FILS DE MAITRES — FISTULEURS
du mestier » ; on lui demandait seulement de prendre un ouvrier a qui en soit expers », et de le ijarder jusqu'à ce qu'il fût lui-même en état de passer son examen devant les jurés'.
Les fils de maîtres qui succédaient à leur père n'avaient pas, en "général, à acheter le métier, la maison ét<ui( reg'ardée comme n'ayant pas changé de chef : « Quiconques mestre, disent les chaussetiers, commence le mestier de chaucerie, il doit XX s. d'entrée, se il n'est fuiz * de mestre, li quel ne doit rien •* ». Ce privilège était étendu dans plusieurs métiers au frère et au neveu du maître. Enfin, un petit nombre de corporations n'admettaient à la maîtrise que des fils de maître, les drapiers par exemple * et les bouchers. Chez ces derniers, chaque étal se transmettait de mâle en mâle, comme la couronne de France, et si un boucher ne laissait que des filles, son étal était acheté par un confrère ^.
Somme toute, on peut affirmer que quand le maître avait un fils, il succédait presque toujours à son père ; s'il n'avait que des filles, il en mariait une avec l'apprenti, afin que la maison restât dans la famille. Celte coutume avait ses avantages et ses inconvénients. On exagérait un peu au treizième siècle le respect des traditions et des souvenirs, nous exagérons aujourd'hui en sens contraire.
Les siècles en passant ne modifièrent guère cet ordre de choses. A la fin du quinzième siècle, le chef-d'œuvre était exigé dans presque toutes les corporations pour obtenir la maîtrise. Maison avait inventé, en faveur des fils de maître une épreuve beaucoup plus facile dite expérience^. L'édit de 1581 " leur imposa, il est vrai, un apprentissage de la même durée que celui des enfants étrangers ; mais, comme ils étaient autorisés à passer ce temps chez leurs parents, la clause était tout à fait illusoire. Elle fut même abrogée par un édit postérieur, qui exempta d'apprentissage les fils de maître demeurant en famille.
Dès le seizième siècle, les enfants du maître, même les enfants naturels, disent les lapidaires ', ne comptaient point comme apprentis. Les statuts qui n'accordent aux maîtres qu'un seul apprenti ne les empêchent pas de lui adjoindre tous leurs enfants. Placés chez un autre patron pour v apprendre le métier, leur titre de fils de maître suffit pour qu'ils puissent être acceptés en sus du nombre normal.
Quelques communautés se montraient un peu plus sévères. Chez les armuriers ', les fondeurs '", les lapidaires " , les tisserands '*, le fils de maître
1 Litre (les méfiers, titre l.XIX, art.
2 A luuins qu'il ne soit fils.
* A luuins qu il ne soit nis.
3 Litre lies métiers^ titre LV, art. 6.
i Litre dea métiers, titre I., art. 2.
5 Statuts (le 1381, art. 2a.
li Vdv. l'article Chef-J'u'uvre.
'• .Vrticle 15.
8 Statuts de 1585, art. 10.
9 Statuts de lfiG2. art. 9.
10 Statuts de ir)72, art. 7.
" Statuts de 1585, art. 10.
« Statuts de 1586, art. 20.
servant ailleurs que chez son père compte comme apprenti. En revanche, dans le désir de voir chaque maison appartenir toujours à la même famille, les imprimeurs, les libraires et les relieurs dispensent leurs enfants de tout apprentissage : « Ains seront receus [maîtres], disent-ils, à leur première requeste et sans aucun frais' ». Les couturières déclarent aussi que les filles de maîtresse « serrint reçues sans faire apprentissage ny chef-d'œuvre * ». Les orfèvres ne vont pas si loin : ils exigent le chef-<rœuvre, mais stipulent en même temps que « les fils de maître ne seront assujétis à aucune des lois prescrites pour l'apprentissage 3 ».
Cependant, aux termes d'articles fort .sages qui furent surtout en vigueur à la fin du dixhuitième siècle, les fils de maître étaient tenus de se soumettre à toutes les conditions de l'apprentissage s'ils étaient nés avant que leur père eût obtenu la maîtrise. Les boulangers et les charcutiers * inscrivent cette prescription dans leurs statuts. Les menuisiers modifiaient seulement, en pareil cas, la somme à pa^'er pour devenir maître ^. .\u reste, cette mesure visait surtout les maîtres dits sans qualité, qui, n'ayant point passé par l'apprentissage, ne pouvaient enseigner un métier qu'ils n'avaient pas appris.
En somme, à la fin du dix-huitième siècle on voit toutes les barrières s'abaisser devant le fils du patron. La maîtrise semble devenue une propriété acquise par le père, et dont le fils hérite de droit. La bourgeoisie, amliitieuse, active, prudente, économe, est entrée en scène, prenant place entre la noblesse et le peuple, envieuse de l'une, et d'autant plus dure à l'autre qu'elle en est sortie et rougit de cette origine. Pour tout ce qui touche l'admission à la maîtrise, les statuts cessent dès lors d'être un guide siîr. Tous, ouvertement, favorisent les fils du maître. Mais ce n'est pas assez, et en réalité il n'y a plus de loi dans la corporation que la volonté du roi et le bon plaisir des maîtres. '
Finetiers. Voy. Graveurs sur pierres fines.
Fineurs. Voy. Affineurs.
Finisseurs. « Ouvriers qui finissent les mouvements tles montres ou des pendides, qui donnent la perfection aux dentures, engrenages et pivots, qui égalisent la ftisée, etc. ".
Fisiniers. Forgerons, taillandiers? « Fisiniers ou maistres de fer », dit une ordonnance de mai 1471 '.
Fistuleurs. Flaeuteurs. Flag-eleurs.
Voy. Flûtes (Fabricants de).
1 Statuts de 1618, art. 9.
2 Statuts di- 1075, art. «.
1 Statuts lie 1759, litre II. arl 11 * Statut.^ de 1754, art. 15.
3 Statuts de 1713, art. 27.
•> Jaubert, Dicliomtaire.i. II, p. 221.
'; Ordonn. royales, I. XVII, p. 429.
FLAGEOLKURS — FLOURIÈRES
Flageoleurs. Kiilnicinits et joueurs de l'insli'uinenl a|)|)i'le lliifj;i'iil ou tliif^enlel, ((ui est (léjù cité, ù la lin <lu Irei/ionie siècle, dans le Dit (Pii/i mercier.
Ou trouve aussi flageoliers.
Flageoliers. Nnv. Kiageoieurs.
Flahuteurs. Vov. Plûtes (Fabricants de).
Flaonniers. Faiseurs Je la pâtisserie unmluee llan.
Flassadiers. Ouvriers qui confectionnaient les llassades ou couvertures de lit.
Voy. Duciin<^e, au mot flassuda.
Flauniers. Voj. Flaonniers.
Flauteurs. Vov. Flûtes (Fabricants de).
Fléchiers et Flégiers. Faiseurs de flèches. La Taille de 129'3 en mentionne 1. Vov. Arêtiers.
Fleeuteurs. Fleuteurs. Fleutiers Voj. Flûtes (Fabricants de).
Flequeurs. \ ov. Flequiers.
Fleuretes et Fleurières. Noms cités dans la Tailk de 1313, et qui désignent sans doute des bouquetières.
Fleuristes. Nom que prirent, à la fin du dix-huitième siècle, les fabricants de fleurs artificielles. Il a appartenu aussi aux grainiers, aux chapeliers de fleurs et aux jardiniers.
Fleurs artificielles (Fabmcants de). Les essais faits, dans cet art, aux seizième et dixseptième siècles * n'étaient guère que des imitations trop grossières pour procurer l'illusion. On s'était découragé. Presque seules les religieuses, trompant l'ennui du cloître, s'efforçaient de copier la nature par un bizarre assemblage de plumes mal teintes et d'étotfes mal découpées.
De réels progrès furent réalisés par un sieur Séguin, venu de Mende à Paris vers 1738. Avec du parchemin, du papier, du fil de fer et des cocons de vers à soie, il obtint des fleurs dont ses contemporains furent réellement émerveillés-. Cependant, les femmes ne daignèrent pas aussitôt s'en parer, et Séguin ne travailla d'abord que pour la décoration des tables. Jaubert disait encore vers 1773 : « Quoi qu'on fasse un grand usage de ces fleurs à la toilette des dames, qu'on en décore les palais des grands seigneurs, que 'nos temples même en empruntent une partie de leurs ornemens, c'est surtout dans les desserts où elles sont plus employées, et une table qui en est couverte avec intelligence, a l'air d'un véritable parterre ' ». Dès 1775, la fabrication des fleurs
I Vuy. lo Dictionnaire archéologique de V. Gay, t. I, p. 492.
* Voy. V Encyclopédie de Diderot, t. VI, p. 867. 3 Dictionnaire des arts et métiers, t. II, p. 222.
artificielles avait fait de tels progrès, qu'un sieur Beaulard présenta à Marie-.\ntoinelte un bouton de rose qui s'épanouit en sa présence '.
Un sieur T.-.L Wenzel lui succéda ilans la faveur de la reine. Kn 1790, il publia un volume dans lequel il proposait d'établir ù Paris une manufacture de i< végétaux artificiels », où deux mille femmes auraient trouvé une occupation lucrative. Ce livre, sans grand intérêt, se tait sur les procédés nouveaux de fabrication et juge sévèrement les anciens ; j'y relève cependant cette plirase : « 11 faut, pour une seule rose, plus
de trente outils difîérens et ces outils ont
besoin d'être renouvelés presque tous les ans, pour peu qu'on soit jaloux d'approciier de la perfection. Ainsi, suivant les procédés actuels, la multiplicité des outils, leur prix excessif, la nécessité de les renouveler fréquemment sont autant de causes de la cherté prodigieuse des fleurs artificielles ». Wenzel réussit surtout auprès des dames de la cour, enthousiasmées par un travail qui produisait de si jolis résultats. Wenzel consentit à leur donner des leçons ; il eut entre autres élèves la comtesse de Genlis, dont les bluels, les coquelicots, les myosotis et les marguerites obtinrent un succès qu'interrompit la Révolution.
Paris s'engoua alors de fleurs étranges. J.-B. Pujoulx écrivait en 1801 : « Le fleuriste, comme tous les fabricans qui travaillent aux objets de luxe, est souvent obligé de sacrifier la vérité de l'imitation au désir, à la nécessité de varier ses fleurs. Après avoir épuisé les dons de Flore,, le caprice des marchands et des coquettes devient son seul guide. Quand nos dames ont adopté une couleur, elles veulent la voir partout. L'artiste est dès lors forcé d'imaginer des monstruosités pour vivre ; c'est ainsi qu'il y a quelques mois, on porta des roses jaunes à feuilles noires et des roses noires à feuilles jaunes. Les fleuristes qui avaient du goût gémissaient, mais.... c'était la mode * ».
D'abord appelés bouquetiers-décorateurs , les fabricants de fleurs artificielles ne prirent le nom de fleuristes que vers la fin du dix-huitième siècle. Ils ne furent jamais constitués en communauté.
Pendant bien longtemps, les fleurs en papier confectionnées dans les couvents furent vendues par les merciers. Les bouquets faits de plumes étaient l'œuNTe des plumassiers, et ceux formés d'émaux de diverses couleurs appartenaient au commerce des émailleurs.
Floreresses de coiffes. Vny. Chapeliers de fLeurs.
Florières. La Taille de 1292 en cite 2, qui étaient très probablement des bouquetières.
Flotille royale, à Versailles. Voy.
Bateaux des maisons royales.
Fleurières. ^ oy. Bouquetières.
• Correspondance de Métra , janvier 1775 , t. I ,
2 Paris à la fin du dix-huitième siècle, p. 36.
FLUSTEURS — FONDEURS
Flusteurs.
de).
,'oy. Flûtes (Fabricants
Flûtes (Fabricants de). La Taille de i292 die 2 fleuteeurs ou /leuliers. Euslache Descliamps, au quatorzième siècle, mentionne la flûte Iraversière ou flûte allemande, l'autre était le flageolet. Nicolas Holteterre, son fils Jean, et Philibert Rebillé étaient, à la fin du dix-septième siècle, les facteurs les plus en vogue ^ ; à la fin du dix-huitième on citait le sieur Thomas Loi, qui demeurait rue de l'Arbre-Sec -.
Les fabricants et les joueurs de flûte ont été dits fistuleurs, jlageleurs, /lueuleurs, flauteurs, /lenteurs, flahuteurs, flusteurs, etc., etc.
Foilleurs. Voy. FueU (Qui fait le).
Foin fMARCHANDs de). Ils ont leurs statuts dans le Livre des métiers ■• , qui les nomme faniers, feiniers, feniers, et marchunz de fein ; il mentionne aussi, en passant, les courratiers et les portée urs de foin. Il était interdit aux marchands d'avoir deux prix différents pour le foin chargé sur un même bateau. Ils pouvaient faire promener dans les rues une belle botte de foin par des individus qui en criaient le prix et l'adresse du vendeur. Les feiniers ne payaient pas d'impôts, mais toutes les fois que le roi venait à Paris, chaque maître devait lui fournir une botte de son meilleur foin, botte qui était destinée à l'écurie royale. « Cex * qui siint demoiirant à Paris, qui vendent a détail fein, doivent chascun au Roy i fagot de fein de premierein, à chascun jour que li Rojs entre dedenz la vile de Paris ». Ceci, peut-être en vertu du droit de (enige{fe7iaticum, fenagium), redevance établie par quelques seigneurs sur la récolte des prairies.
La Taille de 1292 mentionne 22 fanieis. Ils étaient au nombre de 30 en 1402 ^.
Au moyen âge, on nommait juillet le mois des foins [mensis fenalis). Juin et juillet étaient dits resaille-mois, parce que c'était le temps de la coupe des foins : « L'an de grâce 1376, le 14^ jour du mois de juing, qu'on appelle resaille-mois... * ».
Pendant très longtemps, le foin se mesura à la charretée. La charretée représentait la charge d'une voiture traînée par deux bœufs, et on l'estime à mille livres, représentant un peu plus de quatre cents kilogrammes '.
Il y a peu à prendre dans l'ordonnance de 1415 *. Celle de décembre l(i72 interdit aux marchands de foin de rien jeter dans la Seine, à peine de cent livres d'amende, dont un tiers adjugé au dénonciateur '.
Les marchands de foin ne vendaient guère qu'en gros. Le commerce de détail était fait sur-
' /,(' Liore eummoile pour 109i\ I. I, (i. 212 - Alinandch Ihmphin pour 1789.
3 Tilir lAXMX.
* tlfUX.
5 DolamaiTi', Traité de lu police, ** Voy. le (iloxsnire tlu Dufan^»- "* Guûrani, Polyphjque d' Irminon 8 Chapitre XXII.
'■' tniapitro XVI.
t. ni, \K 1.001.
au mot mensis.
tout par les graiueliers, les regrattiers, les chandeliers, les fruitiers et les loueurs de chevaux.
Au commencement du dix-huitième siècle, on estimait la consommation annuelle de Paris a six millions de bottes. Prestpie toutes étaient recueillies dans l'Ile de France.
L'abbé Jauberl i'1773j écrit ffiiniers.
Voy. Botteleurs. — Contrôleurs. — Courtiers. — Faneurs. — Porteurs, etc.
Foiniers. Voy. Foin (Marchands de).
Foires. Il s'en tenait une devant chaque église le jour oîi celle-ci fêtait son saint. Mais les seules importantes étaient les foires suivantes :
Jambons (aux). — Lendit (du). — Oignons (aux). — Saint-Clair. — Saint- Germain. — Saint-Laurent. — Saint- Ovide. — Temple (du).
Voy. tous ces noms.
Fonceaux d'esteufs iFaiseurs de). On
nommait ainsi les ouvriers qui confectionnaient les sacs à balles pour les jeux de paume. Ils appartenaient à la corporation des paumiers.
Fondeurs. On ne connaissait pas, au moyen âge. la division du travail telle qu'elle existe aujourd'hui ; en général chaque corps d'état fabriquait à lui seul les <ibjet,s qui formaient sa spécialité. Les braaliers, par exemple, tissaient eux-mêmes, sans le secours du tisserand, les étoffes destinées aux braies qu'ils façonnaient ; les lampiers fondaient eux-mêmes les lingots de cuivre qu'ils transformaient en chandeliers et en lampes; etc., etc. La plupart des oumers qui travaillaient les métaux eussent donc pu se qualifier de fondeurs. Cependant, de tous les métiers qui soumirent, vers 1268, leurs statuts à l'homologation du prévôt Etienne Boileau ', une seule comniuiiauté prit officiellement ce nom, celle des Fotideurs et molletirs -, qui déclarèrent confectionner des boucles, des ardillons, des fermaux, des anneaux « et autre menue oevre que on fait de coivre ^ et d'archal ». Ils faisaient aussi des sceaux, des méreaux, des cachets ; mais il leur était interdit d'y graver aucune inscription, on tolérait seulement les lettres isolées, les initiales sur une bague ou un cachet. Peut-être redoutait-on la contre-façon des sceaux de l'État ou même celle des monnaies. « Ce .sont choses qui portent soupçon », disent les stiitutis. Une réserve de même nature leur était imposée pour la confection des clefs ; ils devaient s'abstenir de reproduire celles qu'on leur commandait, si le client ne leur présentait pas en même temps la serrure. Nous verrons la même condition stipulée par les serruriers.
Les statuts des fondeurs furent renouvelés en l.'i72. Les maîtres se qualifiaient alors de/ow^/ifKrsmouleurs en terre et en saltle-bossetiers-sunnetierscizeleurs-fuiseurs d'instrumens de mathématiques, glohes et sphères. Je renvoie à tous ces mois.
' Litre des métiers, liln- XI.I.
* Mouleurs.
3 De cuivre.
FONDEURS — FONDEURS DE CARACTERP^S D'IMPRIMERII-;
L"ii|)prenlissa{îo était de cinq ans, et cliaque maître ne pouvait avoir ù la fois deux apprentis. L'article 17 oniimère longuement les olijets dont la fabrication était permise aux fondeursmouleurs. Ce sont, entre autres, les croix d'é>;^lise, eilioires, encensoirs en laiton, cloches, sonni'tles. timbres pour horlo<i^es, grelots, lampes « et toutes autres choses qui se pourront moUer et fondre en saille, de cuivre, latton et avrain * ».
La corporation avait pour patrons saint Eloi et saint Hubert.
A la fin ilii dix-huitième siècle, le nombre des maîtres s'élevait il 300 environ. L'édit de 1776 les réunit aux doreurs et aux graveurs sur métaux.
Voy. les articles suivants.
Fondeurs de canons. Dès le quinzième siècle, la France possédait sept canons, dont Christine de Pisan nous a conservé les noms. Les lettres patentes d"aoùtl411 érigèrent les urtilliers en conununauté - ; celles de novembre 1441 nous apprennent que le service de l'artillerie se composait alors des artilliers proprement dits, des deux frères Olivier et Guillaume Marchant « charpentiers d'artillerie », qui sans doute construisaient les atfùts, et du sieur Jehan Duchemin, « tailleur de pierres à bombardes ^ ».
Sous le nom d'artilliers, les fondeiu"s de canons, « artillatores », dit Ducange, figurent dans l'ordonnance des Bannières il467 *. Quand François l", revenant d'Espagne fl52<5) fit sa rentrée à Paris, « furent tirées dix grosses pièces d'artillerie qui estoient sur les murailles et terrasses, des costez de la porte Saint-Martin ». Dès 1524, la Ville possédait vingt-huit « pièces de grosse artillerie ' ». Mais, jusqu'au dixseptième siècle, il n'y eut pas de troupe .spéciale affectée au service des pièces. Chacune était sous la direction d'un canonnier de profession, ingénieur plutôt que soldat.
Sous Louis XIV, un canon revenait à 6.(500 livres avec son affût ^. Ceux qui les fabriquaient portaient encore le nom d'artilleurs, artilliers ou canonniers, eJl relevaient du bailliage de l'Arsenal ".
Au dix -huitième siècle, les principales fonderies de France étaient celles de Douai, de Pignerol, de Besançon, de Brest et de Toulon.
Les fondeurs de canon avaient pour patronne sainte Barbe, dont ils célébraient la fête en août et en décembre à l'église de l'Ave-Maria.
Fondeurs en caractères d'imprimerie. On ne sait par qui furent gravés et fondus les caractères employés par les trois premiers imprimeurs parisiens *. mais il est certain que ces caractères furent exécutés à Paris, car ils ne se rencontrent nulle part dans les autres impressions contemporaines.
I Laiton et airain.
- Ordonn. royales, t. IX, p. 631.
3 Ordonn. royales, t. XIII, p. 348.
* Ordonn. royales, t. XVI, p. 672. — Juin 1467.
' Journal d'unbourgeois de Paris sous François I". p. 205. 6 Pellisson, Lettres historiques, 1" mai 1670, t. I, p. 27. ' Voy. ci-dessous l'art. Salpêtriers.
* Voy. ci-dessous l'art. Imprimeurs.
Un règlement de mai 1071 nous apprend ' qu'à cette date les fondeurs de caractères appartenaient déjà à la corporation des imprimeurs, et que pour eux la journée de travail, commencée à cinq heures du malin, ne finissait qu'a huit heures du soir. Comme les libraires et les imprimeurs, ils ne pouvaient s'établir en dehors des limites de l'Université, condition encore exigée un siècle et demi plus lard -.
A la fin du dix-huitième siècle, il n'existait encore en France que <louze fonderies, dont six étaient exploitées à Paris. Dans une fonte de 100.000 lettres, le bas de ca.sse ' se subdivisait ainsi :
a.... 5.000 lettres m... 2.800 lettres
Chaque caractère portait, suivant sa hauteur, un nom différent. Vers le milieu du siècle, un fondeur, Fournier le jeune, inventa le point typographique, mesure qui servit dès lors à désigner les caractères de toute dimension. Ainsi :
Le diamant devint corps 3.