‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 236 sur 422 · Vrticlc XXVni · texte numérisé non relu

Vrticlc XXVni

* Almitnnek Dauphin, 1777.

■• Di'venur ruo de la Limace, [>uis suppriniéi; en 1854.

* /./• lirre evmmoilf pour i692, t. II, p. 28. ^ W>y. les notes de lart. suivant.

" Premier violon.

24 violons ordinaires.

21 violons, dits du rabiiiel.

1 huissier.

1 r^arde des instrumens.

1() trompettes.

1 tindialicr.

4 tambours.

4 fifres ' .

Musique de la chapelle du roi. V.w

1712, le personnel se composait de :

1 mailre de chapelle.

1 chapelain ordinaire.

.'î chapelains.

6 clercs.

4 maîtres <lc la Miusi(|ue. batlaiil la mrsiire.

4 organistes.

fi pages.

10 dessus de voix -.

24 haules-conlres •'.

20 hautes-tailles *.

23 ba.sses-tailles ='.

1 1 basses-chantantes.

6 des.sus de violon.

2 serpents.

3 dessus de haulbois.

2 flûtes d'Allemagne.

1 basson.

.3 basses de violon.

1 basse de cromorue ^ .

2 fourriers.

1 imprimeur.

1 noteur.

2 maîlres île luth pour les pages.

1 lavandier '.

Musniers. Voy. Meuniers.

Musquiniers. ^ oy. Mulquiniers.

Mussiliers. Voy. Messiers.

Muyag-iers. \uv. Vins (Marchands de).

Myrailliers. Voy. Miroitiers.

' Kliit de la France pour 17i2, t. I, p. 221.

2 Premiers ténors, castrats.

3 tlontraltos.

* Ténors graves.

5 Barytons.

•> Instrument en forme de corne, en bois, à vent ot à anche.s. Il y avait des haute-contres, des de.ssus, des tailles de croniornes.

' État de la France pour 1712, t. I, p. 36.

NACAKINS — NAPETICURS

Nacarins. Voy. Timbaliers.

Nacquets. Voy- Naquets.

Nacre Commerce de i.a;. Il étiiil fait par les joaillit^rs. Voy. Ferles (Commerce des).

Nageors. Voy. Mariniers.

Nains. Ils ont joué un rôle dans l'histoire, un rôle, il est \Tai, proportionné à leur taille. Comme les fous, ils eurent charge à la cour, et on les voit, au moyen âge, porter des messages, servir à table, accompagner les belles demoiselles, faire l'office de valet, presque de page. François I", Henri II, Catherine de Médicis, Charles IX eurent une prédilection pour ces êtres incomplets ^ .

Cela n'eut pas suffi pour leur assurer une place ici. Mais, en tant que curiosités montrées à la foire ^, ils représentaient bien un peu une profession. Je vois, en outre, qu'en 1662 Louis XIV supprima le titre et la charge de nain du roi. Le titulaire les échangea contre une charge nouvelle, celle de « garde des instrumens de la musique de la chambre du roi » ; dont il fut pourvu, « au lieu du titre de nain ■' ». Cette sinécure se perpétua, car je trouve encore qu'en 1687, deux nains au lieu d'un tenaient cet emploi de garde des instruments de musique *. l'infin, sous Louis XV ligurait parmi les officiers royaux un porte-nain. Ses fonctions consistaient, écrit le duc de Luynes ', à « porter les singes du roi, si le roi en avoit ».

Naiveurs. Voy. Mariniers.

Napeteurs et Napiers. Fabricants de nappes. Au moyen âge, les nappes étaient très larges, et on les plaçait sur la table pliées en double. C'est de là que leur vint le nom de (Jonhliers, sous lequel elles furent désignées pendant longlemps. Mettre une nappe étail plus difficile qu'aujourd'hui. On l'étendait d'abord de façon à ce qu'elle traiiu'it jusqu'à terre du côté où se rangeaient les convives, puis, ce qui restait de l'étoffe était replié en manière de napperon ne dépassant pas le bord opposé. Charles V possédait 67 nappes, qui mesuraient 15 à 20

' Sur leur tiistoiiT, voy. A. Jal, Diclionnaire eriliijiii-,

* Voy. ci-(irasous l'art, l'hiinoiiiùnes (Montreurs do). 3 Hetue réirospeclice, t. I (1833), p. 270.

* Êlal lie la France pour 1687 , t. I, p. 170. 5 Mémoires, t. I, p. 362.

aunes de long sur 2 de large ; la plus grande avait jusqu'il 32 aunes, et étail « pourfillée ' à mouches de soye et un escus.son de France * ». Ces doubliers se terminaient toujours par des franges : une très amusante histoire, racontée dans le Méniigier de Paris ■*, ne laisse aucun doute sur ce point.

Trancher la nappe devant quelqu'un constituait une injure qui ne pouvait se laver que dans le sang.

A dater du quinzième siècle, l'emploi des doubliers devint un privilège réservé aux rois, aux ducs et aux princes; les comtes eux-mêmes devaient se contenter d'une nappe simple '. Les doubliers disparaissent enfin au siècle suivant. On ne renonce pas pour cela à recouvrir la table de deux nappes, mais celles-ci sont désormais indépendantes l'une de l'autre.

Les serviettes n'apparaissent guère avant le milieu du quinzième siècle, encore furent-elles d'abord en usage surtout pour les enfants. Comme aujourd'hui, on les leur attachait sous le menton. Jean Sulpice, dans sa Civilité' de lu table ' publiée vers 1483, recommande à l'enfant de ne salir ni la nappe qui est devant lui, ni la serviette qui lui pend au cou : « lintoleum quod tibi a collo pende! , vel quod super mensam stratum erit ».

Pour les autres convives, la nappe tenait lieu de serviette, il est même probable qu'ils la relevaient sur leurs genoux en s'asseyanl.

Erasme, enseignant à un enfant du seizième siècle comment il doit se conduire pendant le repas, lui dit : « Xe porte le verre à ta bouciie plutost que tu ne l'ayes essuyée avec la nappe ou à ta serviette : « nianlili aut lintoleo " ».

Quand l'usage de la serviette eut passé des enfants ii tous les convives, ceux-ci la placèrent d'abord soit sur l'épaule , soit sur le bras gauche '. l'n peu plus lard, afin de mieux protétrer leurs vêtements, ils la nouèrent aiitourdu cou. C; étail là une opération peu commode a réussir sans aide ; les eiforts qu'elle exigeait donnèrent

' Brodée.

2 ^'oy• Inreiilaire liu mobilier de Chartes V, pul)lié jvir J. l.abarle, p. 322 et passim.

3 Tonif 1, p. 163.

* .\tienor de Poiliers, Les hoitneurs de la cour, p. 215.

^ Aiôellti-s de morièus in mensa sereandis.

6 De civilila/e moriim purritiiim [1530J, traduite on frauçais par Claude Hardy, p. 49.

' « Mantilc si ilatur, aut humero sinistre aut brachiu Iffivo imponilo ». Erasme, De cirilitate morum puerilium,

NAl'lOTliUHS — XATTIMHS

lieu au pruvoil»; : nouer les deux bouts de sa serriette, pour marquer la difficulté qu'on éprouve il aller jusqu'il la fin de l'année avec un luoili'sle revenu ' . ('e dicton a survécu à l'habilude d'allaclier sa servielle autour du cou. el l'on dil seulcnieni aujourd'liui unuer les deux bonis.

Les ffentilslionuues servants el les valets porlérenl seuls ensuite la servielle sur l'épaule, usaj^e qui s'oliserva jusqu'à la fin du rèj^ne de Louis XIV. Ils couimencèreni alors à la placer sur le liras <>^auche *.

On se préoccupait delà heaulé du linge el de sa finesse ; on le parfumait avec de l'eau de rose, de l'eau de ni'tle el de nielilol, et l'arl de plier les serviel les élail déjà fori en iioniieur. On en variait la forme pour chaque convive : « Les servielles, dit Artus d'iMuhrv •', esloienl déi^uisées en plusieiiiN sortes de fruicis el d'oyseaux ». l']n K).')?, la Muse rni/nle *, raconlani un somptueux festin olTert par le Irésorier La Baziiiière menlionnait

i.c liii^i" pi*o(>n*tii('nf plie En ci'iil (iilToreiitfS ligiin's.

On trouvera ci-dessus, à l'article Maiires d'hôtel, la liste des plus usitées.

NaquetS. Marqueurs dans les jeux de paume. A dater du dix-huilième siècle, ils durent être exclusivement choisis parmi les apprentis ou les compagnons de la communauté des paumiers.

On écrit aussi nucquets.

Ncisseors. ^ oy. ri'asseurs.

Nasseurs. Faiseurs de nasses. Il n'en existe ni dans la Taille de 1292, ni dans celle de 1300. Celle de 1313 en mentionne un : « Raoul, le nasseur », dans la rue d'Otheriche (auj. rue du Louvre).

\'ov. Pêche (Ustensiles de).

Nassiers. Vov. r^asseurs.

Nateurs et Natiers. Voy. Nattiers.

Nattiers. La Taille de 1292 cite un « nalier», celle de 1300 \\n artisan « qui fait nates », et Guillaume delà Ville >.'euve, dans ses Crieries de Paris au treizième siècle, a recueilli cette annonce :

Nales i a el Daterons I

Dès que le froid commençait à se faire sentir dans les maisons, le sol, jonché d'herbes vertes pendant l'été, était recouvert de nattes épaisses. En 1364, quand Charles V va s'installer au Lou\Te, sa plus belle chambre et celle de la

* « LupoMe se fasclioil, iuy qui avuit travaillé tuutisa vie, encore ne pouvant vivre et nouer au Ijout de l'an les dem bouts de sa serviette ensemble ». Noël du Fail, Contes ifEulrapel, édit. elzevir., t. II, p. 206.

- Mémoires de Luynes, 13 janvier 1739, t. II, p. 321. S Description lie l'île des hermaphrodites, page 100.

♦ N" du 25 juin.

reine, mesurant dix lt)i>es el demie, soiil garnies de nattes par le « natier Régnant Lançon ' ». En 1440, le natlier Evrard de Trye fournit de naltes pendant l'hiver, il'octobre à la lin d'avril, les deux pièces où la municipalile de Paris tenait ses séances -.

Le seizième sièide n'innove rien en celle matière. Le sol, désormais planchéié, conlintie à élrejonclié d'herbes el de Heurs en élé, couverl de nattes dés ipie le froid se fail sentir: « Nous trouvasme ceste chambre toute jonchée de roses, girofiées et autres fleurs ; mais c'estoit avec beaucoup d'espesseur, car on disoit que cela soulageoit fort les pieds de celiiy qui esloit seigneur du lieu •' ». l'jii juin l.')41t, au banquet donné par la Ville à la reine (Catherine, on avait eu soin de << semer ez salle fines herbes odorantes * ». L'entrée il'Elisabelh d'Aulrichi' ayani eu lieu an mois de mars, la salle du feslin rpii lui fut olfert, avait été « nalée bien el diieinent de nattes neufves, bonnes, loyales, etc. ■' ».

Peu à peu, les naltes deviennent plus élé- "•antes : on les tresse avec des pailles de diverses couleurs qui forment des arabescpies, des compartiments. Puis on donne la préférence aux lapis de laine où l'art entrelace des Heurs toujours fraîches; en même temps, pour l'été, o[i subslilue le cuir gaufré aux jonchées de Heurs naturelles.

Nattes el cuir servent également [)iiur la décoration des murailles, aussi bien que les tapis de soie el les tapisseries de haute lice. Le 22 décendire ir);i2, on achète quatre-vingtdouze toises de nattes « pour le par terre el le pourtour de la cliandjre du Roy el autres du cimsiel du Louvre " ».

Revenons sur nos pas.

Les maîtres nattiers, alors au nombre de seize, avaient reçu le 8 mars 1410 des statuts ', où l'on voit que l'apprentissage durait six années, et que chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus de deux apprentis. Ces statuts furent renouvelés en 1604, et l'on réduisit alors à quatre ans la durée de l'apprentissage.

Le nombre des maîtres, qui était d'une centaine vers 1670, était tombé à douze en 1718. L'abbé Jaubert nous en donne la raison : « Depuis que le luxe et la magnificence des ameublemens ont banni l'ancienne simplicité de nos mœurs, il n'est plus usité d'employer les nattes à tapisser nos cabinets ou à en faire des tapis d'estrade. Cet art, qui avait fleuri jus([u'au milieu du dix-septième siècle, a tellement dégénéré, qu'au lieu de cent maîtres qu'il y avoit

1 Le Roux tie Lincy, Compte des dépenses faites an château du Loutre, p. 30.

* Le Roux de Lincy, Histoire de l'Hôtel de cillr, p. 10. 3 Description de Visle des hermaphrodites, p. 20. — G.

Corrozet, lllasons domestiques (1539), p. 15.

* Cimbei- et Danjou, .hrhires curieuses, t. III, p. 422. 5 Decis et marché passé par la ri lie de Paris pour l'entrée

de Charles IX el de la reine. Dans la Reçue archéologique, t. V, p. 678.

8 L. de Laborde, Comptes des bâtiments du roi, t. II, p. 208.

' Ordonn. royales, t. XN'I, p. 040.

NATTIERS — .NOBLICSSE COMMERÇANTE

pour lors à Paris, à peine en compte-t-un quelques-uns aujourd'hui * ». Pourtant, la communauté avait le privilèg'e de la fabrication, non seulement des nattes, mais des objets tressés en paille, en jonc, en roseau ou en écorce facile à se ployer et à s'entrelacer. Les chapeaux y étaient compris ; je crois louteftjis que les chapeaux dits de iil ou d'écorce de tilleul, qui furent fort en vogue vers le milieu du quinzième siècle, appartinrent d'abord au commerce des chapeliers.

Les nat tiers prenaient le titre lïempailleurs et de rempailleurs de chaises, parce qu'ils avaient le droit de recouvrir ces sièges, mais avec des nattes, non avec de la paille, ce dernier travail rentrant dans la spécialité des tourneurs en bois.

La corporation des naltiers était placée .sous le patronage de la Nativité de la Vierge -, elle a eu des confréries dédiées à la Trinité ei à saint Pierre-aux-Liens.

Naturalistes. Ce sont ceux qui « s'occupent particulièrement de l'étude de la nature

et de ses productions On donne aussi ce nom

à ceux qui font commerce des minéraux, coquillages, etc., ou qui ont l'art d'embaumer et conserver les oiseaux et autres animaux dans leur attitude et forme naturelles ».

Le Livre commode pour i692 nous apprend qu'à cette date, le sieur Colson, demeurant faubourg Saint-Antoine, avait « un talent particulier pour monter les scelets ^ de toutes sortes d'animaux, et pour les monter en poil et en plumes ^ ».

A la fin du dix-huitième siècle, un livre d'adresses commerciales cite, parmi les naturalistes le plus en vogue, les sieurs Borelly, rue de la Harpe, et Dumez, cul-de-sac du Coq. Le premier, nous dit-on, travaillait v avec beaucoup de goût et de délicatesse à la réparation de toutes sortes d'oiseaux, reptiles, insectes et autres animaux ; il ■possédait l'art d'arranger les cabinets d'histoire naturelle, et se. charg^sî'^ de faire toutes sortes de collections ».

Le second tenait « magazin et assortiment considérable de toutes sortes d'oiseaux, reptiles, insectes, minéraux, coquillages et autres objets sur lesquels des voyages pénililes et une longue expérience lui avoient acquis des connoissances très précieuses * ».

Nauchers. Nautonniers. Naveliers.

Voy. Mariniers.

Navetiers. Fal)ricau(s de navettes pour les tisserands. La Taille de 1202 mentionne quatre naveliers, celle de 1300 en cite un seulement.

Navette (Ouvriers de i..\ gr.\nde). Nom donné aux drapiers d'or et de soie, pour les distinsuer des tissutiers-rubaniers.

1 Dictionnaire des arts et métiei's, t. III, p. 274.

* Les s(|Uoli'tles. Montaipnc écrivait skelrlos, cVst li' mot gri'f, et il .signifie séché. On trouve <lans .\nibroi.-M' Paré sceletos ut scelette.

3 Tome II, p. 77.

* Almunach Dauphin pour 1777, art. naturalistes.

Navette (Ouvriers de la petite). Nom donné aux tissutiers-rubaniers, pour les di.stinguer des drapiers d'or et de soie.

Naveurs. Naviers. Navireurs. Navironneurs. \ '>.y. Mariniers.

Nécromanciens. Bateleurs qui invoquaient les morts pour prédire l'avenir. « Par le meschant artifice des démons, ils font venir à eux les diables et interrogent les morts * ». On a écrit longtemps nécromants, nigromants, nigromanceurs, etc.

Nécromants. Voy. Nécromanciens.

Nefs Av.vi.iitrRs de). Voy. Avaleurs et Maîtres des ponts.

Nefs ( Faiseurs de ) .

(Constructeurs de).

Neustrés. Neutres, siers.

Voy .

Bateaux

etc. Voy. Tapis-

Nez (Faiseurs de). Nom ([ue la Taille de 1292 donne aux constructeurs de bateaux.

Nieuliers. Faiseurs de nieules, nieles, niules, nyeules, etc., pâtisserie légère, dite aussi oublie, et que nous appelons auj(iurd'lmi/)/a/s/r. lin vieux français nieide, niule, signifiait nuage, lirouillard, liruine, c'est donc par métaphore que ce nom a été donné à une pâtisserie très mince.

Les nieuliers sont dits aussi nitulliers , niuliers, etc.

V(iy . Oublieurs et plaisirs (Marchandes de).

Nieulliers. Voy. Nieuliers.

Nigromanceurs el Nigromants. Voy.

Nécromanciens.

Niuliers. ^'oy. Nieuliers.

Noblesse commerçante La). Pendant plusieurs siècles, tout travail manuel, tout trafic, constiluèrenl une mar([ui' de servage, et furent regardés comme incoiiqjalibles avec la (|ualité de noble. La profession des armes resta longtemps à peu près la seule que pût exercer un genlilliomme sans déroger. « La raison en est. dit ih' la Roque -, parce f[ue l'assiduité <lu labeur journalier des artisans et l'appétit d'un gain nécessaire il leur subsistance les rend comme esclaves, et ne leur inspire que des sentimens de bassesse et de subjection, incompatibles avec ceux d'un vérilaiile gentilhomme ».

L'histoire de la cliirurgie offre un curieux exemple de ce préjugé. Considérés comme artisans, les chirurgiens ont, au treizième siècle, leurs statuts dans le Litre des mr'tiers ^, et leur corporation y est organisée sur le modèle de

' A. l'aiv, Œurrrs, édil. de 1007, p. 1044.

2 Traité rie la noblesse, p. 413.

3 Titre XC\T.

NOBLESSE COMMKRCANTI';

toutes les autres corporations ouvrières. A In fin du seizit'tiic sii'clf, (|iiiiiul iiii eliirurj^ien, lionlcux lie sou luiuilili' coïKlilidii. voulait passer sa liceuce eu uiéilecine, il elait tenu de s'euji;afjrer. pmr acte dressé devant notaires, à ne plus l'aire aucune opération ; car, disent les statuts de la Faculté, il convient de conserver pure et intacte la dij^nité du corps médical '. 11 faut arriver à la Déclaration du 2:J avril 1743 pour voir les chirurjjieus déliuitiveuienl émancipés cl placés en dehors de la corporation des barbiers.

Les arts n'elaieni ^uére mieux traités. Les peintres et les sculpteurs, (piel que fût leur talent, faisaient pjirtie de la classe ouvrière. Ils ne parvinrent à se dégag'er des liens qui les attachaient aux corporations que vers le milieu du dix-septième siècle, par la fondation de l'Académie de peinture. Créée par les seuls peintres et sculpteurs du roi, puis complétée par des sujets choisis au sein de la corporation des peintres, elle eut d'interminables démêlés avec les jurés et les maîtres de celle-ci.

Enfin Savary, dans son Dictionnaire du commerce *, écrivait encore au couuuencement du dix-huitième siècle : « Le corps de la mercerie est considéré comme le plus noble et le plus excellent de tous les corps nuirchands, d'autant ((ue ceux qui le composent ne travaillent point et ne font aucun outrage de la main, si ce n'est pour enjoliver les choses qui sont déjà faites et fabriquées. Aussi ceux qui sont admis dans ce corps sont-ils reçus noblement, ne leur e'tant pas permis de faire ni de manufacturer aucunes marchandises, mais seulement de les enjoliver, ce qui n'est pas des autres corps, qui sont regardez comme mixtes, c'est-à-dire qu'ils tiennent du mairchand et de l'artisan ».

Le préjugé subsistait donc toujours, mais il avait déjà regu plus d'une atteinte. Des nobles avaient été autorisés à exercer certains métiers sans déroger ; des commerçants, des artisans même avaient été faits gentilshommes, et, chose curieuse, les plus anciennes lettres d'anoblissement dont on ait conservé le souvenir ^ ont précisément été accordées à un artisan. Raoul. orfèvTe de Philippe III.

Dans quelques provinces, en Bourgogne et en Bretagne, par exemple, où la noblesse était pau\Te, un gentilhomme pouvait, sans déroger, se livrer même au commerce de détail. Il dépo-

1 Voici le texte de cet article : « Si quis inter baccalaurcos sederil qui chirurgiam aut aliam artem manuariam exercuerit, ad licentias non aJmittatur, nisi prius âdem siiam astringat putlicis notarioiiun iostruraentis, se nunquam posthac chirurgiam aut aliam artem manuariam exerciturum ; idque in collegii medici commenlarios referatur. Ordinis enim medici dignitatem puram integramque conservari par est ». Slatula Facullntis meilieinœ, édit. de 1634, art. XXIV. — On voit que, par surcroît de précaution, l'acte était transcrit sur les registres delà Faculté.

* Êdit. de n23, tome II, p. 711.

' II n'en reste que cela, car elles sont connues seulement par une plirase du président Hénault [Abrégé rkrûnologiijur, an. 1270). Peut-être n'était-ce que dos lettres d'affranchissement. Voy. A. de Barthélémy, Éluile fur les /étires ifanoblissemnl, p. 1.

sait son épée dans la chambre de la nobles,se, et pendant tout le temps ipie duraient ses occupations dites serviles, il était considéré comme roturier, et comme tel soumis à la taille. Dès qu'il renonçait au commerce, il allait déclarer devant le plus proche juge royal qu'il voulait désormais vivre noblement. Il reprenait son épée et rentrait en possession de tous ses privilèges, sa noblesse était censée avoir dormi dans l'intervallc. l'enregistrons ici encore le commentaire de G. -A. de la Kocpie : « Il ue perd pas la noblesse, dit-il, parce ([ue les droits du sang ne se |)erdent jamais ; mais elle est olfusquée et obscurcie tant et si longuement (pie le nol)le demeure en cet exercice, car aussitôt qu'il la quitte, la noblesse recouvre sa splendeur et son premier lustre ' ».

Il existait cependant un art uumuel auquel un gentilhonune pouvait se livrer sans déroger même momentanément, celui de la verrerie ^.

D'après uni' tradition erronée , qui a été nuiintes fois reproduite et que l'on rencontre même dans le traité de G. -A. de la Roque •'', Charles V aurait déclaré nobles tous les bourgeois de Paris. L'ordonnance du 9 août l.'Hl, à laquelle on fait ici allusion, ne dit rien de semblable *. Elle se borne à confirmer aux bourgeois de Paris le droit tl'acquérir des fiefs et d'avoir des armoiries. Mais, jusqu'à la fin du quinzième siècle, la possession d'armoiries ne fut nullement une preuve de noblesse : des bourgeois, des paysans même avaient des sceaux composés suivant les règles du blason, sans jouir pour cela d'aucun des privilèges réservés aux gentilshommes.

Parfois aussi, de ^Tais nobles ne possédaient pas d'armoiries. Des lettres patentes d'octobre 1474 = nous apprennent que Louis XI avait anobli son barbier Olivier, « sans, dit le roi, que nous lui ayons donné ne ordonné aucunes armes pour enseigne ». Les lettres patentes étaient destinées à réparer cet oubli.

Deux causes contribuèrent à rendre bientôt les anoblissements plus fréquents. D'abord et surtout les besoins d'argent de la monarchie, ensuite l'influence des théories économiques qui peu à peu se faisaient jour, et démontraient la nécessité d'encourager le commerce et l'industrie, si l'on ne voulait voir la France ruinée par l'importation.

Henri III vendit d'un seul coup mille lettres de noblesse ^, et, une fois entrée ilans cette voie, la royauté ne s'arrêta plus. Ce trafic prit sous Louis XIY et Louis XV d'incroyables proportions. On en arriva à vendre des lettres de noblesse en blanc, « au porteur », comme on disait ; et le moment vint où tout homme en état de payer des lettres de noblesse fut forcé d'en

1 Traité de la noblesse, p. 348.

* Vov. ci-dessous l'art. Verriers. 3 Page 122.

* Orilonn. îles rois de France, t. V, p. 419.

5 OrJonn. des rois de France, t. XVIII, p. 59.

6 Voy. l'édit. de janvier 1568, qui crée douze nobles en chaque vilie ; l'édit de juillet 1577 qui crée un noble en chaque paroisse, etc., etc.

NOBLlvSSl'; COMMERÇANTE

iicquérir '. Pour attirer les acheteurs, le taux ' était peu élevé: G.OOO livres en lOîXi. Mais de temps en temps, on faisait appel aux nouveaux anoblis. Sous des prétextes sans cesse renaissants, on leur imposait des taxes spéciales, et faute par eux de les acquitter, ils étaient déclarés déchus de tous leurs droit*» et redevenaient roturiers. Pour varier, on créait et l'on vendait aussi des char<>es, des offices, qui rapportaient de bons revenus prélevés sur le pidilic, et qui conféraient la noblesse liéréditaire.

D'un autre côté, Henri IV, au comincncement du dix-septième siècle, avait anol)li les premiers directeurs de la manufacture de draps d"or et de soie, fondée à Paris pour lutter contre les importations italiennes. Quelques années après, le roi déclarait, dans l'article 452 de l'ordoimance de janvier 162!) ^, que « pour convier ses sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, de s'adonner au commerce et trafic par mer, tous gentilshommes qui entreront en part et société dans les vaisseaux, denrées et marchandises d'iceux ne dérogeront point à noblesse, sans toutefois pouvoir vendre au détail ». Mieux encore, « ceux qui ne seront nobles, après avoir entretenu cinq ans un vaisseau de deux à trois cents tonneaux, jouiront des privilèges de noblesse tant et si longuement qu'ils continueront l'entretien du vaisseau dans le commerce ». S'ils mouraient au cours de leurs opérations connnerciales, la veuve et les enfants héritaient de leurs droits, « à condition que l'un d'entre eux continue la négociation dudit commerce et l'entretien d'un vaisseau par l'espace de dix ans ». En outre, les marchands ayant été « eschevins, consuls et gardes de leur corps » pouvaient « prendre la qualité de nobles ^, et tenir rang et séance à toutes les assemblées publiques et particulières immédiatement après les lieutenants généraux, conseillers des sièges présidiaux, procureurs généraux et autres juges royaux ».

La royauté déclarait donc émancipé le connnerce maritinu>. Mais les habitudes, les mœurs, les préjugés étaient plus forts que toutes les ordonnances, et celle de 1629 dut être fréquemment renouvelée avant que la noblesse osât s'en prévaloir.

Un édit du mois d'août 1669 ^ invita formellement les nobles à se livrer au « commerce de

^ 0 Cuiiime il y «'ii a qui inveuti'iil lt>utt>s sdi'Ii'.s ilc ruses jMiur se juvvaluii" ilu titre de nobli', il y en a d'autres qui ont te jrof^t si tlillereiit qu'ils ont refusé cet honneur, préférant leur tratir à cette qualitv. El nous en voyons qui ont été faits nobles de force par des tnlits, ayant été clioisis comme l'iehes et aisés pour accepter ce privilè{j;e moyennant une linance. De ce nombre a été Richard Graindor^^e, fameux marcliand de bœufs du pays d'Aude en Normandie, ipii fui obligé d'accepter ce privilège et de payei- mille écus de finance l'an 1577. J'en ai vu les contraintes entre les mains de Charles Graindorge, son petit-fils, sieur du Rocher ». G.-.\. de la Roque, Traité de la noblesse, p. 07.

2 Code Michuuil, dans Isamhert, Ancirmies lois françaises, t. XVI, ]!. 33y.

3 C'est-à-dire pi-enilre des armoiries, mais sans timbre,

* Dans Isandiert, t. XVIIl, p. 217.

mer ». Après avoir fait l'éloge du négoce et déclaré « qu'il n'y a point de moyen pour ac([uérir du bien qui soit plus innocent et plus légitime », le roi s'exprimait ainsi : « Quoi(]ue les lois et les ordonnances n'aient proprement défendu aux gentilshommes que le trafic en détail, avec l'exercice des art-s mécaniques et l'exploitation ries fermes d'autrui ; que la peine des (UMitraventions aux règlemens qui ont été faits pour raison de ce. n'ait été que la privation des privilèges de 7iobles.se, sans une entière extinction de la qualité..., nous avons estimé à propos de déclarer le commerce de mer ne pas déroger à noijlesse, par une loi qui fût rendue publiiiue et généralement reçue dans toute l'étendue de notre royaume... ».

Cet édit fut encore confirmé au mois de décembre 1701 ^. Le roi .se montra cette fois plus pressant encore : « Nous avons même souvent, dil-il, accordé des lettres d'anoblissement en faveur de quelques-uns des principaux négocians, pour leur témoigner l'estime que nous faisons de ceux qui .se distinguent dans cette profession ». L'édit déclare ensuite que les nobles qui se livreront au commerce en gros marcheront dans les cérémonies à la tète des autres négocians, qu'ils pourront « posséder des charges de conseillers, secrétaires, maison et couronne de France et des finances et continuer en même temps le commerce en gros ». Et, alin ([u'on ne se méprit point sur l'expression de marchands en gros, qu'on ne pût croire que ces mots voulussent désigner seulement le commerce de mer, l'articule 4 de l'édit prend soin de spécifier que « seront censés et réputés marchans et négocians en gros tous ceux qui feront leur commerce en magasin, vendant leurs mardiandises par balles, caisses ou pièces entières, et qui n'auront point de boutiques ouvertes, ni aucun étalage et en.seigne à leurs portes et maisons ».

Malgré tous ces encouragements, le préjugé l'emportait, et les idées de dérogeance qui avaient disparu de la loi persistaient dans les mœurs. Mais une autre aristocratie, celle de la fortune et Af l'intluence acquises par le travail. commenc;ait à s'élever auprès de l'aristocratie de race, et la Révolution allait déclarer que le vrai noble était celui qui servait bien son pays, quel c[ue fût le champ de son activité.

Le 2:} juin 1789, dans le discours que le roi vint lire aux Etats généraux, il se réserva le droit, « inhérent à sa couronne », d'accorder des lettres de noblesse t à ceux de ses sujets (jui. par des services rendus au roi où à l'Etal, se seroient montrés dignes de celte récompense - ». t)uel(|ues jours après, paraissait le fameux décret du 4 août, dont l'article 11 est ainsi conçu: <> Tous les citoyens, .sans distinction de nais.sance. pourront être admis à tous les emplois et dignités ecclésiasti([ues. civiles et militaires, et nulle profession utile n'emportera dérogeance ' ».

I Dans Isamberl, t. XX, p. 400.

* J.-B. Duverf^ier, Collection des lois, I. I, p. 20.

S J.-H. Duverper, CollretioH des lois, t. I, p. 34.

NOCHERS — NOTAIRES APOSTOLIQUES

Nochers, ^'n3'. Mariniers.

NogUetteS. Ndiu doniu' aux HUi's (II' Ijou- (ii|iu' (U's linj^ores.

Noircisseurs on Teinturiers en noir.

Ce inmi elail eiiiployi' siirtuul dans li> luaiiurafluI■l•^ ili' Rouen.

Noliseurs. Vov. ACCrétexirs.

None. Dans le Licrt dt's métiers e I dans les ordonnances du moyen à^e, ce mol désigne souvent trois lieures après midi. Au sein de plusieurs métiers, la sonnerie de none doniuiit le signal delà cessation du travail les samedis et les veilles de fêtes. Ainsi les charpentiers déposaient leurs outils « au samedi, puis nonne sonnée à Nostre-Dame au gros saint ' ».

Nopeuses. Voy. Élpincetises.

Norchiers ei Norrequiers .

Nourrisseurs.

Notaires royaux. Officiers puldics charj^és de dresser les actes et contrats aux((uels on veut donner un caractère d'antlienlicité. A l'époque féodale, certains seitrueurs eurent des notaires particuliers ; la Taille de 1292 mentiiuine même le notaire de l'évêque de Paris. Philippe le Bel en 1300 créa 60 notaires royaux attachés à la juridiction du Chàtelet ; et, en 1738, aucun notaire de Paris ne pos.sédait dans son étude un acte antérieur à cette date. Il est vrai que, jusqu'au quinzième siècle, on les délivrait aux clients sans en garder copie. Charles VII, en 1437 ordonna aux notaires de conserver les minutes des actes dressés par eux, mais ils ne se soumirent à cette formalité qu'en 1539.

Charles VI avait placé les notaires sous la sauvegarde royale, ce qui les autorisait a apposer sur leur maison les armes de France ; c'est là l'origine des panonceaux qui figurent encore aujourd'hui aux portes des notaires -.

Chaque notaire possédait alors, dans la grande salle du Chàtelet, un hanc qui portait le nom du titulaire et la date de .sa réception. D'abord très simples, ces bancs devinrent luxueux, parfois couverts d'élégantes sculptures. Le dossier du banc appartenant à Pierre Dormezan représentait la pêche miraculeuse ; celui de Gautier le Furet la multiplication des pains. Les dimanches et jours de fête, les notaires forcés de quitter leurs Ijancs, s'installaient près du Chàtelet, dans un parloir de couvent, une sacristie d'église, ou même une salle de cabaret, et par tous les temps envoyaient au dehors leurs plus jeunes clercs racoler des clients. De là serait venu, dit-on, le nom de saute-ruisseau que porte encore le dernier clerc d'une étude.

Sous François I", les charges devinrent transmissibles et vénales. La vedeur des bancs dépendit de la notoriété qu'avait acquise le titu-

laire, et aussi de la place ([ue ce banc occupait dans lagrand'salie ; les douze premiers, d'où l'on voyait la rivière, et relui qui était placé vis-à-vis de l'énorme crucifix de fer suspendu à la murailh", passaient p(mr les meilleurs et les plus productifs. Vers la lin du règne de Henri II, les notaires conunencèrent à avoir des études dans la ville et à déserter leurs bancs du Chàtelet. Ceux-ci consen'èrent longtemps encore les nom, prénom et adresse de leurs anciens possesseurs ; puis un beau jour, sous la Fronde, le populaire s'en empara et alla les brûler sur le Pont-au- (]hange.

.\u dix-septième siècle, les notaires, alors au nombre de cent treize, se ([ualilieni de conseillers du roi, notaires, garde-notes au Chàtelet de Paris, et ils font, en 1079, reviser leurs statuts. La communauté était alors administrée par un doyen, douze délégués, trois syndics et un greffier, tous élus par leurs collègues. Nul ne pouvait être reçu notaire « ([u'il n'eût esté clerc à Paris [)endant cinq années, pour s'en rendre capable >>. L'article XI est ainsi conçu : \< VA parce que l'escusson des armes du Roy, que lesdils notaires mettent sur leurs treillis ([iii sont au devant de leurs maisons, fait assez connoistre leurs demeures et conditions, ils ne pourront y faire mettre aucune inscription à cet effet, ny mesme en quelciues autres lieux, et sous quelque prétexte que ce soit ».

Les notaires de Paris pouvaient instrumenter dans tout le royaume, mais devaient avoir leur domicile dans la capitale. Ils étaient exempts du logement des gens de guerre, de tutelle, de curatelle, du service du guet et en général de la plupart des charges publiques. Il était admis que leurs fonctions se conciliaient avec la qualité de noble et que, par conséquent, ils ne dérogeaient point.

Nous avons vu les notaires prendre le titre de garde-notes, ils n'eurent jamais à Paris celui de tabellion. Kn province, le tabellion, tout à fait distinct du notaire, recevait les minutes dressées par celui-ci, les transformait en expéditions originales ou grosses, leur conférait l'authenticité en y apposant le sceau de la juridiction, et les conservait.

Au moment de la Révolution, les notaires à Paris étaient encore au nombre de cent treize. Ils avaient pour patron saint Nicolas, qu'ils fêtaient à la cliapelle du (irand-Chàlelrt '.

Voy. Garde-notes. — Garde-scels. — Greffiers des conventions. — Panonceaux, etc.

Notaires apostoliqiies. Notaires chargés de recevoir toutes les déclarations et de passer tous les actes relatifs aux bénéfices et autres matières ecclésiastiques. D'abord nommés par les archevêques et les évêques, ils cherchèrent toujours à empiéter sur les attributions des notaires royaux. Par édit de décembre IfiSl, Louis XIV créa des notaires apostoliques dans

* .\u bourdon. Livre (Us iti^ti^rs, titre XLVII, art. 6. ^ ^'oy. S. -F. Langloix, Traité des itruils et pricilèijes

- \'o3'. ci-dessous l'art. Panonceaux (Faiseurs de). | 'les notaires.

NOTAIH]<;S APOSTOLIQUES — NOURRICES

tous les diocèses du royaume ; les articles 1 à 10 de ccl édil coiitiiMiucnl rinleniiinable liste des cas dans lesquels ils avaient le privilèj^e d'ins- Irunii'iiler.

En février \C)Q'.i les notaires apostoliques de Paris furent supprimés et leurs fonctions dévolues aux notaires du (^liàlelet '.

Notaires du Parlement. Voy. O-refflers.

Noteniers. Voy. Mariniers.

Noteurs de la chapelle du roi. Titre

que pdj-lail un copiste privilégié pour la nuisi([Ue de la cliapell(! royale. Pierre Blondeau possédait ce titre en 1532. En 1586, maître Symon Hurel se disait « noteur en musique du Roi noslre sire ». Nicolas Jarry, le célèbre calligraphe fut, en IfiOfi, un de ses successeurs-. En 1712, ce titre fort envié avait passé à un des Ballard ■*.

Notonniers. Voy. Mariniers.

Notre-Dame (Les quatre fêtes). Dans les anciens slaluls des métiers et dans les ordonnances du moyen âge, cette expression désigne toujours l'Assomption, la Nativité, la Chandeleur et l'Annonciation. « Nus blasonnier ne doit ouvrer au jour de diemenche ne à nule des quatre festes à la glorieuse Vierge Marie ' ». « Nus selier ne puet ouvrier au diemenche ne aux quatre festes Notre-Dame, c'est à savoir à la Mi acjust, à la Seplend)resc]ie, à la Cliamleleiir et en Miirs '' ».

Notre-Dam.e en mars. Dans les anciens

statuts des métiers et dans les ordonnances du moyen-âge, ces mois désignent toujours l'Annonciation, dont la fêle se célèbre en mars. « Nus lalemelier '' ne puet cuire au jour Nostre- Dame en mars '' ».

C'est le jour que choisirent plus tard les patenôlriers d'émail p(Uir la réunion de leur confrérie ".

Notre-Dame de la mi-août. Dans les anciens statuts des métiers et dans les ordonnances du nu)yen âge, ces mots désignent loujiiurs rAssom|)(ion (15 août). « Nul lalemelier ' ne puet cuire au j(Uir Noire-Dame de la mi-août '" ».

(^e l'ut plus tard le jour choisi par les gagnedeniers, les aiguilliers, les rôtisseurs, les londeurs de drap, les corroveurs pour la réunion de leurs confréries ' ' .

^ Voy. S. -F. Langloix, TrnUé des i/roi/x ri pr/n'/iyrstirs nvfairrs, p. X et 05.

2 Jal, Dicllniiiinire rn'/i</iir, ji. 702 et 'J19.

•> 'ri'ubuuillet, £/(!/ tie la France n 17 i2, I. I, |). 4'J.

* l.irre îles mëliers, titiv LXXX, art. 7.

(> Liore lies métiers, titre LXXVIII, art. 21.

" lioulaiigers.

' Lifre lies mé/iirs, titre 1, art. 24.

** liC Masson, Caleiiflrier ilrs confréries, p. 32.

^ HuulangiM".

10 Licre ilrs métiers, litre I. art. 8.

H Le Masson, Calrmlrier îles confréries, p. 45.

Notre-Dame de Paris (Cloître et PARVIS de). \dy. Privilégiés (ULeux).

Notre-Dame de Septembresclie.

Septembre. \'oy.

Noureg-iers. Nouretiers.

quiers. NHy. NTourrisseurs.

Nourre-

Nourrices. Le vœu de la nature est évidemment ([ue les mères nourris.sent leurs enfants, elle a façonné dans cette intention leur corps aussi bien que leur cœur. Il faut pourtant reconnaître que les femmes cherchèrent, de bonne heure, à éluder ce premier devoir de la maternité : et cela, même au temps où, plus vigoureuses et plus saines qu'aiijourd'iiui, elles n'étaient ni distraites, ni affaiblies par ce que nous appelons les exigences du monde. Qiioi([u'en prétende une légende bien connue, saint Louis ne fut pas allaite par Blanche de Casiille, mais le fut par une nourrice '.

Plus tard, et dans un milieu moins élevé, les familles assez aisées pour garder chez elles une nourrice, apportaient à son choix beaucoup de circonspection.

Le chirurg-ien qui avait fait l'accouchement était appelé à donner son avis, et les maîtres de la science avaient formulé des règles dont il pouvait s'inspirer.

Une fois admise dans la famille, la nourrice y occupait un rang bien supérieur à celui des autres serviteurs. Le poète Matheolus - nous le dit :

Les nourrisses .sont partout (filières tenues et lionnourées.

Aussi se plaignait-on déjà de leurs exigences :

UiiMi scet la nourrisse proposer Quel doit iloruiir et ropo.ser, Huire et raengiM* à vuutonté Affin qu'elle ait laict à jilanté ■•.

Durant la terrible nuit de la Saint-Barthélémy, Charles IX, qui ne cessait •.< de crier: tuez ! tuez 1 ne voulut sauver aucuns liuguenots, sinon maistre Ambroise Paré, son premier chirurgien, el sci nourrice, la(|uelle il aynioil si l'orl qu'il ne luy reffusa jamais rien, la priant pcuirtant tousjours de repreiulre sa religion catiiolique. sans la presser ni contraindre aulremeid * ». Au coiu-s de cette même nuit, Margiu'rile, sœur du roi, mariée depuis six jours, avait dans sa clianibre non son mari, mais sa nourrice. C'est elle qui ouvrit au jeune gentillionnne que la princesse put sauver ". Sous Louis XIV, les trois premières personnes qui enlraienl chez lui le matin étaient son premier valet de chambre, son premier méilecin et sii

' Voy. Élie Hcrger, Histoire île BlaHcke île Casiille,

* Malhiiu ou Matliiiilet, mort vers 1320.

3 En aliomlaiiee. — Mallieolus, i> litre i/h marinjf, éitit. lie 1 1112, f" l'.i,

* Brantonu', Œiirrrs, t. A', |i. 256.

f' Marfîuerite Ue N'alois, Mémoires, édil. Michaud, p. 410.

NOURRICMS — N0URHISS1-;UHS

nounii-i'. Ci'llo-ci. cii arrivaiil \<iill(iil li' liaiser»

llilIlS Mlll lil ' .

l,a tidurrii-o l'I 1'' H;<iiivi'rMi'iii' ilr l'riil'iiiil (Haiciil, ilaus une ^ramU' iiiai>(iii, les serviteurs <|ui recevaient les j^ajj^es les i)lus élevés *.

\'ers la Un ilu siècle suivant, la nourrice parta{;;ea le sort îles autres domestiques. Mieux pavée, mieux nourrie, mieux haliillée cju'au- |)aravant, elle ces.sa de faire partie do la famille, il l'on ne vit plus j^uère de vieux serviteurs mourant de vieillesse auprès du maître à (jui ils avaient consacré leur vie ■•.

A la Cour, les investi<^ations les plus minutieuses précédaient le ciioix d'une nourrice (le.slinée à un lùifant de France. On comuu'uçait il s'en préoccuper vers le septième mois de la u;rossesse. Les postulantes étaient naturellement nombreuses, et toutes comparaissaient devant les médecins royaux, qui les soumettaient u un sévère examen. On prenait, en outre, des reusei-i^nements sur leur vie privée et sur celle de leur mari, même sur la siuilé de leurs ascendants éloiy^nés.

L'enfant une fois sevré, celle qui l'avait nourri devenait femme de chambre de la reine. Les princesses accordaient le même luiuneur à la nourrice de leurs enfants '.

(;'e>l à l'imprudence d'une nourrice que Henri 1\ dut le trône de Navarre, puis celui de France. Jeanne d'.\lbret avait eu avant lui deux enfants, le duc de Beaumont et le comte de Merle, qui tous deux moururent en bas âge. « Le comte de Merle, écrit un vieil historien de la Navarre, estoit aussi souvent entre les mains des •;^entils-honnnes du Roy sou aïeul ■'* qu'en celles de sa nourrice. Une après disnée, que le Roy et ses enfans estoient allez à la chasse, un ijentil-homme et la nourrice estans ù la fenestre de la chambre où il estoit nourry, par un maigre passetemps, se le donnoient entre les bras l'un à l'aultre hors de la croisée d'une fenestre, de sorte que le gentil-homme feignant de le prendre des mains de la nourrice et ne le prenant pas, et la nourrice l'ayant lasché mal à propos, ce petit prince tomba de la fenestre en bas sur un perron, où il se rompit quelques costes " ».

Henri IV eut six nourrices '.

Louis XIV en eut au moins neuf.

Le premier Dauphin, tils de Louis X^ I, fut nourri par madame Poitrine, nom prédestiné. C'était une robuste paysanne, fille d'un janlinier des environs de Sceaux '. KUe jurait comme un grenadier, et ne s'étonnait de rien à la Cour, pas même des dentelles et des bonnets de six cents livres dont on l'affublait. C'est elle qui fit connaître à Versailles la célèbre chanson de Marlborough, qu'elle avait apprise dans son village, et

I Saint-Simon, Mémoires, t. XII, p. 172. - A oy. .VuiligiT, La uiiiixon réijlée, p. 79. 5 S.*. Mercier, Tableau de Paris, t. I, p. 171. * Duc de Luynes, Juurnal, 2 mai 1737, t. I, p. 238. ^» Hi'uri II, roi de Navarre, père de Jeanne d'Albret. •■ André KavjTi, Histoire île Sncarre, p. 806- " Miclielet dit raènio liuit, Histoire de France, édil. de 1874. t. X, p. 224.

» Merrure de France, n» de novembre 1881, p. 82.

qu'elle chantait au Dauphin pour l'endormir. L'air plut il Marie-Antoinette, élève de Gluck, et ce caprice royal assura le succès des naïfs conq)lels. En 1783, tout était à la Murlburnutjh, les rubans, les gilets, les coiffures, etc. L'année s\iivante, Heauu\archais faisait jouer Le mariage de Figaro, et Chérubin y chantait sa ciianson d'amour sur l'air de Marlboro\igh '.

^'(lV. Bureaux de placement. ■ Gardiennes du ventre. — Retenues, di .

Nourrices sèches. Lors((ue la mère ne pouvait ou ne voulait nourrir, l'on avait le plus souvent recours au biberon, dont l'usage est fort ancien. On le voit cité dès le treizième siècle dans le roman de Robert le Diable, et plusieurs types, remontant très haut, ont été découverts un peu partout, notamment dans les fouilles exécutées au château de Pierrefonds *. L'allaitement à la cuillère ou au petit pot avait aussi ses partisans. Charles VII eut deux nourrices, ce qui n'empêche pas qu'il fut élevé au petit pot. Les comptes de la maison royale parlent sans cesse de la « fleur » qui servait à son alimentation ; de la« paiolle ^ » et de la « cuUier d'argent idanc pour faire la bouillie à Mgr messire Charles de France » ; du « pot d'argent à mettre lait >>, et des serviettes délivTées à ses femmes « pour mettre ilevant lui quand on lui donne la bouUye * ».

.\u début du seizième siècle, un des premiers cris dont retentissait Paris était celui des laitières qui, dès le matin, prévenaient les nourrices de leur arrivée :

.\u malin pour commencement Je crie du laict pour les nourrices, Pour nourrir les petis entans Disant ; ça tost le pot, nourrice S.

On admettait alors que « si un enfant est nourry du laict d'une beste, il luy demeurera toujours quelque chose de la qualité de ce laict, et par conséquent de la nature do la beste * ». Mais ceci ne s'appliquait qu'aux nouveaux-nés ; je lis, en effet, qu'au cours de Tannée 1579. l'on n'hésita pas à acheter « uneànesse noire », pour fournir du lait à Henri IV, alors en Navarre ".

Nourrisseurs. L'avocat Barbier dit qu'en 174.3*, on nourrissait dans Paris et ses faubourgs plus de quatre mille vaches. Les bestiaux qu'on y consonniiait venaient de l'Ile de France, de la Brie, de la Beauce. du Perche, du Vexiu, de Normandie, de Picardi^e. de Bretagne, de Poitou, de Berri, de la Marche, du Limousin et ijuelque peu d'Auvergne.

1 .l/f /«»!>« .««/•<•/* dits de Bachaumonl. 17 juin 1"83, t. XXIII, p. 12.

* VioUet le Duc, Dirtioniwirf du mobilier, t. Il, p. 37. — .\uvanl et Pingat, Hyijiine infantile, [>. 59 et suiv.

3 Poêlon.

* Du Kresne de Beaucourt, Histoire de Charles VU, l. I, p. 9.

5 Les eent et sept cris que l'on crie journellement à Pans, \r\. 1545.

6 Cl. July, p. 231.

" Inventaire des arckices des Basses-Pyrënées, t. I, p. 0. » Journal, avril 1745, t. IV, p. 28.

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