COUREURS — COURTIERS
Les échappes îles coureurs constituaient une spécialité des huursit rs. (^Iiacune d'elles exigeait plus (le lieux aunes de tavelas el était «garnie de iraiifÇ'es il'arf^enl, d'i>rMenienls de toutes sortes.
Coureurs de vin. Officiers de la maison ruvale, appartenant au service de la paneterie. Quand le roi sortait, soit monté, soit en voiture, un cheval le suivait, portant une collation toujours prt^te. Une valise de drap rouge, aux armes de France, renl'ermait des serviettes, du pain, des biscuits, du Iriiil, des confitures sèches, du vin et de l'eau dans deux flacons d'argent y>. Le coureur de vin, qui était admis au lever du roi pour pre[idre ses ordres, présentait lui-même la collation lorsqu'elle était demandée, honneur qu'il partageait avec le conducteur de la haquenée *.
Vov. Conducteur de la haquenée.
Gourraiers. Faiseurs de courroies. Voy.
Corrolers.
Courratiers et Courretiers. Voy.
Courtiers.
Courriers. ^ oy. Grand-maître. — Intendants. — Foste (Maitre des), etc.
Courriers du cabinet. Leurs fonctions consistaient à <.<. porter en poste les ordres du Roi ou les paquets du grand écuyer ou des ministres à la suite desquels ils sont attachés ». Leur origine est fort ancienne, mais leur existence officielle et régulière date seulement de l'édit du 19 juin 1464, qui créa en France le service des postes -, En 1736, ils étaient au nombre de douze el touchaient 365 livres de gag-es *.
On les nommail aussi cAemucAeurs de l'écurie.
Courroiers. Faiseurs de courroies. Voy.
Corroiers.
Courroueurs. Voy. Corroyeurs.
Courroueurs de panne vere. Nom
donné par la Taille de 1313 aux fourreurs de robes de vair, qu'une pièce du quatorzième siècle nomme conreeurs de robes vaire.s.
Pane, panne, pêne, etc. signifiaient fourrure, et les mots eair ou petit-gris désignaient un écureuil du nord, dont les différentes espèces présentent de très nombreuses variétés de gris, bon dos fournissait le petit-gris proprement dit ; quant au ventre, qui est souvent blanc comme de l'hermine, on en faisait souvent alterner la fourrure avec celle du dos, et l'on obtenait ainsi le menu-eair. Je crois que les mots gros-vair désignent une qualité moins fine de la même fourrure que le menu-vair.
Il n'est pas rare de rencontrer les mots vair et
• Klal de la France pour 1687. t. I, p. 81 ; pour 1712. I. 1, p 105 ;/>our 1736. t. I, p. 199.
' .\. Bclloc, Les postes françaises, p. 2T.
S Élal de la France pour 1712, t. l, p. 210 ; pour 1736. I. II, p. 223 — Delamarre, Traité de la police, l IV, p 574.
petit-gris employés par nos anciens poètes pour indiquer des choses rares el chères. ()n lit, par exemple, dans le Jioman de Garin le Loherain :
N'fst pas richuiije nn de v^r ne di* ^i"is,
t*i ruri-s d'un lnuiiiiif vaut tuul l'ur d'un pais ï.
ce qui signifie en français moderne : « Ce ne sont pas le menu-vair ni le petit-gris qui constituent la vraie richesse, le cœur d'un homme vaut tout l'or d'un pays ».
Le moyen âge fil de ce petit animal une incroyable consonnnation. Je trouve qu'en dixhuit mois, (jharles \'I employa pour la doublure de ses vêtemenis au moins vingt mille ventres de petit-gris, Isabeau de Bavière, (juinze mille ventres, el le duc de Touraine, frère du roi, quatorze mille -.
Voy. Fourreurs.
Courroyers. Faiseurs de courroies. Voy.
Corroiers.
Courroyeurs. Nom que l'ordonnance de 1351 donne aux corroyeurs.
Courses de taureaux (Entrepreneurs de). Voy. Combats d'animaux.
Courtauds de boutique. « Terme injurieux et de mépris dont on se sert quand on veut ravaler la profession, quoiqu'honorable, des apprentifs et garçons des marchands, et sur-lo\it de ceux qui travaillent en boutique chez les artisans. Quelques-uns croyent trouver l'élymologie de ce terme dans les habits courts dont autrefois il \\y avait à Paris que le petit peuple el sur-tout les gens de métier qui se servissent ^ ».
Courtepointiers.
tiers.
Voy. Coutepoin-
Courtiers. Fonctionnaires publics assermentés qui servaient d'intermédiaires entre les vendeurs el les acheteurs.
Ils étaient nommés par le prévôt des marchands, el les charges devaient être données « à homme qui, par information deûemenl faite, sera trouvé estre de bonne vie, renommée et honneste conversation, sans aucun blasme ou reproche, el habile, suffisant et idoine pour iceluy office exercer ».
Avant d'entrer en fonctions, chaque courtier prêtait serment « que bien loyaumenl el diligemment il exercera ledit office, el conseillera tous ceux qui viendront à luy pour acheter ou vendre, le mieux et plus profitablement qu'il pourra et sçaura, et qu'il ne demandera ny prendra plus grand salaire que celuy qui est ordonné pour ledit office faire el exercer... ».
Aussitôt ce serment prêté, le nouveau courtier était « institué, présenté el mis en possession de
1 Édit. P. Paris, 3» chanson, t. II, p. 218.
S Compte de Guill. Brunel, dans Douët-d'Arcq, Nouveaux comptes, p. 150 et suiv.
^ Savary, Dictionnaire, t. I, p. 1510. — Encyclopédie méthodique, commerce, t. I, p. T49.