ARMES
adjugées en prix » ; (luiiner, en outre, à chaque fils (le maître avant atli'iiil l'àfj^e de 18 à 20 ans, une paire de ij^anls de daim. L'épreuve a laquelle il sera ensuite soumis consistera à lutter contre six maîtres, avec « l'espadon, l'épée seule, la halleharde et le bâton il deux liouls >>. {jesst<ituts furent souscrits par les vin^t maîtres exeri;<int alors il Paris.
Louis XIII avait à peine huit ans cjuand il conunent,'a il tirer des armes ' ; son professeur se noninuiit Jeronimo -. Louis XIV eut pour premier maître \ incent de Saint-Auge dont les gages étaient de 2.000 livres •*. \'incenl sut se faire aimer de son royal élève, et ses confrères prutitèrent de la laveur dont il jouissait : les lettres patentes de mai lOôti accordèivut désormais la noblesse héréditaire aux six plus anciens Maisfres en fait ifannes, à condition qu'ils comptassent au moins vingt années d'exercice. De plus, la corporation, limitée il vingt maîtres, eut le droit de prendre les armoiries suivantes : « D'azur, il deux épées d'argent passées en sautoir, les poignées et les gardes d'or, accompagnées de quatre llenrs de lys de même, une eu chef, lieux aux tlancs et une en pointe * ^>.
Vers la tin du dix-septième siècle, une sage prescription des statuts de 1567 était tombée en désuétude, et, vers la tin du dix-septième siècle, presque tous les maîtres d'armes habitaient dans les limites de l'Université ou dans le faubourg Saint-Germain^. Robert, procureur du roi, dans une lettre du 11 juillet 1(590 à l'agent Desgranges, dit, au sujet d'une arrestation qu'il devait, mais ne put opérer près de l'abbaye: <-. Kn un moment, il s'est attroupé en cet endroit beaucoup de gens dépée el de bretteurs. dont ce quartier est rempli, el il étoit impossible d'emmener le prisonnier, sans rendre un petit combat, et faire tuer beaucoup de monde ^ ».
Un sieur Rousseau était alors le maître le plus en vogue. Son petit-Hls, coupable d'avoir été « le maître d'armes des enfans de (]apet ^> fut guillotiné en 1793.
Les salles d'armes portaient le nom d'académies, et étaient soumises à certains règlements de police. Chacune d'elles avait, en outre, un règlement particulier, et je trouve dans ces documents quelques articles bons à recueillir. Ceux-ci par exemple : <,< Ne pas jurer le nom de Dieu. — Ne pas dire de paroles ni de chansons indécentes. — Ne point badiner, attendu que les suites en sont ordinairement fâcheuses. — Ne railler pei-sonne sur le fait des armes. — Kn tirant des armes, lorsqu'on fait tomber le lleurel de son adversaire, il faut le ramasser promptement et le remettre en main avec politesse. — Il faut que l'escholier prenne sa leç<in d'armes sans interruption, attendu qu'elle ne dure à peu
1 Héroartl, Jour/m/ sur Ceiifnnce tU Lunis XIII ^ t. I, p. 380.
- HiMoaiil, youra»/ i«r l'enfance de Louis XIII. p. .^81
•* Kstat fjénêrnl de ia maison du Roy pour Ift')7, p. HT».
* Vov. \ Armoriai général il.' 1G96, I. X\\ , p. 209.
^ \ uy. Il' Licre commode pour 169^, t. I, p. 2.'tr>.
** 1^. Ck'inrnt , I.a police sons Louis XIV, pièoos Justificatives, p. 442.
près que le temps d'une aU'aire sérieuse. — Il est de riionneur de l'escholier di- payer régulièrement le prix convenu ». Dans plusieurs salles d'armes, qui ne jouissaient pas d'une bonne réputation, ce dernier article était u peu près le seul auquel on tint ivellenienl la niaiii.
.I.-C. Nemeit/. écrivait vers 1718: •< Ouiirid un Anglois se bal contre un François, l'.Vnglois a ordinairement le dessous ; tous deux s'attaquent avec fureur, mais le François est plus habile. Mn revanche, si le François a pour adversau'e un homme d'une autre nation, celui-ci en fait ce qu'il veut s'il soutient de sang froid la pi'eniière attaque, qui est très chaude ' ».
.\ la fin du dix-huitième siècle, les maîtres d'armes, disséminés dans tous les quartiers, étaient au nondire de seize seulement -. La corporation continuait à n'accueillir un nouveau maître qu'après lui avoir fait subir de sérieuses épreuves. Ainsi, eu 1772, un sieur Etienne, prévôt du professeur de l'école militaire, s'étanl présenté il la maîtrise fit ses preuves de capacité en public, le 1 1 mars, dans la salle du Colvsée, qui pouvait contenir huit à dix mille spectateurs. « Il y avoit, écrit un témoin oculaire, un très grand nombre de personnes tie distinction qui furent introduites dans la rotonde où se faisoit l'exercice. Le sieur Lasalle, maître en fait d'armes, tira le premier contre le récipiendaire ; il porta une botte et en reçut une autre. Le sieur Menessier. autre maître d'armes, tira le second pendant une demi-heure, avec autant de supériorité que (le grâce, et. sans avoir été touché, il porta deux bell(?s bottes, qui furent admirées des assistans. II fit ensuite un second assaut de l'épée au poignard, et le prix de l'escrime lui fut adjugé. Deux autres maîtres tirent encore successivement assaut avec le récipiendaire, et le dernier termina l'exercice ■• ». Notons que, s'il faut en croire VAlmanach Dauphin * , les masques d'escrime venaient d'être inventés pi.r un épinglier de la rue Phélipeaux. nommé Leroi. On attribue aussi cette innovation au maître d'armes La Boissière, vers 1750. Ces niiisques étaient à peu près semblables à ceux dont on se sert aujourd'hui, mais sans les côtés. Plusieurs maîtres refusèrent pendant longtemps de s'en servir, comme constituant mie garantie indigne d'un bon tireur. C'est au commencement de ce siècle et à la suite d'accidents graves, qu'ils furent rigoureusement imposés dans les assauts ^.
L'idée d'employer le pistolet dans un duel date des dernières années du dix-huitième siècle. « Depuis dix ans. écrivait-on en 1826, plusieurs combats singuliers ont été livrés de cette manière entre des officiers et même entre des bouro'eois'' ».
1 ÉJil. de 1897, p. 28.
- On trouve leur nom et leur adcesso dans Jèze , filât de la rille de Paris pour 1760, p. 176.
3 Àf/ickes, annonces el atis dirers. n" du 2.5 mars n72, p. 52.
* Supplémeul pour Cannée 1777 , p. 21.
^ Vigeaiit. liibliographie de C escrime, p. 1~1.
*• Vie puhUtjHe el pritèe des Fraudais, t. II, ]>. 2t')8. — Mais vuy. aussi bi'b. Mercier, Tableau de Paris (Xlf^'i), l II, p. 323.