‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 177 sur 422 · CERTIFICAT · texte numérisé non relu

CERTIFICAT

DÉLIVRÉ .V Antoine Chrétien ^ par le recteur

]JE l'Université

le 10 mars 1687.

Nos Petrus Egasse du Boulay *, Universitatis Parisiensis Rector , fidem facimus omnibus quorum intererit, Antonium Christianum Parisinum dignum a nobis inventum fuisse qui typographicam et librariam artem exerceat, quippe qui latine loquatur et grsecum légat. Sigillum duximus apponendum prsesentibus litteris, quibus ipse Chrétien subscripsit.

Dalum in Becordiano ^ nostro, die décima

1 Voy. ci-ilessus l 'article I/iliraiivs.

î Voy. ci-ile.s.sus l'art. Uuuquinistes.

■' l*'ils ilii [iréctTilont .

* (Triait 11' frère lie Cùsar-Égasse du Boulay [ButœusV à ([ui l'on doit une .savante histoire de l'Université de l'aris.

S Lp collège de Hecoud, de Beoourt ou de Boneourt (Voy. Jaillot, quarlier de la place Mauberl, p. 21), fomlé on 13.''i3 et aujourd'hui compris dans les hàliinenls <le l'école Polvtechniiiue. On le nonjme plus souvent cnlltglum Jtecoilitintnn (^'oy. E. du lîoulav, Hiatoriti UnirersitiitiSy t. IV, p. 327).

mensis martii, anno millésime sexcenlesimo octogesimo septimo.

Antoxius Chrétien

Pierre Egasse du Boul.w, rector *.

Yoy. Papiers (Marchands de vieux).

Imprimeurs sur étoffes. L'art de teindre les éloll'fs était déjà connu au moyen âge. On trouve dans les anciens comptes, dans ceux notamment du quatorzième siècle, des toiles bleues, des toiles vertes, des toiles vermeilles, etc. Mais ce qui prouve que les procédés de teinture étaient encore bien imparfaits, c'est que ces toiles sont employées surtout ii doubler des tentures ou des coussins -, Y renonça-l-on ? (]"est probable, car cette fabrication parait avoir été peu perfectionnée jusque vers le milieu du dix-septième siècle.

A ce moment , les navires de la compagnie des Indes rapportèrent d'Orient des indiennes ou toiles peintes, tissus de coton couverts de dessins où éclataient des couleurs aussi brillantes que variées. Ces tissus n'obtinrent d'abord, à Versailles et à Paris, qu'un médiocre succès ; cependant certains teinturiers s'efforcèrent d'imiter les singuliers ornements qu'ils avaient sous les yeux. Les procédés de fabrication étant inconnus, on employa la plume et le pinceau ; on les peignit à la main, et ainsi leur vint le nom de toiles peintes.

Ce n'était pas là une concurrence Lien redoutable pour la compagnie des Indes, Mais un beau jour, et l'on ne sait comment, les toiles peintes devinrent si bien à la mode que les autres étoffes se virent négligées. Les industriels qui produisaient les tissus de fil et de soie se plaignirent, et un premier arrêt, daté du 28 octolire 1686, prohiba le commerce, le port et l'usage des toiles peintes, soit étrangères soit indigènes. Alors commence, entre l'Etat et le public, une lutte homérique dont la mode des demi-castors ^ avait déjà donné le spectacle.

Entre 1686 et 1716. plus de trente arrêts se succédèrent, ayant tous pour objet d'empêcher les Parisiens de porter des indiennes. Celui de juillet 1717 condamnait aux galères tout individu convaincu d'en avoir introduit en France, et même tout individu ayant donné asile à un fraudeur.

En même temps, les commis de barrières aux portes de Paris, des agents spéciaux dans la ville, avaient ordre d'arrêter les femmes vêtues d'indiennes. Pour stimuler leur zèle on leur abandonnait l'amende qui frappait les coupables.

Les jurés de certaines corporations, des tisserands, des drapiers de soie étaient autorisés à pénétrer dans les maisons, et à y saisirjusqu'aux mobiliers recouverts de toiles peintes. Des ordres d'une sévérité inouïe étaient donnés aux innombrables douaniers qui semblaient chargés de

• t'.cs dou.\ pièces .sont extraites du volume cet»' .\ 15 93tl à la hibliothèqne Mazarine.

* Dout!t-d'.\rci|, Comptes f/e l'argenlerie, p. .tOC. 3 Vov. ci-dessus l'art. Demi-castors.

nri'RIMKURS SUH l'ITOFFKS - IMI'RIMKIRS l'IN T.MLI.l': DOUCK

proléger la France contre une invasion, et le sage Forhonnais pouvait écrire sans soulever aucune prolcstaliiiii : « C'est une guerre continuelle sur iiiutes nos fronlières, qui fait périr un monde infini les armes à la main, dans les prisons, aux galères el sur réelialaucl. et cela uniquement pour vouloir forcer vingl millions (Thommes à agir contre leur penchant, au lieu de s'accommoder à ce même penchant et d'en tirer parti ' ».

Eh bien, au moment même où cette phrase était écrite, il se consommait par année en France pour seize millions de toiles peintes -. Tout le momie eu voulait et tout le monde en possédait. On en recoiUTait des nu-uliles, on en tapissait des appartements entiers; les résidences royales, étaient remplies de sièges revêtus de toile peinte, « par exemple, dans tout le château de Bellevue, il n'y avait pas un meuble qui ne fût de contrebande * ».

11 fallut bien céder. Le tfouvernement se relâcha peu à peu de sa sévérité ; on commença par tolérer les meubles, on cessa d'inquiéter les femmes vêtues d'indiennes, on renonça à brûler les marchandises cnnllsipiées dans les magasins. Kuiin, le 4 mars 17G0, un arrêt autorisa détinitivemenl « l'usage des toiles peintes fabriquées en France ».

Un jeune homme de vingt ans, Christophe Oberkamptï, ills d'un habile teinturier d'Aarau dans le canton d'Argovie, vint alors à Paris, décidé ày naturaliser l'industrie des toiles peintes. Croyant sans doute à la vieille réputation de la Bièvre, il alla s'élal)lir sur ses rives, à Jouy prés de Versailles. En même temps dessinateur, graveur , teinturier , imprimeur , il travailla d'abord presque seul, puis finit par former des ou\Tiers. Son établissement grandit avec rapidité ; quinze cents personnes y furent bieiilôt occupées, et la réputation d'Oberkamplï s'étendit jusqu'en Orient, où ses agents allèrent tenter de dérober aux Indiens le secret de leurs couleurs. On ne se servait encore pour l'impression que de p/a>wies de bois, qui fixaient sur la toile les tons principaux ; les ornements plus délicats étaient ensuite exécutés, comme autrefois, à la main par des oimibres^tp^elées peinsote-uses '. L'invention du rouleau opéra, peu de temps après, une véritable révolution dans l'art qu'Oberkampff avait importé en France, et qui y constitua une quatrième classe de teinturiers, celle des imprimeurs en toile peinte ou imprimeurs sur étoffes.

yiiy. Perfectionnements. — Travail (Réglementation du), clc, etc.

Imprimevirs lithographes. Les impressions lithographiques firent leur apparition à Paris vers 18lô, et l'ordonnance du 8 octobre 1817 assimila les imprimeurs lithographes » leurs

^ Examen des acanlages et des désatantages de la prohièition des toiles peintes, p. 76.

* Examen des atantages, etc., p. 11.

■' Grimm, Correspondance inédite, lettre du 15 octobre 17,ï5.

' Jaubcrt, Dictionnaire, t. IV, p. 263-

confrères en typographie. Les premiers ne peuvent donc figurer ici que pour mémoire.

Imprimeurs de musique. Les premières

éditions musicales sont conli-mporaines de l'invention de rimprinieric. car, dès 1494 Ulric tîering publia ù Paris un psautier avec le plainchant noté.

Les moines continuèrent, pendant longtemps encore, à écrire eux-mêmes leur musi([ue, et l'emploi des livres de plain-chant manuscrit ne cesse guère jusqu'à la fin du dix -huitième siècle.

La musique profane n'était guère mieux servie. Le libraire Pierre .\tfcignant fut, croit-on, le preiuier ([ui ait eu ù l^aris une imprimerie musicale. 11 donna, en 1,'>27, un recueil de chansons, imprimé avec les caractères mobiles que venait d'inventer Pierre Hautin.

Adrien Leroy et Robert Ballard obtinrent de Henri IL en 15."}2, le titre d'imprimeurs du roi pour la musitpie. Ils se servaient des caractères inventés par (inillaume Lebé '.

Pendant plus de deux siècles - , la famille Ballard resta en possession du titre ([ue lui avait accordé Henri II ; elle y joignit même celui de nofeur de la cliapelle du roi ■''.

Pour l'impression de la musique en faille douce ', il n'v avait à Paris qu'un seul imprimeur en 1779 •'.

Imprimeurs en taiUe douce. Le premier livre imprimé qui soit orné de gravwes en taille douce est le // iiionte sunto di Dio, traité mystique d'Antonio Bettini, qui tut publié à Sienne en 1477 ^ .

Les imprimeurs en taille douce restèrent longtemps indépendants. Constitués en communauté le 17 févTier 1692, ils reçurent leurs premiers statuts en mai 1694. Je lis dans les lettres patentes données à cette occasion que l'apprentissage était fixé à quatre ans. suivis de deux ans de compagnonnage ; mais les fils de maître étaient dispensés de l'un et de l'autre. Nul ne pouvait s'établir en dehors des limites de l'Université. Ils avaient le droit d'imprimer « en ligures dites de taille douce sur toutes sortes de graveures, de planches de cuivTe et autres métaux frappés, et sur tout papier, toile, satin, peaux, vélin et généralement tout ce qui dépend de la taille douce, faille d'épargne, claire, obscure, etc. ». La communauté, administrée par deux syndics, était placée sous le patronage de saint Jean l'évangéliste.

A la fin du dix-huitième siècle, le nombre des maîtres était d'environ 43. On signale parmi

' P. -S. Fournicr, dit Fouraier le jeune, Traité historique sur l'origine et les progrès des caractères de fonte pour l'impression de la musique, 1765, in-4°.

* ^ oy, .\.-M. I,()(lin, Catalogue chronologique des libraires, etc., 2" partie, p. 5.

3 Voy. ci-dessous cet article.

* V03'. l'art. Graveurs de musique.

5 Hurlant et Magny, Dictionnaire de Paris, 1. 1, p. 317. •> Ed. Rouvevre, Miscellanées bibliographiques, 2' partie, p. 153.

IMI'RIMEURS KN TAILLE DOUCl'; — LNNOVATIONS

les plus « renommés », le sieur Molien, établi rue Zacharie. et le sieur Paille! . rue delà Pelle-

InciseurS. Chirurgiens qui allaient de villag'e en village offrir Jeurs services. Dès le quatorzième siècle, on les rencontre parcouranl les provinces, cheminant un bâton à la main par monts et par vaux, narguant les chirurgiens qu'ils qualifient d'ignorants et, non sans raison, de poltrons. Eux, les %Tais précurseurs de nos chirurgiens actuels, rien ne les effraye, rien ne les étonne, rien ne les arrête. Le sac au dos. sac qui contient leur léger bagage et quelques grossiers instruments, ils tendent une main secourable à tous ceux qui souffrent. Le besoin de vivre est leur seul mobile et la hardiesse leur seul guide. Ils réduisent les hernies, abaissent les cataractes, exfrayent les pierres de la vessie, châtrent les animaux et les hommes, appliquent le trépan, incisent les fistules. Ils osent tout, et le succès vient souvent couronner leur audace.

Les chirurgiens traitaient les inciseurs comme eux-mêmes étaient traités par les médecins, se vengeaient sur eux des affronts que leur infligeait la Faculté. Dans l'un et l'autre cas, le suzerain était fort inférieur au vassal. Par la science pratique et par les services rendus, les inciseurs, les lithotomistes surtout, l'emportaient au seizième siècle sur les chirurgiens à peu près autant que ces derniers sur les médecins.

Ils n'en avaient pas moins rédigé de très humiliants statuts, que les inciseurs devaient jurer d'observer le jour où ils recevaient d'eux la licence d'exercer. Lithotomistes, herniaires, oculistes et dentistes prenaient donc l'engagement « de se vêtir avec décence, sans bigarrure ni rien qui ressente le charlatan * ». De n'aller « point annoncer leur talent dans les rues, les places publiques, les marchés, les foires, soit de vive voix, soit par des affiches ». De se renfermer dans leur spécialité. De n'entreprendre aucune opération sans être assisté d'un chirurgien. Cehiici se bornait au rôle de témoin, regardait, les bras croisés, et avant de partir tendait la main à l'inciseur qui devait lui verser une somme de treize blancs, destinée à la confrérie de Saint- Côme.

Voy. Chirurgiens. — Herniaires. — Lithotomistes. — Opérateurs.

Indienneurs. Fabricants d'indiennes. Au début du dix-huitième siècle, le mot indienne signifiait une « robe de cliambre pour hommes ou pour femmes, faite de ces toiles de colon peintes de diverses couleurs et figures, qui viennent des Indes orientales ». On appelai! aussi ■' tiidicnnes les toiles mêmes dont ces robes de chandiressont faites, soient q\i'elles ayent été fabriquées et

^ Aliiinnarli Dnujihin jiour 1777.

2 .Ttiivihuiil quoil iioiifstc induentur, non vorsicolortvs ncc aii ciiTutaloriini liixum coniposili. » SInluls îles ckiriirjiieiis, jii'l. 41. (^lU'snay dans ses Orlifinrs île In rhinirijie. \<. :\W l'I IS7, donni' un tfxlr Iulin el un Irxl'' iVanrais.

peintes aux Indes, soit qu'elles ayenl été imitées et fabriquées en Europe * ».

\'oy. Imprimeurs sur étoffes.

Indigotiers. Ouvriers qui travaillaient ù la préparation de l'indigo. Au treizième siècle le bleu di^ ciel, l'azur étaient dits inde ou ynde. Le bleu foncé était fourni par la guède ou pastel.

Voy. Couleurs (Marchands de).

Indulgences (.Semai.ne des). Voy. Fe-

Inflrmiers. Ce sont ceux ((ui. dans les hôpitaux, « son! préposés à la garde et au soulagement des malades, et que le peuple nomme trivialement gardes-malades * ».

Dans les couvents, l'office d'infirmier était un bénéfice claustral, comme les offices de clianibrier. de prieur, d'aumônier, etc.

Ingénieurs. Ce sont , écrivait l'abbé Jauljert vers 1770, « les officiers chargés de la fortification et des travaux, de l'attaque et de la défense des places. Ils vont reconnoitre la place qu'on veut attaquer, en désignent l'endroit le plus foible, tracent les tranchées, les lignes de circonvallalion, les galeries, conduisent les travaux jusqu'au pied de la muraille, marquent aux travailleurs l'ouvrage ([u'ils doivent faire, etc. ^ ».

Vauban constitua en un corps spécial les ingénieurs civils et militaires (l()87j. et une école du génie fut créée à Mézières en 1748.

Vers la fin du dix-huitième siècle, on divisait les ingénieurs en six classes : ingénieurs de places fortes ; ingénieurs de places maritimes ; ingénieurs de la marine ; ingénieurs de campagne ; ingénieurs géographes ; ingénieurs des ponts et chaussées.

Les faiseurs d'instruments de mathématiques prenaient aussi le litre d'ingénieurs.

Ing-énieurs g-éographes. \oy.

graphes.

Géo-

Ingénieurs hydrauliques. « Ce sont

ceux qui. par leur science, trouvi'iil les nu)yens les plus courts pour élever les eaux à des hauteurs excessives, par les mouvemens les moins compli(piés et les plus doux ». (]eci était écrit vers 1760, et le nombre des ingénieurs hydrauliques était encore fort restreint. On citait surtout le sieur Lambot, qui se disait « directeur de la machine du pont Notre-Dame ».

Ingénieurs des manufactures. Voy.

Inspecteurs.

Innovations. \'".\ .

mentation du .

Travail Régle-

• Savary, Oietiotuiat're fin eommerce (1723). t. II. p. -lan.

- Jaiibii'l, Dirtioniiaire, I. II, |i. Ô'M. 3 DiclluHiiairf, I. Il, p. Wi\.

INSECTICIDES — INSPECTEURS

Insecticides (Fabricants d'). Albert de BiiUsIadt ', ([iii écrivait au treizième siècle, indique plusieurs procédés pour se déli\Ter des pui-es. 11 conseille, par exemple, de laver les murailles avec une décoction de coloquinte, d'enduire les meidiles avec de la graisse de liérisson, etc., etc. -

L'auteur du Menaiiier de Paris, ouvrafje ciiuiposé vers i;j93 par un riche Lourg;eois pour l'iiisIruclioM <le sa jeune femme, lui enseijjne (pi'il existe au moins six manières de détruire les puces. Il les lui recommande instamment, car, dit-il, en préserver son mari doit cousliluer une des sérieuses préoctHipations il'une tendre épouse : « Et pour ce. je vous prie ([ue le marv ([ue vous arez ', vous le veuillez ainsi ensorceller, et le paniez de maison nuiucouverte * et de cheminée fumeuse ; et ne luv sovez pas rioteuse '. mais doulce, ainialile et paisible. (îardez en vver qu'il ait bon feu sans fumée, et entre vos mamelles bien concilié, bien couvert. Et en esté, gardez que en vostre chambre ne en vostre lit n'ait nulles puces, ce que vous pouvez faire en six manières... * ».

Au seizième siècle, le Traicté nouveau,, intitulé bastimeiit (Je rcceptes ' fournit, avec d'intéressants détails, cinq procédés infaillibles :

« Pour faire que les punaises ne te nuysent point la nuit ;

". Pour faire im oijrneuieni qui tue les punaises en la couche ou couciietle ;

•i Pour faire qu'il n'y a\e nidles pusses en une chambre ;

« Pour faire un onguent qui tue les punaises ou mortzpions ;

« Pour tuer les poulz et les lentes ».

On préconisait surtout la peau du loup. « Elle est, écrit Jacques du Fouilloux. propre à faire numteaux et fourrures, à fin d'estre préservé de poux, punaises et autres vermines, qui fuvent la peau du loup comme le feu * ».

Les chats du seizième siècle avaient-ils des puces? Il y a lieu de le croire. Mais ce que des documents irréfutables permettent d'affirmer, c'est que les Chartreux étaient exempts de punaises dans leurs cellules : fait très rare chez des religieux qui ne portaient point de linge, couchaient tout habillés, changeaient fort rarement de vêtements et conservaient pendant vingt ans la même paillasse. Quelle est l'origine de cet inappréciable pri\-ilège '? La question a été fort discutée et elle en valait la peine. Le Père du Breul assure qu'il y faut voir une prérogative toute spéciale accordée à l'ordre des Chartreux par le Très-Haut. Cardan n'en veut rien croire, et soutient que l'absence des punaises est due à ce que ces reli-

' Atbert lo Grand, î Optra, t. VI, p. 6fi0.

^ Lautpur suppose toujours que sa fcmmc, beaucoup plus jeune que lui, se remariera.

* Mal couverte.

^ (Querelleuse.

•> Tome I, p. 171 ■ Paris, lôao, in-3a.

!• Trailê lie ta eéiierie, édit. de 1585, p. 113.

gieux ne mangeaient jamais de viande. .Scaliger et Vossius reprennent aigrement (]ardan : pour eux, il n'y a là ni privilège ni mystère ; si, disent-ils. les {Chartreux ne connaissent pas les pimaises, c'est (pie. sans doute, ils sont moins malpropres (pie les autres moines '.

Tout demi-dieu ([u'il était, Louis Xï\ avait souvent son sommeil troublé par n-s vilains insectes *. C'est peut-être ce cpii expli(|iie pouniuoi il accorda un jour au duc de Bouillon un brevet pour la vente de sachets contre la vermine •*.

.\ la fin du dix-huitième siècle encore, le thlaspi était regardé comme un si'ir préservatif des punaises '. L'on préconisait aussi l'emploi de « soufflets, à l'usage des laboureurs, ijoiir détruire les rats, souris, loirs, nuihits et autres insectes ■'' ».

Inspecteurs- contrôleurs - visiteurs marqueurs de toutes sortes de bas.

(Juali-c-viugls offices créés parédil de mars IH)H. Au titre ([ue je reproduis ci-dessus et qui est celui de l'édit, le texte ajoute : «... de bas et autres ouvTages de soye, poil, fil, laine, eolton, castor, ségovie, estâmes ou drapez et autres matières qui se font au niestier ».

Quand parut cet édil il y avait lui siècle et demi ([ue tout hoiiiine élégant devait porter des bas de soie. La couleur seule variait, (jn eut, un moment, la passion du vert sous Henri HI. On préféra le rouge sous son successeur. Durant la domination de Richelieu, le rouge, le vert, le noir et le bleu régnèrent simultanément. Sous Louis XIII, on voit cité souvent le ôas à botte; celui-là se chaussait sur les bas ordinaires, et était terminé par un fouillis de dentelles qui garnissait le haut des bottes. On le nommait aussi bas à e'trier, parce qu'il était retenu seulement par une languette d'étoffe passée sous le pied.

Mais tant de luxe n'était point fait pour les lourdauds de la province, où l'on n'avait pas encore renoncé aux chaus,ses de drap *.

Sous Louis XIV, on s'engoua des bas couverts de dessins en couleurs : « Il faut, disait le Meraire galant, que les dames qui porteront de ces bas de soye figurez soient résolues à faire voir leurs jambes, car sans cela il leur seroit inutile de porter de pareils bas ' ». Mais il en avait été ainsi à peu près de tout temps. Durant le quinzième et le seizième siècles, les femmes ne cachaient nullement leurs jambes ' ; elles ne songeaient pas davantage à les dissimuler au début du dix-huitième, moment où les bas étaient brodés d'or et de soie depuis la cheville jusqu'au milieu du mollet.

* J.-B. Ttiiers, Traité ttes superstitions, t. I, p. 362. - Journal lie la santé tie Louis XIV, p. 320.

3 Correspondance ailtniniitralite sous Louis XIV. I. lit, p. LIV.

* Almanarli Dauphin pour 1777, supplément, p. 3;?. — L'auteur t'cril thiarpi ehampètre.

5 Altnanath Dauphin pour 1777 , supplément, p. 43 '' ^oy. Srarron, I,r ronuin comique, t. II, p. 72. " .\niu'e l(i73, t. III, p. 28U.

* \'oj-. ei-ile.ssous l'art. Jarretières (Faiseurs de).

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