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DEPUIS LE TREIZIÈME SIÈCLE

Laboriers. Vov. Labourettrs.

Laboureurs. L'ordonniuui' de janvier 13.')1 les luiinme « lalmureiix île houe ou de besche ' ». On trouve encore lit/joriers, /aôoiiritrs, laboureii.x, chiirnaers, gaigneum, gaiiynirs, etc., etc.

On nommait journal la quantité de terrain qu'une charrue pouvait labourer en un jour. Au.\ environs de Paris, cette mesure représentait environ 32 ares 8 centiares -.

L'â/iée représentait environ 296 ares. On la nommait ainsi soit parce qu'elle indiquait la superticie qu'un âne pouvait labourer en un an. soit parce qu'il fallait la chargée d'un àne pour l'ensemencer.

Labovireurs. Nom parfois donné au.\ tonneliers. On appelait labourage l'opération qui consistait à décharger, à enlever des bateaux qui les avait amenés les vins, cidres, etc.

^'oy. Tonneliers.

LabotireuTs de vig-nes. Ils sont mentionnés dans l'ordonnance de janvier 13.j1, qui veut qu'ils fassent « leur journée loyaument, de soleil levant jusques à soleil couchant ^ >>.

Knjuin 14f)7. ils représentèrent au roi ([ue, comme il n'était fait nul \< regard sur le labourage et façon des vignes, ont esté faictes et commises plusieurs faultes et abuz en diverses manières, dont se sont ensuj'es * maintes pertes

' .-article 171.

' Guêiaid,/'t;(y/(/yy»frf/r«/«o/i, prolégomènes, p 171

•1 .\rlicle 164.

1 Uonl uni ré.sultë.

et dommaiges, perdicion de vignes et des fruits d'icelles, etaultrement en plusieurs manières au préjudice et lésion de la cliose publique ». Ils obtinrent le droit d'élire chaque année c[uatre jurés qui « auront puissance de visiter les vignes de tout le vignoble d'entour la ville de Paris, rapporteront à justice les faultes et malfa'çons qu'ilz trouveront avoir esté faictes en icelles. . . * ».

Laboureux. Nom que l'ordonnance de janvier 13.51 donne aux laboureurs.

Labouriers. Voy. Labovireurs.

Laceors. Voy. Laceiirs.

Laceresses. Voy. Lacières.

Laceurs. Faiseurs de filets pour la cliasse et pour la pèche.

Laceurs de fil et de soie. Ils confectionnaient des lacs ou cordons, des franges, des rubans destinés soit à flotter sur les liarnais, soit à fixer les sceaux de cire sur les chartes, soit à suspendre au côté une aumônière, etc., etc.

Ils soumirent, vers 1268, d'assez intéressants statuts au prévôt de Paris-. On y voit que le métier était libre. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti ; cependant, si le mari associait sa femme à ses travaux, « se li sires et la famé faisoient le mestier ^>, il lui était permis d'en prendre un second. La durée de l'apprentissage était fixée à six ans pour

' Oriloan. royales, t. XVI, p. 631.

- I.icre lies métiers, titre XXXIV.

LACl^ruS DI'! FIL l'IT Dl'] SOI].; — LAITIERS

rciifiuil qui fciiirnissait une somme do ([Urirante sons, et (If huil ans pour celui qui ne [layait rien. Le travail n la hnnière était init-rdit. « pour ce que la clartez de la chandoille ne souffist niic à leur niestier ». Celui-ci était sous la surveillance de deux jurés, élus parla communauté, mais que « li prevoz de Paris met et oste à son plaisir ».

Je ne crois pas qu'il faille identifier ce métier avec celui îles lacii^res ou lurn'esses (jui; citent les Tailles de 12'J2, île 1300 et r/g 131:}.

Au reste, les laceurs du Lirre dfs mrtiers ne conservèrent pas ce nom pendant lon^'^temps. Dès la fin du siècle, ils deviennent fraiitjersdoreloliers. Ils se fondirent plus lard dans la corporation des tissutiers-ruin/iiers.

On trouve laceors, Inicenrs, laqueurs, lusseurs, etc., etc.

Yoy. Lacières.

Lacières. La Taillf ilc 12'J? cite six l'icit'irs ou liiceressfs ; on en trouve une dans la Tuille de 1300 et trois dans celle d.- 1313. M. Geraud ' pense que l'on désignait ainsi des « faiseuses de lacets à l'usage des femmes ». On sait, en effet, que, même avant le treizième siècle, les cottes et les bliauds des hommes aussi bien ([ue ceux des femmes étaient lacés comme le furent plus tard les corsets ^.

Faut-il identifier ce métier avec celui des i.ACEURS du Lirre r/w >«(V;>r.v'? C'est une question fort difficile à résoudre •'.

Presque tous les lacets ([u"euiplo\ail la France au dix-huitième siècle étaient faits dans la petite ville de Monthard en Bourgogne.

Lacre (Fabricants de). Yo y. Cire à cacheter.

Laiceurs. N oy. Laceurs.

Laiettiers. Voy. Layetiers.

Laine (Cdmmkrce de i.aj. ^'oy. Arçonneurs. — Bayette. — Bouracaniers. — Caclie-nez. — Cardeurs. — Cardiers. — Chardonniers. — Courtiers. — Draperie. — Droguetiers. — Éplucheuses. — Étaminiers. — Pileuses. — Laine (Marchands de). — Laineurs. — Limestriers . — MoHetonniers . — Fei gneuses. — Sayetteurs. — Sergiers. — Tapissiers. — Teinturiers. — Tiretainiers, etc.

Laine (Marchands de). Les la/iiers. qui apportaient à Paris de la laine lavée et filée *, ne furent jamais constitués en communauté.

Au moyen âge , des soins intelligents entouraient déjà l'élève de.s hêtes à laine, et les cultivateurs decette épo(iue n'étaient guère moins avancés que les nôtres. Ainsi, l'expérience leur

I Ports sous Philippe-le-llfl, p. 517. S Voy. VioUot-le-Dur, Dieliiniiiaire p. 70 et suiv.

■' Voy. lu ri. Laceurs.

i Litre des métiers, deuxièini' pm-lit', lilios 1

y« mntii/ier, I. l\ ,

Il XX.V.

avait fait reconnaître la valeur culinaire des moutons nourris au bord <le la mer, sur la côte orientale du Cotent in. Dès le onzième siècle, la réputation du pré-salé était bien établie, et Robert, archevècpie de Rouen entre 98U et 1037, possédait à Varreville des troupeaux dont il appréciait très bien les mérites.

Relativement aux qualités de la laine, la supériorité de diverses races étrangères avait aussi été constatée de fort bonne heure, et l'importance prise par nos fabriques de drap permettait l'introduction en France d'animaux tirés à g-rands frais de pays lointains '. La Normandie, la Picardie, la Chanqjagne, le Berry, le Roussillon et le Languedoc envoyaient déjà à Paris de bonnes laines, mais les plus estimées étaient celles qui venaient de l'Ecosse, de l'Irlande, de la Flandre et surtout de l'Espagne et de l'Angleterre. La vente avait lieu dans une halle spéciale, ouverte au commerce le same<li seulement pour les forains; les ballots arrivés durant la semaine y étaient déposés, et ne pouvaient être l'objet d'un trafic (jne le samedi suivant. Les places de ce marché étaient tirées au sort chaque année le jour de sainte Madeleine -.

La Taille de 129-2 cite V.i laniers, celle de 1300 en mentionne 34. Dans la suite, le mot lanier se changea en /«('«m-, et il finit par désigner presque exclusivement « les marchands qui vendent en écheveaux et à la livre les laines qu'on employé aux tapisseries, franges et autres ouvrages ' ».

LaineviTS. Oumers qui frottaient les draps avec le chanhm pour en tirer le poil à la surface et le rendre pelu, lui donner son aspect laineux. Ils appartenaient à la communauté des foulons et on les trouve nommés nplai(piev.rs,. emplaigneurs. épliiiqneurs. Inneev.rs. pareurs de drap, etc. La Tuille de 1300 en indi<]ue ."i. celle de 1202 n'en mentionne ([ue 2, mais dans cette dernière figurent en outre 2 chardonniers, qui étaient soit des laineurs. soit des gens occupés à recueillir les chardons.

Lainiers. Marchands de laine.

Laitiers. La Taille de 1292 cite huit leitiers ou leilières. et Guillaume de la Ville Neuve, poète contemporain, nous apprend qu'on. criait déjà du lait dans les rues de Paris :

.\ii lait, commère, ça, voisine! '

11 en était de même au seizième siècle, comme le prouve ce quatrain extrait des Cent et sept cris que l'on crie journellement à Paris, pièce composée en 17)4.") par un sieur Antoine Truquet, ((ui se qualifiait de « painctre » :

.Vu matin pour commenooment Jt." t*rif (lu iairl pour It-s nourrie*:*, Pour nourrir 1rs pctis fufans Disant ; Ça lost le pot. nourri--'' !

' \ ov. L. Delisle, Étui.'e sur la coiÊi/itloH île la classe (igrirule en .Vormandie au moyeH âge, p. 239.

- \'ov. G. Kaf^uiez, Ktiitles sur iiu'Iustrie. p. ■' Savaiy, Dirliniinaire, t. II, p. 173. * Les erieries île Paris,

ail ri

LAITIERS — LAMINEURS

Au siècle suivant, le lait de chèwe et surtout le lait d'àiiesse furi'nt fort en iionncur. (rui Patin considérait cf (ter:iii-r presqui' coimue une panacée. Dans une Icllrc du 8 avril I(5()4. il raconte que sa belle-niére, morte à 84 ans d'une apoplexie, avait pris, (iO ans durant, du lait d'ilnesse. Il cite encore, parmi les perscuines de sa connaissance qui devaient la vie à cet alinu'nt. la mère d'un conseiller et la veuve de l'anatomisle Dulaurens ; la première a, dit-il, vécu jus([u'ii 87 ans, la seconde jusqu'à 85. Il ajoute : « Nous avons de très lion lait a l'enlourde Paris ' » ; aux environs du Temple, dit, de son c6té, le Lirre commode pmir 1692 '.

Le commissaire Delamarre écrivait vers 1710: « Paris tire ses provisions de lait des villaj^es (]ui l'environnent dans la distance d'environ deux lieues. Plusieurs feunues, comme l'on s(;ait, l'y apportent tous les matins, le crient dans les rues ou l'exposent en vente sur une petite place proche Saint-Jacques de la Botu-herie, que l'on nomme pour cette raison la Pin-rr-nu-Luit '. Quelques autres femmes, en très petit nombre, en déiiilenl aussi dans leurs liouticjues, qu'elles achètent de ces laitières de la campagne, principalement en été ' ».

Mais on redoutait déjà les falsifications. M. b' docteur Cabanes a publié une ordonnance d'avril 174'2, dans laquelle il nous révèle que les laitières ne se contentaient pas de « tromper le public sur les mesures, qu'elles altéraient encore la qualité, soit en y mêlant de l'eau et de la farine, soit en ôtant la crème ; que souvent même elles en vendaient qui était aigre ou tourné ; que cet aliment destiné principalenu'ut à la nourriture <les enfants, et qui fait aussi une ressource pour les pau\Tes et pour les malades, deviendrait une substance presque inutile, et uième dangereuse pour la santé, s'il n'était remédié aux mauvaises pratiques de ceux qui en font le débit ».

On se plaignait aussi que les laitières fis.sent usage de récipients en cuivTe. Mais, depuis des siècles, les filles de ce métier recevaient précisément en dot de beaux vases de cuivre destinés à leur commerce, ce qui rendait le changement d'habitude fort difficile. Ces ustensiles furent pourtant prohibés par une Déclaration de 1777 ^.

Vers la fin du dix-huitième siècle, on eut l'idée de créer à Paris une vacherie Suisse, qui fut installée aux Champs-Elysées. Les vaches s'aperçurent bientôt qu'elles ne vivaient plus au milieu des pâturages helvétiques : elles cessèrent de donner du lait, et furent li\Tées au boucher *.

.\ la même date. Sébastien Mercier traçait un as-sez intéressant portrait deslaitièresde son temps : « Les laitières arrivent le matin, jettent leur cri accoutumé et perçant : La laidère ! allons ! vite ! .\ussit(^t. les petites filles à moitié habillées, en

< Tom.' III, p. 462.

! Tomo II, p. 72.

■• Sur la Piem-au-lAiil, voy Jaillot, Recherchts sur Pans, quartier Saint-Jacc]ups la Houdierie, p. 38. et le il'Mfitr ^f Paris, t. I, p. I.XX.W. el t. II. p. 113.

* Triiilé lie In police, t. Il, p. 1447.

S Eiirijelapétlie mtlkniliquc, jmispniilenco. t. X, p. 37«.

•• ••> Morcier, TabUim île Paris, I. W, p. 289.

pantoufles, les cheveux épars s'empressent de descendre leur (|ualrième étage ; et chacune de prendre pour deux ou trois liards de lait. Si les laitières nuinqunienl d'arriver à l'heure, ce seroit une faniini^ dans les déjeunes féminins. A neuf heures, tout le lait aqueux est distribué... Ces laitières en cotte rouge, basanées et le plus souvent ridées ne ressemblent pas à celles que Greuze a dessinées... Je ne vois plus personne à Paris déjeuner avec un verre dé vin ' ».

Une autre esquisse, qui se rapproche un peu plus de celles qu'a dessinées (irenze, nous est fournie par Rétif de la Bretonne. La V.i'l'' nouvelle de ses Contemporaines débute aiiisi : « Suzon. la petite laitière, venait tous les jours avec un petit cheval bai-brun, fort joliment arrangé, par la rue du faubourg Saint-Honoré jusqu'à la place Vendôme, qu'elle ne passait jamais. Elle avait un juste de poulangis gris-blanc, un jupon de moëlleton à raies rouges et blanches, une capote de baracan brun, une croix d'or, des bas de laine toujours propres et des sabots en hiver * ».

Le lait d'ànesse. après s'être vu fort négligé avait été de nouveau préconisé par la Faculté, mais surtout connue reconstituant. « Il est. écrit encore Mercier, recommandé plus que jamais par tous les médecins. Il répare les tempéramens afTaiblis par l'incontinence et la débauche. Dans les faubourgs, il est des troupeaux d'ànesses, et l'on mène chaque matin la nourrice à l'hôtel du monsieur dont la poitrine est délabrée ' >>.

Lamaneurs. Voy. Avaleurs de nefs.

Lambrisseurs. Faiseurs de lambris. Au treizième siècle, ils appartenaient à la communauté des charpentiers et obéissaient aux mêmes statuts *. Les lambris jouaient un grand rôle dans la décoration des maisons au moyen-âge ^. On lit ilans le Compte des dépenses faites par Charles V au château du Louvre que les murs de plusieurs pièces étaient « lambroissiés de bois d'Irlande tout autour par dedens * ». Ce travail, exécuté en i:j(57, avait été confié à deux ^k<-/;(V)-s, ce qui prouve qu'à cette date les lambrisseurs leur étaient déjà réunis.

Le Livre des métiers les nomme lambroisseurs, et l'on trouve aussi chami/rilleurs, du vieux mot français chamhrillis qui signifiait lambris.

Voy. Huchiers et Menuisiers.

Lambroisseurs. Voy. Lambrisseurs.

Lamiers. Ouvriers qui préparaient les lames d'or et d'argent, dont se servaient lestlrapiers de soie, et les lames de bois employées par les rubaniers, les gaziers, etc.

Lamineurs. Une manufacture de plombs laminés fut établie en 17"29 au faubourg Saint-

1 S. Mercier, Tableau de Paris, t. VIT, p. 269.

* La petite laitière, dans le t. XXII, p. 423. 3 Tttoteau fie Paris, t. \'I, p. 43.

* Lirre ries métiers, titre XL\ II.

5 \'oy. \'iollel-le-Duc, Dictionnaire /l areiileeture, I. VI,- p. 154.

s Par Le Roux Hc Lincy, p. 28.

LAMINEURS — LANCIERS

Antoine. En 1730, elle fil venir d'Angleterre deux liiniinoirs très perfectionnés qui y étaient en nsiv^f depuis vin>^l-quatre ans '.

Lampiers. Voj. Lampistes.

Lampistes. Les lampes primitives sont assez exactement représentées par nos veilleuses actuelles : un godet rempli d'eau, puis une couche d'huile sur laquelle flotte une petite mèche. Mais vers le treizième siècle, un perfectionnement s'opéra dans l'éclairage. Le godet s'auirmenla de becs saillants destinés à recevoir une ou plusieurs mèches qui les déiiordaient un peu, et dont l'autre extrémité plongeait dans l'huile. Un second récipient, plus petit et que l'on pouvait facilement enlever pour le vider, pendait au-dessous du premier : c'est là que glissaient les gouttelettes coulées de la mèche. Ces lampes, souvent accrochées au plafond, étaient munies d'une chaîne, d'une crémaillère, ou même d'un contre-poids comme les suspensions de nos salles à manger. Pour former la mèche, on utilisait la moelle d'une espèce particulière de jonc, et les petits marchands qui parcouraient les rues en offraient aux ménagères :

Clianiloile de colon, cliandoile,

Qui plus art cler que nute estoile ^ !

J'ai jonc j)ai*ê pur mettre en lampes -* 1

Dans les églises ou lors des grandes cérémonies civiles, si l'on voulait obtenir une éblouissante clarté, on faisait alterner un certain nombre de ces godets avec des chandelles de suif ou de cire sur un cercle de métal. On créait ainsi ce que nous nommons un lustre, et ce que nos pères nommaient une couronne dg Inmicre, un lampier, \\n lampesier, une roue, un chandelier-pendant ou un plateau.

Tout cela ne vaut pas précisément l'éclairage électrique; et, fait étrange, ces lampions, dont la fumée noire et épaisse répandait une odeur infecte, ne subirent presque aucune modification jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. Aussi ne se servit-on guère jusque-là que de chandelles ou de bougies, même pour les travaux les plus délicats.

Parmi les perfectionnements qui furent tentés vers la fin du siècle, il faut mentionner d'abord les lampes optiques de Rabiqueau, qui datent de 1757. Deux lampes semblables suffisaient pour éclairer un billard, « sans interruption pour moucher, dit le prospectus, ce qui est fort gracieux pour les joueurs ». On pourrait citer encore les lampes hydrostatiques, inventées par Leclerc en 1787 ; les lampes économiques du marquis d'Arlande ; les lampes astrales ; les lampes à couronne, qui fournirent une longue carrière, etc., etc.

Les plus anciens statuts, des lampiers datent du quatorzième siècle, et ils furent alors ajoutés

• \'ov. liemond, Mémoire sur te taminnge du ptnmb, Paris, l"7.Sl, in-l°.

* Qui lionne plus de clarté qu'une étoile.

'i Les crieries de Paris, par Guillaume de la Ville Neuve.

au Liore des métiers d'Etienne Boileau '. On y lit que le métier était libre, que le Travail à la lumière était interdit, « se ce n'est pour fondre >. et que les lampiers fabriquaient des lampes et des chandeliers de cuivre. C'étaient donc, en réalité, plutôt des fondeurs que des lampistes dans le sens actuel de ce mot.

La Taille de i202 cite 5 lampiers, celle de 1300 en mentionne 6.

Lanciers. Faljricants de lances. L'ordonnance dite de> Bannières -, nonmie ainsi un corps (létal qui ne tarda pas à se fondre dans la communauté des f'ourbisseurs.

La lance était l'arme distinclive des chevaliers. Quand Charles VII entreprit de donner à la cavalerie une organisation permanente, il en fixa l'effeclifà 1500 lances. Chaque compagnie était commandée par un capitaine, qui avait sous ses ordres 100 lances. Une lance ^ comprenait six personnes : le chevalier revêtu d'une armure complète, son page, trois archers et un coustilier *. La solde était fournie par les villes, bourgs et villages, trop heureux d'être déli\Tés à ce prix des pilleries et des vexations que leur faisait subir la cavalerie irrégulière ^.

Les lances étaient ordinairement faites de frêne ou de charme, d'où les noms de fraisnin et de charmin qu'on leur donne parfois. Elles atteignirent, au quatorzième siècle, jusqu'à cinq mètres de longueur. On les raccourcit beaucoup après les désastres de Poitiers et d'Azincourt, quand les gentilshommes, instruits par une expérience chèrement acquise, comprirent la nécessité de pouvoir au besoin combattre à pied. Un crochet de fer appelé faucre. qui était lixé à la cuirasse, aidait le chevalier à supporter l'énorme poids de ce bois lorsqu'il chargeait, la lance en arrêt sous l'aisseUe. Le faucre arrêtait aussi le mouvement de recul que le choc imprimait à l'arme. Dans la même intention, on munit les lances, d'abord de hi grappe, (piadruple collier de biUeltes d'acier qui amortissait le coup sur le gantelet, puis de grandes rondelles ou gardes en forme d'entonnoir tri's évasé, qui garantissaient le bras du chevalier et ajoutaient à sa force.

L'invention des armes à longue portée diminua l'importance de la lance. Montluc s'en plaint, et prétend que, de son temps, hommes et chevaux étaient déjà trop dégénérés pour que l'on pût continuera se servir d'un engin si pesant, et dont l'apprentissage était aussi long cpie diflicile ''.

f Titre XLV

! .Juin I lti7, Onloiin. royales, I, XV], p. 672.

3 On disait liDirr qurtiie uu fournie.

4 .Mémoire.'! de Mathieu île (loucy, é<lit. Godefroy, p. 543. " "

^ \oy. Leflre^ fie Chartes Y/I pour obtirr aux pilleries ri rexntiotts lies gens de guerre, 2 novembre 113'.), dans les Ihdonn. royales, t. XIII, p. 3(>ti.

'• « Nous perlions fort l'usapfe de njs lances, M>it à faute de bons chevau.\. dont il .semble i|ue la race .se perde, ou pour n'y estre pas si (>ro|>res que nos prédécesseurs ». {.Mémoires de .Moatlar, và\i. Michaud. p. 3US, — \'oV- aussi le 1'. Daniel, La milice française, I. I, p. 43l).

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