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QUARTINIERS — QUÉRKURS DE PARDONS

La nouvelle eiueiiile créa quatre autres quartiers :

Sairit-Geniiain l'Auxer- l'iace Maubert.

rois. Si\int-Andro des Arts.

Sainte-Opportune.

Cliarles VI y ajouta encore Imil quartiers, i]u'un accroissement de la clôture élevée sur la rivo droite avait renfermés dans Paris. Ce furent les (juartiers :

•Saint-Antoine. Saint-Denis.

S;iint-Gervais. Les Halles.

Saiiite-Avoie. Saint-Eustache.

Siiint-Martin. Saint-Honoré.

Paris comptait donc alore seize quartiers, et le faubourg Saint-Germain en forma un dixseptième en 1642.

Mais ces quartiers étaient de dimensions fort inégales. Un seul avait autant d'étendue que deux ou trois autres. Un remaniement eul donc lieu en 1703 el Paris fut divisé en vingt quartiers savoir :

La Grève.

Bou- Saint-Paul.

Sainte-Avoie.

Le Temple.

Saint-Antoine.

Place Maubert.

Saint-Benoît.

Saint-Ancbé des Arts.

Luxembourg.

Saint-Germain.

La Cité.

Saint-Jacque;

chérie.

Sainte-Opportune Le Louvre.

Le Palais-Royal.

Montmartre.

Sainl-Eustache.

Les Halles.

.Saint-Denis.

Saint-Martin.

Vers la fin du dix-huitième siècle, chacun de ces quartiers avait son aspect particulier et sa spécialité.

Le quartier de la Cité comprenait 52 rues et 6 impasses. On y trouvait des orfèvres, des bijoutiei-s, des fourbisseurs, des horlogers, des marchands d'instruments de matliématiques. Le nombre des perruquiers, autrefois considérable, avait diminué.

Le quartier Saint-Jacques la Boucherie comptait 32 rues et 6 impasses. Les odeurs qu'exhalaient les étaux des bouchers, des tripiers, des marchands de marée, etc., contribuaient à en rendre le séjour peu attrayant.

Le quartier S.uxte-Opportlne avait 31 rues el 2 impasses. Le commerce le plus représenté était celui des graines et des fleurs. Le grenier à sel y était situé.

Le quartier du Louvre n'avait que 18 rues et 3 impasses ; mais on y voyait l'église Saint- Germain l'Auxerrois, paroisse du roi, et la partie la plus riche de la rue Saint-Honoré.

Le quartier du Palais-Royal possédait 46 rues et 4 impasses. Le Palais-Royal et l'Opéra y répandaient la vie ; on le regardait comme « le plus riant de Paris, et opulent par le séjour de grand nombre de financiers et de riches marchands en orfèvrerie, en bijouterie et modes ».

Le quartier Montmartre était celui de la richesse. L'hôtel de la compagnie des Indes en

faisait le centre de la finance. C'est dans une des salles de cet hôtel que se tirait la loterie.

Le quartier Sainï-Eustache était celui du blé el de la farine.

Le (|uartier des Halles était habité par une multitude de fripiers, de chillbnniers, de ferrailleurs, etc.

Le quartier Saint-Denis était le centre du commerce des modes, galons, dentelles, rubans, gazes, etc. Il comprenait 4G rues et 11 impasses.

Le qiuirtier Saint-Maktin était fréquenté surtout pendant la durée de la foire Saint- Laurent. Plusieurs manufactures y prospéraient.

Le ([uarlier de la Grève comprenait sur le bord du lleuve les ports au blé, ii l'avoine, à la chaux, au foin, etc. C'était là aussi qu'on avait installé le bureau des nourrices.

Le quartier S.unt-Paul était animé par ses manufactures de toiles peintes, de tapisseries, etc.

Le quartier S^unte-Avoie n'avait rien de remarquable.

Le quartier du Temple était orné de magnifiques liôtels, accompagnés de grands jardins et habités par des magistrats et autres gens de condition.

Le quartier Saint-Antoine était occupé par une multitude d'ouvriers travaillant dans les manufactures de glaces, de toile cirée, de talletas, etc.

Le quartier de la Place Maubert était celui des artisans, des hôtels garnis, des marchands de clievaux, etc.

Le quartier Saint-Benoît donnait asile aux relieurs, aux doreurs, aux cartonniers, aux parcheminiers, aux imprimeurs, aux libraires, etc., etc., el à presque toutes les industries de cette nature.

Le quartier Saint-André des Arts était le rendez-vous des recruteure et surtout des étudiants. Il devait son nom à la Faculté des Arts.

Le quartier du Luxembourg. Le beau jardin du palais y attirait des promeneurs, et la foire Saint-Germain y attirait tout Paris.

Le quartier Saint-Germain des Prés était celui « de la principale noblesse du royaume et des étrangers. On y admirait une infinité de palais et (le beaux hôtels ». L'enclos de l'abbaye était un lieu privilégié où travaillaient une foule d'ouvriers.

Yoy. Guet des métiers.

Queconniers. Voy. Coquetiers.

Quéreurs de pardons. Les chrétiens pressés de remords ou ù qui un pèlerinage avait été imposé pour l'expiation d'une faute pouvaient, en payant, éviter ces voyages si longs et si pleins de dangers. Il existait des gens, liommes et femmes, dont la profession consistait à aller dans les saints lieux chercher le pardon des péchés d'autrid. Ainsi s'explique cette mention que j'ai relevée dans la Taille de 1313 : « Mestre Jehan

QUÉREÙRS W. l'AHUOXS — nUIRIKRS DE SELLES

(l'Acre. ([lUMfur de pardons ' ». Cet industriel denieurail dans la rne de la Harpe.

En 1328, Mahaut d'Artois, très préoccupée de sa santé, envoie Jehan le Bourguijrnon prier pour elle à Saint-Jacques de Conipostelle -.

Isabeau de Bavière, dont la conscience avait le droit d'être inquiète, et ipii, jeune encore, était obèse et valétudinaire, avait souvent recours à ces inlennédiaires. Je vois que, pendant la seule année 1417, elle envoie des pèlerins de profession à Notre-Dame de Beauce. à Samt- Mathurin de Larchant, à Saint-Ladre d'Avallon, à Saint-Côme et Saint-Damien de Luzarches,

etc.

Je copie la mention suivante dans un compte de 1539: « Reçu de J. Cadier, laboureur à Fresnes, la somme de neuf livres, deux sols, six deniers pour son salaire d'avoir accompli le pèlerinage de Saint-Claude, conformément au testament de (i. Cadier, père, et pour une messe et une olîrande en l'église dudit lieu ' ».

Au commerce des pardons célestes, cespersonnao-es joignaient celui d'une foule de choses saintes, de reliques entre autres qu'ils rapportaient ou feignaient de rapporter des lieux consacrés. Dans la Farce nouvelle (l'un pardoiineur, (Tun triacleur » et iune tavernière , le premier se vante d'avoir rapporté de ses saints voyages :

« Le groing du pourceau monsieur saint Anthoine.

La creste du coq qui chanta chez Pjlate.

La moitié d'une latte de l'arche de Noë.

La pierre de quoy David tua Ciolias le grand, etc. " »

Pèlerins et quéreurs de pardons étaient dési«-nés sous une foule de noms : croisés, pardonaiirs, pardoniers, pardonneurs, palmiers, porteôourdon, etc. Ceux (pii avaient fait le voyage de Rome étaient plus spécialement dits ramiers, romienx, romipèdes, romiprtes. etc.

Voy. Champions et Pèlerinages.

1 Page 172.

2 J.-M. Richard, Mahaut, cumhsse d Arims, p. Uib.

3 i. Chartier, Chroniiiiie, odit. flzév., t. III, p. 284.

4 Hullelin lie la sociélê île i histoire de Paris, 22» année (1895), p. 75.

3 Vov. plus bas cet article.

C Ancien théàlre fnin(ins, I. II, p. 50. \ oy. aussi t. 111, p. 138.

Questionneurs. Voy. Bourreaux.

Queues des robes. Voy. Paniers (niEixchand.es de).

Queulx et Queux. Voy. Cuisiniers et Traiteurs.

Quincailliers. « Ce mot est une dénomination générale, sous laquelle les négocians renferment une infinité d'espèces différentes de marchandises d'acier, de fer, de cuivre ouvré, qui font partie de la mercerie. Les principales de ces marchandises sont des couteaux, ciseaux, rasoirs, canifs, instrumens de chirurgie, tirebouchons, etc. ' »

Le titre de quincailliers appartint d'abord aux vanniers qui, dans leurs statuts du 24 juin 1467 sont appelés vaHiers-quinquailliers. Ces derniers formèrent ensuite la douzième classe de l'impor- Uinte corporation des merciers. On nommait quincailliers-grossiers les marchands en gros qui « fournissoient les détailleurs ' ».

Jusqu'à la fin du dix-liuilième siècle, presque toute la quincaillerie vendue en France était fabriquée à Saint-Étienne ou à Thiers. L'Allemagne nt)us en envoyait beaucoup aussi.

On trouve cUiicquuilleurs, clinquaillers, cnncailliers, quinquailleurs, etc. Des lettres patentes de 1725 portant queliiicailliers.

Quinolas. Sorte de valets de chambre qui remplis.saient, dans la bourgeoisie, le rôle joué cliez les nobles par l'écuyer *.

Quinquailleurs. Voy. Quincailliers.

Quintarieurs. Voy. Guiterneurs.

Quinze- Ving-ts (Enclos des). Voy. Privilégiés (Lieux).

Quiriers. Marcliands de cuirs. Voy. Cuirs et peaux.

Quiriers de selles. Voy. Biasonniers.

1 Jaubcrt, Dictionnaire, t. III, p. 1.

2 Orilonn. royales, t. XVI, p. 596.

3 Litre commuile pour 1692, t. Il, p- 25.

* Vuy. Talli-niant J>'S Réaux, Hislorirlirs, t. p. 294.'

RABATTKUHS DK (iIRll':ii — KACOVATOUKS

Rabatteurs de g-ibier. NDv. Rachasseurs.

Rableurs. On ilonnail et' iiiiin, dans les niiinuraclures de "-laces, aux ouvriers charj;és fa de ili>poser et d attiser le feu ihi lour ».

Raboteurs. Ce .sont ceux ([ui, dans les aleliei-s de menuiserie, ne fonl « autre cho.se que pous.ser des moulures sur les liois apparens, comme les liuis.series des portes, les nojaux, les limons, sabols et marches d'escalier ' ».

Raccommodeurs de bas. Vo y . Ravaudeuses.

Raccommodeurs de vases en bois, en faïence ou en porcelaine. Dans son

(riossiiiir. écrit vers 12.')0, Jean de (iarlande les nomme lYjjurt/lurrscijj/ioriim, et nous apprend ([u'ils parcouraient les rues en criant : << Faites raccommoder vos hanaps avec des tils d'or et d'art^ent ! - » C'est que les vases de cette époque étaient le plus souvent en Lois, platane, houx, érable ou tremble ', en madré ', en pierres précieuses ou en étain. Guillaume de la Ville- Neuve n'a eu g-arde d'oublier, dans ses Crieries (le Paris, ces modestes travailleurs :

()r vieuj^ne avant gaatjne pain, J'esclairciroio \iOA dVstain, Je relieroie hanas !

La Taille de 1292 en cite deux, celle de i3l3 en mentionne trois. Dans ces deux documents, on les trouve nommv^ gagne-pain, gagneobole, gagne-maille et même gagne-néant ^. par allusion sans doute à la modicité de leur j,'ain.

Le raccommodage de la faï nce au moyen d'attaches en fil de fer pas.se pour dater du commencement du dix-huitième siècle, et avoir été inventé par un sieur Delisle. originaire de Montjoie en ba.sse Nornuindie. Les fabricants de faïence jetèrent les hauts cris, parait-il, car raccommoder la faïence, c'était en diminuer la vente ; mais « les bourgeois s'étant réunis aux raccommodeurs de faïance, firent valoir les avantages qui résulloient de cette opération pour

' Jauberl, Dictionnaire, t, IV, p. 5.

- (1 Clamant ciphos reparandos cum filo seneo et argenteo u. t,dit. Schelcr, p. 25.

•> « Do planis, de bru.scis, de acere et trcmulo ».

* « De murinis ». Voy. ci-dessus l'art. Madrelinicrs.

5 Taille ,le 1292, p. 81 et 122. Taille ,h 1313, p. 83, 84 et 113.

iha(|ue particulier, et obtinrent un jugement qui évinça les faïanciers * ».

La porcelaine se raccommodait alors avec un mastic composé de céruse et de blancs d'(i?ufs.

Raccommodeurs de verre et de cristal, i'our v< rassembler tout verre ou cristal rompu, prens la pièce du verre (|iii sera rompu, et loings - de verniz destrempé avec blanc d'Es|)aigne et huvlle île lin. l<;i ainsv, conjoinclz ■' les deux parties rompues ensemble, et le laisse seicher, car il s'alferniii-a * ».

Raccommodeurs de vêtements. Voy.

Rafraschissaurs.

Raccommodeuses de dentelles. Dans

La jidie denldlière de Rétif de la Bretonne ■■, celle-ci avait été l'apprentie d'une raccommodeuse de dentelles.

Voy. Remplisseuses de points.

Racliaceurs et Rachaceux. ^'oy. Rachasseurs.

Rachasseurs. Rabatteurs de gibier. Tous les châteaux royaux entretenaient des rachasseurs ". On disait aussi rachaceun, rachaceux, etc.

Racleurs de babines. Terme de mépris par lequel on désignait, au .seizième siècle, les barbiers et les chirursriens '.

Racoleurs. Voy. Recruteurs.

Racoutreiirs de bas. Voy. Ravaudeuses.

Racoutreurs de luths, épinettes et orgues. \'uy. Luthiers.

Racovatours. Racoveteurs. Racovretors. Vov. Couvreurs.

1 Jaiibert, Dictionnaire, t. I\", p. 5.

- Et oins-la.

S Kéunis.

* Traicté nouveau, intitulé basliment de receptes, nouvellement Irai/uict de italien en langue françoyse. Paris, 1539, in-18, {" 7 verso.

5 Dans Les contemporaines, t. XXI, p. 273.

6 \\>y. l'État (le la France pour 1736, t. I, p. 457, 458, 482, 485 et passini.

' A oy. Sob. Colin, Déclaration des abus et tromperies des npotkicnires, édit. Dorveaux, '>. 37.

(il-i

UADKl'RS — HÂFRl':.SCHIS.SKrRb

Radeurs. Officiers des greniers à sel.

C'étaient eux qui, lors du mesurage, manœuvraient la radoire.

On appelait radoire ou radoire un « instrument de bois plat, en manière de règle, dont les côtés, l'un carré et l'autre rond, s'appelaient rives. On s'en servait pour rader ou racler les mesures par dessus bord, afin de les rendre sans comble, ce qui s'appelle mesurer ras ».

Raffineurs. Jusqu'à la fin du seizième

siècle, on nuniiiie souvent ainsi les aflineurs.

Raffineurs de sucre. Ils ont été appelés durant très longtemps et très régulièrement affineurs.

Presque inconnu à l'antiquité, le sucre s'introduisit peu à peu, au moyen âge, dans les usages de la vie, et dès le treizième siècle on le voit utilisé d'une manière courante pour la préparation des médicaments '. Au quatorzième et au quinzième siècles, le « sucre cafelin ou sucre blanc - » devient une friandise très appréciée des enfants et des femmes. Eustache Deschamps mentionne parmi les dépenses de ménage le

Sucre blanc pour les tartelettes 3.

Il n'en figurait pas moins parmi les remèdes,

puisque l'apothicaire consulté par Pathelin, lui

dit:

User vous fault de sucre fin Pour faire en aller tout ce flume *.

On l'ordonnait donc déjà contre la toux, et Platina ^ nous apprend qu'on en saupoudrait même les viandes ; « Le bon sucre est utile grandement à l'estomach , adoulcist toutes exaspéracions qui sont dans icelluj, et principalement la poitrine et le poulmon, esclarcit et fait bonne voix, guérist la toux et le reume. L'on dit communément jamais sucre ne gasta viande ; ains, par fade et dégoustée qu'elle soyt, il l'adoulcist, attrempe et la faict bonne, saine et plaisante à manger " ».

Le sucre se tira d'abord de l'Orient par la voie d'Alexandrie, mais au quinzième siècle la canne était cultivée en Sicile, à Madère, à Candie, aux îles Canaries et dans le sud de l'Espagne '. Au début du dix-septième siècle, on commença à l'acclimater en Provence *. Le sucre n'en était pas moins un produit rare et précieux, et l'on citait encore le vieux proverbe Apothicaire sans

' É. Littri5, clans VHlstoire littéraire de la Franee, t. XXI, p. 205.

2 \'oy. une ordonnance d'août 135.3, dans les Ordonnances royales, t. Il, p. 535.

3 Le miroir du mariage, édit. Crapelet, p. 212. * Lu farre de Pathelin, édit. Coustelier, p. 1?9. 5 Mort en M8I.

f' De hnnesia roluptate, trad. en français par Christol, 1505, in-folio, f" XVI, V».

■J « Le sucre vient, non pas seulement de Arabie et Indie, mais encorcs de Candie, Cécile, etc. » Platina, f" XVI, r».

S Elle « s'est depuis peu d'années en ça domestiquée en Provence, où elle a été apportée des îles Canaries et de Madère ». Olivier «le Serres, Thr'àtre d'ugrieiilture, édit. do 1040, p. 052.

sucre, pour désigner toute personne qui manque d'une chose essentielle à sa profession. « Un chancelier sans sceaux est im apothicaire sans sucre », disait le chancelier de Bellièvre à Bassompierre * ; et vers 1650, d'Assoucy parlant d'un apothicaire que la manie des vers avait réduit à la misère, écrivait : « J'ai connu dans Paris un apothicaire sans sucre et un avocat sans causes * ».

Les médecins de l'Hôtel-Dieu Ordonnaient souvent le sucre à leurs malades, mais l'administration de l'hôpital veillait à ce qu'un médicament aussi cher ne reçût pas une autre destination. Un règlement en vigueur vers 1630 .s'exprimait ainsi : « Item, pour le regard du sucre qu'il conviendra emploier es médecine, le médecin de la maison viendra affirmer au Bureau par chaque mois quelle quantité l'on pourra avoir emploie aux dictes médecines, selon la quantité de malades et qualité des maladies. La quantité de sucre que le médecin aura affirmé sera passée par chacun mois à la dame de l'apoticairerie, laquelle jurera qu'elle n'aura emploie ledict sucre qu'en la confection des médecines lesquelles seront ordonnées tant ausdicts pauvres malades et religieuses qu'aux domestiques de ladicte maison ' ».

Un passage de Montfaucon nous apprend qu'en 1731, les pains de sucre avaient exactement la même forme qu'aujourd'hui *. *

Voy. Seirviteurs.

Rafreschisseurs. On nommait ainsi, au

moyen âge, les raccommodeurs de vêlements. « Quidam declamatores pelliciorura reparandorum, écrit Jean de (jarlande •' , di.scurrunt per plateas civitatis, et reparant furaturas epitogiorum et palliorum ». Il faut se rappeler qu'au treizième siècle l'on ne portait guère que des fourrures, et qu'en 1292, il y avait à Paris 214 pelletiers et seulement 19 drapiers.

Guillaume de la Ville Neuve, dans ses Crieries de Paris, nous montre le rafreschisseur offrant à tri'ands cris ses ser\'ices :

Li autres crie à grant friçon :

Qui a mantel ne peliçon.

Si le m'aport à rafetier!

Le peliçon était une tunique formée de pelleterie enfermée entre deux étoiles, la fourrure apparaissait seulement sur les bords.

La Tui/le de 1300 menlionno trois rafreschisseurs.

Une pièce du quatorzième siècle, qui a été publiée par M. Depping '', nous prouve que les rafreschisseurs de robes non marchans étaient exempts du service du guet. Gela sans doute parce ipi'ils n'étaient pas établis, ne travaillaient pas en boutique.

Vov. Ravaudeuses.

* Mémoires, édit. Michaud, p. 45.

* Atenturts, édit. Colombcy. p. 295.

' A. Rousselel, Soles sur i ancien Hôtel-Dieu dt Paris, 1888, in-8°, p. 45.

* Monumen.'! de la monarciie, l. III, p. 72. 5 Dicllonarius, p. 25.

C (Irlonnanees relalires aux métiers, ]>. 420-

RAISIN (('.OMMKRCl'; DUj — UAMONl'lUUS

Raisin i^Commerc.b di). Les iimj^airKiucs treilles olahlics iluiis le jardin de l'IuMel Siiinl- Paul firent donner le nom de rue Beautreillis à la voie ouverte en 1552 sur leur emplacement.

L'origine du cliasselas dit de Fontainebleau est un peu antérieure à celle date, (l'est, croit-on, vei-s 15H'2 ([ue François I"' fit défricher certains terrains du village de Tliomery, pour v planter des vii;nes (jue trente nudels avaient apportées de Mireval, de (]aliors. de ('lialosse, etc.

On criait déjà des raisins dans les rues de Paris '. Mais au dix-huitième siècle encore, il était défendu d'en vendre avant qu'il fût complètement mûr. « Kl cela pour deux raisons. La première parce (jue cela peut causer des (lissenteries et autres maladies fort tlanj^ereuses. La seconde, parce que cela donne occasion aux paï.sans de se voler les uns les autres. Quelques rè^lemens le tolèrent néanmoins, en apportant un certificat du curé et marj^uilliers de la paroisse que le raisin a été cueilly dans la vigne de celui qui l'expose en vente - ».

Haisin sec (Commerce du). Les raisins secs étaient vendus par les apothicaires. Zanle, Corintheet quelques villes voisines en chargeaient lois les ans dix ou douze vaisseaux '.

Rameurs. \ oy. PouUeurs.

Ramoneurs. Ils sont cités par Rabelais *, qui écrivait son Pantagruel vers 1535. Dès celle époque, ils étaient presque tous savoyards ou piémonlais. Ils parcouraient les rues, offrant à grands cris leurs services :

Puis verrez des Piémonto3-.s.

A peine saillys ilc l'cscaille 5 Crians: ramona hault et bas Voz ctieminées sans cscaille ",

El encore :

Ramoner voz rhominées, Jeunes dames liaut et bas, Faicles moy gaigni'r ma journée, A bien tioulser je m'y csbas '.

En ce temps-là, un fagot attaché à une corde et promené du haut en bas de la cheminée, suivant le système aujourd'iuii en \isage. suffisait sans doute pour en nettoyer les larges conduits. Cela était plus sûr encore que d'employer le procédé recommandé par lEvingile des quenoutlles, en ces termes : « Quand vous verrez alumer la sieuye * dedans vos chemineez, failtes-

' A oy. A. Tniquet, />rs cnit et sept cria, etc. - Delamarre, Traité de lu police, t. III. p. 371. •'' EHeyclopeilie méthodique, arts et métiers, t. VII, p. 30.

* Pantagruel, liv. II, chap. 30.

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