ABATTOIR — ACADÉMIES DE COIFFURE
eiiciirp les tueries dans leur propre cour. Srliii^lieii MerciiT écrivait vers 1780 : << Quoi de plus révollaiit et de plus dégoûtant (jue d'ég(jrgerles bestiaux et de les dépecer publiquement. On marche dans le sang caillé. Il v a des boucheries où l'on fait passer le bœuf sous l'étalage des viandes. L'animal voit, flaire, recule; on le tire, on l'enlraine: il mugit, les chiens lui mordent les pieds, tandis (jue les conducteurs l'assomment pour le l'aire entrer au lieu fatal ' >•. l']t l'rudhomnie ajoutait en 1807 : « Rien de plus affreux que de voir ruisseler le sang ; vos souliers en sont imprégnés — Il est donc urgent qu'on établisse hors Paris des tueries, ([u'on n'entende plus les cris plaintifs du bœuf et ilu mouton * ».
Kos tueries actuelles datent d'un décret rendu le 9 février 1810. et qui ordonne la création de cinq abattoirs, trois sur la rive gauche et deux sur la rive droite.
Abécédaires. Nom parfois donné aux maîtres des petites écoles. Montaigne l'a emplove.
Voj. Maîtres d'école.
Abeillers. Eleveurs d'abeilles. L'usage du miel en France remonte très haut. Sous les Carlovingiens, le miel était recherché, et surtout des moines, dit-on. Au treizième siècle, les marchands ambulants le criaient <lans les rues :
Or, au miel ! Dii'.\ vous doinst 3 santé * !
Les Tailles de 1202 et de 1300 citent chacune un abeiller sous cette déiunuination : •< X. (jui vend le miel ».
En l'absence du sucre, il entrait dans une foule de confitures et de pâtisseries. Au seizième siècle, on l'employait aussi comme aliment, et Henri Etienne le représente comme un mets de carême, une friandise de femmes •'.
La Provence et le Languedoc envoyaient à Paris beaucoup de miel, dont le plus estimé venait du petit bourg de Corbière près de Narhonne. Le débit eTi était l'ait par les épiciers et les apothicaires. Lors(|ue la corporation fut divisée, les premiers vendirent le miel destiné à la nourriture, les secoiuls celui qui devait entrer dans la confection des médicaments.
Les tonneaux de miel étaient soumis à l'examen des jaugeurs de vin.
Aiioivrement ou abuvrement. Noms provenant du vieux mot fran(;ais ubecerare, qui signillait abreuver, désaltérer, etc. ''. Légère collation que devait offrir à ses confrères le compagnon admis ii la nuiîtrise. Cette collation se transforma bientôt en lui véritable repas, moins inq^ortanl toutefois que Xcpast. Les rede-
I TablniK Ar Paris. 1. \'. p. 2H.
S Miroir de Piiris. I. I, |>. -.tOl.
•* Dieu Vwus donne.
* (îuitl. lie la \ ille Neuvi-, /.rv crirrirs lie Paris.
5 Auntoijie pour //e'roi/ole , éilil. Histelliuber, cliap. XXXVlI, t. II, p. 282.
•i \'ciy. le Glossaire de Dueange, aux mots aierragium et aiuFratfiiim.
vances étaient à peu près les mêmes que pour ce dernier, .\insi, chez les bouchers, le nouveau maître devait fournir :
Au l'RÉvoT DE Paris :
I selier de vin.
4 gâteaux.
1 maille d'or.
Au MAITRE DES BOUCHERS ' :
1 cierge d'une livTe.
1 gâteau « tout pétri aux oefs ».
1 demi setier de vin.
2 pains.