‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 150 sur 422 · FALOTS — FARDS · texte numérisé non relu

FALOTS — FARDS

Falots. Par lettres piitentes île mars 1662, liouis XIV créa, à la demande de l'abbo Laudali (ju-atla, des« porle-lanlernes et porle-llambeaux, pour mener, conduire et éclairer ceux qui voudront aller et venir par les rues ». Je lis dans les considérants de l'acte : « Les vols, meurtres et accidens qui arrivent journellement en nosire bonne ville de Paris, faute de clarté suftisante dans les rues; et d'ailleurs, la pluspart des bourgeois et ^ens d'all'aires n'avanl pas les moyens d'entretenir des valets pour se faire éclairer la nuit pour vacquer ù leurs afl'aires et négoces : ■-iiuirrant une très grande incommodité et principalement l'hiver, que les joui-s étant courts, il n'y a pas de temps plus commode pour y vacquer que la nuit ; n'osant pour lors se bazarder d'aller el venir par les rues, faute de clarté... >>. Le 26 août lie la même année, le Parlement enregistra ces lettres patentes et soumit le concessionnaire de l'entreprise aux conditions suivantes : « Les tlanibeaux dont les commis se serviront -eront pris et acheptez chez les maistres espiciers de ceste ville de Paris ou fabriquez par eux ; lesdits flambeaux seront d'une li\Te et demie, de bonne cire jaune, marquez des armes de la ville, et divisez en dix portions esgales, sur lesquelles seront réservés trois poulces qui seront enclavés dans un morceau de bois, afin que lesdites dix portions puissent brusler entièrement pour faire ce service ; pour chacune des quelles portions, ii'ux qui voudront se servir desdiLs flambeaux payeront cinq sols. Et à l'esgard des porte-lanternes, ils seront divisés par postes, qui seront chacun de huit cents pas, valant cent toises... Pourront aussi lesdits porte-lanternes esclairer ceux qui vont en carrosse ou en chaise, et pour chascun qiuirt d'heure sera payé cinq sols. A cet effet, les dits auront un sable ', juste d'un quart d'heure, marqué aux armes de la ville, qu'ils porteront attaché à leur ceinture... - ».

En 1769, les porte-flambeaux sont devenus falotiers et falots, et il existe <les bureaux où « l'on donne un falot à des hommes qui se tiennent la nuit dans les rues pour éclairer ceux qui se retirent, moyennant une légère rétribution. Ces falots sont numérotés, et ceux qui les portent sont enregistrés à la police, qui leur donne une permission imprimée el timbrée^ ».

Sébastien Mercier, dans son Tableau de Paris * dépeint ainsi l'organisation el les mœurs de ces utiles auxiliaires de la police : <.< Le falot est tout à la fois une commodité et une sûreté pour ceux qui rentrent tiird chez eux. Le falot vous conduit ilans votre maison, dans votre chambre, fût-elle au septième étage, et vous fournit de la lumière quand vous n'avez ni domestique, ni servante, ni allumettes, ni amadou, ni briquet. Ces clartés ambulantes épouvantent les voleurs et protègent

• Un sablier.

* Ces deux pièces ont été publiées par M. Monmerqué, dans Les carrosses à cinq sols du dix-septième siècle, p. 57 et 62.

' 1.1' Sage, l.e gfooraphe parisien (1709), t. II, p. 316. — Thiéry, (iuide des amateurs et des étraxjers (1787), t. Il, p. 264.

» Tome VI, p. 218.

le public presque aulaiil que les escouades du iruet. (]es rôdeurs, tenant lanterne allumée, sont attachés à la police, voient tout ce qui se passe ; et les tiloux qui dans les petites rues, voudraient interroger les serrures, n'en ont plus le loisir devant ces lumières inattendues. Elles se joignent

aux réverbères pour éclairer le pavé A la .sortie

des spectacles, ces j)orte-ralots sont les commettans des fiacres ; ils les font avancer ou reculer selon la pièce qu'on leur donne. Comme c'est ii qui en aura, il faut les payer grassement, sans quoi vous ne voyez ni conducteurs ni chevaux. D'ailleurs, au moindre tumulte, ils courent au guet et portent témoignage sur le fait ».

Malgré tant de titres à la reconnaissance des Parisiens, la Révolution supprima les falots. Ils reparurent dans les premières années de l'Kmpire, car Prudhomnie écrivait vers 1807 : « On voyait autrefois, à la sortie des spectacles, des hommes qui avaient des lanternes numérotées, et qu'on nommait falots. On trouvait de ces hommes à toute heure de nuit; on leur donnait, sehui la course, 6. 8 ou 10 sous. Ces porteurs de lanternes rendaient compte le lendemain à la police de tout ce qu'ils avaient vu et entendu. On les nommait movcharcis amfmlans. Depuis quelque temps, on voit reparaître quelques falots, principalement aux grands spectacles. Userait à désirer qu'ils se multipliassent comme autrefois dans tous les quartiers de Paris. Cela est très commode pour ceux qui ne peuvent trouver de voiture * ».

Voy. Lanterniers.

Faneurs. « Ce sont ceux qui, étant munis d'une fourche et d'un râteau, travaillent l'été à faire sécher les foins, les luzernes, etc., en les retournant plusieurs fois et les faisant sécher ù l'air ».

On les trouve nommés fenerons.

Fanlers. Voy. Foin (Marchands de).

Fards (Commerce des^i. Un mercier du treizième siècle dont le boniment nous a été ccuiservé. prévient les femmes qu'il possède dans son magasin : « Eve - rose dont [elles] se forbissenl, queton ' dont [elles | se rougissent, blauchet dont [elles] se font blanches * ».

Un peu plus tard, le Rorntin r/f /« ro^e conseille aux dames dont le teint aurait pâli De se farder en tapinois 5,

Charles VIII eut im parfumeur en titre. Catherine de Médicis eut le sien, et le règne de ses trois fils est aussi celui des pâtes, des odeurs et des fards. Jusqu'au début du dix-septième siècle, se farder consistait, en général, à s'enduire le visage de céruse ou de blanc d'Espagne. Quand survint la mode de la poudre, c'est elle qui, par opposition, mit en honneur le vermillon ;

• Miroir de l'ancien et du nouveau Paris, 3* édil., t. I, p. 271.

» Eau.

3 Coton.

* Voy. le Dit d un mercier.

5 ûdil. elzévir., t. III, p. 235.

FARDS — FEMMES DE CHAilBRE

mnis, en réadoplant le rouf^e, on se garda bien de renier le blanc.

On y aJDuta ensuite le bleu. Au dix-huitième siècle, le coliiriaffe d'un minois exifjeait beaucoup de t«mps. Madame prenait ses godets el ses pinceaux. Avec le noir elle régularisait ses sourcils et grandissait ses yeux ; elle étendait sur ses joues une couche de rouge, et tout le reste de la figure recevait un épais placage de blanc. Le bleu servait à tracer une ou rleux veines léiréres. qui devaient affirmer la finesse de la peau ' et en faire ressortir la fjlancheur nacrée. Elles témoignaient aussi de la richesse de ce sang noble qui, disait-on, était d'une essence particulière, différente de celui qui entretenait la vie des plébéiens. L'on fardait même les cadavres. Quand mourut ' madame Henriette, fille de Louis XV, son corps fut transporté de Vensailles à Paris dans un carrosse. « Elle fut, dit Barbier, mise sur un matelas ; elle étoit en manteau de lit, coifTée en négligé, avec du rouge ■' ».

Quinze ans après. M"* de Monaco mettait du rouge avant de monter dans la charrette qui allait la conduire à l'échafaud *. Peut-être aussi craignait-elle qu'on la vit pâlir dt^vant la mort.

Les fards se vendaient chez les parfumeurs, et ceux-ci appartenaient à la corporation des gantiers.

Farine (Marchands de). La Taille de 1292 mentionne z\m\fariniers, wV^c. de 1300 en cite deux seulement.

Fariniers. Voj. Farine (Marchands de).

Faucheurs. La Taille de 1202 cite 4 fauckeeurs. Il ne faut pas les confondre avec les soieurs, car le Ménagier de Paris (1393) mentionne à la fois les « soieurs, faucheurs, baleurs en granche ou vendengeurs, bottiers, fouleurs, tonneliers el les semblables 5 ».

L'ordonnonce du 20 janvier 1351 les nomme faucheurs de prez * .

Fauconniers. Marchands de faucons, el aussi gens chargés de les dresser. La Taille de 1202 en mentionne six. Elle nous apprend aussi que, parmi les personnes qui habitaient la maison du riche Etienne Barbette figuraient :

Jehan, son fuiz '.

Jehan, son gendre.

Philippot, son vallet.

(iuillot. sou fauconnier.

■ Erembourc. sa chambrière *.

« Dedeuz le manoir du Louvre » était logé « Symon, le fauconnier du Louvre ' ». Il y avait

' S. Mfieier, TaliUau de P/nix, t. II, p. 233.

ï Lp 10 février 1752.

•I Journal, l. V, p 1C6.

* D'Hezt'cqut'S, Souvenirs d'un paye, p. lUïi.

5 Tome II, p. 64.

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