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COTRETS — COULEURS

Gotrets i'Marchands de). Au seizii-me siècle, et Lieu avant sans doute, on en criait dans les rues de Paris :

Après ori'cz sans nulz arrostz Parmy Paris plusieurs {^cnts Porlans ut crians les culrctz, Où ilz gaigin'nt ili' l'argunt '.

La vente des coirels avait été minutieusement rég'lée par l'ordonnance de février 1415 *, elle le fut de nouveau par celle de décembre 1672 '. Cette dernière exiji;e que les fafyols et « cotlerets » soient vendus par compte, par cent, et fournis, suivant l'usage, « les quatre au-dessus du cent». Chacun d'eux devait avoir au moins dix-lmil pouces ' ; on les mesurait à la chaîne. Ils étaient vendus au détail jiar les friiitii-rs, les chandeliers et les regrattiers. Défense leur était faite d'en avoir chez eux plus d'un millier, et ils étaient tenus d'afticher dans leur boutique une « pancarte » indiquant le prix de vente fixé par l'hôtel de ville ^

Quand la Seine était pri.se, le bois devenait rare et cher. Une année, durant la Régence, il fut du bon ton de s'envojer pour étrennes des petits cotrels bien propres et liés avec des faveurs de soie. On les brûlait tout de bon après les avoir acceptés pour rire.

On a dit que le mot cotrel venait du bas latin costerelum qui aurait eu un sens analogue ''. Il est plus vraisemblable que ces petits fagots lurent pendant longleiups fournis à Paris par la fopêt de Retz, dont Villers-Cotterets a tiré son nom : Villers-coste '-Retz.

On trouve un marchand de cotrets représenté dans les Cris de Paris de la bibliothèque de l'Arsenal.

Cotterie. « Se dit, parmi les artisans, d'un juré ou d'un maître de la confrérie d'une communauté, à l'égard de ceux qui sont en même temps en charge.

Un juré ne peut aller en visite tout seul, il faut qu'il attende sa cotterie, c'est-à-dire celui qui est juré avec lui.

Cotterie se dit aussi entre les « apprentifs, compagnons et garçons d'un même métier, comme pour se distinguer et se reconnoître * ».

On écrit souvent coterie.

Coucheurs. Dans les fabriques de papier, ouvriers qui appliquaient les feuilles sur les feutres.

Dans les briqueteries, ouvriers qui étendaient les tuiles oue le umuliMir leur avait fournies ^.

1 Les cris des marchandises, otc. — Voy. aussi Les cent el sept cris, etc.

« .\rticlf 216.

3 CliapiU-c XVII, art. 27 l't suiv.

i Environ cimiuanlo rcntiini'trcs.

5 Sur tout i-cei, voy- aussi \' Encyclopédie mélhodique, commerce, t. I, p. 743.

6 Voy. le (llossaire de Dueange, aux mots cosia et costerellum.

1 Près de, en vieux français.

8 Encijclopn/ie mtlhodiqiii', commerce, t. I, p. 744.

9 Encyclopédie méthodique, arts el métiers, t. I, p. 335 et t. V, p. 502. • ■ •■ .

Coudrannexirs. On nominait amdrun un mélange d'herbes et de goudron dans lequel les bateliers de Paris faisaient tremper leurs cordages, espérant ainsi les protéger contre la pourriture. Cette opération était faite par les coudranneurs.

Couleurs (Marchands de). Ils étaient jadis représentés par les épiciers-droguistes. C'est à eux que les peintres achetaient leurs couleurs, leurs palettes, leurs toiles, leurs vernis, tous les objets relatifs à leur art. Les brossiers vendaient seulement les pinceaux formés de soies de sanglier.

,)ean de Garlande, qui écrivait vers le milieu du treizième siècle, raconte que les ouvriers teinturiers étaient dédaignés des femmes, parce qu'ils avaient toujours les ongles teints en rouge, en noir ou en bleu *. Ailleurs, il nous dit que les drapiers vendaient des tissus blancs, noirs, verts, bleus, écarlates et rayés*. On trouve cités un peu plus tard le violet, le brun, la nuance fleur de pêcher, etc., etc.

On voit que l'art du teinturier était déjà forl avancé. La plupart des substances utilisées arrivaient de l'Inde piirl'Kgjpte, et les merciers se chargeaient de les apporter à Paris ^. Quant aux procédés de composition, ils se transmettaient par tradition, d'ouvriers en ouvriers, comme cela avait lieu pour tous les corps d'état ; il ne faut les demander ni aux statuts, qui restent muets sur ce point, ni aux ouvrages contemporains.

Je me bornerai doiuî à dire quelques mots des couleurs les plus employées au moyen âge.

Atrament. Voy. Encre.

Azur. Voy. Bien et Fuux-azur.

Bleu. Il est assez difficile de se reconnaître au milieu des diverses variétés de bleus dont les historiens nous ont conservé les noms.

La plante nommée guède ou pastel fournissait la couleur dite fers. En général, on admet que ce mot désignait un bleu très foncé, mais si l'on y regarde de près, le doute est autorisé. D'abord, s'il y avait du fers noir *, il y avait aussi du jiers azuré et du pers clair =.

Au milieu du quinzième siècle, un traité de blason nous apprend que « le pers est une couleur qui approche fort du bleu, mais est de plus clère matière * ». Henri Estienne déclare que « en mars croist la belle violette, de couleur céleste, d'azur et de pers " ». La définition donnée parle Diclinn- Huire de Trévoux " manque assez de précision pour pouvoir contenter tout le monde : « Pers. Qui est de couleur bleue ou tirant sur le bleu, azur couvert et obscur qu'on prétend être venu de Perse ». M. de Laborde, y reconnaît le nntr bleu ; il cite même une ordonnance de police rendue en 1533, et qui mentionne des « draps

1 Voy. ci-de.ssous l'art. Teinturiers.

* Dictionarius, p. 27 et 30.

•* \"oy. ci-de.ssous l'a ri . Merciers.

* Dueange, Olossarium. au mol prisas.

^ Douet-d'Arcq. Comptes de l'urtfefiterie, p. 149.

<> Le blason des couleurs, p. 88.

'' .ipoloyie pour Hérodote. I II, p. "iSl-

8 Tome VI, p. 698.

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