II. Fileuses de soie a petits fuseaux
Le métier était libre.
Chaque maîtresse ne pouvait avoir à la fois que deux apprenties.
La durée de l'apprentissage était la même que chez les fileuses à grands fuseaux. Seulement, le contrat devait être dressé par écrit, en présence des jurés et de deux ou trois maîtresses.
Le métier était administré par deux jurés pris dans les autres communautés.
Les fileuses, qu'elles appartinssent à l'une ou à l'autre de ces corporations, devaient « desvuider, filer, doubler et retordre » la soie. C'est la seule mention des statuts qui soit relative à la nature de leur travail. Mais le fil étant d'autant plus tors que le fuseau est plus petit, le résidtat de l'opération est tout différent suivant qu'elle est faite avec un petit ou un grand fuseau ^. De là l'existence de deux corporations distinctes pour le même objet.
Les fileuses de soie avaient, sous tous les rapports, une détestable réputation. Elles ruinaient leur santé dans la débauche, et c'était avec elles que les étudiants d'alors allaient le plus souvent gaspiller leur argent. Jean de Garlande, bien placé pour le .savoir, nous le dit en termes singulièrement énergiques : « dévastant tota
1 Édit. Scheler, p. 34.
î litre des métiers, titres XXXV et XXXVI.
■' (î. Kaguiez, iludes fur l'industrie, p. 222.