OR KT ARGENT — ORDONNANCES
substance. On niellait nu pot un chapon bourré (le pièces d'or, et le bouillon qu'il produisait rendait la viffueur aux fjrens épuisés. On leur faisait encore niùcher île l'or en feuilles, souvent aussi (le lu liniaille d'or grattée sur des monnaies '.
En 1730, le roi aciieta le secret des goulles d'ur du général de la Mothe, célèbres surtout par leur cherté. Le pharinucien Baunié évaluait ù 24 livres le prix de revient d'une certaine quantité de ces gouttes qui se vendait 3.264 livres. Le roi pava la formule par une rente de 4.001) livres -.
Voy. Bijoux (Commerce des). — Changeurs. — Joailliers. — Mineurs.
— Orpailleurs, etc.
Orangrers. Titre qui appartenait à la corporation des fruitiers.
Les oranj^es élaient (h'jà fort appréciées en France au (|uatorzii'me sii'cle. .\ uu repas de noces donné vers 1393, on servit, au dessert, « cinquante pommes d'orenges ^ ». Au seizième siècle, on les croyait aphrodisiaques*, et de petits marchands en criaient dans les rues de Paris. Il semble que l'on recherchât alors pres([ue exclusivement les oranjjes de Portniral.
Henri IV fit construire, dans le jardin des Tuileries, une orangerie, ([u'il transforma bientôt en magnanerie ^. Mais Louis XI\ eut une passion pour l'oranger, et les grands seigneurs s'empressèrent de la partager. M"'" de Sévigné, décrivant les jardins de Clagny, que Len(Mre venait de dessiner, écrit : « Il y a un petit bois d'orangers dans de grandes caisses ; on s'y promène ; ce sont des allées où l'on est à l'ombre ; et pour cacher les caisses, il y a, des deux côtés, des palissades à hauteur d'appui, toutes fleuries de tubéreuses, de roses, de jasmins ' ».
C'est vers cette époque qu'apparurent les mandarines, dites alors oranges de la Chine. Elles étaient encore assez rares en 1668, aussi Cléante, voulant mettre hors de lui son père Harpagon, lui annonce qu'il a préparé pour Frosine une collation et « quelques bassins d'orano-es de la Cliine ' ». Toutefois, les oranges se sen'aient alors, le plus souvent, au milieu du repas, avec le rôti '. On en connaissait au moins vingt variétés '", et le commerce, comme celui de presque tous les produits exotiques, en était fait surtout par les épiciers ". J.-P. Marana
' ^ oy. B. Palissy, Discours île la nature îles eaux el fontaines, édil. de 1580, p. 138.
* Mémoire sur les usages de lélixir ifor du général de la Molke.
3 Mf'nagier lie Paris, t. II, p. 110.
* Kabelai.^, Gargantua, liv. I, cliap. VIII. 5 \. Truquot, les 107 cris.
* \'oy. ei-dossous l'art. Soie (Commerce de la). '' I,Pttre du 7 aoflt 1075, t. IV, p. 21.
* l.'atare, acte III, se. VII.
9 .\. de Courtin. Traité de la civilité, p. 108. ^0 Morin, Instruction facile pour eonnoistre toutes sortes d'orangers, 1674, in-18, p. 6.
•l Le lic.-e commode pour 1692, t. I, p. 302.
écrivait vers 1700 : « Les oranges et les citrons tiennent le premier rang entre les choses qui se vendent ciier, parce qu'Us sont plus estimés que les autres fruits '... ». A ce moment, les oranges de Malle commençaient à détrôner celles de Portugal - ; mais les petits marciiands établis sur le Ponl-Neuf ■' contiimènuil longtemps encore à crier dans les rues Portugal! Portugal! ^ comme on crie aujourd'hui Z« Valence! La Valence !
Outre leur palron saint Léonard, h's orangers avaient une confrérie particidiere déiliée ù saint Clirislopiie ■".
Orateurs. Au théâtre, on appelait orateur l'acteur qui, a la fin de chaque représentation, remerciait le public, et lui annonçait le spectacle suivant. « L'orateur a deux principales fonctions, c'est à luy de faire la harangue et de composer l'affiche. Le di.scours qu'il vient faire, à l'issue de la comédie, a pour but de captiver la bienveillance de l'assemblée. Il luy rend grâces de son attention favorable, il luy annonce la pièce qui doit suivre celle qu'on vieid de représenter, el l'invite à venir la voir par quchpies éloges qu'il luy donne ; ce sont là les trois parties sur lesquelles roule son compliment. Le plus souvent, il le fait court et ne le médite point ; quelquefois aussi il l'étudié quand le Roy ou Monsieur ou quelque prince du sang se trouve présent '' ».
Parmi les acteurs qui onl rempli celte fonction avec le plus de succès, on cite Bellerose, Floridor, Mondory, etc.
L'orateur représentait donc à la fois l'affiche actuelle et les réclames des journaux.
C'est .seulement à dater de 162."S que le nom de l'auteur figura sur l'affiche. Depuis la Sylvie de Mairel, écrit Sorel, << les poètes ne firent plus de difficulté de laisser mettre leur nom aux affiches des comédiens, car auparavant on n'y en avoit jamais vu aucun ; on y mettoit seulement le nom des pièces, et les comédiens annonçoient seulement que leur auteur leur donne une comédie nouvelle de tel nom " ». L'usage de placer sur l'affiche lenom des acteurs ne date qpe de 1789.
Sous Louis XIV, les affiches étaient rouges pour l'hôtel de Bourgogne, vertes pour le théâtre Guénégaud, jaunes pour l'Opéra *.
Voy. Théâtre.
Orbateors et Orbatteurs- Voy. Batteurs d'or.
' Lettre d'un .Sicilien, p. 28 el 29.
ï Mercure de France, a" d'avril 1776, p 196.
3 Xuugaivt, Anecdotes du règne de Louis XVI, t. I, p. 317.
* S. Mercier, Tableau de Pans.
5 Le Masson, Calendrier des confréries, p. 99.
" S. Ctiappuzeau, Le théâtre français (1674), p. 226 et
' Charles Sorel, Bibliothèque française, p. 183.
' E. Despais, Le Théâtre français sous L-iuis XIV , p. 141.
ORDONNANCK DE JANVIER 1350
Ordonnance de janvier 1350 (n. s.
1351). Celte ordonnance, souvent mentionnée sous le litre de (jrrnide ordonnance de ISôO. ne renferme, en etl'et. pas moins de 252 articles. Elle tendait à Ijouleverser l'ori^anisation des corps de métiers, pour en établir une autre, plus libérale sur bien des points, mais où dominent encore les erreurs économiques de l'époque. Disons-le tout de suite, l'ordonnance de l."}.">0 était inexécutable et ne fut point exécutée.
Le roi, d'ailleurs, n'avait peut-être sonyé qu'à parer à des nécessités momentanées. La terrible peste de l;j48 ' venait <le décimer la population parisienne, la population pauvre, les artisans surtout ; de là im rencbérissement considérable de toutes choses, car les ouvriers, devenus rares, pouvaient faire la loi et taxaient Icuis services ù des prix exagérés. Pour remédier à cette situation, l'ordonnance, très sagement, rend presque tous les métiers libres ^, favorise par conséquent autant que possible l'établissement de nouveaux connnerçants ; elle autorise, en outre, les maîtres à régler comme ils l'entendent les conditions de l'apprentissage, et à prendre autant d'apprentis qu'ils pourront en former '. Les forains, mal accueillis jusqu'alors, sont invités à apporter leurs produits aux balles et toute protection leur est promise *.
Cela est très bien. Mais l'ordonnance prétend ensuite fixer le prix de vente de chaque marchandise, le bénéfice permis au marchand, le salaire dû aux différents serviteurs. D'une manière générale, nul ne doit « prendre pour marchandise, ni pour sa journée ou salaire que le tiers plus de ce qu'il prenuit avant la mortalité ^ ». Le bénéfice sur chaque objet vendu ne doit pas dépasser deux sols pour livre ". Une paire de bons souliers d'homme ne pourra être vendue plus de 2 sols 4 deniers '. Nul tonnelier ne devra demander « pour relier un tonnel », plus de 18 deniers '. Les « femmes qui travaillent aux vignes » ne réclameront pas plus de 8 deniers par jour en hiver et 1*2 deniers en été '. Les faucheurs ne pourront exiger plus de 4 sols par arpent '". Les charrons ne pourront vendre une roue plus de 10 sols ' ' . Les gages des chamjirières '^ sont fixés à 30 sols par an, et ceux des nourrices à 50 sols '^ », etc., etc. Et non seulement il était interdit d'exiger plus que le tarif fixé par la loi, mais nul ne devait donner, offrir ni recevoir davantage. Qui enfreignait cette
' La peste noire ou p'.'sle à bubons ' pestis i/iji/iiiarial qui semblait destinée à anéantir l'espèce humaine, et qu' pendant dix-huit mois sema dans Pai'is ia terreur. \'oy. J. Miidion, Donimeiit xnr In fjrnmle pi'nlf de îS4St dans la Itibliotlitiitte fie l e'rolf fies chtirtea, t. II, p. 201.
* Article 22K.
•I .\rliele 22U.
* Article 163.
5 Articles 230 et 231.