‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 93 sur 138 · BÊLE · texte numérisé non relu

BÊLE

lerie publique lorsqu'il passeroit par Stuttgard. Pour l'cuf^ager à loger chez lui , il fit ôler toutes les enseignes des auberges de la ville , et sur la seule porte de son palais , il eu lit mettre une qui porLoit : Bàtel impérial, garni. L'empereur, sensible à un empres^ sèment aussi flatteur, répondit à l'urbanilc du duc, en demeurant avec lui plus de temps qu'il n'a voit projeté- 3. L'n soldat de l'armée de M, de Turenne avoit pris le nom de ce général , qui lui en fit réprimandf. « Que TouleK-TOUs , mon général? répondit le soldat. « J'ai la folie des noms ; si j'en avois sa un plus Leaa « que le vôtre , je laurois pris. «

4- Le comte d'Evreux vcnoitvoir quelquefois Fontanelle. Un jour que ce prince , après une lonf^e visitCj se préparoit à sortir, FonleneUc dit à ses {jens: « Ouvrez donc les deux baltans. — Laissez , je pas- « serai bieu un seul ouvert- — Oui , monseigueiir, « vous y passeriez bien ; mais votre nom n'j passerai «pas. » ^ ^

5- Après la première cause que M. Cochin pliidl au palais , M. le Normand le joignit au sortir de l'audience , et lui protesta tout haut , que de .sa vie il u'avoit rien entendu de si éloquent. « On voit bien « lui rcpondilM. Cochin , que vous n'iîtcs pas de ceuj « qui s'écoutent parler. » faycz Civilité , Pow ThssE , Savoir- VivEE , Tok (bon).

i.J—'AKius l , roi des Perses , voulant faire la euene aux Scythes , son frère ^rlabane , pour qui il avoit un grand respect j et qui , de' son cr'ité , n'avoitpa* moins de zèle poiu les véritables intérêts du roi , se 1; crut oliligc , dims cette occasion , de lui découvrir se il seniiineus , avec toute la liberté que deniaudoitl'in: A porlHiice de l'affaire. « Grand prince , lui dit-U , cm '.\ « qui forment de vastes entreprises doivent considère « avant tout, si elles sci-onl^ utiles ou préjudiciable» :] «i'état; si l'exécLtliou en sera iacUe ou diâicile

V elles pourront contribuer ou nuire à leur gloire ; '« enfin , si elles sont conformes ou contraires aux rè- ^ gles de la justjce. Je ne vojs point , seigneur , quand ^ même vous seriez assuré du succès , quel avantage ff vous pouvez attendre de la guerre que vous entre- «' prenez contre les Scythes. Ce sont des peuples « séparés de votre empire par de longs espaces de <f terre et de mer , qui habitent d^immenses soli- « tu des ; qui sont sans villes , sans maisons , sans « établissemens , sans richesses. Qu'y a-t-il à gagner « pour vos tl-oupès dans une telle expédition , ou « plutôt que n*y a-t-il point à perdre ? Accoutumés « à passer d^me contrée dans une autre , s'ils s'avi- « sent de prendre la fuite devant vous , non par « crainte ou par lâcheté , car tout TUnivers con- « noît leur courage intrépide , mais dans le dessein

'"■ <c de fatiguer et de ruiner votre armée par de conti- « nuellcs et de pénibles courses , que deviendrons- <f nous dans un pays inculte , stérile et dénué de

r: iR tout y oh nous ne trouverons ni fourrages pour 4C nos chevaux , ni noumture pour nos soldats ? Je «crains, seigneur, qu^une fausse idée de gloire, <( et des conseils flatteurs , ne vous précipitent dans « une guerre qui pourra tourner à la honte de la « nation. Vous jouissez d'une paix tranquille au milieu « de vos peuples , dont vous faites Tadmiration et le « bonheur. Vous savez que les Dieux ne vous ont « placé sur le trône , que pour être le canal et le « ministre de leur bonté , encore plus que de leur « puissance. Vous vous piquez d'être le protecteur y ^ le tuteur , le père de vos sujets ; et vous nous

■ M répétez souvent, parce que vous le pensez ainsi ,

* « que vous ne vous croyez roi , que pour les rendre

^^ heureux. Quelle joie pour vous, grand prince, d'être

« la source de tant de biens, et de faire vivre, àTom-

"k Lre de votre norfi , tant de peuples dans un si aima-

^ ble repos ! La gloire d'un roi qui aime son peuple,.

« et qui en est tendrement aimé , qui , loin de faire

f* <( la guerre aux nations voisines oii éloignées, les em- << pêche do l'avoir entre elles, n'est elle pas \wfvv^\vv\Q.\^îL

« plus, touchante que celle de ravager la terre-, ,efi « répandant par-tout le carnage, le trouble, ITiorreur, « la consternation , le désespoir ? Mais un dernier « motif doit encore faire plus d'impression sur votre « esprit , que tous les autres : c^est la justice. Vous « n'êtes point , grâces aux Dieux , de ces princes qui « ne reconnoissent d'autre loi que celle du plus fort, « et qui regardent comme un privilège attache à la « royauté d'envahir le bien d'autrui. Vous ne faites « point consister votre grandeur à pouvoir tout ce « qi|e vous voulez , mais à ne vouloir que ce que vous « pouvez , selon les lois , et ce que vous devez. En. « effet , sera-t-on injuste et ravisseur , quand ou ne « prend que quelques arpens de terre à son voisin ? « et sera-t-on juste, sera-t-on héros, quand on usurpe « et qu'on envahit des provinces entières ? Or , j'ose « vous le demander , seigneur , quel titre avez-Vous « pour vous eniparer de la Scythie ? quel tort vous « ont fait les Scythes ? quelle raison pouvez-vous « alléguer pour leur déclarer la guerre ? Celle que ; « vous avez faite aux Babyloniens étoit en même « temps et nécessaire et juste : aussi les Dieux Tonty ils couronnée d'un heureux succès. C'est à vous, « seigneur, de juger si celle qne vous entreprenez « maintenant a les mêmes caractères. »

Il n^y avoit que le zèle généreux d'un frère uniquement occupé de la gloire de son prince , et du bien public , qui pût inspirer une telle liberté ; mais aussi il n'y avoit du côté du prince , qu'ime parfaite modération capable de la souffrir. Darius y loin de se choquer du discours d'jirtabane , le remercia de son conseil ; mais il n'en profita pas. L'engagement étoit pris. Il partit à la tête d'une armée formidable , et fut vaincu sans combattre , comme l'avoit prédit le sage conseiller du monarque.

2. Le comte de Nassau , Vun des généraux de Charles-Quint , menaçoit Ppronne , en i536 ; et les habitans , dépourvus de toutes choses , paroissoient résolus de l'abandonner. Alors un gentilhomme français des environs , nommé d'Esturmely signala son zèle

pour sa pairie. Prévoyant les suites funestes qu^ neroit la perte dé Péronne , il s^y trasporta , a

'entrai avec sa famille et ses enfans y et anima tellement ses concitoyens par ses discours et son exemple , quiJs se déterminèrent à la défendre jusqu^à la dernière exLré- Doiité. Cet homme aussi généreux que brave, y fit «conduire tous les grains qu^il avoit chez lui , et tous ceux qu^il put obtenir de la noblesse du voisinage ; y distribua son argent , et celui qu^il trouva dans la bourse de ses amis , montra une valeur , une activité , une intelligence , qui rassurèrent les plus timides. Cette conduite déconcerta Tennemi, et Vobligea de se retirer après un mois de siège , pendant lequel il donna quatre fois Tassant sans pouvoir se loger ^ur les brèches , qui étoient très-considérables. Le roi , voulant récompenser d'Esturmel , le fit son maître^d'hôtel , et; lui donna une charge considérable dans les finances* 3. M. Je la Feuillade assiégeoit Turin, avec aussi peu de succès que de présomption. Le maréchal de f^auhan , qui brûloit du désir de combattre pour sa

Satrie , offrit au général de servir sous lui en qualité e volontaire. 11 en fut refusé. houisXlV ^ voyant que Ib siège n'avancoit point , le consulta ; et Vauban offrit encore d'aller conduire les travaux. « Mais , M, « le maréchal , lui dit le roi , songez-vous que cet « emploi est au-dessous de votre dignité ? — Sire , ré- « pondit Vauban , ma dignité est de servir Tétat. Je « laisserai le bâton de n;iaréchal à la porte , et j'aiderai « peut-être le duc de la Feuillade à prendre la ville. » 4- Le peuple de Gubbio, en Ombrie , s'étoit soulevé ; et les séditieux , les armes à la main , menaçoient déjà d'inonder la ville du sang des citoyens. S. Ubaldy leur évêque , Papprend : un zèle divin Ten-r flamme ; il court à la place publique : il emploie les remontrances pour calmer les mutins ; mais ses prières , ses exhortations sont inutiles. Le généreux prélat , ne consultant plus alors que son ardente charité, se précipite au milieu des épées nues. Il se laisse tomber à terre , comme s^il eût été mort ; et chacuii crut qu^ïl Pétoit eix effet. Aussitôt les séditieux dé.--

instnimeiis de leur fnreiir *, et , se livrani d'avoir perdu un pasteur chéri , ils s'aç jileurer une mort dont ils se croyoiei^ ,e saint évêque , voyant que cet innocenl 1 eu un succps heureux, se relève , faâ

le qu'il n'i^toit pas blessé. Alors chacui; sp , cl ne pense plus qu'à remercier Dieu.

îlni qu'ils croyoient avoir perdu parlenî îtoit rendu.

une violente persécution que le paga a iscité contre les chrétiens , Arcade , poui

ïn re sn r" -■'—■'- -^ — donna sa maison , 6\ s'aua cacher dans une sol où il servoit Dieu dan»

les veilles , le jei'me et ' ^re. Les persécuteurs ,.

^tant entrés dans sa ma y tiouvèrent un de sel

parens , que le gouveiucu.' lit resserrer dans une' étroite prison , jusqu'à ce qu'il eût déclaré le liett <^ Arcade avoit choisi pour retraite. Le saint , l'ayant' appris j sortit aussitôt de son asile , et vint se présett-, ter au gouvernem'. « Si c'est à cause de moi , lui (t dit-il , que vous retenez mon parent prisonnier, je , « viens me remettre moi-même entre vos mains , pour « vous déclarer ce que vous voulez savoir , et qu'il « ne pouvoit vous apprendre. Relâchez - le mainte- « nant , car je vous rendrai compte de tout. » Le gouverneur dit à An:.ade qu'il pardounoit à son parent, et qu'il lui pardonneroit à lui-même, s'il vouloit sacrilîcr aux dieux. «Savez-vous, repartit ^rcatie, ee que c'est « qu'un serviteur de DieurC'est un homme qui ne se ç; laisseniafToThlirpar l'amour de la vie, ni ébranler par tf la crainte de la mort. C'est Jésus-Christ qui est sa vie; « etlii mort est nn gain pour hii. Imaginez contre nous « les supplices les plus horriLles, et vous verrez que « rien ne peut nous séparer de notrcDien.» Le gouverneur, piqué de ce discours, mitia ronstanced'^/-ca(/€à l'épreuve dos plus affreux tourmens. Il lui fit couper , l'nnaprès l'autre, età plusieurs reprises, les doigts, les mains, les liras, les jamiies. Le saint martyr, aumilieu, de ces supplices, quifaisoientsouffrirlesspectateurset les bourreaux, m^me , conscnoit une tranquilUlé tou-

I \o\\lcs ^gale , lie cessant de louer Dîeu , et de le prier

pour la conversion de ceux qui le faisoient souffrir-

. cjafin^ réduit à n'être plus qu'un tronc sans membres,

'. et baigné dans son sang y il rendit son esprit à Dieu ,

mvec la gloire d^être tout ensemble le martyr de la foi

chrétienne et de la charité fraternelle.

6. L'arianisme faisoit de grands ravages dans TEglise ^ par la protection que lui donnoit Vempereur f^alcns. Un pieux solitaire , nommé Aphraate , dont la répulatiou ëtoit grande , crut que Dieu demandoit de lui qu'il s'y opposât de tout son pouvoir. Ne consultant qiie son zèle pour la défense de la foi de Jésus-Christ , il quitta sa retraite , vint à Antioche, et fortifia le peuple dans hi saine doctrine , autant par la sainteté de sa vie que par l'éloquence de ses discours. On voyoit , non sans admi-^ ration , ce solitaire exténué par ses grandes austérités y à Tâge de près de quatre-vingts ans , parcourir les rues , aller dans les places publiques et dans les maisons^ pour animer lesFidelles à souffrir la persécution , les prémunir contre le venin de l'erreur, les confirmer dans la vérité, et par-tout faire triompher la divinité de Jésus- Christ, en confondant l'impiété et rhérésie.L'empereur voulut lui faire un reproche de ce qu'il avoit abandonné ia solitude, pourcourir parles villes, et exciter, disoitil , les peuples à la révolte. Mais Aphraate lui répondit , avec cette fermeté que donne un saint zèle pour Jésus- Christ: « Prince , je suis resté dans ma solitude , tant fc que les brebis du troupeau du céleste Pasteur ont été « enpaix;aujourd'*huique je les vois troublées et prêles % à être dévorées , me conviendroit-il de demeurer tran- « quille dans ma cellule PSij'étois une fille retirée dans « la maison de mon pèi-e, et que je visse quelqu'uny « mettre le feu, me couseilleriez-vous délaisser faire , « de rester en repos , et de me laisser brûler avec la mai- « son ?Ne me diriez-vous pas plutôt d'aller chercher du fc secours, de jeter de l'eau, et défaire tous mes efforts K pour éteindre l'incendie ? C'est ce que je fais niainte- « nant. Vous avez mis le feu à la maison du Seigneur. « De ma cellule j'ai aperçu l'incendie , et je tache de 5 l'éteindre. Un solitaire perd-il la qualité de chrétien

35a ZÈLE.

<c pour être dans la retraite ? et les intérêts de Jésus- ^ Christ ne sont-ils plus les siens , parce qu'il a re te nonce à ceux du monde ? » L'empereur ne rëplicfua point à une réponse si généreuse, et son silence £t connoître qu'il la trouvoit juste.

7. L'empereur ^najfa^6,mettanttoutenœuvre pour établir l'erreur des Êutychiens , entreprit de gagner à son parti le célèbre Théodore , chef d'une nombreose compagnie de solitaires. Il lui envoya une très-grosse somme d'argent y comme une aumône y pour assistei^ les pauvres et les malades. Le saint abbé s'aperçut bien de l'artifice : néanmoins il reçut l'argent , et en fit l'emploi. Quelque temps après , l'empereur lui fit proposer de souscrire une confession de foi , qui contenoit Thérésie proscrite. Aussitôt il assembla tousse» moines , les avertit du péril où étoit la foi , et les exhorta vivement à défendre la vérité , aux dépens même de leur vie. 11 écrivit ensuite au monarque une lettre pleine de l'esprit apostolique , dans laquelle , après avoir réfuté solidement l'erreur d'Eutychès, il dit ; « Puisque nous n'avons qu'un choix à faire , on de « conserver honteusement notre vie en suivant J'er- « reur , ou de mourir avec honneur dans la vraie foi « que les saints pères nous ont enseignée , ]e déclare ?< à voire majesté que nous préférons la mort à la vie.'* Anastase y étonné de cette liberté , fit au zélé patriarche une réponse fort respectueuse , et l'assura qu'il ne désiroit autre chose que de procurer la paix à l'Eglise. Mais il recommença la guerre bientôt après , par des édits sanglans qu'il publia contre les catholiques , et qu'il fit exécuter à main armée. A celte nouvelle , Théodose courut à Jérusalem , fit assembler le peuple dans l'église ; et , étant monté dans la tribune où l'on faisoit les lectures elles instructions^, il dit àhaute voixj « Si quelqu'un ne révère pas les quatre conciles écu- <i méniques de Nicée , de Gonstantinople , d'Ephèse « et de Ghalcédoine , comme les quatre Evangiles > « qu'il soit anathême ! » Une action si hardie , dans un vieillard de quatre-vingt-quatorze ans , rendit le cou* rage à ceux que la rigueur des édits avoit effrayés.

8. Ahraham ëtoit assis à la porte de sa tente , pour 'Voir s'il né trouveroit pas quelqu^occasion d^exercer , envers les voyageurs , les devoirs sacrés de Thospitalité. 11 aperçoit trois jeunes hommes : il court à eux , les invite avec instance à entrer dans sa tente , les reçoit avec joie, le's sert avec empressement ^ et, après le repas , les conduit dans le chemin. Ces trois voya-

{jeurs ëloient trois anges que Dieu envoyoit pour punir e crime de Sodome. On marchoit de compagnie dans ]a route de cette ville coupable , lorsque Pange , qui jusques-là avoit fait le principal personnage , s^ëcria tout-d^un-çoup : « Pourrai- je me résoudre à cacher « plus long-temps à Abraham les desseins qtie je suis « près de foire éclater ? Non j ouvrons-nous à lui sans « réserve, et ne craignons point de lui foire une con- « fidence dont il est digne...* La clameur des énormes « péchés dont Sodome et Gomorrhe se sont déshonore rées , s'est foit entendre jusqu'à moi , et me demande 4C vengeance ; tant leurs iniquités sont infâmes et into- « lérables ! J'irai moi-même , et je verrai si le bruit de « ces forfeits n'en exagère point la grandeur , pour « punir ensuite les coupables , suivant la mesure de « leur iniquité. »

Deux des voyageurs, à ces mots, quittèrent ^iraAa/n, et s'avancèrent rapidement vers Sodome. Mais le saint patiîarche ne quitta point celui dont il venoit d'entendre les oracles , et qu'il avoit eu tout le loisir de reconnoître pour l'envoyé du Seigneur. 11 s'approcha respectueusement de lui 5 tant la charité et le zèle donnent quelquefois du courage ! et il prit la hberté de lui dire : « Mais quoi ! Seigneur, voudriez-vous confondre « dans la même punition , l'innocent et le coupable ? « Si l'une de ces villes criminelles renferme dans son « sein cinquante justes mêlés dans la foule des pécheurs, « les ferez-vous périr tous ensemble ; ou plutôt , ne « pardonnerez-vous pas à la multitude des coupables, % en faveur des cinquante justes ? Oui , Seigneur , vous « ferez miséricorde. Malheur à moi , si^je pensois que « vous pussiez en user autrement ! Vous qui jugez tous « les hommes , et qui êtes la souveraine justice , vcwl\ Tome IIL X

1 poinl le juste avec l'impie. fion^vousHe.

àiit ; volis lie pourrez Vous y résoudre. >

tr etlasimplicilé d'une prière si tour-hante

! cœur de Dieu , et allirèrenl à j4braham

— liante répoDse. « Vous serez content, lui

.neur; si Sodome offre à mes yeux cin-

iles qui se soient préservés de la contagion,

dirai point la ville; et les cinquante îustei

.... it la grâce de tous les criminels. — Que vonl

s Iji Seigneur! reprit Abraham , et que j'avois

JU| de votre clémence infinie ! Mais puisque

ijoni cncé à vous -"-'"r, moi qui ne suis que

« cendre et poussière , î'ajuun-rai encore un mot ; vous

« n'en serez point offensé. Bornez - vous tellement la

« grâce de Sodome au nombre de cinquante justes,

« que s'il en m.^nqfcioitcinqsurIa totalité, vous repris-

(t siez tons vos droits ; et voudriez-vous perdre une ville

« dont l'innocence de quarante-cinq de vos serviteurs

« solliciteroit le pardon i* — Non , reprit le Seigneur j

K quarante-cinq justes suffiront pour désarmer ma ven-

« geaiice. — Mais , mon Dieu ! continua le Jiéle' patriar-

« che,si,par malheur, il ne s'en trouvoitquequaranlej

« que fericz-vous ? — Je ne vous refiiseroîs pas encore,

« dit le Seigneur^ et i« pardonneroîs. »

Abraham en avoit déjà beauLOup fait; et tout autre cftt regardé une démarche de plus , comme une hardiesse insoutenable. Mais l'innocence , qui failles amis de Dieu , leur donne des droits que les autres hommes ne connoisSent pas ; et , ce qui seroit dans ceux-ci témérité punissable et folle présomption, est dans ceuïlîi simplicilé de creur et respectueuse liberté. Ausa .-^AraAflOT , qui d'abord ne faisoit ses conditions avec Dieu que de cinq en"cinq, passe ensuite jusqu'à dis; et, rctnmchant ce nombre de celui de quarante : (c Ne « vous irritez point , Seigneur, dit-il, si voire pre- « mièrecondescendanceme donne la hardiesse de vous « parler encore une fois. Au cas qu'il ne se trouvai « que trente justes dans Sodome^ fandroit-i! désespérer « du pardun .^ — JN'ou , répondit le Seigneur . et cesea roit assez pour surpendre ma justice. — Hélas ! Se-

t gneur ^ ce seroit bien peu que vingt justes dans une y grande ville ; mais , après tout ^ ce petit nombre « d'ames innocentes ne seront-elles d^aucune consi- « dération devant vous ? — Oui , sans doute ; et vingt « justes me désarmeront. »

Abraham délibéra alors , et commença à craindre l'excès de son importunité ; mais Pange , après tout , ne le guittoit point , et ne paroissoit point fâché de Tentendre. « Je le vois bien , Seigneur , dit-il , vous « voulez que je vous presse encore ; mais ce sera pour « la dernière fois , et je m^assure que vous me par- « donnerez , si je vous dis que dix histes suffiront « pour autoriser votre indulgence.— Oui, sans doute, « lis me suffiront. Pour dix justes , je consens h épar- « gner des milliers de coupables.» Peut-être Abraham et oit-il tenté de faire un dernier effort ; car la charité des saints est bien difficile à rebuter. Mais le Seigneur fie lui en laissa pas le loisir. L'ange , qui le représentoit , disparut ; et le vertueux patriarche retourna chez lui , comblé des mérites de son zèle , pénétré de la craintedès jugemens du Très-Haut , et dans Pattente de la funeste punition dont étoient menacées les villes cou* pables pour lesquelles il avoit inutilement prii.

g. Pendant que saLUit Louis étoit retenu dans ic$ fers des Sarasins , ces infidélles , étonnés de ses vertus sublimes, voulurent le proclamer roi d'Egypte ; mais ils craignirent qu'il ne détruisît leur croyance. Peu de temps après, le monarque, s^entretenant de cette aventure avec le sire de Joinville^ son confident, il lui demanda s'il croyoit qu'il eût accepté la couronne qu'on avoit parlé de lui offrir ? « Ma foi ! sire , répondit le « sénéchal , vous eussiez fait en vrai fou , vu qu'îîs « avoient occis leur seigireur..— -Or, sachez, reprit « Louis , que je ne l'eusse mie refusée : » tant étoif vif et ardent le zèle de ce prince véritablement trèschrétien !

lo. Le solitaire Abraham y (\}i\ fut depuis évéque de Carres, en Mésopotamie, brùloit du désir de répandre son sang pour la foi de JésiisîChrist.II quitta sa retraite; et, s'étant déguisé sous im habit de marchand , il s'en

alla avec quelques autres anachorètes dans un village du Mont-Liban , dont il avoit appris que les habitant étoient encore plongés dans les ténèbres de Pidolâtrie. Il y loua une maison 5 et après avoir passé trois ou quatre jours , sans rien faire paroître de ce qûil étoit, il commença enfin à chanter des psaumes avec ses compagnons. On les entendit , quoiqu'ils chantassent d'un ton assez bas. Aussitôt tous les habitans accoururent , bouchèrent la porte de la maison par dehors, et , dessus le toit , jetèrent quantité de terre pour les étouffer. Cependant ces saints, ensevelis dans la poussière , continuoient d'offrir à TEternel l'encens de leurs prières. Cette patience toucha quelques-uns des idolâtres , qui arrêtèrent les autres. On déboucha la porte : on les tira de dessous la terre dont ils étoient couverts , et on leur commanda de sortir du village > à l'heure même. Dans ce moment, arrivèrent des officiers de l'empereur, pour faire payer la taille aux habitans. Us chargeoient les uns de chaînes , et faisoient impitoyablement fouetter les autres. Alors Abraham^ oubliant les mauvais traitemens qu'il venoit de recevoir, ne pensa qu'à imiter celui qui, étant sur la croix, avoit prié poêr ceux qui l'y avoient attaché. Il parla aux officiers , et les conjura de traiter ces pauvres gens avee moins de rigueur. Ils demandèrent si quelqu'un vouloit répondre de la dette , qui étoit de cent pièces d'or? Abraham offrit sa caution , et promit de payer cette somme dans peu de jours. 11 alla aussitôt à Emesse > ville voisine , où , ayant emprunté à des personnes de connoissance l'argent dont il avoit besoin , il l'apporta au jour piarqué.

Ces habitans furent si toufchés de lagénérosité du serviteur de Dieu, qu'ils lui demandèrent pardon des mauvais traitemens qu'ils lui avoient faits , et le prièrent instamment d'être leur seigneur ; car ils n'en avoient pas. 11 y consentit, mais à condition qu'ils embrasseroîentla religion chrétienne. Ils acquiescèrent à tout ce que le «aint exigeoit , ef bâtirentcux-mêmes une église. Ensuite , comme il s'agissoit ^voir un prêtre pour lesi conduire, ils lui déclarèrent qu'ils n'en vouloient point

d*autre que lui-même. Il fat donc ordonne prêtre , et il passa trois ans à les instruire de la religion y et il ne les quitta que pour être placé sur le siëge épisco^ pal de Carres. Cette ville avoît eu plusieurs évequés illustres en piété ; mais quelques peines qu^ils eussent prises pour défricher cette terre rebelle, Abraham la trouva encore toute cquverte d^épines , par la corruption des niœurs et les superstitioos payennes, auxquelles la plupart des habitans demeuroient attachés. Il eut des travaux infinis à essuyer , pour les faire renoncer à leurs erreurs. Enfin l'éclat de ses vei^us, la force de ses paroles , et Tardeur de son zèle \ accompagnés de la bénédiction de Dieu , les convertirent presque tous ; et il eut la consolation de voir cette ville idolâtre changée en une ville toute chrétienne.

Les travaux de Tépiscopat ne lui firent rien relâcher de la pénitence qu'il avoit pratiquée dans la solitude. Aussi zélé pour son propre salut , que pour la sanctification de ses brebis , il donnoit la plus grande partie de la nuit à la prière et an chant des psaumes, «t passoit le reste assis dans un siège , où il prenoit quelque repos. Il ne mangeoit qu'après l'office de vêpres , c'est-à-dire , après le coucher du soleil ; et toute sa nourriture étoit des herbes crues , ou des fruits dans la saison. Il vécut ainsi , pendant tout le temps de son épiscopat , sans faire usage ni de pain , ni d'eau , ni de feu , ni de lit. Mais cette austérité n'étoit que pour lui : elle ne l'empêchoit pas de prendre grand soin des autres. Il exercoit l'hospitalité d'une manière très-généreuse, et n'épargaioit rien pour bîeh traiter ses hôtes. Il les faisoit manger dès midi , et se mettoit à table avec euf ; mais ce n'étôit que pour servir et exciter les colfHves.

11. S. Jean V Aumônier ayant remarqué que plu-» •ieurs personnes sortoient, après la lecture de l'évangile de la messe , pour s'amuser , hors de l'église , "^a des entretiens inutiles , quitta un jour l'autel pour les suivre , et alla s'asseoir au milieu deux. Comme ils en paroissoient fort étonnés : « Mes enfant , leux:

feul que le paslcur soit où sont les breliis- Bz avec moi dans 1 t-glise , ou je demciirei'ai fous. Ce n'est que pour vous que je viens impie saint ; car je poiirrois dire la messe dans la maison (?pisCopale. » Après avoir e chose une seconde fois , il corrigea cet

, il si? vît contraint de lancer contre un de les analhémes de l'Eglise. Comme il vit e sévérité n'avoit fait qu'endurcir fe creinme , et qu'il éloil pluà que jamais ulcéré iir . , , rtt-.-j. - î gagner par la douceur. ahora il eui m pensée le faire venir, et de l'aly- Ire, après lui avoir l é quelques avis salutai- -^3 ; mais Dieu permit q l'ouhtial. Le-dinianciie suivant , étant à l'autel , cet ecclésiastique lui revint en mémoire. Aussitôt, pour oLéir au commandement de Jésus-Christ , il quitta l'autel ; et étant allé dans la grande sacristie, il envoya plusieurs de ses officiers, pour chercher le clerc par-tout où il pourroit ^tre. On le trouva ; cl , lorsqu'il fut venu , le patriarche se jett le piemi"er à genoux devant lui. L'ecclésiastique^ surpris et confus , se prosterna à son tour, reconnut humblement sa faute , demanda pardon ; et sa conversion fut sincère.

Un cabarelier d'Alexandrie insulta le neveu du zélé prélat. Le jeune hoimne en ctoit outre de douleur, et tout le inonde dîsolt qu'une telle impudence ne devoit pas demeurer impunie. Le patriarche , pour consoler son neveu , lui dit ; « Est-possibte , mon « enfant , qu'il jpait eu quelqu'un assez hardi pour « ouvrir la Louche contre vous ? Assurez - vous qiie « j'en ferai niijourd'hni un ^cmple qui remplira d'é- « Lonnement loute ta ville d'Alexandrie.» Cesparolci, qui sembloient annoncer quelque pimition d'éclat , appaisèrenl le jeune homme. Alors le saint patriarche l'cnihrassa , et lui dit : « Mon fils , si vou3<$tes véri-* « tablement mon neveu , vous devez être prêt à es- j « suyer toutes sortes d'outrag;es de la part de tout le ff Jiionde } car ce n'est point la chair et le safig, mais

z is L s. 359.

« la ressemblance de Vesprit et de la vertu , qui fait , « la véritable parenté. » En même temps , il donna .^rdre qU^on reifiit à cet homme tous les droits qu'il devoit payer à PégJise et à lui-même. Les assistans , bien étonnés , comprirent alors le sens de ce qu'il avoit dit à son neveu , qu^il alloit traiter son ennemi d'une manière qui surprendrait toute la ville.

Un homme, qui avoit été son domestique, étant ré^ diiit à une extrême pauvreté, Jean]m donna de sa propre main une grosse somme d'argent, et lui recommanda très-expressément le silence. Cet homme lui en témoignant sa reconnoissance dans les termes les plus touchans : « Mon frère , lui dit-il , je n'ai pas encore ré- « pandumon sang pour vous , comme J. C. mon maî- « tre et notre Dieu me le commande. »

Les Perses avoi€nt fait d'horribles ravages dans la Syrie et dans la Palestine , et en avoient emmené une foule decaptifs.Ceux qui furent assez heureux pour sauver leur vie et leur liberté, se réfugièrent à Alexandrie. Le saint prélat les reçut tous avec joie. Il les consoloit; il leur foumissoit les choses nécessaires, sans considérer leur multitude. Il fit mettre les blessés et les malades dans des hôpitaux où il les visitoit deux ou trois fois la semaine. Quanta ceux qui seportoient bien, et qui demandoient Taumone, il donnoit aux hommes, à chacun une pièce d'argent valant environ huit sols de noire monnaie 5 et aux femmes, comme plus foibles, le double. Quelques-imes qui portoient des bracelels et des ornemens d'or , demandant aussi l'aumône , ceux qui étoient chargés de la distribution, ne leur vouloient rien donner ; mais le saint leur dit , d'un ton et d'un air sévère , contcj^ sa coutiune : « Si vous lieulez être mes « économei?*, ou plutôt les économes de Jésus-Christ , « obéissez avec simplicitt au commandementqu'ilnous « fait de donner à quiconque nous demande. 11 ne veut « point , non plus que moi , de ministre curieux. Si ce « que je donne étoit à rhoi , i'aurois quelque raison de « le ménager 5 mais il est à I)ieu ; et Dieu veut qu'on « exécute ses ordres dans la distribution de ses biens. ^ Pour moi , je ne veux prendre aucune part à voire

« peu de foi; et puisque , maigre mon indignité y il a plu- « au Très-Haut de m'établir mspensateur de ses bien$y « je ne me lasserai point de les répandre dans le sein dû « pauvre* quand tout ce qu^il y a d'hommes au monde « s'assembleroient à Alexandrie pour y demander l'an- « mône , ils n'épuiseront jamais les trésors infinis de i< Dieu , ni ceux de son église. »

12. S.FramçoisdeSalesaysmt été placé sur le siège de Genève, retrancha toutes les visites inutiles , disant qu'un évêque n'a point de temps à perdre. Résolu de tout sacrifier , de se sacrifier lui-même pour soulager les malheureux , et pour instruire son troupeau, il se chargea personnellement du soin des pauvres et des malades : il alloit les visiter; il pourvoyoit à leurs besoins avec la sollicitude d'un père et le zèle d'un ami. Il établit les catéchismes dans son diocèse pour l'ins« truction de la jeunesse ; et pour mettre cet exercice en honneur , il en fit lui-même l'ouverture , et les continua toujours depuis , autant que ses autres occupations pouvoient le lui permettre.

Il entreprit la visite des paroisses de son évêché avec la résolution de ne la jamais discontinuer totalement ^ persuadé que c'étoitle moyen de rassembler dans sa bergerie tant de brebis égarées et perdties dans les montagnes, qui n'avoient peut-être jamais ouï la voix de leur pasteur. Il les alla chercher avec des peines infimes , marchant à pied dans des déserts affreux,réduit souvent à couciher sur la paille dans de pauvres chaumières , obligé de gravir contre des rochers presque inaccessibles, el de franc hir d'horribles précipices. Il parloit àces pauvres gens avec une bonté qui les attendrissoit:il entroit dans leiiïrs besoins et dans leurs peines^ les assistoit de tout son pouvoir; et souvent on l'a vu se dépouiller d'une partie de ses habits, pbur en revêtir les pauvres, quand il n'avoit plus rien autre chose à leur donner. Un jour, les députés d'une vallée vinrent le trouver,^ à trois lieues de là , et lui apprirent que des rochers s'étantdétachés des montagnes,avoient écrasé plusieurs villages, avec un grand nombre d'habitans , et quantité de troupeaux , qui faisoient toute la richesse dupaysi

ç qa^étant rëduits,par cet accident^ à la dernière pauvre- ! té, et hors d'ëtat de payer les tailles , ils n'avoient pu I nëanmoinsobtenird^enêtre déchargés. Ils le supplièrent I ^^envoyer sur les lieux pour vérifier leur récît,afîn qu'il [ pût écrire en leur faveur. François s'offrit de partir à i iTieure même, pour aller leur rendre tous les services

qui dépendroient de lui. Ils lui représentèrent que le î chemin éloit impraticable. Le saint évêqueleur deman-r a da s'ils n'en étoient pas venu». Ils répondirent qu'ils

ëtoient de pauvres gens accoutumés à de pareilles fà^

- tigues. « Et moi, mes enfans, répliqua-t-il, je suis votre « père, obligé de pourvoir par moi-même à vos besoins.»

- 11 pailit avec eux à pied 5 et il lui fallut une journée entière pouip.aire les trois lieues. Etant arrivé, il trouva des gens d? s une misère affreuse, et qui manquoient de tout. Il mêla ses larmes avec les leurs , les consola, leur doraa tout l'argent qu'il avoit apporté, et écrivit en leur faveur au duc de Savoie, de qui il obtint tout ce qr. il demanda. Une charité si active , jointe à ron'jtiQû admirable de ses discours , produisait par- UrA des fruits merveilleux pour la conversion des

|C>?j^fétiques et des pécheurs.

^ Ses officiers gagnèrent un grand procès contre plusieurs gentilshommes de son diocèse. Il avoit consenti à ce procèsjparce qu'il s'agissoit des droits de son église,

P- qu'il ne lui étoitpas permis d'abandonner .Son économe lui proposa d'en exiger les dépens à la rigueur. « Dieu « me garde, répondit-il, d'en agir ainsi envers qui que f ce soit,mais particulièrement envers mes diocésains, 4C qui sont mes enfans. » L'économe insista, en lui représentant que ces dépens inontoient aune grosse somme, dont il avoitbesoinpourse dédommager de ce que lui avoit coûté cette affaire. « Eh ! comptez-vous pour t un petit gain, repartit le saint, de regagner descœujs « que ce procès a peut-être rendus mes ennemis PPour « moi, je le compte pour tout. » A l'heure même , il envoya chercher ces gentilshommes , qui ne furent

Sas peu surpris, lorsque, par une générosité à laquelle s ne s'attendoient nullement, le charitable prélat ^ur remit les dépens.

Ce zèle Sans borne», qui remettoit à tout le fnondé, et. qui donnoit toirt , jiisqu^à ses habits, mettait Pécoxiome de mânvaisehumeur,parcequ^il étoitqnelquefois ei&barrassd de fouFiiir à ]a dépense de sa maison. Il le querelloit alors , et lemenaçoitdè le quitter- Mais Frcnçois lui disoit avec sa douceur ordinaire : « von s awï 4C raison ; ^e suis un incorrigible : et , qui pis est , f ai « Vair de Fêtre long-temps. » Quelquefois il lui niofr troit son crucifix , et lui disoît: « Peut-on rien refluer « à un Dieu qui s^est mis en cet état pour Tamotir « de nous ? » L'économe le quittoit tout confus 5 et quand il rencontroit les autres domestiques , il leur disoit : « Notre maître est un saint , mais il nous mè- « nera tous à lliÀpital 5 il ira lui-mêftié le premier^ « s'il continue conmie il a commencé. )>

Ce prélat , si rempli de douceur et de charité , ne vouloit pas cependant qu'oti laissai le crime impuni , ou qu'on donnât oceAsion de le commettre témérairement. Un jour qu'il prêchéit , il aperçut im jeune fblatre qui chtichotoit à l'ôi^itle d'une fille pendant ïe sermon. Cette infipiété scaddàfeuse toucha vivement le zélé pontife. «. Comment ! s'év>ria-t-il en intertompant « son discours , fera-t-on de la m^^n de Dieu une € caverne de voleurs et.de brutaBlé? Si vous ûe cessez « ces indécentes manières, je Vôtis montrerai au doigt, « et je vous nommerai devant tout le monde. Insul- « tez-moi , outragez-moi , je n'en murmurerai point. 4e Mais si vous bravez en ma préseûce le Tout-*Puis- € sant, croyez que je ne le souffrirai pas ii«i|>unément; € et qu'il n'est rien que je ne felSse poiït qae chacun « se range à son dévoir. Voyez CHAHi-ri , Pibti.

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