‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 26 sur 422 · BOURET · texte numérisé non relu

BOURET

[Ici, signatuic illisible].

(Dix-huitième siècle).

Pardevant les conseillers du Roy, notaires au Chùtelet de Paris soussignés, fut présent : Sieur Pierre-Jean Diipasquier, marchand mercier a Paris, y demeurant rué Neuve des Petits-Champs, paroisse Saint-lOuslache, au nom et comme tuteur ad hoc pour l'ett'et des présentes, de Jean- Jacques Dupasquier, âgé de vingt-trois ans ou environ, son frère, élu à ladite charge par sentence homologative de l'avis des parens et amis dudit mineur -. rendue par monsieur le lieutenant civil au Chàtelel de Paris le jour d'hier ; laquelle charge il a acceptée à l'instant par acte étant ensuite de la ditte sentence : l'original de laquelle duement coUalionné, signé Minard, faisant mention que sa minutte est au registre dudit Minard, greffier de la chambre civille, a été représenté par ledit sieur comparant: ce fait à lui rendu.

Lequel en saditte qualité a rais en apprentissage ledit Jean-.Iacqnes Dupasqiuer, son frère, qu'il cerliffie fidèle et de bonnes mœurs, pour trois ans, à compter de ce jour, chés et avec sieur Nicolas Yallery, maître horloger à Paris. y demeurant cour du Palais, paroisse .Sainl- Barlhélemy, à ce présent et recevant ledit mineur pour son apprentif. Auquel pendant ledit temps, il promet et s'oblige lui montrer et enseigner son art et profession d'horlogerie en tout ce dont il se mesle, l'instruire en ladite profession sans lui en rien caclier, le nourrir ù l'exception des testes et dimanches, le loger, chauffer et éclairer. l<]t ledit sieur tuteiu" s'oblige, en sa ditte qualité, de nourrir ledit mineur les fêles et dimanches, et de l'habiller suivant son état, et de faire blanchir ses gros et menus linges.

(Je fait en présence dudit apprentif. demeurant actuellement chez.sondit maître, lequel a eu ces présentes pour agréable. En conséquence, s'oblige d'apprendre du mieux qu'il lui sera possible tout ce qui lui sera montré et enseigné par sondit maître louchant sa profession, lui obéir en tout ce qu'il lui commandera de licite et honneste, faire sou profit, éviter sa perte, l'en avertir si elle venoit à sa connoissance ; sans pouvoir s'absenter pour aller travailler ailleurs. Au cas d'absence, ledit sieur tuteur s'oblige, autant que faire se pourra, de faire

' Original sur |)arcln'min, aiipartfnaut à laulcur.

* I.a minorité durait alors jusiju'à l'àgc de vingt-

oini] ans.

APPRKNTISSAOK — ARHAI.KTHIMHS

clierclier sondil fi'ère par Umle la ville, rauxhdur'js el hanlieuf di' l'aris, ou partout ailleurs que besuiii sera, pipiu' s'il est retrouvé estre ramené chez ledit sieur sou niaitrc pour v parachever le teuis qu'il auroil perdu pendaul son aliseuc'.e, réparer celui (jui resieroil à expiiif (les préseules : qui s(uil d'ailleurs faite-inoN'euuaul la souune de (rois cens livres. Mu deduilicui <le laipielle somme ledit sieur l'ierre- Jean l)upas(piier en saditte cpialilé |a| présentement payé aiulit sieur \ aller)', qui le recouuoil, eu espèces soniuintes au cours de ce jour, compté, iiomhré et réellement ilélivré, ù la vue des notaires soussij«-ués, celle de deux cens livres, dont d'autant (luillance. VA pour les cent livres restant, ledit sieur Inleiu' s'cdili-je en saditte c|ualité (le les paver audit sieiu' Vallery, en sa (lemeure ii l'aris ou au poi'teur, dans un au de cejoin';au payement de laquelle sonuue ledit sieur tuteur ohliii^e aussy en saditte qualité tous les biens meubles et immeubles de sondit frère.

Kt pour l'exécution des présentes, les parties font élection de domicile en leurs demeures susdites; auxquels lieux, uonubstaut, [U'iuileltaut. obligeant, reuon(;aut. . . .

Fait et passé à Paris e/. études, l'an mil sept cent soixante sept, le premier février. K[ ont sit^né la minutte des présentes demeurée à maître Touriuot, iU)laire '.' *

Voy. A.Uoués. — Apprenti (Rachat d.3 V). — Apprenti (Venta de 1'). — Apprentis marchands. — Appren tissas. — Aspirant a la maîtrise. — Attendant maîtrise. — Bienfaisance (CEuvres de). — Concurrence. — Contrat d'apprentissage. — Corporations.

— Pils de maître. — Maîtres des métiers. — Privilégiés (Lieux). — Veuves de maître.

Apprentisses. Dans les communautés de femmes, ce mot repré.sentait celui d'apprentis dans les communautés d'hommes.

Voy. Compagnes.

Apprêteurs. Nu y. Appareilleurs. — Catisseurs. — Feutriers, etc.

Apprêteurs. Titre qui appartint à la corporation des bonnetiers du faubour;^ Saint- Marcel, parce qu'ils donnaient eux-mêmes l'apprêt aux bonnets, aux bas qu'ils vendaient.

Apprêteurs. Nom doimé aux peintres sur verre, pau^ce qu'ils se servaient d'une peinture dite peinture (Fupprêl.

Voy. Vitriers.

Apprêteurs de toiles. La Taille de I20i> en cite un. sous le nom lï a feleeur de tuiles.

Aqueresses . Nom donné , dans les fabriques de filets, aux ouvrières chargées de réparer les ligues.

* Oi'igiiiut sur [laLTlit'iiiiu, appartinant ù l'uuteui'.

Aquitecteurs. Nom donne par l'abbé Jaubert aux faiseurs d'a(|uedu(s '. ,1e rappelle qu'eu février lO'j;). Louis Xlll avait créé, eu faveur d'un sieur Fraucini. la place i.V inleiidaHl de.i eaux et fontaines du toi, (/rattex, ui/neducs, etc.. Mu 1712. le sieur Anceau était charge, an château de \'ersailli's de survi'iUer ■< les aqueducs et les conduites <h's eaux biuines ù boire ' >>.

Arbalétriers. Fabricants d'arbalètes.

L'arc perl'ectiiiUJié •• devint l'arbalète. L'arljalète ù main n'est que l'arc placé sur un nrlirier destiné ù recevoir le projectile.

Un passage du Dictionnaire de .Jean de (îarlande * semble établir qu'au milieu du treizième siècle l'arc et l'arbalète étaient l'abri([ués par une même corporation •". 11 n'en allait sans doute plus ainsi à la liu du siècle, car les Tailles de 12<.)2 et de f.iou distinguent les archers des arbalétriers ; la première cite trois, la secinule quatre urlialesliers. arhaletiers et arltalestriers . l'armi les trois maîtres qui exer- (;aientce métier en 1292, il en était un « Gautier l'arbalestier », qui demeurait « dedenz le manoir du Louvre " », ainsi qu'un fèvré et un fauconnier.

Un passage de Christine de Pisan '' nous apprend qu'au XIV'-' siècle les meilleures arbalètes se fabriquaient à Gènes. Au siècle suivant, elles avaient rei^u de nombreux perfectionnements. On avait d'abord adapté, à l'extrémité de Varirier, un anneau de fer ou l'trier. Dès lors, pour tendre son arme, le tireur passe le pied dans l'étrier, en même temps qu'il saisit la corde avec deux crocs de fer ou cranequins, qui sont fixés à une courroie attachée autour de ses reins ; il se courbe, maintient presque à terre le bout de l'arme au moyen de l'étrier, et la corde prise par les deux crocs se tend à mesure qu'il .se redresse : c'est Varbalèle à crunequin. U arbalète à moufle, à tour oii à tilloles était bandée par un appareil assez ciunpliqué de poulies placées sur l'arbrier. On lui sidistitua, dans la suite, le cric qui, mis au centre de l'arbrier, agissait exactement comme notre cric actuel. Le pied de chètre, de chienne ou de ^j«//e lui succéda. C'était une pièce de fer munie de quatre longues dents ; deux d'entre elles étaient retenues vers le nulieu de l'arbrier, tandis que les deux autres allaient saisir la corde ; en abaissant le manche de l'arme, les deux dernières dents remontaient vers les deux premières, et amenaient ainsi la corde jusqu'à la noix.

A deux cents pas, l'on pouvait compter sur la précision de l'arbalète, et chaque soldat portait une trousse de toile contenant dix-huit traits an moins. Ces traits, eu général terminés par un fer presque carré, se nommaient hmnjons, carreaux ou garrots ; ils étaient plus courts et plus pesants que les flèches, et empennés d'un

1 iJictionnaire îles arts el métiers, t. I. p 1 1'

^ ÉIttt de la France pour 1713. t. I, |i. U57.

3 Voy. l'ai't. .Vi'ctiers.

* Voy. l'art. Ciarlanile.

5 Voy. l'art. Arcliers.

e Page 9.

" Éilil. MichauJ, fi. :3.

ARBALKTRIKRS — ARCHITI<:CTKS

côté seulement. Le carreau qui ne dépassait pas vingl-cin<[ centimètres de longueur prenait le nom de vire/on.

Après la bataille de Pavio, l'arbalète fut aiiaiidoiinée, au moins par les troupes, et (iétrùnée pai' l'arquebuse, qui avait lait d'atTreux ravages dans les rangs français. L'arbalète à jalet, dont (Catherine de Médicis aimait à se servir ', était une arme de cliasse, qui lançait de petites balles en plomb ou en terre glaise *.

Je ne sais si les arbalétriers furent ofliciellement réunis à la corporation des arquebusiers. mais il est certain que ceux-ci héritèrent de leur titre et se dirent, jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, arquebusiers-arbalétriers.

Les arbalélriers avaient pour patron saint Denis, dont ils célébraient la fête le 9 octobre, à l'église Sainle-(]atherine du Val.

Le cul-de-sac do la Porte-aux-Peintres ' s'est appelé jadis rue de l'Arbalète et rue des Arbalétriers. Il y avait là un jardin où venait s'exercer la compagnie urbaine d'arbalétriers dont une ordonnance royale (11 août 1410) avait provoqué la formation. Kn 1515, ils étaient au nombre de 60, et avaient à leur tête un roi des arbalétriers, un connétable et un maître. Ils devaient s'habiller et s'équiper à leurs frais, mais ils étaient exempts de la plupart des impôts, et chaque homme recevait cinq sous par jour. Je les trouve encore mentionnés dans un édit de mai 1690.

Il y eut également des compagnies urbaines d'archers et d'arquebusiers.

Voy. Arquebusiers.

Arboristes. ^ oy. Herboristes et Pépiniéristes.

Arbres (Marchands d'). Voy. Pépiniéristes.

Arcaniers. Nom sous lequel j'ai trouvé nommés les ferblantiers. Je suppose qu'ils s'appelaient ainsi à cause d'un produit qualifié par eux d'arcune, qu'ils mêlaient à leur alliage et dont les compagnons s'engageaient par serment à garder le secret.

Archaleiirs. Voy. Archaliers.

Archaliers. Ce nom, que me fournit la Taille de 1313, peut désigner soit des batteurs, soit des tréjitiers, soit des boucliers d'archal.

L'archal était, au moyen âge, un alliage ou un métal fort répandu, et dont on ne connaît plus la composition. Son nom apparaît presque toujours à côté du cuivre et du laiton, et son emploi semble le même. Le (ilossaire de Ducange et le Dictionnaire de Trévoux disent qu'«Krjchalcum signifie do l'oripeau, c'est-à-dire des feuilles de cuivre battu très mince.

Savary * fournit de ce mot une étymologie assez curieuse pour être reproduite : « Le fameux

i Hiantflini', t. MI, p. 34G,

* L»' muséi' d'arliUcri)' possède plusicur.s S|téoimt'Hs (11- lims les iiioili'li's {lurbalèlis,

•* .\ujourii Imi inijiassc lU-s Pciiitivs.

' IJicliuniKiire du cummeree, ail. fil de fer.

M. Ménage, cet étymologiste si habile, fait venir ce mot de filum et dauricalcum ; mais les plus sensés de ceux qui en font commerce croient simplement, et avec assez d'apparence, qu'un nommé Richard Archal, ayant inventé la manière de tirer le fer à travers le pertuis d'une filière, a laissé son nom à cette marchandise, que le jieuple pour cela nomme assez communément/// de Richard r>.

Quel([ues auteurs ont soutenu que Yauricalqwe était un alliage de cuivre et d'or. Il est plus probable que l'on donnait ce nom, soit au cuivre jaune, soit aux fontes de bronze dont la couleur rappelait celle de l'or.

()n trouve aussi archaleurs.

Archers. Faiseurs d'arcs. Voy. Arêtiers.

Archers de l'écuelle. Voy. Archers des pauvres.

Archers des pauvres. Officiers de police qui étaient plus spécialement chargés d'arrêter les mendiants, les vagabonds, et de les mener à l'hôpital.

On les trouve aussi nommés archers de Pécuelle, chasse-coquins, etc. Ce dernier nom a été également donné aux bedeaux des églises.

Archers de la Ville. Ils étaient divisés en trois compagnies, toutes trois commandées par un colonel *.

Archets (Fabricants d'). Spécialistes de la lutherie. C'est un luthier parisien, François Tourte, qui donna à l'archet sa forme définitive et le rendit parfait. Tourte, établi rue Sainte- Marguerite, réalisa ses importantes transformations entre 1775 et 1783. A quatre-vingt-cinq ans, il cessa de travailler, et il mourut en 1835 *.

Archiers. Voy. Arêtiers et Menuisiers.

Architectes. Ce mot n'apparaît pas avant le seizième siècle. Jusque-là, on ne connaît que le maître de l'œuvre, le maitre des œuvres de maçonnerie ou de charpenterie . C'est lui qui trace les plans, fait les devis, achète les matériaux, passe les marchés, surveille les travaux, toise et reçoit l'ouvrage, paye les ouvriers ou leur délivre des mandats de payement. Le maçon Raimond du Temple, qui reconstruisit le Louvre en 1365, était dit « maître des oeuvi'es de maçonnerie de monseigneur le roi ' » Son fils Jean fut maître des œuvres de maçonnerie de l'église de Paris. Presque à la même date, Christine de Pisan, énumérant les nombreux édifices élevés à Paris par Ch;irles V, déclare qu'il était « sage artiste et vray architeleur * >>. Le plus ancien document où figure le mot architecte serait une lettre de 1510,

1 ^'oy. la prandc ordonnance de déccrabri' 1072 , chaidlir XXXIII, ait. 24.

* Voy. L. Grillct, Les ancêtres du tioloH, t. Il, p. 398 et 407.

3 llibliothèijue de Pécule des chartes, 3' série, t. II (184C), ].. 59.

' Le litre des fais et bonnes meurs, édit. Micliaud, liv. III, chap. 11.

ARCHI'l'iaiTKS — AHDOISIEHS

relative à la coiiNliuclioii ili' l'é^^liM' lii' Brou -. Le Houx de Liiicv a pulilié lu liste des maîtres des œuvres de la ville de Paris depuis 1257 •*.

Vuy. Maître des maçons et Vérificateurs de mémoires.

Arcliitecteurs. Vuv. Architectes.

Archives des corporations. Voy.

Bureau.

Archivistes. Dans les couvents, chez les grands seigneurs, gens chargés de classer et de conserver les titres de la maison.

Arçonneurs. On nommait ainsi les ouvriers qui faisaient subir une dernière épuration à la laine et au coton, au moyen de l'arçon. L'arçon était une sorte d'archet, long de six à sept pieds, muni d'une corde de liovau bien tendue qui. mise en vibration. Irappuit et faisait voler le colon ou la laine placés sur une claie.

Les arçonneurs furent réunis, vers la fin du quinzième siècle, aux cardeurs.

Dans la suite, tous les ouvriers qui se servaient de l'arçon, et plus spécialement les chapeliers, lurent dits arçonneurs. Les cardeurs et les foulons se qualifiaient officiellement arçonneurs de laine et de coton.

Arçonniers. ^'o^•. Chapuiseurs.

Arctiers. Jean de (iarlande, qui écrivait vers 12.j0, les nomme arrintenentes, et dit qu'ils vendaient des arbalètes, des arcs de bois d'érable, de viorne et d'if, des javelots, des flèches et des carreaux de frêne *.

Les arctiers présentèrent, vers 1260, leurs statuts au prévôt Etienne Boileau ^. Ils s'y intitulent archiem, c^est à saroir feseres ^ de ars. de fleiches et de arhalestes. Ils jouissaient de tous les privilèges accordés aux artisans qui travaillaient pour les hommes d'armes. Le métier était libre. Ils pouvaient avoir un nombre illimité d'apprentis et travailler à la lumière. Ils n'étaient pas astreints au service du guet, « quar li mestiers l'aquite, quar le mestier est pour servir chevaliers et escuiers et sergens, et est pouj- garnir chastiaux. » Ils fabriquaient des arcs, des carreaux, des flèches en bois et en corne, d'une ou de plusieurs pièces, et empennaient carreaux et flèches des plumes qu'ils voulaient, mais plus généralement, semble-l-il. de plumes de poule.

La TaiUe de i293 cite huit urchiers, celle de iSOO eu mentionne cinq seulement. On trouve aussi un fle'chier dans la Taille de i292.

L'are des treizième et quatorzième siècles était

2 Voy. Bulletin de ta Société de Vhistoire de Paris, l, II fl8"5), p. 162 ; t. III, p. 22 et 33.

S Histoire de rhùtel de tille . p. 237.

i w Kaciunt balistas et arcus de aeere ft virbuno et taxo, et lela et .sacittas et petilia <Ie fraxinu. »

î* Litre des métiers, titre \(!\'III.

<> Faiseurs.

en général de bois d'if, avec une corde en soie. Il devait avoir la hauteur de rinimme ([ni s'en servait. L'arc dit antjlais était plus long et plus souple que l'arc français ; Varc lurquois, fort court, se composait de deux cornes réunies par un ressort d'acier ; sous Charles V, les arsenaux renfermaient encore des provisions de corne de bœufs destinées à confectionner des arcs. Les flèches avaient de ôO centimètres à un mètre de long; taillées ilans des baguettes de frêne, elles étaient nuniies de trois pennes, et terminées par un fer très pointu.

Un bon archer tirait douze flèches à la minute, et man(iuait rarement le but à deux cents pas. Comme son carquois ou sa trousse renfermait ordinairement vingt-quatre flèches, il était bienttM vide, et l'archer, armé soit du vouge, soit de l'épée à deux tranchants, devait alors s'efforcer de blesser des chevaux et d'achever les cavaliers démontés.

L'arbalète fut de bonne heure substituée à l'arc dans les troupes, et nous retrouverons les arctiers sous le nom d'artilliers. 11 y avait cependant à Paris au dix-huitième siècle un fourliissenr, nommé Bletterie, qui s'intitulait «rr//rr-/7fV7/î<fr ' .

Les arctiers avaient pour patron saint Sébastien qui. comme on sait, fut percé de flèches par ordre de Dioctétien.

Ardoisiers. An quatorzième siècle, les couvertures en ardoises étaient déjà assez communes dans les villes - ; l'adoption des coinbles coniques pour les tours des châteaux en rendait, d'ailleurs, l'emploi obligatoire. Dès le treizième siècle, les couvreurs avaient remarqué que l'ardoise donne un reflet différent suivant le sens dans lequel on présente sa surface à la lumière, et ils obtinrent ainsi d'assez jolies mosaïques de deux tons. En diversiliaut la taille, ils arrivèrent aussi à pro(hiire des elTels inattendus, écailles, épis, quinconces, etc.

Notons en passant qu'au quatorzième siècle déjà, l'on employait les ardoises, en guise de tablettes de cire, pour prendre des notes. On ne peut guère expliquer autrement cette mention de l'inventaire dressé après la mort de Charles \': '< Deux ardoises enchâssées en deux aiz d'argent •' •>.

.\u quinzième siècle, l'ardoise, mieux exploitée, est livrée plus régulière et surtout plus mince : elle a seulement six à huit millimètres d'épaisseur, tandis que celle du li'eizième .iiècle variait entre dix et quinze '.

Le chapitre 29 île l'ordonnance de U)72 ne permet l'entrée à Paris que de deux qualités d'ardoises, <■, la qnarrée forte et la quarrée fine ». Tout bateau chargé d'ardoises devait, à sou arrivée, subir la visite des jurés couvreurs, qui faisaient à la Ville un rapport constatant la quantité et la qualité des marchandises apportées.

* Eiieifclopédie méthodifjtie. Arts et métiers, I. II. p. 52.

* S. Luee. Histoire de Duguesclin. p. 57. 3 N» 2761. Vov. aussi le N« 1996.

* \'iollel-le-Due, Dictionnaire de l'arckiteeture, t. I, p. 453 et t. IX, p. 325.

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