PUBLICITE — QUALITÉ
bres... ', où le nom de cliaque corporalion est suivi diine liste des maisons recommandées.
L'annonce ici. la réi lame loul au moins reste encore un peu dissimulée ; mais, dès la fin du siècle, cette dernière a trouvé sa voie. Voltaire nous le révèle dans une lettre adressée le ô janvier 1767 il l'abbé d'OIivel : << Il m'est tombé entre les mains, écrit-il, l'annonce imprimée d'un marchand de ce qu'on peut envoyer de Paris en province pour servir sur table. Il commence par un éloo;e marfnifîque de l'agriculture et du commerce : il pèse dans ses balances d'épicier le mérite du duc de SuUi et du g'rand ministre Colhert ; et ne pensez pas qu'il s'abaisse à citer le nom du duc de Sulli, il l'appelle l'ami d'Henri IV ; et il s'ap^it de vendre des saucissons et des harengs frais! Cela prouve au moins que le goût des belles-lettres a pénétré dans tous les états ; il ne s'agit plus que d'en faire un usage raisonnable * >■>.
Voy. Afficheurs. — Annonces lumineuses. — Concurrence. — Crieurs. — Petites affiches, etc.
Puisatiers. Ce mot est tout récent, et ne figure pas encore dans la dernière édition 1 1878) du Dictionnaire de V Académie. Il est probable que jadis les puisatiers appartenaient à la corporalion des maçons, comme les cureurs de puits k celle des vidangeurs.
Un puits artésien, le premier qui ait existé à Paris ou aux environs, fut creusé, en 1786, dans une maison que le curé de Saint-Sulpice possédait à Vaugirard. Il était l'œuvre d'tm sieur Dufour, qualifié d" « artésien ». qui, dit \e Juttrnal de Paris ' procéda « à l'excavation conformément à la manière usitée en Handre et en .\rlois ». L'auteur de l'article ajoute : « On peut voir les sondes et les différens outils relatifs à ce procédé; ils sont tous de l'invention du sieur Dufour ».
Puiseurs. Ouvriers employés dans l'exploitation d'une tourbière. « Avec des machines portatives très simples, ils épuisent les creux dont on tire le limon pour en faire de la tourbe ».
Dans les papeteries, certains ouvriers portaient le même nom.
Voy. aussi Ouvreurs.
Puitiers. Voy. Cureurs de puits.
Puits. Voy. Cureurs de puits et Vidangeurs.
Pyromanciens. Bateleurs qui prélen<laient lire dans l'avenir d'après les signes fournis par des objets soumis au l'e\i, d'après l'aspect de la flanune ^, etc.
Voy. Devins.
Quadraniers et Quadranniers. Voy.
Boussoles (Fabricants de).
Quadraturiers. Vuy, Cadraturiers.
Quai (Maîtres de). Voy. Eébâcleurs.
Qualandreeurs. Nom que la Taille de 1292 donne aux calandreurs.
Qualité (Maîtres sans). On appelait ainsi les gens qui, n'ayant fait ni apprentissage, ni compagnonnage, ni chef-d'œuvre, s'imposaient à une communauté, en achetant une des lettres de maîtrise que créaient les rois à l'occasion de leur avènement, de leur sacre, de leur mariage, etc.
Voici quelle était la formule employée par le roi pour dispcn.ser une corporalion de recevoir à l'avenir des maîtres sans qualité :
1 Voici la fin ilu fltro : ... ci'lèbres et '/ini/ira/inn flr'itp'rale tIfs pri/ici/initx mnrrhnHifs, ônH^uirrs, tirtfocianx, iir/ixfm et fnhrirtuts t/r ht Villr ilr Paris.
2 É.lilion H.Ml,-llnl, I. lAlIl, |.. .'•.?7.
« De nosire grâce spéciale, pleine puissance et auclorité royale, avons dit et ordonné, disons et ordonnons qu'à l'advenir nos édits et lettres de maistrise octroyées en faveur de mariages, naissances d'Enfans de France, couronnemens, entrées dans nos villes, et pour toutes autres occasions, prétextes et causes généralement quelconques, n'auront lieu ny effet pour ledit art, et n'en seront expédiées ny délivrées aucunes par nos chancelier et garde de nos sceaux de France. Ce que nous interdisons et défendons. El H cet elTel. nous avons ledit art excepté et ré.servé de l'exécution des édits faits et à faire par nous et les Hoys nos successeurs pour la création de lettres de maistrise... Cassant et révoquant. dès à présent comme pour loi-s. toutes lettres de maistrise ijui pourroient estre expédiées par surprise ou autrement au préjudice desdites présentes, et défendons à tous nos juges d'y avoir aucun esirard. Si donnons en mandement à nos
1 N» (lu 3 avril 1787, (>. 407.
- \ i.y. .\. l'arc, Œiinrs, p. 1011.
QUALITE — QUAKTIMIOKS
amés el féaux coiiseillei-s les gens tenans noire cour lie ParlciiuMit à Paris, pivvosl diulil lieu ou sou lifuleuiiiil civil, el ii Ions no> iiuln'> jusiiciei's el officici-s (|u"il apparlieiidra, que ccsililcs préseules ils ayetil a l'aire enre)^i>(rer, j^ariler et observer iuviolalilemenl ; el du couleiiu eu icelles jouir et user les uiaislres horlojjei-s pleiuemeul el paisilileuieul, cessani el faisant cesser tous troubles el euipesciieuiens au contraire, el à ce faire coniraindre el obéir tous ceux que besoin seni, nonobstant oppositions ou appellations quelconques...» (novembre IG.Vi'l.
\'oy. Maîtrises (Vente de), et Offices (Créations d')
Quarreaux de grez M.vrchanus de).
Marchands de pierres destinées au pavajje. Ils sont ainsi nouunés dans le chapitre XXV de la <,'ran(le ordonnance de février 1415. Le chapitre XXIX de l'ordonnance de décembre 1()72 porte carreaux de grais.
\'ov. Carriers et Faveurs.
Quarreliers. La Taille de i2'J2 cite un ijutirrelier. qui suivant Géraud ', aurait été soit un tailleur de pierre, soit un marchand de pierres propres à être taillées. Mais les carreleurs ont aussi porté ce nom.
Quarriers. Vov. Carriers.
Quarteron. Dans le commerce de détail, ce mot désif^nail en n^énéral la quatrième partie d'un tout, le quarl d'un cent, d'une livre, etc.
A Paris, le quarteron de haren<js, de cotrets, de fajjots, d'aiguilles, etc., était de vingt-six, savoir : 25 qui est le quart du cent, et un donné par dessus le marché. Pour les épingles, le quarteron était de vingt-cinq seulement *.
On écrivait aussi carteron.
Quartier. S^'nonjnne de quarteron. Quand le Lirre des métiers ' dit que tel drap doit avoir cinq quartiers de large, c'est le quart de l'aune qu'il a en vue. Le quartier de l'aune, mesure de Paris, égalait 0'°2950.
Quartiniers ou Quarteniers. Fonctionnaires désignés par la municipalité, et la repré- >entant chacun dans le quartier qui lui était assigné. Ils devaient veillerau repos des habitants, il la défense des remparts, et faire exécuter les ordres du prévôt des marchands. D'abord agents plus militaires que civils, ils assuraient le sen-ice du guet et conunandaient la milice urbaine de leur quartier. Ils étaient tenus, en outre, de posséder une liste de tous les habitants des rues commises à leur garde. Au reste, un arrêt de 1567 résume ainsi leurs fondions : « Prendre la charge et garde <ies clefs des portes, icelles ouvrir et faire fermer en leur présence tant de jour que de nuit, asseoir guet sur les murailles, allumer
I Paris sous l'hilippr Ir Itrl, p. 534.
- \ oy. Douet-ilÀrcq, Complrs de l'nrqmlrri^. p 374.
' Tilre L.
feux el chandelles, tendre les chaineN aux lieux où elles sont établies, etc. », et surloul oiieir en tout temps au prév6t et aux échevins.
Jusqu'en KiH.'i. le> <iuarlinii'i-s furent élus par les bdurgeois ; il> ^e prétendirent ensuite créés en titre d'olfice, et ils oblini-ent. en 1()7!), d'être compris dans l'édit énunuirani les charges que l'on pouvait obtenir nuijennant finance. A celle date, il y avait longtemps qu'ils n'étaient plus que les chefs civils, les administraleui's des quartiers, dont chaque milice formait un régiment soumis à un cok)nel assisté de diver-s ol'liciers '.
Les cinquanteniers el les dizaiiiiers. préposés aux subdivisions des quarliei-s. étaient sous les ordres des ([uartiniei-s. Il y eut pendant longtemps deux cinquanteniers sous chaque quarlinier, et toutes ces charges bourgeoises ne ce sèrenl d'être fort recherchées des gens de métier.
M. le Roux de Lincy a publié une liste des q\iarliniers parisiens '. Elle conunence à l'année 1358. avec Jean Maillart, l'assassin d'l']tienne Marcel ; mais bien avant celle date, Paris était partagé en ([uartiersou tout au moins en divisions analogues.
\ja. Seine sectionne Paris en trois parties, et celles-ci formèrent, dès l'origine, la première division administrative de la capitale. On y comptait donc trois quartiers, d'aspect déjà très différent :
Le quartier de la Cité.
Le quartier d'Outre-fîrand-Pnnt •'.
Le quartier d'OuIre-Petit-Punl.
Un peu plus tard, les noms se modifièrent, quoique Ips divisions restassent les mêmes, et Paris se composa de :
La Cité.
La YiUe.
L'Université.
Ces trois dénominations subsistèrent malgré les changements ultérieurs, el on les trouve mentionnées, dans les actes publics et sur les plans, longtemps encore après que Paris eut été divisé en vingt quartiers.
Philippe-Auguste enferma Paris dans une lourde enceinte de murailles.
La Cité était reliée à la rive droite par le Grand-Pont dont une fortification, le Grand- Chàtelet * défendait l'accès, et à la rive srauche par le Petit-Pont, que protégeait le Petit- Chàtelet '. Centre politique et religieux, la Cité avait peu d'importance commerciale.
L'enceinte de la Ville commençait au quai, un peu en amont du Pont-des-Arts actuel. .\ ce point de départ, s'élevait une grosse tour, dite la tov.r du Lnutre ou la tour qui fait le cnin. La muraille traversait la cour du L'iuvre, partageait en deux le temple de VOratoire dans toute sa
• Sur tout ceci, vov : Le Roux de Lincy. Hisloirr de F Hôlel <le Ville, p. 194. — G. Picot, dans les lle'moires Je la société' i/e rhisloire de Paris, t. I (18'ïû), p. 132.
î Paje 233.