HUISSIERS — HUISSIERS DE LA MUNICIPALITE
Huissiers. Ndy. Bedeaux. — Concierges. — Massiers, et les articles qui
suivi-nl.
Huissiers i>u Uissiers. Faiseurs d'huis ou portes. Ils sunl mentionnés, au treizième siècle, dans le Livre des métiers ', qui les réunit aux charpentiers. Ils se fondirent ensuite dans la communauté des menuisiers.
Huissiers. Avant la Révolution, l'on comptait à Paris au moins dix-neuf sortes d'huissiers. Savoir :
Huissiers du Conseil d'Etal.
— - de la grande chancellerie.
— du f^rand Conseil.
— de la prévôté de l'hôtel.
— des requêtes de l'hôtel.
— du Parlement.
— des requêtes du Palais.
— de la chambre des comptes.
— de la cour des aides.
— de la cour des monnaies.
— de la chancellerie du Palais.
— du bureau des Finances.
— de la connétablie et maréchaussée.
— de l'amirauté.
— des eaux-et-forêts.
— audienciers de l'hôtel de ville.
— à verge.
— à cheval.
Sans compter les huissiers-priseurs, devenus comndssaires-priseurs, les huissiers attachés à la maison royale, et d'autres encore de moindre importance.
Huissiers de l'antichanibre du roi.
Ils servaient l'épéeaucôté. Tous les matins, dans la demi-heure qui précédait le lever du roi, ils se rendaient à leur poste, et ne laissaient entrer personne avant le premier gentilhomme de la chambre. Ils ou\Taient la porte à deux battants pour les princes, les princesses et les ambassadeurs.
« Personne ne doit se promener dans l'anli- <-hambre du Roy. C'est en cette antichambre, quand le Roy mange en public, où l'on dresse la table de Sa Majesté et où on le sert à dîné et à soupe en cérémonie - >^.
Voy. Suisse de l'œil-de-bœuf .
Huissiers du cabinet du roi. Ils étaient au nombre de deux seulement. Ils devaient connaître les personnes adndses dans le cabinet. \id n'était autorisé à y entrer « par naissance ni par charge ; Sa Majesté accorde ce droit à ceux à qui elle a donné les entrées familières — Si le Roy doit recevoir le serment de fidélité de ceux qui ont accoutumé de le prêter entre les nuiins de Sa Majesté, un huis,sier garde le chapeau, les gants et l'épée de celui qui fait le serment ■' ».
1 TilicXl.VlI.
â Ktilt lU Ui France piiitr 17 12. t, 1. p. !.".">. 3 État lie la fV/nicr /iinr 1736, 1. 1, y. 310.
Huissiers à la chaîne. « Ce sont ceux qui peuvent exploiter indifféremment partout, et que chacun qui veut emploie quand on veut faire une signification délicate et forte, parce que ceuxlà sont toujours fort respectés, et instrumentent avec une grosse chaîne d'or au col, d'où pend une médaille du roi. Ils sont en même temps huissiers du conseil, et y servent avec cette chaîne » ' .
Huissiers de la chambre du roi. Ils
étaient au nombre de seize et servaient Tépée au côté. « C'est il eux à faire ranger les personnes qui sont dans la chambre du Roy, soit pour faire jour quand Sa Majesté s'habille ou se déshabille, soit pour lui faire passage lorsqu'elle va de son fauteuil à son prie-Dieu, de son prie-Dieu à son cabinet, ou qu'elle traverse sa chambre. Les huissiers ont l'œil à ce que personne ne se cou\Te, ne se peigne et ne s'asseye dans la chambre sur les sièges, sur une table ou sur le balustre de l'alcove * ».
« "Vous remarquerés qu'on doit gratter doucemens aux portes de la chambre, antichambres, caliinets ou autres, et non pas heurter rudement. De plus, si l'on veut sortir de la chambre ou anli(-hand)res, les portes étant fermées, il n'est pas permis d'ouvTÎr soy-mème la porte, mais on doit se la faire ouvrir par l'huissier ' ».
Même en dehors des appartements ro^'aux, les règles de la ci\nlité interdisaient de heurter à une porte. On devait se borner à y gratter doucement, et en général avec l'ongle du petit doigt ; aussi les ralfinés, le conser\-aient-ils d'une longueur démesurée afin de prouver leur savoir-vÎNTe. Scarron dit du prince de ïarente qu' « il étoit propre en sa personne, curieux en perruques, se piquoit de belles mains, et s'étoit laissé croître l'ongle du petit doigt de la gauche jusqu'à une grandeur étonnante, ce qu'il croyoit le plus galant du monde * ». Molière n'a pas oublié ce ridicule, et c'est le Clitandre du Misanthrope ^ qu'il en ffralifie :
Mais au moins, ditos-moi, madame, par quel sort Voln- Clitandri' à l'iieur de vous plaire si fort. Sur quels fonds df mérite et de vertu sublime A])puyez-YOUs en lui l'honneur de votre estime? Est-ce par l'onfi^le long qu'il porte au petit doigt Qu'il s'est acquis chez vous l'estime oii l'on le voit ?
Peut-être y avait-il un petit instrument destiné à tenir lieu de l'ongle. C'est au moins ce que sefnblenl indiquer ces deux vers :
Grattez du peijjne A la porte De la chambre du roi 6.
Huissiers des comptes. Voy. Messagers.
Huissiers de la municipalité. Voy.
Sergents.
1 Saint-Simon, Mf'moifes, t. Il, p. 98-
î K/iil lie la France pour 1712, t. I, p. 162.
3 fUat lie la France pour 1687, t. I, p. 122.
* \oiirettes Irngi-nnniijaes, é<Iil. de 1727. t. II, p. 9lt.
S Acte II, .scène 1.
•> )\ïu\\i:n',l-' imprompluile l>r»-ni//M,n"morcîmenlauroi.
HUISSIERS DM I.ORDHl'; Dl SAIXT-KSI'HIT — HYDROMANGIKNS
Huissiers de l'ordre du Saint -
Esprit, i'.f^ liiiissiers aviucnt la clcldii ciiliiiii't (lu roi, l't quiiiid li' sDUveniin y prt'sidait le chiipili'f ilii Siiint-Msprit, ils devaient veiller à la pni'li'. Si eet te assemblée se tenait dans la ehainlire du nii, ils >j;ardaienl la pm-te de celle-ci '.
Huissiers de la salle à mang-er du
roi. Ils elaii'Ut au Ududii'f de diuize et servaient par (piarliers.
On sait cpie Li.uis Xl\' luany^eaitordinairement dans sa cliauiLire ù coucher, sur une table carrée, placée devant la fenêtre du milieu -. Lorsqu'il dinnil en public son couvert était dressé dans rantichanibre, grande salle communiquant avec la pièce dite (if l'iril de bœuf, qui pi'ecédait ellemême la chandire à coucher . \ oici (pielles étaient, ces jouis-là, les tondions de Thuissier de salle qui se trouvait de service :
« L'huissier de salle, aïani receu l'ordre pour le couvert du Roy, va à la salle des gardes du corps, frappe de sa bafriielte sur la porte de leur salle, et dit tout haut : Messifurs, au couvert du Roy ! Puis, avec un rrarde, il se rend au (Toblel. Ensuite, le chef du (Jid)let apporte la nef. les antres officiers apportent le reste du couvert : le f^arde du cor[)s marchant proche la nef, et riiuissierde salle marchant devant eux la bafjnette en main, et le soir tenant aussi un flambeau, porte les deux tabliers ou nappes.
Etant tous arrivez au lien où la table du prêts est dressée, l'huissier de salle étale seul une nappe ou tablier sur le butVet. Puis le chef du Goblet et l'huissier de salle étalent dessus la table du prêts la nappe ou tablier, dont cet huissier île salle reçoit un des bouts que l'officier du (îolilet, qui en relient l'autre bout, lui jette adroitement entre les bras. . . .
Pendant ce temps, l'huissier de salle est retourné à la salle des «gardes, ou aiant frappé de sa baguette contre la porte de leur salle, il dit tout haut : Messieurs, ù lu riuiide du Rni/ ! Puis il va à l'office-bouche où il trouve le maître d'hôtel qui est de jour, le frentilhomme servant et le contrôleur qui s'y sont rendus. . . .
1 Élut de la France pour 1712, t. I, p. 208. * Saint-Simon, Mémoires, t. XII, p. 174.
La viande de Sa Majesté sera portée en cet ordre. Deux de ses gardes marcheront les premiers, ensuite l'huissier de salle, le maître d'hôtel avec son bûton. le gentilhomme ser\'anl, le panelier, le contrôleur général, le contrôleur clerc d'office, et autres qui porteront la viande, l'écuier de cuisine et le garde-vaisselle. l'',t derrière eux, deux autres gardes de Sa Majest(', qui ne laisseront approcher personne de la viande. Et les officiers ci-dessus nommez, avec un gentilhcmime servant seulement, retourneront ù la viande à tous les services
Le gentilhomme servant prend le premier plat, le second est pris par un contrôleur , et les officiers de la Bouche prennent les autres, l^ln cet ordre, le maître d'hôtel aïant le bâton en main, marche à la tète, précédé de quelques pas par riiui.ssier de salle portant uni' baguette qui est la marque de sa charge), et le soir aiant un llambeau ; et la viande, accompagnée de trois gardes du corps leui's carabines sur l'épaule étant arrivée, le maître d'hôtel fait la révérence à la nef ' ».
Huissiers priseurs. Voy. Commissaires priseiirs.
Huîtres .(Commerce des}. Yoy. Ècaillers.
Hydromanciens. Bateleurs qui prétendaient connaître Tavenir au moyen de l'eau. Ils jetaient dans un bassin de l'huile, du vin, du plomb, et tiraient leurs présages soit des jeux de lumière, soit de l'agitation produite au sein du liquide, etc., etc.
L'n liydromancien qui exerçait dans les rues de Paris durant le premier Empire agissait autrement. Sur la table placée devant lui s'alignaient plusieurs vases remplis d'eau transparente. Ceux qui le consultaient prenaient au hasard quelques cartes dans le jeu qu'il leur présentait ; le de\'in lisait alors dans l'eau limpide, les cartes qui avaient été prises et les événements qu'elles promettaient -.
Vov. Bateleurs.
1 Élat de la France pour 1712, t. I, \>. (iS. S Voy. J.-B. Gouriet, Personnages célèbres dans les rues de Paris, t. II, p. 334.
ILLUMINEURS — IMPRIMEURS
Illumineurs. \o\. Enlumineurs.
Illusionnistes, ^'oy. Prestidigitateurs.
Imagers. Vov. Enlumineurs. — Estampes (Marchands d'i. — Papiers peints.
Imageurs. Imag-iers. Imag-ineurs.
Imag-iniers. Imaigiers. \oy. Peintres l't Sculpteurs.
Impôts et redevances. V".v. Aboivrement. — Annuel des marchands. — Août (Loi d'). — Banvin. — Barrage.
— Ceinture de la reine. — Champart.
— Chantelage. — Chauciers. — Chaussée. — Conduit. — Cordiers. — Cordonniers. — Coutume. — Coutumiers. — Écuelliers. — Fers du roi. — Foin (Marchands de). — Hallage. — Hallehic. — Halliers. — Hauban. — Havage. — Héminage. — Huèses du roi. — Liage. — Lormiers. — Maréchaux. — Minage. — Montée de la Marne. — Past. — Petit-Pont. — Poids-le-roi. — Pourboire. — Prise. — Rêve. — Rivage de Seine. — Rouage. — Savetonniers. — Selliers. — Semaine de l'évéque. — Tailles. — Tiers et dangers. — Tonlleu. — Tonlieurs. — Voyers.
Imprimerie, ^'o^. Librairie.
Imprimeurs. Le plus ancien livre imprimé dont la (laie ne puisse être contestée est le psautier exécuté à Majence par Fust et Schoifîer en 1457. Douze ans après, la France ne possédait encore aucun atelier tvpoijrapliique. Quand le bruit de la g'rande découverte due à Ciulenberg s'y était répandu, il avait causé une vive alarme parmi les nomijreux industriels c[ui avaient eu jusque-là le privilège de donner une forme matérielle à la pensée.
Fust, venu à Paris pour y débiter quelquesuns des ouvrages imprimés par lui et son associé, reçut un accueil si peu encourageant qu'il s'empressa de prendre la fuite. Sciioitter avait dans sa jeunesse fréquenté l'Université de Paris; il tenta la fortune à son tour et fut plus heureux. 11 retrouva au pays latin d'anciens maîtres, et leur patronage lui facilita la vente de plusieurs volumes, (l'est dans le plus célèbre des collèges de Paris, dans les liàtiuu'uls de la .Sorboune. que
fut naturalisé en France l'art typographique. L'initiative appartint à deux de ses docteurs, Jean Heynlin et (iuillaume Fichet. Hevnlin était Allemand, avait séjourné à Leipzig, à Bàle et à Mayence ; esprit curieux, disposant sans doute d'une certaine fortune, il s'était de bonne heure passionné pour l'invention mayençaise et possédait un certain nombre d'ou\Tages imprimés par Gutenberg. par Fust et par Schoitl'er. Fichet, né dans la liante Savoie, fui d'abord prieur, puis bililiothécaire de la Sorbonne, enfin recteur de l'Université. Sa science et son caractère lui avaient acquis une légitime autorité dans le monde enseignant. Ces deux docteurs eurent assez d'intluence sur leurs collègues pour les décider à installer une imprimerie au sein même de la Sorbonne.
Avant tout, il fallait se procurer des ouvriers expérimentés et à qui fussent connus tous les mystères de l'art nouveau. Heynlin écrivit à Bùle, où il avait conservé des relations ; on lui envoya de là trois hommes instruits et habiles qui, de concert avec les docteurs, entreprirent de mener à bien celte œu\Te glorieuse : ils se nommaient Ulricli Gering, Michel Fribui^er et Martin Crantz.
Chose étrange et \Taiment inexplicable, ce grand fait de l'installation de l'imprimerie à la Sorbonne n'a laissé aucune trace dans les registres où les prieurs inscrivaient avec une si scrupuleuse minutie des détails qui nous semblent bien insignifiants. Dans ces registres, conservés aujourd'hui parmi les manuscrits de la Bibliothèque nationale, j'ai parcouru deux fois tous les procès-verbaux des séances tenues par les docteurs entre 1469 et 1471, sans découvrir un seul passage relatif aux trois typographes venus de Bàle.
A la fin de l'année 1470 parut enfin le premier liwe imprimé en France, un volume petit in-quarto contenant les épitres latines d'un grammairien de Pergame nonuué Gaspariiui Barzizio. Le volume est terniiiu' par i|ualre distiques qui célèbrent la gloire de Paris et lèguent à la postérité les noms des trois' premiers imprimeurs qu'ail eus celte ville : « Comme le soleil répand la lumière, loi, ville royale de Paris, nourrice des Muses, tu verses la science sur le monde. Reçois, toi qui l'en es montrée si digne, cet art d'écrire, presque divin, qu'inventa l'.^Uemagne. Voici les premiers livres qu'a produits celte industrie sur la terre de France et dans ton sein. Les maîtres Michel. Ulrich et Martin les ont imprimés et vont en inqirimer d'autres ».
IMI'HIMKUHS
Kn arrivant ù Paris, les Irois AUrinaiuls avaionl pris pour apprentis denx cliidiaiils ijui, une fois Tonnés par enx les (|iiittôren(, et allèrent s'établir dans larueSaint-,Ta((Hiesù l'ensei^'iiedu Sonrilet vert, « in inlersi^no Follis viridis », disent les rejj^istres du eollé';;e. Aussitôt, les Allemands ijuitleni la Sorlionne et l'oiidenl, tout prés de riniprinierie rivale, dans la mèuie rue, un atelier sous l'enseiirne du Soleil d'or. Pour donner une idée de l'activité déployée par eux à la Sorbonne, il suffit de rappeler qu'en deux années (fin de 1470 à 1472), il en était sorti au moins trenle volumes, représentant 1.146 feuillets in-folio et l.t)"2() feuillels in-((uarto.
La première loi relative à l'imprimerie paraît être celle du '.• avril l.'iKi, qui contirnie l'exemption d'impôts accorilée à la communauté des relieurs-eidiuuineurs-écri vains-libraires. <.< pour la considération du <^'rand bien (]ui est advenu en nostre rov'ainne au moyen de l'art et science d'impression, invention laquelle semble estre plus divine qu'humaine ; laquelle. <^Tàce à Dieu, a esté inventée et trouvée de nostre temps par le moyen et industrie des libraires ' ». C'est donc aux libraires que le roi rapporte toute la gloire de l'invention ; aussi ne constilua-t-elle pas d'abord un métier distinct, et son histoire restet-elle liée à celle de la librairie. Pourtant, en \ît'.i9, François I" accorde aux « maistres imprymeurs de livres de la cyté de Paris » des statuts peu intéressants pour nous.
Ceux de juin 1618 réorijanisèrent la quadruple corporation des libraires-iniprimeurs-relieurs et doreuiN. mais je n'y veux relever ([ue les articles relatifs aux imprimeurs. L'apprenti devait savoir lire et écrire, servir qualri' ans (les libraires exigeaient cinq ansl d'alionl, puis ([uatre ans encore en qualité de compagnon. Les imprimeurs ayant plusieurs presses pouvaient engager à la fois trois apprentis. Les li\Tes devaient être « imprimés en beaux caractères et en bon papier ». Les imprimeurs étaient tenus de déposer deux exemplaires de toutes leurs publications à la Bibliothèque du roi et un exemplaire chez le syndic de la corporation.
L'ordonnance du 19 mai 1616 avait enjoint aux libraires et aux imprimeurs établis hors des limites de l'L'niversilé de réintégrer ce quartier, tlonl l'édit d'août 1686 fi.xa très exactement les limites - . En même temps, il réduit à trois ans la durée du compagnonnage et limite à trente-six le nombre des imprimeurs. Nul ne peut obtenir la maîtrise s'il ne présente un certificat du recteur de l'L'niversité déclarant que le candidat « est consrru en langue latine et sait lire le grec ». Je reproduis plus loin un certificat de ce genre et le texte d'une lettre de maîtrise.
La même année, les relieurs et les doreurs cessèrent d'appartenir à' la communauté, qui se composa seulement des libraires, des imprimeurs et des fondeurs en caractères.
Un arrêt du 30 a\Til 1777 rendit plus difficile l'admission des compagnons ii la maîtrise. Tous,
' Dans h'ontanoa, K'/ils el orr/oniiances, t. I\ , p. 121. - Voy. ci-dessous l'article Quartiniere.
même les fils de maître, durent subir, en pré.sence des syndics, des adjoints et de huit maîtresanciens. un examen « sur le fait de l'imprimerie et choses en dépendant ». Procès-verbal de la séance était remis iiu récipiendaire, qui devait y joindre son extrait de baptême, son brevet d'apprentissage. et les certilicals îles maîtres chez les([uels il avait accompli son compagnonnage. Une fois adnns. il prêtait serment entre les mains du lieutenant général de police.
De 1470 ii 1500 Paris compta environ 6 1 ateliers tvpographiciues, dont la liste a été dressée par M. A. Claudin •. Entre 1686 <■[. 178f>, lôO imprimeurs seulement exercèrent à Paris -. X cette dernière date, le nombre des imprimeurs, bien que limité à 36, s'élevait à 41, parce que l'on y faisait figurer 4 co-imprimeurs et 1 surnuméraire (|ui, tous cinq, ne possédaient aucuni! presse •'. Parmi les .36 étaient compris les imprimeurs :
Du roi.
De la reine.
Du Dauphin.
De la Dauphine.
De Monsieur.
De Madame.
De la (gourdes .\i(les.
Du Chàtelet.
De la police.
De la prévôté de Paris.
De la Ville.
De l'archevêque.
Du clergé de France. De l'Uiuversité.
Du Parlement. De l'Académie française,
De la Chambre des etc.. etc.
Comptes.
De tout temps, il y avait eu à Paris ou aux
environs des imprimeries clandestines * ; il y exista aussi des imprimeries particulières, tolérées sinon autorisées. On peut citer, par exemple, celles de la Gazette de France, du Louvre, des Chartreux, des jeunes aveugles, etc. D'autres n'ont eu qu'une existence éphémère. En 1660, le cardinal du Perron en fit établir une dans sa maison de Bagnolet. Richelieu, ou tout au moins son frère aîné, en eurent une, vers 1640, au château de Richelieu, et plusieurs ouvTages en sont sortis. Fouquet en posséda une à Saint- Mandé, et Louis XV en eut une aux Tuileries. Le chancelier d'Aguesseau et le marr[uis de Lassay imprimèrent aussi dans leurs châteaux. Le duc de Bourgogne, la marquise de Pompadour et Louis XVl eurent des imprimeries ù Versailles. Un exemplaire des Maximes tirées de Télérnaque, publié en 1766, porte la mention suivante : « A Versailles, de l'imprimerie de Mgr le Dauphin, dirigée par A. -M. Lottin, libraire et imprimeur de Mgr le Dauphin ». Durant son séjour à Passy, Franklin, imprimeur et fils d'imprimeur, installa chez lui une petite imprimerie où fut composé le Code de la raison humaine, ou\Tage de Barbeu- Dubourg.
* Liste chronotogiijue des imprimeurs parisiens du quinzième siècle. 1901, iu-S".
* On en trouviTa la liste dans Lottin, Calntui/ue ckroiiolotjique des libraires, imprimeurs, t'tc. 2'^ partie, p. 231. — Voy. aussi Ph. Renouaixl, Imprimeurs parisiens, 1808, in-S».
3 On en trouvera la liste dans Lottin, Catalogue chronologique, 2" partie, p. 231.
t .\u collège de Clermont, a Montreuil, etc. etc.