NOUVEAUTES
On lirail plus spiMualeiiienl :
Les l)œufs, dp Neiiijourfi;, en Normandie.
Les veaux, de Normandie, du Vexin el de la Brie qui, à elle seule, en envoyait 200.000, année commune.
Les moutons, de Normandie, de la Brie et surlout du Vexin. (>dui-ri en fournissait 416.000, année commune ' .
Le mot nourrisseurs a été fort défif^uré, et a fourni les formes norchiem, nouregiers, nonrrequiers, norreqniers, nouretiers, nourrociers, etc.
\'oy. Bestiaux (Commerce des).
Nourrociers. \'ov. Nourrisseurs.
Nouveautés fM.vn.vsws de). .4vant la Rr-volulio]i, chacun des métiers qui constituaient l'industrie et le conunerce parisiens avait sa spécialité bien définie. Des statuts très explicites déterminaient avec soin quels objets ils étaient autori.sés à fabriquer et à vendre.
En ce qui louche la fabrication, ces statuts entraient dans les détails les plus minutieux, précisaient, par exemple, le nombre des tenons et des mortaises nécessaires pour assurer la solidité d'un siège ou d'une porte, et tout objet qui n'avait pas été exécuté d'après les règles prescrites était confisqué, puis brûlé devant la iiiinlique du coupable.
Quant à la vente, chaque métier ne pouvait faire trafic que des objets qu'il était autorisé à produire. Dès qu'un marchand se permettait de débiter ou seulement de posséder chez soi des marchandises étrangères à sa spécialité, il empiétait donc sur le monopole d'un autre métier. Ce principe, source intarissable de querelles, de saisies, de procès, resta en vigueur jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, et les communautés se montrèrent toujours fort jalouses de le conserver intact .
Si aucune exception n'y eût été apportée, qu'en fût-il résulté? Au début, tout commerce en gros eût été à peu près possible. Qu'un gantier voulût, soit exporter ses produits, soit importer des produits étrangers, il était réduit à se mettre en route chara-é de «jants, et il lui était interdit de rapporter autre chose. Dans un temps où la consommation était très linutée et l'argent très rare, où les transactions avaient très souvent lieu par éclianges, son voyage n'eût pu être fructueux. Aussi les industriels se bornaient-ils, en général, à vendre sur place les objets fabriqués par eux. Mais le principe de la spécialisation des métiers entraînait une conséquence beaucoup plus grave: appliqué dans toute sa rigueur, il aurait condamné les habitants de l'aris à se priver des nombreux objets que l'industrie parisienne ne créait point.
De là, la nécessité d'établir un corps spécial de marchands, urgani.sé d'après des statuts absohnnent contraires à ceux qui régissaient les autres communautés. Toute fabrication fut interdite à ses membres, et en revanche ils
1 ^ ny. t)''lamaiT(', Trnitr ilr la polirr, t, II, p, II 11 l't .suiv.
eurent le droit de venrlre, non seulement l'universalité des articles fabriqués à Paris, mais encore toute espèce d'objet.s et de produits, quelles que fussent leur nature et leur provenance. Les individus composant cette corporation reçurent le nom de merciers, dérivé du mot latin nierx, qui désignait toute marchandise, toute chose susceptible de constituer im conunerce.
Le trafic des merciers prit en peu de temps une extension considérable, et dès le quatorzième sièfde leurs boutiques représentent oxaclemeni, à part le luxe et l'étendue, nos grands magasins de nouveautés. Les produit-s qui les encombrent sont aussi nombreux que variés, et l'entassement de tant de merveilles serait difficile à croire si un poète du ([uatorziènie siècle ne nous en avait conservé la très curieuse énumération. Elle a pour titre Z« dit d'un mercier, et se compose de 169 vers '. L'honorable commerçant est supposé parler au [)nblic,et ainsi que le font nos prospectus actuels, il lui vante la quantité et la qualité de ses marchandises. Comme le style du quatorzième siècle présente parfois quelque obscurité, je me bornerai à analyser cette petite pièce. .
Notre mercier s'adresse surlout aux dames, et leur annonce qu'elles trouveront chez lui les articles de toilette les plus variés :
Si ai tôt * l'apareillpraent Dont fome fait fornioment,
des gants ordinaires ou fourrés, des mitaines ', des rubans, des lacets, des boiicles pour les ceintures et pour les souliers, des aiguilles très pointues *, des épingles d'archal et d'argent et des dés à coudre ^, des rasoirs, des ciseaux, des cure-oreilles et des cure-dents, des instruments pour lisser et crêper les cheveux, des chaussepieds, des peignes, des miroirs, du ro.se et du blanc pour les jolis visages :
Rasoers, forces, guignocres,
Escuretes et furgoeres,
Et hendeax et crespiseors.
Trainax, pignes, mireors,
Eve rose dont se foi'bissont,
J'ai f[Ueton dont eus .se rougi.ssent,
J'ai blanche! dont eus se font blanches.
J'ai encore (< le bon savon de Paris ». J'ai des agrafes et des aumônières. des brides d'attaches ornées de gros boutons d'or et de soie,
J'ai beax frcseax à. faire ataches, A gi'os botons d'or et de soie.
Le comptoir des coiffures est très bien assorti. On y voit des guimpes, des voiles pour les nonnains, des couvre-chefs, des chapeaux d'orfrois, et aussi de beaux mascjues pour cacher la figure,
J'ui beax museax à musel.
J'ai des doublures d'hermine, j'ai des peliçons fourrés tie loutre, j'ai beaucoup d'autres véte-
' l-iihIiolhi'i|iie nationale, m^umscril.s, fomls français. n« l'Jir)2.
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•' CI El niofflo.s à melre on lor mains u. 4 « J'ai les très eoinles aiguillées ». î" t( J'ai les deeus à custurières u.