EXERCKS UANS PARIS DEPUIS LE TREIZIÈME SIÈCLE
Abat-jour ^Fabricants n'). Les abat-jour s'iippcK-rfiil (laburd conserves ih tne el ijardeme. On lil dans Le miroir i/e Par/, publié en 1691 par N. de Franqueville : « Pendant la iiiiil. Tesludianl met une chandelle allumée sur le chandelier, et au devant une consente de vue, qui doit être verte *. » Cet abat-jour ressemblait donc à ceux dont nous nous servons pour les pianos, et qui ne voilent la lumière que d'un côté.
Au mot abajour, Savary s'occupe seulement des (< espèces de fausse vue ou faux jour que les marchands ont dans leurs boutiques, pour empêcher que la trop g^rande lumière ne diminue la beauté et l'éclat de leurs étofTes - ».
Jusqu'au dix-huitième siècle, les lampes jetaient si peu d'éclat ' que l'usage des abatjour paraissait superflu ; on ne s'en servait donc qu'avec les chandelles et les bougies. En général, deux d'entre elles, réunies sur un même pied, étaient entourées par un vaste abat-jour de fer-blanc peint en vert. C'était là un éclairage suffisant, même pour les petits travaux, et qui avait le mérite d'être fort hygiénique. Aussi, nos lampes modernes, à vive lumière, rencontrèrent-elles pendant longtemps une forte opposition : « Depuis que les lampes sont à la mode, écrivait M™* de Genlis vers 1818, ce sont les jeunes gens qui portent des lunettes, et l'on ne trouve plus de bons yeux que parmi les vieillards qui ont conservé l'habitude de lire et d'écrire avec une bougie voilée par un garde-vue ' ».
I PaI^' 98.
* DietionHaire du commerce, t. I, p. 1.
•' Voy. l'art. Lampistos.
' Dictionnaire des étiquettes, t. I, p. 310
Abattoir (Garooxs d'). Les bouchers de la (irande-Bouiherie ' eurent d'abord, vers le parvis Xoire-Dame, une tuerie (|ui fut transportée, au treizième siècle, près du Grand-Cliàlelet. Il existait déjà plusieurs tueries particulières. L'usage d'abattre au domicile des bouchers s'établit peu à peu, et devint assez vite général, malgré les efforts de la municipalité.
Les lettres patentes d'août 1410. qui ordonnèrent la démolition de la (iraude-Houchorie, prescrivirent l'établissement d'abattoirs hors des murs de Paris. « Afin, dit l'article fi, que l'air de iio>tre ville ne soit doresnavant infecté ne
corrompu par les tueries et escorcherics
ordonnons que toutes tueries et escorchories se feront hors de nostre dite ville de Paris ^ ».
Cette sage prescription, souvent renouvelée dans la suite, not;imment en 1.507, étiiit encore méconnue quatre siècles et demi plus tiU-d. Croirait-un qu'à la fin du dix-huitième siècle, on refusait encore de s'y soumettre, et qu'un ouvrage très sérieux exposait ainsi une des raisons qui la lui faisait repousser V « (Chaque boucher a quatre garçons, plusieurs en ont six. Ce sont tous gens violens, indisciplinables et dont la main et les yeux sont accoutumés au sang. On voit qu'il y auroit du danger à les mettre en état de se pouvoir compter, et que si l'on en ramassoit onze ou douze cents en trois ou quatre endroits, il seroit très difficile de les contenir et de les empêcher de s'enlre-assommer ' ».
A ce moment, tous les bouchers opéraient
• \ iiy. l'art. Boiichors.
* Voy. Dilanian-e, Traité de la police, t. II, p. 12C4. •' Encyclopédie méthodique, arts ot luctiors, t. I,