‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 87 sur 138 · VIEILLESSE · texte numérisé non relu

VIEILLESSE

a. Jt-iN

Egypte, on avoit pour les vieillards le respect le plus profond. Les jeunes gens étoient obligés de se lever devant eux , et de leur céder par-tout la place dTionneur.

2. Un jeune Spartiate voyant des hommes quisefaisoient porter à la campagne dans des litières , s'écria : 4C A Dieu ne plaise que je sois jamais assis en un lieu « d^où je ne puisse me lever devant un vieillard ! »

5,Pendantles fêtes qu'onnomméPa/2a/A^/2^e,y,etquî se célébroient à Athènes^ un vieillard étantallé chercher une place dans Tendroit où les Athéniens étoient assis, les jeunes gens se moquèrent dé lui, et le renvoyèrent avec mépris : ilse retira du côté des Lacédémoniens ; et, dès qu^il parut , ils se levèrent tous , par respect pour son âge. Les Athéniens , témoins de cette action , lui donnèrent de grands àpplaudissemens. «Hélas! s'écria « un Lacédémonien , ce peuple connoît ce qui csthon- « nête , sans avoir le courage de le pratiquer ! »

4« C^étoitune salutaire coutume établie chez les anciens , et il seroit à souhaiter qu^elle le fut aussi parmi nous, queles jeunes gens qui aspiroientaux charges5S^attachassentparticuliérement aux vieillards quis^yétoient le plus distingués, et qu'ils apprissent, par leurs conversations , et plus encore par leurs exemples , l'art de se bien conduire eux-mêmes,etde gouvernersagementles autres. C'est ainsi qu'-^r/j/ûZe s'attacha à Clisthène : et lui-même, dans la suite, ouvrit sa maison à tous les jeunes

gens d'Athènes , qui avoient bonne volonté , et qui aident le consulter comme oracle. Il les recevoit avec bonté : il les écoutoitavec patience; il les instruisoitavec {liaisir, et s'appliquoit sur-tout à leur relever le courage, et à leur inspirer de la confiance. Ce fut à c^tte. é^^W Tom. m. X

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que le célèbre Cimon reçut les semences prcciettôcl de ces grandes qualités qui Tout rendu si famcrux".

5. Scnèquey quoique fort avancé en âge, ncroiigissoit pas d^aller aux croies de philosophie. « Il y a déjà cinq jours , écrivoit-il à Pun de ses amis, que je vais en classe et que j'assiste , à huit heures précises , aux leçons âa philosophe Métronacte.Veni-vive allez*vousdire que je me mets au rang des enfans : j^en conviens ; et je m^estime heureux , s'il n'y a que ce reproche qpii puisse déshonorer ma vieillesse. Quoi! il m^est permis , malgré mes années, d'aller au théâtre, et je rougirois d'entendre un sage ! Quelle folie que celle de ne voulôirpas apprendre, parce qu^on ne s'y est pas pris assez tôt pour le faire ! Il est toujours temps d'apprendre, quand on est ignorant ^ et l'on doit s'instruire des devoirs de la vie , tant qu^on a à vivre. Qui ne gémiroit pas de Textravagance des hommes ? Mon chemin , pour aller au logis de Métronacteyva'ohWge de passer derrière le théâtre : je le vois toujours rempli d'une foule de fanatiques qui s^empressent de juger sérieusement du mérite d*uil vil histrion. Mais dans le lieu où Ton apprend à devenir plus honnête homme , les bancs sont vides 5 et le petit nombre de ceux qui y vont, passent pour insensés et pour ridicules. A la bonne heure ! qu'on lance contre moi des railleries qui me touchent peu. 11 faut écouter , sans s'émouvoir , les reproches des ignorans; et leur mépris doit être méprisableà celui qui n'a pour objet que ce qui est honnête. »

6. Sophocle y ce poète immortel , qui, par la douce harmonie de ses vers, avoit mérité le glorieux surnom A' Abeille et de Syrène Attiqite^ fit bien voirque la vieil* lesse n'est point incapable de soutenir les travaux du Parnasse.Parvenu dans im âge très- avancé, ses fils , impatiens de posséder son héritage , l'accusèrent d'être tombé en démence, et demandèrent qu'il fut interdît. Pour toute défense , le poète lut i\ ses juges la tragédie à' Œdipe à Co/owe, qu'il composoitactuclIement,et leur demanda si cette production paroissoit être l'ouvrage d'un imbécillePOnne lui répondit quepardegrands applaudisi^emêns : on couronna le vieux nourrisson dea

Muscs; et ses indignes enfans, devenus Pexécration publique , ne remportcTenl de ce procès inique , que la honte et l'infamie dues à une si criante ingratitude.

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