ARDOISIERS — ARMES
C'est en 1728 seulement que l'introduction à Paris de toulc espèce d'ardoises l'ut autorisée '.
A la tiM <lii (lix-liiiitieme siècle, les ardoisières d'Anjou produisaient, année commune, « un million de milliers d'ardoises » de toute qualilé -.
]^e nu'Iier d'ardoisier n'était pas constitué en maîtrise, mais les couvreurs seuls avaient le droit d'emplover l'ardoise pour la couverture des maisons.
Viiv. Fendeurs. — Perriers. — Tailleurs. — Tireurs. — Toucheurs. — Tuiliers, elc.
Argent bon. Voy. Deniers.
Argenteurs. La Taille de 1292 cite trois argenleurs, celle de 1300 en mentionne deux. Mais ce métier ne tarda pas à se confondre avec celui de doreur.
Argenteurs. Voy. Changeurs.
Argenterie (Officiers de l'). Voy. Contrôleurs cl Menus.
Argentiers. Leurs fondions consistaient à tenir la maison royale pourvue de tout ce qui était nécessaire pour l'ameublement et l'habillemenl destinés au roi, à sa famille et à ses officiers. L'argentier devait donc, sous la direction et la surveillance du maitre de l'hôtel et des chambellans, s'entendre avec le> marchands et fournisseurs, et conclure avec eux de> marchés qui étaient soldés sur les fonds spéciaux assignés pour l'argenterie. Dans l'origine, il eut sous lui un clerc pour l'aider dans ses fonctions, dans les écritures surtout. Ce clerc devint assez promplement le contrôleur de l' argenterie. En 1533, François I"' retira du département de l'argenterie tout ce qui concernait le linge et le mobilier, et les attribua au maître de la chambre aux deniers. Il laissa seulement à l'argentier, dit l'ordonnance, « les payemens des ati'aires concernant ses personne, chambre et garderobbe •' ».
Le trésorier du roi a aussi porté le titre d'argentier.
Dans les graiules maisons, l'argentier distribuait l'argent nécessaire aux dépenses de chaque jour, et enregistrait les dépenses.
Le mot argentiers a désigné aussi tous les gens ayant le maniement de fortes sommes, les banquiers, les caissière, les changeurs, etc.
\oy. Clercs de l'argenterie.
Argent sec. Voy. Deniers.
Arisméticiens. Voy. Arithméticiens.
Arithnvéticiens. Titre qui appartenait k la corporation des écrivains. Il fut surtout illustré par un sieur François de Barréme dont le nom est resté synonyme de Comptes faits. Le Livre commode des adresses potir 1692 nous
i Deiaiiiarrc, Traité th In police. I. I\', p. 52. * Jautn'rt, Oictionnaire lit-s arts et tue'tiers, t. I, p. 141. 3 Douel-d'Arcq, f^omptes de Cargenterie, introctuction, p. vn, IX et X.
apprend que « M. Barème aritméticien, devant le Ponl-Neuf, au bout de la me Dauphine, est ordinairement nommé par la chambre des comptes pour les calculs et vérifications d'écritures ^ ». Les é(;rivains jouaient alors devant les tribunaux le rôle dévolu aujourd'luii aux expyts en écriture, et Harréme possédait la contiance, non seulement <les juges, mais aussi de la chambre des comptes.
Il devait cet honneur à la publiciition faite par lui, en I6(5it. d'un volume, cent fois réimprimé .sous le titre de Comptes faits, et dont Colbert avait accepté la dédicace. L'édition originale, devenue très rare, porte un titre plus compliqué, que je crois devoir reproduire en entier : Le lirre des tarifs, où, satis plume et sans peine, ou iroure les comptes faits divisés entrais parties. Savoir : les tarifs communs, les tarifs particidiers, les tarifs du grand commerce. Dédiés à monseignettr Colbert, ministre (Plistat, etc., par Barréme, Mathématicien, lequel enseigne hrienrement l'arithmétique. Se rend chez luy à Paris, au liout du Pont-Xev.f, entrant en la rue (f Auphine, où il g a des affiches sur la porte, et chez Hugues Senns, marchand liurère, rue Richelieu.
François de Barréme mourut en 1703 *.
Les arithméticiens ont été dits arisméticiens, mathématiciens, calculateurs, elc.
\'ûy. Écrivains fl Jetons (Calcul par les).'
Arméniens. Nom par lequel on désigna, au di.x-septième siècle, les premiers propriélaires
de cafés.
Armes (Maîtres d'j. La Taille de 1292 les nomme escremisseeurs et en mentionne sept.
Ils ne furent constitués en comnmnauté qu'à la tin du seizième siècle, et leurs premiers statuts, datés du mois de décembre 1567, présentent des particularités assez curieuses. Les maîtres y sont qualitiés joueurs et escrinieurs (Fépée. Les apprentis sont lixH prévôts ou gardessalle, et doivent servir deux ans avant de pouvoir aspirer ii la maîtrise. Ce stage terminé, le prévôt subit une épreuve et passe prétôt ijénéral . Une seconde épreuve, un chef-(T œuvre . disent les statuts, lui est encore imposée quatre ans après, pour obtenir le titre de maitre. Il peut alors ou\Tir une salle où il voudra, sauf dans le quartier de ITniversité, par crainte « que les escholiers ne se divertissent de leurs estudes », au profit de l'escrime. Les salles devront être fermées les dimanches, les jours de fêle, et le jour de la Saint-Michel, patron de la corporation.
Os statuts furent révisés par lettres patentes de décembre lij85, qui donnent aux maîtres le nom de maistres au faict d'armes, puis en novembre 1644. Je lis dans celle dernière rédaction qu'aucun prévôt ne sera admis à la maîtrise avant l'âge de vingt-cinq ans. Il de\Ta alors offrir il la comnmnaulé « deux épées de la valeur de 25 livres chacune, lieslinées a être
' Toiiii' II, p. ai.
- Voy. .\. Jal, DiclioHHoire critique, p. 116.