; mais elle cessa bientôt d'être lieureuse.Elle fut blessée à Pattaqne do Paris , et prise au siège deCompiègne , dans une sortie , -parlyyonnel yhaiard de Vendôme , qui la céda au comto deljifspi jJeandeLuxembougySon général. Celui-ci la vendit aux Anglais pour la somme de dix mille livres comptant, et cinq cents livres de pension annuelle.
A peine eut-on appris dans Paris cette nouvelle inespérée, que le duc rfe^c^/ôri ordonna des réjouissances Subliqucs , précédées d'unTeDeum , et qu'il dépêcha es courriers à toutes les villes qui étoient soumises à son pupille , pour les inviter à partager la satisfaction que cet avantage inspiroit au parti duroid^Anglelcrre. Jeanne fut chargée de chaînes, et renfermée dans la forteresse de Beaulieu. La dureté de sa prison , les outrages de ses gardes , les malheurs qui menacoient sa tête , tout lui inspira d^abord une sorte de désespoir. Ayant saisi un moment ou ses surveiUans cruels Tobservoient avec une exactitude moins sévère , elle se précipita par une des fenêtres de la tour. Sa chute fat si douloureuse , qu'elle ne put se relever. Ses gardes * accoururent; elle ftit serrée plus étroitement, et transférée peu de temps après au château de Crotoy.
Cependant frèreJMarri», vicaire-général de l'inquisition enFrance,réclamoit la prisonnière «comme véhémentement soupçonnée de plusieurs crimes sentant hérésie ; crimesquine pouvoient se dissimuler ni passer sans bonne et convenable réparation. » L^miversité elle-même, avant que le comte deLigniu*eC\lUî!Â\é.vKH^<^ Tome IIL X
les Anglais, le sopplioil de livrer sa captive an triïuinal du Saint-Office ; et ces prières de l'université «îtoient alors d'un ^and poids. «Vous avez employé votre noble puissance , lui écrivoit cette compagnie, à appréhender icelle feniine , qui se dit la Pucelle , au moveu de laquelle l'honneur de Dieu a été sans mesure ofl'ensé , la foi excessivement blessée , et l'Eclise trop fort déshonorée 5 car , par son occasion , idolâtrie , erreurs , mauvaise doctrine , et autres maux inesti niables se sont ensuivis en ce royaume.... Mais peu de chose seroit avoir fait telle prinse, si ne s'ensuivoil ce qu'il appartient pour satisfaire l'offense par icelle femme perpétrée contre notre doux Créateur, et sa foi , et sa ^ sainte Eglise, avec ses autres méfaits iumiin érables... Et si seroit intolérable offeose contre la mr-jesté divine , s'il arrivoit qu'icelle femme fût délivrée. » Ainsi tout conspiroit contre la malheureuse Jeanne , dont tout le crime étoit de s'être armée pour combattre la tyrannie, et venger son légitime souverain.
Un prélat couvert d'ignominie , méchant par coût , chassé de son siège par ses diocésains même , Pierre CaacAon, évêqiiedeBeauvais, se chargea de procéder j à la condamnation de l'nnocenle captive. Par ses soins , ï on composaunti'ibunald'ecclésiastiquesiûjusteSjif^o- | raris, passionnés, fanatiqucs,yeanne y fut citée à la requête du promoteur Guillaume £j/»ine/. Elle comparut avec la modestie qui convenoit à son sexe , et la fierté d'une guerrière intrépide. D'abord on lui défendit de songer à s'évader. « Si je me sauvois , dlt-elie , on ne « pourroit m'arcuscr d'avoir violé ma parole , puisqne t je ne vous ai point donné ma foi. » Interrogée si le roi Charles avoit aussi des révélations comme elle: «Enn voyez-lui demander, répondit-elle. » Interrogée si , dès son enfance, elle avoitdésiré de combattre les Boui^ guignons et leurs alliés, elle dit: «J'ai toujours souhaité « que mon roi recouvrât ses Etats. « biterrogée si les esprits célestes lui avoient promis qu'elle s'échapperoit r* « Ceci ne touche point mon procts : voulez-vous « que je parle contre moi? — Cbanf^iez-vous souvent ff de bannière ?les faisiez-vous bénir ? Par quels motifs H y avez-vous £ai\bvQdev\es.ntiKi.s ie icswï et de Marie?
« Etiez-vous persuadée que celte bannière portoit «bonheur, et Tavez-vous fait croire aux troupes fran- « caises? — Je ne renouvellois mon étendard que lor»- <c qu^il étoit brisé ; jamais je ne Pai fait bénir avec des « cérémonies particulières. C^est des ecclésiastiques « que j'ai appris à faire usage , non-seulement pour^ « mon étendard , mais encore pour les lettres que fc j^écrivois , des noms du Sauveur du monde et de sa « Mère. A Pégard de la fortune qu'on prélend que « j'attribuois à cette bannière , je disois , pour toute 4( assurance aux soldats : Entrez hardiment au milieu « des Anglais ; et j'y entrois moi-même. — Pourquoi , ,« dans la cérémonie du couronnement de Charles , « avez-vous tenue ladite bannière levée près de la per- -« sonne de ce prince? — 11 étoit bicnjuste qu'ayantparc tagélestravauxetlesdangers,el]epartageâtrhonneur. « — Les saints qui vous ont app2u*u , ont-ils des che- « veux ? Sont-ils nus ou habillés ? — Pensez-vous que « Dieu n'ait pas de quoi les vêtir ? — Avez-voiisvu des 4C fées ? qu'en pensez-vous ? — Je n'en ai point vu ; j'en « ai entendu parler , mais je n'y ajoute point de foi. « — Avez-vous eu une mandragore ? qu'en avez-vous « fait ? — Je n'en n'ai point eu : on dit que c'est une « chose dangereuse et criminelle. »
Ainsi , par ces questions captieuses , déplacées , indécentes , on vouloit lui arracher quelques paroles èqnivoques , qui pussent autoriser l'iuiquité des juges , animés par la fureur barbare de leur indigne chef. Un d'eux cependant , touché de compassion , conseilla à Jeanne de s'en rapporter au jagement du pape et du .concile. L'évêque de Beauvais , jetant un regard terrible sur ce conseiller trop chrétien: «Taisez-vous, de « par le diable , s'écria-t-il.» Un autre avoua , qu'en la conduisant devant le tribunal , il lui avoit plusieurs foi/s permis de s'arrêter devant la chapelle du château , pour y faire sa prière. Cette indulgence lui attira de la .part de Jean Bénédicité les plus sanglans reproches : « Truand , lui dit-il, qui te fait si hardi d'approcher « cette excommuniée de l'Eglise , sans licence ? Je te ferai « mettre en telle tpur, que tu ne verras ni lune, ni soleil, « d'ici à un mois ^ si tu le £ùs plus. >> Ce \n&Ys\^ ^<^^
Bénédicité n^adressoit jamais laparoleàt/^nn^ , dans tout le cours du procès j qu^avec les termes de piiil* Farde , à'ordihre , à'hérétique y A*infame.
Le 23 mai, Jeanne d'Arc fut admonestée dans sa pri* son. EHe étpit malade et presque mourante. Le lendemain on la conduisit à la place du cimetière de Tabbaje de S» Ouen , où Pon avoit dressé deux échafauds. L'évéque de Beauvais et ses dignes collègues sV étoient rendus y accompagnes de plusieurs prélats anglais. Une foule de peu|>le inondoitla place. Un docteur , nommé Guillaume Erard y commença d'un ton furieux^ un serr mon fanatique et rempli d'invectives. « C'est à toi , « Jeanne y que je parle, s'écrioitPinsultant prédicateur, « et te dis que ton roi est hérétique et schisma tique. -— « Par ma foi y sire , interrompit la Pucelle , révérence « gardée y je vous ose bien dire et jurer , sur peine de a ma vie y que mon roi est le plus noble chrétien de « tous les chrétiens, et n'est point tel que vous dites. >
Ensuite , on pressa l'innocente guerrière d'abjurer ses erreurs. Elle demanda la signification de ce terme abjurer, et dit à haute voix : «Je m'en rapporte à l'E- « glise universelle, si je dois abjurer — Tu abjureras <c présentement, reprit JErard avec fureur, tu abjureras, « ou tu seras arse (brûlée).» Alors le greffier s'approcha , et lut une formule d'abjuration , qui contenoit simplement une promesse de ne plus porteries armes , de laisser croître ses cheveux , et de quitter l'habit d'homme. Il falloit périr au milieu des plus affreux supplices, ou signer cet écrit. Jeanwe y consentit. Dans le moment, on substitua une autre cédule, par laquelle elle se reconnoissoit dissolue, hérétique, schismatique, idolâtre , séditieuse , invocatrice des démons , sorcière, etc. etc. Dèsqu'elleeutsîgnécetteabjuraiionsupposée, l'évéque de Beauvais proferale jugement qui lacondam*noit, pour réparation de ses fautes, à passer le reste de ses jours dans une prison perpétuelle, aupain de douleur et à Veau d'angoisse , suivant le style de l'inquisition. L'assemblée se sépara; eX. Jeanne ayant repris l'habit de femme, fut corîduite et enr^iaînée, comme auparavant, dans sa prison. La nuitméme, les gasdes, par ordre des juges, eulevèrentles robes de femme quiétoient surson
3it^ et leur subtitu&rent son habit d'homme. En vain •/eanneleurdemanda ses vétemens ;en vain eUe leurrappela que les^uges lui avoient expressément défendu de s'habiller en homme. Us lui répondirent brutalenjent qu'elle n'en auroit point d'autres. Pressée par des besoins naturels 9 l'infortunée fut contrainte de se couvrir des seuls vétemens qui lui étoient offerts. A l'instant ^ plusieurs témoinsentrèrentpourconstatercetteprétendue transgression. Les juges survinrent^ et dressèrent un procès-verbal. Le lendemain ils s'assemblèrent , et Jeanne fut condamnée comme relapse ^ excommuniée , rcjetée du sein de l'Eglise, et jugée digne, par ses forfaits, d'être abandonnée à la justice séculière. On vint lire cettesentence àl'innocente prisonnière. EUepleura; eUe se plaignit, mais sans emportement, mais sans injures. On lui permit de recevoir l'Eucharistie. Ensuite elle sortit de prison le 3o Mai, escortée d'une garde de six-vingtshommes d'armes. Elleétoit revêtue d'un habit de femme. Sa tête étoit chargée d'une mitre sur laquelle étoitécri t : Hérétique , relapse , apostate , idolâtre. Deux religieux dominicains la soutenoient. Elle s'écrioit sur la route : «Ah! Rouen, Rouen, seras-tu ma dernière % demeure ? » Arrivée au bûcher qui devoit la consumer, elle se mit à genoux, pria Dieu dévotement, et se disposa saintement à son sacrifice. « Menez-la, dirent aux bourreaux les juges séculiers. Ils obéirent. En face du bûcher étoit un tableau sur lequel on lisoit cette inscription: « Jeanne ^ quis'estfaitnommer ZaP«*ce/Ze , « menteresse , pernicieuse , abuseresse des peuples , « devineresse , superstitieuse , blasphémeresse de « Dieu, présomptueuse, malcréante delà foi de Jésust Christ , meurdeyesse ^ idolâtre , cruelle , dissolue , € invocatrice du diable, apostate, schismatiqueethcrét tique. » EUedemandaunecroix.. On lui présenta ceDe ^e l'église voisine. Elle 1 approcha pieusement de sa bouche, la mit contre son sem/ monta sur le bûcher, et rendit son ame en prononçant le nom de Jésus.
Incontinent après l'exécution, lebourreau dit aux juges , en pleurant , « qu'il ne croydit pas que Dieu lui « pardonnât jamais le tourment qu'il avoit fait souffrir « a cette sainte fille ; que jamais llxi'aNOiXX^LXiX cxi:isX
« de faire une exécution ; que les Anglais avoient M conslniire un éohafaud de plâtre si élevé , qu'il « pouvoil altpindre à elte , ce qui avoit rendu ses dou- « 'mus plus ionfînes et plus cruelles. »
La fin Iragiquede/eanne rf^rc fut pleurée dans Londres même. Un milord dit publiquement que la PuceUe étoit une brave femme ; et qu'elle auroit mérité les plas étends élogesj si elle étoitnée Anglaise. Un secrétaire du roi d'Aiifi;leterre, nommé Jean TrflJjarrf,s'éeria tout haut: '(Wons sommes tous perdus, damnés etdéshfino- « rés, d'avoir faitcruellementmourîrcette fidelle etin- «iiocentechrélienue, dontl'ame estes mains de Dieu.»
Lé roiuroux du Ciel sembla tomber, dès celte vie, sur la plupart de ceuxqui s'étoient prêtés à la veni^ance des Anglais , en condamnant cette héroïne. Pierre Cauchoa mourut subitement en se faisant raser ; Nicolas Midi, un autre desprincipaux juges, docteur en théologie, fut frappé de la lèpre; Jean Bénédicité ezpira dans les plus cruelles douleurs ; et Guillaume Efpinet , chassé de Rouen par les Anelais, alla finif misérablement ses jours dans un colombier, hors delà ville. ^o yez Bravoure, CotiRAGE, Intrépidité.
VERACITE.
1 . \J N saint anachorcle , nommé Jean-l'Egytîeny reçut la visite de Rvjin et de six de ses amis; et, comme les solitaires d'Egypte , aussitôt que quelques frères arrivoient, nvoieiit coutume de s'unir à eux par le moyeïl de la prière, tonte la compagnie le supplia de laftire, et de lui donner sa bénédiction. Le pieux solitaire leur demanda si personne d'entre eux n'étoit ecclésiastique ? On lui répondit que non. Alors il les considéra les uns après les antres, etconnut qu'ily cnavoît un quiétoil diacre; ceqne tousignoroient, àla réserve d'un seul à qui ce diacre seconfioit, parce qu'ilnevouloit pas qu'on ]e sut, par humilité. Mais, quoiqu'il fût le plus jeune de la troupe , le saint anachorète ne l'eut pas plutôt aperçu, qu'il dit en le montrant du doigt: «Celui-ci est c- diacre. ^ Ce jeune Uomme ■iic^o\i\o\t. cas l'avouer, el
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même il continuoit à le nier ; Jean lui prit la main , et la lui ayant baisée : «Mon fila y lui dit-il^, gardez- V6us bien « de désavouer la grâce que vous avez reçue de Dieu , <i de peur qu^un bien ne vous fasse tomber dans un mal^ « et l'humilité dans le mensonge ; car il ne faut jamais « mentir , même sous prétexte <r un bien, puisqu^aucun « mensonge ne procède de Dieu, mais d^une mauvaise « cause. » Ce diacre ne lui répondit rien , et reçut avec respect cette charitable et solide correction.
2. L^historien Aristobule avoitécritles belles action^ & Alexandre; et, par tm excès de flatterie, il les avoit chargées d'une foule debrillansmensonges,tristes fruits d'une imagination inféressée.Le conquérant, écoutant la lecture de cet ouvrage pendant sa navigation sur PHydaspe, arracha des mains de l'auteur ces fades impertinences, et les jeta dans le fleuve, en disant : « Tu méri- « terois encore mieux que je t'y précipitasse , toi , vil « imposteur, qui, contre toute vraisemblance , me fais « combattre seul et tuer un éléphant d'un seul trait. »