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ARMES — ARMOIRIES DES CORPORATIONS

A la iiii (lu dix-septième siècle encore, on les Iroiivi! nommés spadassins, espudussiiis, espn- (lacins, qladiateurs, eto. En 1G22. .léronimo r « espadacin iln Roy, » toiicliail pour cette fonction trois mille livres ^ ; el Tallcniant <les Réaux écrivait vers IG80 : « Le comte de (irainnioni s'estoit fait accompajjner par un M-ladiatcur nommé Termes * ».

\(iv. Académies.

Armoiers. \ Uy. Armoyeurs.

Armoiries des corporations. On peut

filin' rcÈndiitcrjuMjiiH vers Tan 1200 l'origine des armoiries adoptées par les corporations ouvrières de l'aris. La plus ancienne de toutes, la Hanse parisienne ou les Marchands de l'eau, nous en l'ournit le premier e.vemple. En tète d'un chirograplie ■'' qui date du commencement du treizième siècle, el qui est relatif à un accord sur la vente du sel conclu entre la Hanse de Paris et celle de Rouen, on trouve appendu, sur double queue de parchemin, un sceau en cire jaune de forme ronde, qui représente une barque antique avec un mât soutenu à droile el à gauche par tnjis cordages. La légende est ainsi conçue :

SIGII.LLM MERC.VTORUM AQIE PARISIUS

Vers le milieu du quatorzième siècle, le sceau des Marchands de Feau subit quelques modifications. Le mât se para d'une voile, et des fleurs de lis irrégulièrement placées commencèrent à y figurer ; mais la pièce principale resta toujours la barque ou nef. La municipalité de Paris, issue de la jiuissante corp(jration des mercnlores (Kptœ, adopta bientôt mi sceau semblable, et ces armoiries, qui au commencement du quinzième siècle se complétèrent par un chef d'azur semé de tlem's de lis, devinrent celles de la grande cité parisienne.

Sans abandonner le treizième siècle, nous rencontrons encore un autre type des armoiries primitives des corporations. Leroy, dans ses Statuts et pririlèges du corps des marchands nrfèrres-joyailliers de la ville de Paris *, nous fom-iiit le dessin d'un sceau ^ ayant appartenu à la connmmauté des orfè^Tes, et il ajoute : <% Les coimoisseurs verroient aisément, a la forme seule des (îaracli'res de ce monument, qu'il est véritablement du temps de saint Louis, quand les enseignemens de nos archives n'en fourniroient pas d'auti'es preuves ». Ce sceau, qui avait seulement onze lignes de diamètre, représente saint Eloi ", sous ses vêtements épiscopaux ; il est ]}lace dans une sorte de niche surmontée d'un

1 É- Fotn-nior, Variétés kisloriijufs, t. W, y. 121.

S //islorielirs, tome I, p. 252.

3 \uy. ce mot. — M. LéojioUl Delisli- ciuil ci> chiioffraphr ilu mois de janviri- 1210. \oy. son Calaloijue lies ttclrs (le l'hiUffe Aid/iisle, ]i. 2"3.

* Paris, 1759, iii-1", |>. 4.

5 M. l)im<'t-ir.\iri|, ilans .son inventaire dos sceaux conservés ,Tux ,\rchives natioaali's, n'en mentionne aucun (]ui ait appartenu à une corporation ouvrière.

'i Saint Éloi était le patron île tous les ferres, ouvriers qui travaillaient les nietau.x.

baldaquin, sa tête est mitrée, sa main gauche porte la crosse, .sa main droite un marteau, el la légende est conçue en cçs termes : S. [Sigillum]

CONFRARIE S . EuGII AURIFABRORL'M . LeS

orfèvres remplacèrent bientôt ce sceau par de véritables armoiries, fort belles et surmontées d'une devise un peu prétentieuse. « Une tradition, dit Leroy, conservée d'ancienneté parmi nous, regarde le roy Philippe de Valois comme ayant concédé ces armoiries à notre corps, et en fixe l'époque à l'an 1330 ». Faute de mieux, tenons-nous-en à cette tradition, à laquelle il convient, je crois, de ne pas accorder beaucoup de confiance.

A la fin ilu ([ualorzième siècle, nous nous trouvons en présence d'une nouvelle tradition, mais cette fois il est plus facile d en indiquer la source. Les armoiries des pelletiers étaient surmontées d'une couronne ducale, el la corporation disait « tenir cette couronne d'un ancien duc de Bourlion, comie de Clermont, qui avoil été leur protecteur ». Cette assertion semble parfaitement fondée. Dès le treizième siècle, le roi avait concédé une partie des revenus et la juridiction professionnelle de la communauté des pelletiers à son grand chambrier, privilège que celui-ci conserva jusqu'en octobre 1545. ( )r. de temps immémorial, les princes de la maison de Bourbon avaient été titulaires des fonctions de chambrier, et sous Charles ^ , ces fonctions étaient remplies par Louis I", duc de Bourbon et comte de Clermont. Les pelletiers affirmaient donc avec raison qu'un ancien duc de Bourbon, comte de (Jlerniont, avait été leur protecteur; le don d'une couronne ducale faile par lui à la corporation placée .sous son aulorilé n'a rien d'invraisendilable. el prouve que, dès le quatorzième siècle, les pelletiers posséilaient (ifficiellemeni des armoiries.

11 faut néanmoins atteindre le quinzième siècle pour voir l'u.sage des armoiries, ju.sque-là réservées aux nobles et aux communes, se généraliser parmi les corporations ouvrières. Les unes alors les obtiennent du roi. les autres se les octroient d'elles-mêmes.

.\ cette époque, presque tous les métiers font frapper des niéreaux de plomb ù l'usage de la connnuiiaule el de la confrérie, et ces niéreaux représentent en général d'un côté le patron de la corporation, de l'autre soil les oulils les plus employés, soit les principaux objets fabriqués par elle. Ainsi les niéreaux de la corporation des balanciers portent sur une face un saint Michel, sur l'antre une balance ; ceux des boulangers portent un saint Honoré el un boulanger enfournant des pains ; ceux des chapeliers, un saint Michel et des coiti'ures de dillerenles formes ; ceux des chandeliers, un saint Jean et des chandelles suspendues à une tringle ; ceux des iiourreliers, la N'ierge et un collier de cheval ; ceux des charpentiers, siiinl Biaise et une équerre, un compas, une cognée, etc; ceux des menuisiers, une sainte Anneet un vilebrequin, un compas, un ci.seau ; ceux des maréchaux, un saint Eloi et un fer de clieval ; ceux des libraires, un saint Jean cl un livre accosté de deux palmes; ceux des

ARMOIRIMS DES CORPORATIONS

épingliers, In Vierge et trois épingles posées en pal. etc. '.

Voilà la vérilaWe origine des armoiries choisies par les corporations ouvrières. L'ordonnance dite lies Bannii'ves, rendue au mois de juin 14ti7, régularisera ces blasons et leur donnera une consécration légale.

.\u début de dix-septième siècle, les merciers se firent octroyer par la municipalité de nouvelles armoiries, et les Six-Cm-px. suivant cet exemple, en olitinreul également. Dans toutes ces armoiries fitruraienl un certain nombre de nefs diirgent. dont le nombre indiquait, pour cliaque communauté, le rang qu'elle occupait dans les Six-Cnrps. .Vinsi, les armoiries des drapiers, le premier d'entre eux. portaient une nef, et celles des orfe\Tes qui était le sixième, en portait six.

Un édil de lfî96 ordonna de dresser le catalogue des armoiries possédées par les particuliers, les villes, les maisons religieuses, les c mununaulés ou\Tiéres, etc. Leur ensemble constitua V Armoriai (jcHeral . recueil ofliciel qui est aujourd'hui conservé parmi les maïuiscrils de la Rililiiilhcque nationale, et qui comprend environ 60.000 armoiries. J'extrais la liste suivante des tomes XXIII. XXIV et XXV:

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