LANDIT — LANTERNE MAGIQUE
Landit (Foire du). \ ov. Lendit.
Laneeurs. Vov. ijaineurs.
Lang-ayeurs. Langoyeurs. Lan pruayeurs. Lang-ueieurs. Vov. Langueyeurs.
LangTies (Maîtres de). J.-C. Nemeitz «'•criviiil l'ii 1718, dans le ^iiidi' à Paris qu'il rédiy;oa ù rusa}jjt> des jeunes alleiiiauds : « Les seieiiees qu'au lioiunie de (|ualilé doit apprendre ù Paris sonl la laiij;ue rraiii;oisi>, les iiiatliéinaliques et le dessin. Quelles ([ue soient la facilité, la pureté avec lesquelles on croie, hors de France, parler le françois, on éprouvera en y arrivant une jjfrande désillusion. Dans le pays seulement, on peut apprendre l'accent, et encore n'y parvienton qu'après beaucoup de peine et de temps... On doit donc, aussilôl arrivé, prendre un maître de lanyrues qui ait l'accent délicat et qui sache écrire pronipleinent une lettre... Ku trois ou (piatre mois. Ton peut réaliserdei^rands progrès. Km jjéiiéral. les Framjois ne sont pas d'humeur à se moquer d'un étranger i[ui ne s'énonce pas correctement: ils prennent, au contraire, la peine de corrijrer ses défauts de la manière du monde la plus oblii^eante, pour [leu (|u'ils le connoissent ' ».
Suivaid J.-P. Marana -. les langues que l'on apprenait li- plus en France à la fin du dix-septième siècle étaient l'italien et l'espagnol ; les dames s'y adonnaient plus que les hommes.
Eu 1777. on recommandait surtout comme professeur aux étrangers le sieur Carpentier. rue Mauconseil, qui enseignait la langue française, l'orthographe et l'histoire. Le sieur \ erdier, quai Saint -Bernard, se chargeait d' « enseigner, en moins de dix-huit mois, les langues françoise, latine et autres langues étrangères ». Pour l'anglais, on s'adressait avec conliance au sieur Berry. rue Saint-Germain l'Auxerrois, qui donnait « des leçons d' cette langue en ville ou chez lui ». L'italien et l'espagnol étaient enseignés par le sieur Palomha, rue Sainte-Hyacinthe ; l'allemand par le sieur Junker, rue Saint-Benoit ; l'hébreu par l'abbé Garnier, place Cambrai, etc. ••
La plupart des maîtres de langues allaient « enseigner dans les maisons, moyennant un certain prix * ».
La condition de ces pauvres coureurs de cachet n'avait guère changé au début du dix-neu\-ième siècle. Je lis dans un ouvrage assez curieux puldié en 18'26 : « Aujourd'hui, il n'est pas de si petite bourgeoise qui ne fasse apprendre à sa fille la grammaire française de Lhoniond, et ne paie un maître andiulant à douze francs par mois pour douze leçons d'une heure chacune... Il est tel d'entre eux qui parcourt tout Paris, depuis huit heures du matin jusqu'à quatre heures du
' Séjour rie Paris, c'esl-à-ilire inlruclions fidèles pour /es cuynijeurs t/e condition, édil. de 1897, p. 19.
* Lettre ifun Sicilien, p. 49.
3 Alinanach Dauphin, art. maîtres de langues, ol supplément, p. 42.
* Abbé Jaubert,^/)iV//u;i«/;(;r, t. III, \\. 27.
soir, pour gagner un écu. Les maîtres de langues étrangères sont ])lus heureux. Si, avant la Révolution, leur enseignement se bornait aux langues ilalienne et anglaise, et si, pendant le règne de la Terreur, la plupart d'entre eux se virent forcés de le suspendre, les victoires du général Bonaparte en Italie et le goiit déclaré de la nation pour la littérature anglaise, lui rendirent sou activité et l'augmentèrent môme au point que la connais,sance de la langue du Tasse et celle de Millon ilevint, pour ainsi dire, inilispensable pour les jeunes gens et les jeunes personnes des classes aisées de la société ' ».
Langueyeurs. Officiers jurés qui examinaient la langue des porcs, pour s'assurer s'ils n'étaient pas atteints de ladrerie, et maniuaienl ù l'oreille les animaux malades.
Louis XIV supprima ces offices, puis les rétablit, puis les remplaça en 1704 pttr des offices de tendeurs-visiteurs de porcs ([ui furent eux-mêmes remplacés en 1708 par des offices A' inspecteurs-contrôleurs. La vente de ces derniers rapporta au Trésor 990.000 livres -.
On trunye t(i/it/</yfurs. langoyeurs, lunyuayeurs, langueieurs, essayeurs de pourceaux, etc., etc.
Laniers. Voy. Laines (Marchands de).
Lanterne magique (Montkeirs de).
Je lis partout ([ue la lanterne magique a été inventée vers 1630 par le jésuite .\lhanase Kircher, et que l'on en trouve la description dans son Ars nuiyna lucis et umbrœ •''. Je l'y ai vainement chercliée.
La lanterne magique est certainement plus ancienne, et l'on peut en trouver l'origine dans les lanternes rives que les pâtissiers exposaient à la porte de leurs boutiques pour attirer les passants. C'était une lanterne ronde, en papier huilé; entre l'enveloppe et la lumière, des figures grotesques, en carton découpé, étaient fixées à un cercle mouvant, auquel on imprimait une rotation. Mafhurin Régnier parle d'une vieille Egyptienne, qui
ressembloit une lanterne vive
Dont quelque paticier amuse les enfans *.
Déjà, au siècle précédent, un montreur de lanterne magique avait failli payer de sa vie des satires dirigées par lui contre le roi =.
En 1656, la lanterne perfectionnée avait cessé d'être mise au rang des amusements enfantins. On s'en divertissait dans le monde, comme à cette soirée de l'hôtel de LiancourI , dont Loret crut devoir rendre compte. Il termine ainsi son récit :
Cotte magie est innocente, J'en sçay ta finesse excélenle :
Mais, me piquant d'estro discret, Je n'en aprens point le secret G.
' Vie publique et privée des Français, t. II, p. 2tUi. - \uy. Di'Iamarre, Traité de la police, t II, p. 1,311 et suiv.
■l Rome, 1646, in-folio.
* Satire XI, édit. elzév., p. 149.
5 Journal d'un bourgeois de Paris, avril 151."), p. 13.
6 Mu:e historique, a" du 13 mai lfir)6, édit. Livet, t. II, p. 192.
LANTERNE MA(UQUE — LANTERXIERS
En 1692, un reliy;ieux. un père Tliéalin, se distinguait par la manière dont il exécutait « des figures pour la lanterne inaijique ' ». Celle-ci est ainsi décrite par Richelct: « C'est une petite machine (l'optiiiue, qui fait voir dans l'obscurité, sur une muraille lilanclié, jilusieurs spectres et monstres all'reux, de sorte que celui qui n'en sçait pas le secret croit que cela se fait par art maj^ique ^ ».
Ce spectacle fut surtout recherché ])ar la liourgeoisie à la fin du dix-huitième siècle, et celte spécialité était presque exclusivement tombée aux mains de pauvres savoyards, qui, vers la fin de l'été, retournaient dans leur pays avec l'argent qu'ils avaient gagné à Paris durant la belle saison. « Ils promènent la lanterne magique sur leur dos, écrit S. Mercier, et l'annoncent le soir au moyen d'une orgue nocturne dont les sons deviennent plus agréables et plus touchans parmi le silence et les ténèbres ^ ».
Les lanternes magiques étaient fabriquées par les lunetiers.
Yoy. Annonces lumineuses.
Lanterniers. Jusqu'au milieu du dixhuilième siècle, Paris ne fut éclairé que par des lanternes trarnies d'une chandelle. Ces cages de verre étaient suspendues par une corde à la hauteur du premier étage des maisons, et elles devaient réglementairement rester allumées jusqu'à deux heures du matin.
Tous les ans, les notables habitants de chaque quartier se réunissaient chez le commissaire de police pour élire celui d'entre eux qui serait préposé à la surveillance de l'éclairage. L'élu recevait aussitôt la clef des boites dans lesquelles s'attachaient les cordes de suspension, et c'est chez lui qu'étaient déposées les provisions de chandelles. Comme le choix désignait toujours un notable, celui-ci trouvait facilement, moyennant un louis, quelque individu, qui allait à sa place allumer la chandelle de chaquelanterne. Ce délégué en payait lui-même parfois un autre dont la mission était de descendre les lanternes, de les maintenir pendant l'allumage, puis de les remonter à la hauteur voulue. l)e là les vers suivants :
Abaissez la lanterne, Monsieur le lanlernier.
Celui qui la gouverne Il a grand mal au pied, Et celui qui l'allume Il a gagné un rhume A force do crier :
Abaissez la lanterne.
Monsieur le lanternier.
Sans qu'il y paraisse, c'était là un notable progrès sur le passé, et je crois devoir rappeler en quelques lignes ce que fut à son début un service qui a pris de nos jours un si grand développement. Nous devons à Philippe le Long
1 Livre commode pour 1602, t. I, p. 241.
' NoutenH (Itctiunnnire frnnçois, énit. de 1710, t. I, p. 571.
3 Tableau lie l'nris, {. W, p. 1112. Vov. niissi t. \, p. ;)15.
la première ordonnance relative à l'éclairage de Paris pendant la nuit. Les malfaiteurs, auxquels les rues plongées dans l'obscurité appartenaient jusqu'au matin, choisissaient surtout alors pour théâtre de leurs exploits les environs du grand (^hàtelet ; le notaire Louis (]arré en avertit le roi qui, au mois de janvier 1318, ordonna que, « pour cause de clarté », une lanterne munie d'une cliandelle allumée serait placée cha(i\ie soir « devant l'image de la benoisie Vierge Marie, lequel image est ains de costé la porte de l'entrée du dit Chastelet ' ». Voilà en quoi consistait , il y a cinq cents ans , tout l'éclairage de Paris.
Jusqu'à la fin du siècle suivant, je ne constate que (rin>iguirianles iniU)vations. Toutefois, en temps d'alarmes, les Parisiens étaient tenus de placer, après neuf heures du soir, une chandelle allumée sur leurs fenêtres et, par crainte des incendies, au seuil de leur porte un seau d'eau. Un arrêt de 1524 - voulut rendre permanent ce qui n'avait été jusqu'alors qu'accidentel, mais cette mesure était trop coûteu.se pour ne pas se voir éludée. Deux ans après, le prévôt des marchands et les échevins sollicitaient déjà un nouvel arrêt du Parlement, et celui-ci ordonnait, le 16 novembre 1526, que « en chacune maison par les rues y eust des lanternes et chandelles ardentes, pour éviter aux dangers des mauvais garsons qui courent la nuit par cette ville ' ».
Comme les Parisiens refusaient d'obéir ou tout au moins n'obéissaient pas, on eut l'idée d'organiser le service de l'éclairage d'après les principes récemment appliqués au nettoyemenl des rues. Une taxe spéciale lut décrétée, et l'Etat se chargea d'éclairer la ville. Par arrêt du 29 octobre 1558, le Parlement dispensa les habitants de mettre des chandelles sur leurs fenêtres, et ordonna que, de dix heures du soir à quatre heures du matin, un falot allumé serait placé au coin de chaque rue, et d'autres de dislance en distance dans les rues très longues *. Ces falots se composaient d'un large vaisseau contenant du goudron et de la résine ; on s'en servait déjà pour éclairer les cours et les abords des palais et des riches hôtels. Deux mois après, un nouvel arrêt décida que les falots seraient remplacés par des « lanternes ardentes et allumantes ^ ». Mais ce projet ne fut pas plus exécuté que le premier. La résislance des bourgeois, la faiblesse de l'administration tirent avorter l'entreprise ; cl, le 21 février 1559, le Parlement ordonnait de vendre aux enchères, afin de payer les sommes dues aux fabricants, les lanternes qui avaient été étalilies « pour la tuition et conservation du bien et lran([uillité de Paris, et pour obvier aux meurtres, larcins et autres inconveniens cpii adveiioienl en ladiide ville de nuit v..
' Krogier, Histoire r/r la police de Paris, pif'ces justificatives, t. I, p. r>47.
2 Kssai hisfm'iqne sur les lanternes, p. 102.
3 FélibieM, Ilisloire lie Paris, pliVes justificatives, t. I\ , p. 67fi.
i l''éliliien, i, IV, p. 7M.'i.
S l'Vlibien, t. IV, p. 780 ,
LANTERNIKHS
L'arrél eonstale que la mesure a éelioué « lanl pour la nécl'^sit^' du leiiips (juc j)au\Tftô di's uianans el habitans ' ».
Il en résulta qu'un siècle après, Boileau pouvait écrire l(i!S5' sans soulever aucune réclamai ion :
. . . .Si-tôt que <lu soir les ombres pacitiqiit's
D'un double cailenas font fermer les bjuliques,
l^uo retiré chez lui. le paisible marehaïul
\'a revoir ses billets et compter sua argent.
Que dans le Marché-Neuf tout est calme et tranquille,
Les voleure à l'instant s'emparent de la ville.
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté
Est, au prii de Paris, un lieu de sûreté *.
L'abbé Laudati Caraffa obtint alors le privilège d'entretenir des porte-lanicrnes distribués dans Paris et qui. movennaiil une léy^ère rétribution, accoinpajj^naient les passants attardés ■''.
Cette entreprise était en pleine activité quand La Re\-nie arriva aux allaires. l'ille ne lui parut pas suffire aux besoins île la capitale, et, par ses soins, 6.Ô00 lanternes furent distribuées dans tous les quartiers et jusipie dans les faubourgi*. Chacune de ces lanternes, haute de 18 pouces (env. 50 centimètres) et large île 8 (env. 22 cenlim.\ avait la forme d'un sphéro'i'de allongé, et était composée de petits morceaux de verre réunis par des bandes <le [ilomb ; ces fanaux, pourvus d'une maigre cliaiiilelle, n'étaient point suspendus en l'air, on les posait sur les fenêtres des maisons '. On no les alluma d'aliord que du 1" novembre à la fin de février, mais un arrêt du 23 mai 1671 ' décida que la durée de l'éclairage se prolongerait du 1" novembre à la fin de mars. Le service d'ailleurs était encore fait par les boiu"geois, et la dépense couverte à l'aide de cotisations personnelles. Quelques améliorations eurent lieu durant les années qui suivirent, et, en 1698. Martin Lister écrivait dans le Journal de son vovage : ^< Les lanternes sont suspendues ici au beau milieu des rues, à vingt pieds en l'air et à une vingtaine de pas de distance. Elles sont garnies de verres d'environ vingt pouces en carré, recouvertes d'une large plaque de tôle ; la corde qui les soutient passe par un tube de fer fermant à clef et noyé dans le mur de la maison la plus voisine. Dans ces lanternes sont des chandelles de quatre à la livre, cjui durent jusqu'à minuit * ». C'est le procédé d'éclairage dont j'ai parlé au début de cet article.
\ ers 1745, l'abbé Matherot de Preignev et Bourgeois de Chàteaublanc inventèrent les lanternes dites à réverbère, oii l'huile était substituée aux chandelles et dont un réflecteur multipliait la lumière. Celte innovation ne fut définitivement adoptée qu'en 1769. Dix ans auparavant. Paris était encore éclairé par près de six mille lanternes qui consommaient chaque nuit environ seize cents livres de chandelles.
* Kélibien, t. IV, p. 785.
* Satire W.
3 Voy. ci-dessus l'art. Falots.
* E. Labat, Dictionnaire Je police t introduction, p, LXIV.
5 Félibien, t. V.p. 213.
* Voyage, p. 36.
Les réverbères, perfectionnés vers 1821 par un lampiste nommé Vivien, ne furent détrônés que de nos jours, par l'adoplion du gaz. En 1791, on coiiqdail à Paris :J.78;) lanternes, représentant 8.r)y2 becs de lumière; en 1817, Ô.OIJ,') lanternes, représentant 11.U40 becs de luinii-re cl consommant annuellenienl 290.()4(i kilogrammes d'huile. La première application de l'éclairage au gaz eut lieu, en janvier 1829, dans la rue de la Paix ; ce nouveau procédé fut ensuite mis en pratique dans la rue de Casiiglione, la rue de l'Odéon et les galeries du Palais Rojal.
Lanterniers. Fabricants de lanternes.
Ils formèrent d'abord une seulo corporation avec les fabricants de peignes ,pigiiiei's], sans doute parce (|iie ces deux corps d'état employaient surtout la corne '. En cfTet, jusqu'au quinzième siècle, les lanternes, qu'elles fus.sent en arclial, en cuivre, en fer ou en argent, étaient munies, au lieu de vitres, do minces feuilles de corne ou d'ivoire '.
Au moyen âge, on trouve souvent les lanternes désignées sous le nom d'esMiice. mot issu du latin abscondere ■'.
Les lanterniers soumirent, vers 1268. leurs statuts à l'homologation du prévôt Etienne Boileau *. Le métier était libre. Cha([iie maître ne pouvait avoir qu'un seul apprenti. La durée de l'apprentissage était de six ans pour l'enfant qui apportait 40 sous, de huit ans pour l'enfant sans argent. Le travail à la lumière était inlerilit. Deux jurés administraient la corporation.
La T'iille f/.-^ 129'J mentionne trois lanterniers, celle de 1300 en cite neuf.
Les lanterniers se séparèrent de bonne heure des faliricanls de peignes, qui allèrent s'unir aux tableliers. De leur côté, les lanterniers se réunirent aux boisseliers et aux souffletiers, union qui était opérée déjà en a%Til 1443 '. A dater de ce moment, l'histoire des lanterniers se confond avec celle de la triple communauté à laquelle ils appartenaient.
Constatons en passant qu'un proverbe, relatif à leur spécialité et venu intact jusqu'à nous, date du quinzième siècle. On lit, en effet, dans la Farce de Pathelin * :
Me voulez-vcus faire entendant De vécies que sont lanternes ?
Et, au siècle suivant, Anthoine dit à Josse :
C'est ainsi qu'il le fault tromper Et luy monstrer qu'une vessie Est une lanterne ''.
Un méreau trouvé dans la Seine et recueilli par M. Forgeais ' tendrait à faire supposer que
' \'oy. La Cume de Sainte Palaye, Glossaire, t. VII, p. U7."
- Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. II, p. ia8. 3 Douët d'.\rcq, Comptes île l'argenterie, p. 372.
* Litre fies métiers, titre LX\'II.
5 Orilonn. royales, t. X\'I, p. G3ti.
6 Édit. de 1723, p. 55.
'' Jacques Grévin, Les esbahis, comédie jouée en 1560. Dans VÀHcieii Ihéàlre françois, t. IV, p. 295.
* ilérenux des corporations, f. 127.
LAXTERNIMRS — LAQUAIS
les fabricants de lanternes avaient pour patron saint Maur.
Yoy. Lampistes.
Lanterniers. Titre que prenaient les ferlihuitifrs.
Lapidaires. Ils ont, dans le Livre dr-s métiers ', des statuts où ils sont nommés rristalliers et perriers de pierres natureus. Ce dernier mot est employé ici pour désigner les pierres fines, agates, rubis, émeraudes, jaspes, etc. En effet, les cristalliers tenaient surtout à honneur de se distinguer des j^^nvm de verre, qui fabriquaient et travaillaient des pierres artificielles. Les cristalliers représentent donc assez bien nos lapidaires, tandis que les ^d-r/v'eM on pierriers de verre seraient plutôt les ancêtres de nos bijoutiers en faux *.
La Taille de 1292 cite 18 cristalliers et 13 perriers; celle de 1300, 15 cristalliers et 9 perriers.
De nouveaux statuts sont accordés, en novembre 1.584 aux lapidaires -tailleurs- graveurs, ouvrant en toutes sortes de pierres pre'cieuses fines et naturelles. L'apprentissage y est fixé à sept ans et suivi de deux ans de compagnonnage, avec chef-d'œurre. Les articles 23 et 24 sont ainsi conçus : « .Advenant le déceds de l'un des maistres ou de sa femme, tout le corps de la communauté assistera au convoy ; et en iceluy seront portés quatre torches de cire pesant chacune deux li%Tes, et quatre cierges chacun d'une li\Te. Où il adviendroit qu'aulcuns maistres dudit mestier ou leurs vefves ^ décédassent sans moyens, ils seront inhumez aux despens de tous les maistres dudit mestier ».
Des arrêts de 1631, 1740, 1742 attribuèrent encore aux lapidaires la taille et aux orfè\Tes la vente des pierres précieuses, mais un édit du 17 mars 1781 supprima la communauté en la réunissant à celle des orfè\Tes. Les premiers étaient alors au nombre de 70 environ et avaient pour patron saint Louis. Ils ajoutaient parfois au titre officiel que leur donnaient les statuts de 1584 celui de diamantaires.
Voy. Diamantaires. — G-ravevirs sur pierres fines. — Bijoutiers en faux. — Ferles (Commerce des), etc.
Lapidaires (Chirurgiens). Je trouve ainsi nommés, au seizième siècle, les lithotomistes.
Lapidères. Voy. Lapidaires.
Lapins. Xom que portaient les apprentis, dans rassDcialion dite des Enfants du père Souiise *.
Vov. Devoirs.
i Titre XX.X:.
- \ov. ci-dossus crt article.
■t Veuves continuant le commerce de leur mari.
* Atrr. Perdijjiiier, /.r hirrr ilii compiignoniinije, I. I.
Laquais. Ce mot est fort ancien, mais il semble avoir désigné d'abord des soldats, archers ou arbalétriers '. On écrivait lapais, laquetz *, etc., etc.
L'abbé Fleury, en 1688, ne distingue pas les laquais des valets de pied ' ; mais l'abbé Jauberl, en 1773, est d'un avis contraire : « Quoique le laquais et le valet aient, il peu de choses près, les mêmes fonctions à remplir, on distingue cependant l'un de l'autre, en ce que le premier est un homme de suite et le second un liomme de service ; celui-ci emporte une idée d'utilité, et l'autre d'ostentation. Il est plus honorable d'avoir un laquais qu'un valet * ».
Audiger, dans sa Maison réglée, ne mentionne pas les valets de pied, et donne aux laquais les conseils suivants: « 11 faut qu'un laquais soit adroit, honnête, civil à tout le monde; ([u'il ne soit point jureur, ivrogne ni débauché, flatteur, rapporteur ni menteur ; qu'il n'abandonne point le seigneur quelque part où il puisse le mener; qu'il se garde de s'entretenir jamais avec qui que ce soit des affaires secrètes dont il pourroit avoir connoissance ; qu'il ait bien soin de tous ses intérêts autant que sa condition le peut permettre ; qu'il nettoie bien ses souliers et ses bottes lorsqu'il faut ([u'il le fasse ; qu'il porte bien le llambeau ■*, et qu'il se fasse un principe de toujours bien obéir à son écuyer en tout ce qu'il lui couHuande pour le service du seigneur, et d'être ponctuel aux ordres du maître d'hôtel aux heures des repas pour servir à porter les viandes sur table ^ ».
On louait des laquais, même à la journée. Le lieu d'embauchage se tenait près du Palais ' ; c'est ce qui faisait dire àLiger: « On peut, dans l'occasion, se faire suivre à Paris et se donner l'air d'hoinme il laquais, sansqu'ilencoûlebeaucoup*».
Voy. Domestiques.
Lacjuais. C'est le nom que l'on donna d'abord aux conducteurs d'omnibus. Ils portaient une casaque bleue, et étaient très jeunes en général, au moins si l'on en croit ce vers :
Tiens, petit enfant bleu, prens mes cinq sous marquez.
C'est Clindor qui parle ainsi. Et « le petit laquais » lui répond :
Hé, monsieur, donnés-moy quelque chose pour boire.
.J'extrais ce passage de L'intrigue des carrosses à cinq sons, mauvaise pièce qui fut représentée en 1662 et qui a pour auteur un sieur Chevalier, comédien de la troupe du Marais '.
t \i>y. Ducanrje, au mot laeinonfs.
- \oy. .K. Jal, Diclioiiiiuire critique, p. 736.
•< Zf.ï ilecoirs lies inaUres et </« domesIljHts, 2' partie, clwp. 10.
* Diclioniiaire des arh et métiers, t. II, p. 562.
•> Le flambeau de poing. Voj'. ci-dessus l'article Fileurs di' lumignon.
1' I>ivre I, cbap. V. — Voy. aussi Le parfait tajunls, par (tobet, dit Saint-Louis, 1753, iu-12.
" Le livre commode pour i602, t. lï, p. 5l>.
8 (iiiide des élniiigers à l'iiris 1715), |i. -103.
9 Elle a été imprimée en lOtî;), in-18. Ma citation e.-t tirée de l'acte II, scène 2.