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COULEURS — COUREURS

Pourpre. Dès le Bas-Empire, le pouvernemenl en monopolisa la fabrication dans les deux manufactures de Xarbonne et de Toidon. Il y avait des pourpres bis, inde, vermeil, doré, noir, etc.

Prasine. Rabelais parle d'un ■.' pourceau qui avait les aureilles verdes comme une esmeraugde prassine * ». C'était un vert poireau.

PuNicÉE. Du latin jmniceus. C'est la couleur orangé.

Rouge. On obtenait un rouge assez brillant, mais sans durée, au moyen du brésil, un bois rouge qui arrivait de l'Inde, de Cejdan surtout, par la voie de l'Egypte, et qui a fini par donner son nom au plus vaste état de l'Amérique du Sud. En 1500, quand la partie septentrionale de celte contrée fut découverte, on y trouva une immense quantité de bois ayant les mêmes propriétés que le brésil. On en expédia aussitôt en Europe, et les commerçants appelèrent pays du brésil la contrée d'où ils le recevaient. Le navigateur Pedro Al vares Cabrai, qui avait le premier vu cette région, l'avait baptisée terre de Santa- Cruz, mais les habitudes du commerce ont prévalu *. Voy. Cramoisi.

Sandar.\que. « Sandarax est herba de qua tingitur blavus color », dit Ducange.

Tanné. Ce n'était pas la couleur saumon, comme le dit M. Quiclierat •' : c'était un fauve, un brun jaunâtre rappelant la nuance du tan. « Fauve et tanné n'est que ung », dit le Blason des couleurs, qui cite des tannés blanchâtres, rougeàtres, violets, obscurs et gris*.

Vert. Ce fut d'abord la couleur favorite des jeunes chevaliers. Elle devint ensuite celle des fous de cour. Sous Catherine de Médicis les seigneurs les plus élégants l'adoptèrent. Plus tard, l'on coiffa d'un bonnet vert les banqueroutiers et les débiteurs insolvables.

Violet girofle. Cité dans VInrenlaire de Charles V •''.

Ynde. Voy. Bleu. *

Couleuvriniers. Faiseurs de couleuvrines.

iSom par lequel sont parfois désignés, au quinzième siècle, les arquebusiers. La couleuvrine, qui était alors une arme de main , précéda l'hacquebute.

Coupeurs. Dans les briqueteries, ouvriers qui coupaient et façonnaient la terre ".

Coupeurs de cheveux . Voy. Cheveux (Commerce des).

Coupeurs de hanses. Chez les épingliers, on appelait hanse une épingle à laquelle manquait encore la tète. L'empointeur ayant fait deux pointes à chaque fil, le coupeur devait

* Ducange, au mot prnsinum.

1 ^'oJ. Ducanjje, au mol brasile.

•' Vn^v 341.

' Pape 98.

s N» Il 19.

*• Encyclopédie méthodique, arts et métiers, 1. 1, p. 335.

couper celui-ci par le milieu et préparer ainsi le travail de Ventéteur.

Coupeurs de poils. Titre qui appartenait à la communauté des cardeurs. Il fut l'origine de très fréquentes contestations avec les chapeliers. Ces derniers jouissaient, en effet, depuis longtemps du droit de couper et carder tous les poils pouvant servir à la fabrication des chapeaux ' .

Coupeurs de racines. Voy. Herboristes,

Coupeurs de têtes. Ouvriers qui préparaient les têtes des épingles. Ils donnaient 70 coups de ciseaux par minute, et pouvaient couper ainsi en une heure 50.400 têtes *.

Coupeurs de tronçons. Voy. Rogneurs.

Cour des monnaies. Sa compétence s'étendait sur tout ce qui concernait la fabrication et la police des monnaies, le commerce des métaux précieux, les malversions commises par les ouvriers en or et en argent, orfèvres, joailliers, batteurs d'or. Elle jugeait en dernier ressort les procès relatifs aux monnaies.

La Cour, composée d'environ cent quatre membres, tenait deux audiences par semaine à l'hôtel des monnaies. Dans les cérémonies publiques, elle prenait rang après la cour des aides.

Voy. Frévôté générale des taonnaies.

Couraliers. Voy. Corailleurs.

Gourateurs et Coiiratiers. Voy. Courtiers.

Coureurs. Voy. Orand-maitre. Maîtres de poste, etc.

Coureurs. « G'étoit un odieux usage, écrit la comtesse de Genlis, que celui de faire courir devant sa voiture des hommes et des chiens. Les coureurs mouroienl tous fort jeunes, asthmatiques ou hydropiques ; leur entretien étoit ruineux, leur parure efféminée, en argenterie, clinquant et fleurs artificielles, coûloit au moins mille écus par an. Les chiens danois, en courant dans les rues, renversoient les vieillards et les enfans, mais le grand seigneur, ainsi précédé dans sa voiture angloise, croyoil avoir le meilleur air du monde ' ».

Les coureurs les plus recherchés étaient les Basques qui, prétendait-on, pouvaient faire jusqu'à vingt lieues par jour. Un poète du dix-septième siècle les représente comme des animaux

Précédant un carro.sse et qui font faire plac^,

.\ulomates courans et biscayens de race.

Qu'on équipe à grands frais, portant visap; liumain,

Légers comme le vent, espèce d'tiomme enfin

Qui conçoit, qui répond, qu'on dresse, qu'on élève,

Renvoyé s'il vieillit et remplacé s'il crève *.

I .Slaittls de 1578, art. 16 ; de t6l2, art. 18 ; de tôôS, art. 23.

* Encyclopédie méthodique, arts et métiers, t. I, p. 450.

3 Dictionnaire des éliqutltes. I I, p. 106.

1 Voy. Mercier, Tableau de Paru, I. VIII, p. 39-

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