rcliivcs nationales, H
* liibliolhi'que national^', niss. françai.i , n" 21,791, f*' 179.
négoce des marchands de vin * >•. En somme, ces derniers ne furent jamais acceptés par les corps privilégiés. La situation était embarrassante. Le gouvernement ne voulait pas s'aliéner les Six-Corps, mais il fallait cependant bien tenir compte de la volonté royale formellement exprimée. On prit un moyen terme. Un arrêt reiulu en 1610 décida que les marchands de vin faisaient partie des corps privilégiés, mais que dans toutes les cérémonies ils marcheraient les derniers et qu'ils ne porteraient pas le dais. La question ayant été de nouveau soulevée en aoiit 1660, lors de l'entrée de Louis XIV, les marchands de vin furent autorisés à prendre le septième rang, mais coiffés de toques bordées d'argent, tandis que les six autres corps portaient des toques bordées d'or. Encore y eut-il d'ardentes protestations, et, dans le procès-verbal officiel de la cérémonie *, le paragraplie relatif aux marchands de vin est ainsi conçu : « Ce rang leur fut (humé par provision et en attendant la décision du procès qu'ils ont contre les autres Six-Corps. qui ne les veulent reconnoistre pour faire corps ».
Les toques bordées d'or n'étaient pas la seule dépense qui, les jours de solennités, incombât aux corps privilégiés. Pour escorter des rois, des reines, des légats, il fallait bien être vêtu de damas, de satin ou de velours ; mais la couleur de ce costume d'apparat varia sans cesse.
L'ordre dans lequel s'étaient succédés les Six- Corps à l'entrée du cardinal Barberini ne souffrit plus de changement, et la municipalité le consacra d'une manière définitive en 1629.
A cette date, les merciers, qui formaient décidément le plus remuant des Six-Corps, obtinreul de la Ville des armoiries ainsi composées : Trois nefs d'argent à bannière de France, un soleil d'or à Imit rais en chef entre deux nefs, sur champ de sinople. Grand émoi parmi les autres corps. Ils s'a.ssemblent au bureau de la draperie, et rédigent une protestation. Le prévôt des uuirchands les convoque à l'Hôtel de Ville, « et après plusieurs contestations de part et d'autre,- les prévost des marchands et eschevins ordonnèrent que le corps de la draperie auroit pour armoiries : un navire d'argent à bannière de France flottant, un œil en chef, sur champ d'azur, les espiciers auroient deux navires, les merciers trois, les pelleliers quatre, les bonnetiers cinq. Et. pour le regard des orfèvres, ils n'en ont voulu, d'autant ((u'ils en estoient pourveus, dont ils se contentoient •' ».
Est-il nécessaire tle faire remarquer que le rang assigné à cliaque corps était, celte fois, nellemenl déterminé par le nombre de navires d'arirent (liruraut dans ces armoiries ? Ainsi :
Les drapiers en avaient un.
Les épiciers, deux.
Les merciers, trois.
• Vov. Saint- Joann3', p. 220 et Savan-, nitlionnnirt, t. II, p" 053.
* Archives nationales, H 1815, ^ 450.
•• Dêlibrrallons îles Six-Corps, t. I, p. 123. Archives nationales, KK 13-111.
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Les pellelitTs, (|ualre.
Les Imniieliers, cinq.
Les orfèvres, six.
Les niarchaïKls de vin, sept.
Ces derniers seuls, avec les merciers, se luoii- Irèreiil satisfaits ; leurs prétentions se trouvaient, en etl'et, conliruiées une l'ois de plus. Mais les autres corps protesti'renl aussi une fois de plus.
Les marchands de vin, all'olés par leur succès, s'adressèivnt au (Conseil d'I'^tat, et lui demandèrent <le supprimer un des anciens corps pour leur donner sa place, l'n arrêt les débouta de leur demande ' .
Ia's pelletiers et les orfèvres déclarèrent qu'ils conscrveraieiU leurs anciennes armoiries, et la Ville les lai.ssa libres d'en user h cet ég;ard comme ils l'cnlendraieul. Les pelletiers se voyaient définitivement battus dans la lutte qu'ils soutenaient depuis plus d'un siècle contre les merciers ; et les orfèvres, placés au dernier ranji;. se soniûaient fort peu de leurs six navires d'argent, eux dont les armoiries primitives rappelaient les services qu'ils avaient rendus à l'éj^'lise et au Irùne. Ces deux corporations se trouvèrent donc avoir deux blasons dilférents *, et , résolues à conserver celui que la tradition leur avait légué, elles refusèrent d'accepter celui qui leur était officiellemeid attribué.
Le célèbre édit d'août 1770, qui réorganisa les corporations, conserva en tète du commerce parisien certains corps privilégiés classés dans l'ordre suivant :
L Drapiere et merciers.
IL Kpiciere,
IIL Bonnetiers, pelletiers et chapeliers. IV. Orfèvres, batteurs d'or et tireurs d'or.