FACTEURS DES POSTES — FALOTIERS
agiUinl une sorte de crécelle, ce qui les fit désigner sous le nom de porCe-crecelle ou porteclnqtiflte.
En 1761, le port des lettres coûtait trois sous dans la banlieue et deux sous seulement dans Paris, qui comptait alors environ deux cents facteurs. Ceux-ci avaient déjà l'habitude d'aller dans chaque maison offrir un almanach à la fin de l'année. Le courrier vigilunt. ou étrennes de la poste de la ville et banlieue de Paris est un joli petit volume in-32, qui débute par ce coupletpréface :
Recevez ce petit présent, C'est l'ctrenne du sentiment.
Comptez toujours sur un. facteur Pour vous plein de zèle et d'ardeur ; Et n'oubliez pas le commis De la p'iit' poste de Paris.
Le frontispice représente un facteur qui reçoit dans sa boîte une lettre que lui jette une dame du haut d'im balcon -.
Voy. Commis. — Porte-claquetta et Poste (Service de la).
Facturiers. Nom que l'instruction générale du 12 mai 1602 donne aux tisserands de toile.
Fagoteurs. Fabriciints ou joueurs de l'ins- Iriimenl appelé aujourd'hui basson, et jadis dit fagot.
Fag"Otiers. Faiseurs de fagots, bûcherons.
Ils sont ilits aussi faixseleurs, faisseliers, etc., du moi fuisse qui signifiait bande, lien, et aussi charge, fardeau ', etc.
Faïenciers. Au quinzième et au seizième siècles, le peu de faïence qui existait en France provenait des fabriques italiennes. Bernard Palissy trouva le secret de cette composition, mais il mourut sans avoir voulu divulguer ses procédés ; il travailla pour sa gloire plus que pour l'art qu'il avait créé, et qui disparut avec lui.
Ou dit que le duc de Nevers introduisit en France quelques ouvriers italiens habitués à ce genre de travail. Ce qui est sûr, c'est qu'Henri IV encouragea l'industrie de la faïence*, facilita l'établissement de manufactures en province puis à Paris au faubourg .Saint-Marceau. Une petite communauté s'y forma, qui fui en 1706 réunie à celle des émailleurs.
Cette fabrication resta languissante jusqu'à l'époque des embarras financiers de Louis XI \ . En 1709, il se décida à remplacer son service d'or par de la vaisselle de faïence '". Saint- Simim raconte que « tout ce qu'il y eut de considérable se mil en huit jours en faïence ». Le duc d'.\ntin, empressé de faire sa cour, vint « à Paris
' Harliier, Journal, novembre 1761, t. ^ll, p. 41.3.
2 (irand-darti-ret, Les fitmunachs frunçais. p. 138.
•' N'oy. Ducange, aux mula faixiiim fi fait um.
* De" Thou, Historia sut temporis, an. 1603, liber WIX.
5 Lettres de la princesse Palatine, 8 juin 170y, I, I, p. U4.
choisir force porcelaine admirable, qu'il eut à grand marché, et enlever deux boutiques de faïence qu'il fit porter pompeusement à Versailles ^ ».
En 1759, l'argent était devenu si rare que le roi devait aux domestiques de sa maison dix mois de gages. Madame de Pompadour, le maréchal (leBelle-Isle. le ducdeChoiseul, les ministres envoyèrent à la Monnaie leur vaisselle plate, qu'on leur paya en billets. Les bourgeois enterrèrent la leur, et firent étalage de faïence. Il en existait alors un grand magasin à la porte Saint- Bernard * ; l'avocat Barbier qui y va, s'y rencontre avec le lieutenant de police, venant, Itii aussi, remonter son ménage '. Louis XV ne possédait que quarante-deux assiettes d'or *, il les livre ; et de temps en temps des arrêts du Conseil rappellent aux populations peu empressées, que l'hôtel des Monnaies attend leur visite'. Le 24 novembre. Voltaire demandait à d'.\rgental s'il mangeait « sur des assiettes à cul noir* ». faïence recouverte d'un vernis brun et alors à la mode.
Faisandiers. « Les travaux d'un fai.sandier sont de nourrir, pendant toute l'année, un certain nombre de poides faisandes, pour se procurer beaucoup d'œufs ; de mettre un co(| faisand avec sept de ces poules dans de petits enclos séparés où elles soient à l'abri de tous le^animaux malfaisans... Il n'y a que les princeet les seigneurs qui font multiplier les faisand> dans leurs parcs, et qui pour cet effet font bâtir exprès des enceintes murées, qu'on nomme faisanderies ' ».
Il y avait un faisandier eu titre au château de Vincennes, à celui de Chambord, etc. *.
Faisneurs et Faisniers. Voy. Croclieteurs et Croque-morts.
Faisseleurs et Faisseliers. N'oy. Fagotiers.
Faissels. Faissiaux. Faissiers. Voy. Crocheteurs.
Faissiers. Titre qui désignait une des clas,ses de la corporation des vanniers.
Falotiers. Officiers attachés à la maison royale. Ils « vont le soir mettre des falots on lumières sur les escaliers et en différens endroits du Louvre ou du château où le Roy loge ' ».
\'oy. Feilots.
I Mémoires, t. VI, p. 414 et 415.
S II existait encoiv en 1787. Voy. Thiéry, Gniile Jes amateurs, t. II. p. 139.
'■> Uarbier, Journal, novembi-e 17ô9, l. \ II. p 200. I Harbier, Journal, septembre 1754, I. VI, p. 65.
5 Barbier, Journal, janvier et mars 1760, t. \II, p. m et 237.
6 Œutres. éiiil. Heucliol. t. I-VIII, p. 252. ' Jauberl. Dielionnaire. t. IV, p. 482.
8 État de la France pour 1712. I. I, p. 351 et 377; pour 1736, I. I, p. 463 et 485.
9 Trabouillet, État de la France pour 1712, I. I, p. 129.