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ARMOIRIES DES CORPORATIONS

(ÎRAiNETiERS. — De sinople, a Iniis j^orlx's il'or, deux en chef et une en pointe, el une coquille de même en abîme.

(iRAVEURS. — D'azur, ù deux burins d'arjjenl emniaru'hés d'or passés en sautoir.

HoRLOOERS. — D'azur, à une pendule d'or, accostée de deux raontres d'arg'ent marquées de sable.

Imprimeurs et I.irr.ures. — D'azur, à un livre ouvert d'argent, acconipagrné de trois Heurs lie lis d'or, cleiix en chef el une en pointe.

Instrumens de MisiQUE (Faiseurs n'\ — D'azur, à une sainte Cécile assise devant un cabinet d'orgues, le tout d'argent.

Jardiniers. — De sable, à trois lis de jardin d'argent, tiges et feuilles de sinople, posés deux eu clicf et un en pointe, et un chef d'azur chargé d'un soleil d'or.

.lAur.EURS de vi.n el Essayeurs d'eau-oe-vie. — D'argent, à une fasce de sable, accompagnée de (rois tonneaux de vin de même, cerclés d'or, deux en chef el un en pointe.

Lapidaires. — Dazur. à une rose de diamans d'argent.

Layetiers. — De gueules, a une cassette d'or, Ciintonnée au l el 4 d'une boite ronde d'argent, el au 2 el '.i d'une boite ovale de même.

LlMONADlERS-DlSTII.I..\TEURS. — De gueules,

à un alambic d'argent, sur un fourneau d'or emtlammé de gueules.

LiMiKRES. — D'azur à une fasce dentelée d'argent, surmontée d'une aune couchée de même, marquée de sjible, et en pointe d'une paire de ciseaux camars d'or, ouverts en sautoir.

Maçons. — D'azur, à une ascension du Fils de Dieu sur une montagne, le tout d'or.

Maréchaux ferrants. — D'argent, àunebulle de sable posée en fasce, accompagnée de trois fers de cheval de gueules, deux en chef el un en pointe .

Méoissiers. — De sable, à une toison suspendue de même.

Menuisiers. — D'azur, à une verlope ' d'or posée en fasce, accompagnée en chef d'un ciseau d'argent emmanché d'or, et en pointe d'un maillet de même.

Merciers. — De sinople, à trois vaisseaux équipés et les voiles enflées d'argent, voguant chacun sur une onde de même, el portant une bannière de France au grand mât, et un chef d'azur chargé d'un soleil d'or el entouré d'une nuée d'argent, mouvante des deux angles du chef et pendante en feston.

Mesureurs de grains. — D'or, à une fasce de sable, accompagnée de trois gerbes de gueules, deux en chef et une en pointe.

Miroitiers. — D'azur, à un miroir d'argent bordé d'or, accosté de deux lunettes d'argent garnies d'or, et siirmonlé en chef d'une lunette d'approche couchée de même.

I La varlope, et non verlopt, est un rabot larj^c vl très long, qui sert à corroyer le bois.

Mouleurs de bois. — D'argent, ti un moule ' de sable, ii un chef de gueules semé de Heurs de lis d'argent.

Mouleurs de dois '.\inES a). — D'azur, à un bilcher d'or enllamnié de gueules.

Oiseliers. — D'azur, à un homme de carnation velu dor, un genou en terre sur ime terrasse de sable, tenant une cage à Irébnchet d'or pour prendre des oiseaux de même qui volent en l'air, el un chef cousu de gueules, chargé d'un agneau pascal d'argent omtournô et couché sur un tertre de sinople.

Orphivres. — De gueules, it une croix engrelée d'or, cantonnée au 1 el au 4 cantons d'une coupe couverte d'or, et aux 2 el .3 d'une couronne aussi d'or, et un chef d'azur semé de fleurs de lis d'or.

Pain d'épiciers. — D'azur, à un gros pain d'épices d'or, accompagné de quatre oublies de même posées en croix.

Papetiers. — D'azur, semé de billet tes d'aro-ent, ii un livre ouvert de même brochant sur le tout.

Parchemimers. — D'azur, à une main de carnation vêtue d'argenl. tenant un fer de pareheniinier aussi d'argent emmanché d'or.

Patenotriers en bois, Cornetiers et Faiseurs DE DÉS. — D'argenl, ii un chapelet arrondi de sable, appuvésur trois dés d'or, posés un et deux, el un chef d'azur, chargé d'une fleur de lis d'or accostée de deux cornets d'argent.

Patenotriers en jais. — D'argenl. a un chapelet arrondi de sable, enfermant une croix paltée de gueules.

Pâtissiers. — D'argenl, à une pelle de four de sable, posée en pal. accostée de deux pâtés de gueules.

Paumiers. — De sable, à une raquette d'or posée en pal. le manche en bas. accompagnée de quatre balles d'argent, une en chef, deux aux flancs et une en pointe.

Paveurs. — D'argent, à une hie ^ à battre le pavé de gueules, accostée de deux marteaux de paveurs de sable.

Peaussiers. — De sable, à une lunette ' d'argent.

Pêcheurs. — De gueules, à une écrevisse d'or adextrée d'un verveu *, et senestrée d'une nasse, el sous l'écrevisse deux avirons passés en sautoir, le tout d'or, et un chef cousu d'or, chargé d'un poisson d'argent.

Peigniers-Tabletiers. — Echiquelé d'argent et de sable, à un chef d'or chargé d'un peigne de gueules.

Peintres, Sculpteurs, Graveurs et Enlumineurs. — D'azur, à trois écussons d'argent 2 et 1, el une fleur de lis d'or en abîme.

1 Mesure. Voy. l'art. Mouleurs.

* Voy. l'art. Hieurs.

3 Instrument destiné à parer le cuir.

' Kilet do forme ronde et terminé en pointe.

ARMOIRIKS DES CORPORATIONS

Pelletiers -Fourreurs. — D'azur, à un

agfiioini p;isr;il d'iirfïenl passant sur «ne terrasse (\c sinoplo, aviinl la lêle contournée et couronnée d'un cercle de lumière d'or, dont la banderole de {gueules est croisée d'arg'ent.

Plumassiers. — D'azur, à une aiij^rctle d'argent, accompagnée de trois pluines ou panaches d'or, posées en pairie, apoinlées les houls en dehors.

Poissons (Marchands de). — D'azur, à un siiint Pierre d'or, marchant sur une ondée d'argent et de sinople, de laquelle sortent des poissons de même.

Porteurs de charbon. — D'azur, à un vaisseau d'argent, accompagné de deux étoiles d'or au haut du màt.

Porteurs de grains. — Dargent, à un saint Christophe de gueules, l'enfant Jésus qui est sur son dos de même, tenant en sa main plusieurs épis de blé d'or.

Porteurs de sel. — D'azur, à un saini (iiiristnphe d'argenl.

Potiers d'ktain. — D'azur, à un marleau d'argent emmanché d'or, accompagné en chef de deux tasses d'argent, et en pointe d'une aiguière de même.

Potiers de terre. — Ecartelé en sautoir d'azur et d'argent, l'azur cliargé en chef d'une fleur lie lis et en pointe d un pot à deux anses d'or garni de tleurs d'argent, et accosté de deux pots à une anse chacun affrontés de même, et l'argent chargé à dextre d'un carreau carré de sinople et à senestre d'un carreau hexagone de gueules.

Rôtisseurs. — D'argent, à deux broches de sable passées en sautoir, accompagnées de quatre lardoires de même posées en pal.

RouLEURS ET Chargeurs de vin. — D'or, à une roue de sable, accompagnée de trois barils de même, cerclés d'argent, deux en chef et un en pointe.

Selliers, Lormiers et Carrossiers. — D'azur à un saint Eloi vêtu en évêque, tenant im marteau en sa main dextre, le tout d'or.

Serruriers. — De gueules, à deux clefs, l'une d'argent et l'autre d'or, adossées et passées en sautoirs et liées d'un ruban d'azur, et un chef d'azur semé de fleurs de lis d'or, chargé d'une table couverte d un tapis fleurdelisé, sur laquelle il y a un sceptre et une main de justice passés en sautoir et une couronne rovale, le tout d'or, et ce chef soutenu d'argent, chargé de ces deux mois: Securitas publica de sable.

Taillandiers-Ferbl.antiers. — D'azur, à deux ancres d'or passées en sautoir, surmontées d'un fanal de vaisseau de même.

Tailleurs. — De gueules, à des ciseaux d'argent ouverts en sautoir.

Tanneurs. — De sable, à deux couteaux de revers d'argent ' emmanchés d'or, posés en fasce l'un sur l'autre.

' Ou couteaux |iaioii-s.

Teinturiers du bon et grand teint . — De gueules, à un saint Maurice à cheval d'argent.

Teinturiers en soie, laine et fil. — De sable, à un saint Louis tenant dans sa main dextre un sceptre et de sa senestre une main de justice, le tout d'or, et un saint Maurice de même tenant dans sa main dextre un guidon de gueules chargé d'une croix d'argent, «mtonnée de quatre croisettes de même, et de sa senestre un bouclier de gueules semé de fleurs de lis d'or el chargé en cœur d'une croix de sjiint Maurice d'argent.

Tireurs d'or et d'argent. — D'or, à trois bobines d'azur couvertes de fil d'or, posées deux et un.

Tisserands. — D'azur, à une navette d'argenl en pal, la bobine garnie de sable.

Tissitiers-Rubaniers. — De gueules, à une épingle d'argent posée en pal. surmontée en chef d'une navette plate, accostée à dextre d'un couteau à couper le velours et de pinces pour tirer les dents des peignes, et à .senestre d'une paire de ciseaux, d'une passelte et d'une aiguille, le tout po.sé en pal et d'argent.

Tondeurs de dr^u-s. — D'or, à une paire de forces ' de sable couchée en fasce. accompagnée de trois chardons - de gueules, deux en chef et un en pointe.

Tonneliers et Déchargeurs de \ins. — D'azur, il un saint Jean-Baptisie à dextre d'or, et un saint Nicolas à senestre de même, les visages de carnation.

Tourneurs. — D'or, à un ciseau d'argent emmanché d'or, accosté de deux roues de même.

Vanniers-Quincailliers. — D'azur, à un chevron d'or, accompagné de trois vanels ou vanes de même, deux en chef et un en pointe.

Vendeurs et Contrôleurs de vins. — De pourpre, à une fasce d'or, accompagnée en chef de deux pots d'argent, et en pointe d'un tonneau d'or cerclé de sable.

Vendeurs de poissons de mer. — D'azur, à un navire d'or, équipé d'argenl. sur une mer de même ond)rée de sinople, dans laquelle nagent quatre dauphins de gueules.

Verriers-Faïenciers. — D'azur, à un chevron d'or, accompagné en chef de deux fleurs de lis de même, et en pointe d'une touffe de fougère ■■• aussi d'or, mouvante d'une terras.se de sinople. el un chef de vair de trois tires *.

Vinaigriers. — D'argenl, à une brouette ' de gueules, sur laquelle est un baril de sable cerclé d'argent.

Vins (Marchands de). — D'azur, à un navire d'argenl posé sur un onde alaisée de même, le granil màt orné d'un bannière de France frangée

I ^'oJ■. l'art. Korei'liers.

' Eiiiplovés pinir |p lainage du drap.

3 l'.ndant très lonj^enips, on employa surtoul, pour la fabrication du vi-rro, la potasse rxtraili' des ci-ndn-s di' fougères.

' On noniinr fire rha'|in- ranfréo d'i'rlii(|ui'lé.

S Ils brouotlaii-nt etu-mêincs leur vinaijiro dans les rues.

AiniolIUMS DMS CORPORATIONS — ARMIRIKRS

d'or, et siirmonlé d'une grappe de raisin de même, ligée cl feuillée aussi d'or, le tout côtoyé de six navires posés en pal trois et trois.

Vitriers ET I'kintrkssur \ krrk. — D'argent, Il une fasce en devise alaisée di' salile, accompagnée de trois losanges da/.nr. deux en chef el nn en pointe.

Voy. Bannières (Ordonnance des) cl Six-Corps.

Armoyers. X'o.v. Armoyeurs.

Armoyeurs. Nommés anssi nrmoiers, nriiini/ers et même iiniiuriers. Mn latin, ttrrneatores. (Vêtaient des peintres et des brodeurs d'armoiries.

Armojjer signifiai!, en vieux français, armorier, hlasonner. Jean de fiarlande dit. qu'au treizième siècle, les boucliers portés par les gentilshommes étaient ornés d'armoiries et de ligures endilématiques, lions. Heurs de lis, etc. '. Froissiirl -, racontant l'entrée d'Isabean de Fliivière il Piiris. constate que « la fontaine de la rue Saint-Denis était couverte de lin azur, et les piliers qui l'environnoieiit armoyés des armes de plusieurs hauts el notables seigneurs ^>. (]e métier était encore représenté dans l'écurie royale au seizième siècle '.

Voy. Blasonniers el Brodeurs.

Armures M ak^hand.-^ h'. \oy. Ordonnance de janvier 1351.

Armuriers. Il n'y a pas un siècle que le mot armurier est pris dans le sens qu'on lui donne aujourd'hui. .VnlérieuremenI, les fabricants d'armes se partageaient en trois corporations, subdivisées elles-mêmes à certaines époques, et dont chacune avait sa spécialité nettement déterminée. C'étaient :

1" Les ARMURIERS, faiseurs (['(irmes défensives, telles que casques, écus. hauberts.

2° Les FOfRBissEURS, faiseurs iVarmes blanches et A'armes d'hast.

3° Les ARQUEBUSIERS, faiseurs tVurmes de'fensires à lonqve pnrte'e, telles qu'arcs, arbalètes, arquebuses, pistolets, etc.

Naturellement, il ne sera question ici que des premiers.

On verra, à l'article laillenrs qu'il exista d'abord presque autant de corps de métier qu'il y avait de pièces diHérentes dans le ct)stume ; il en était de même pour ce qui concernait l'appareil défensif des gentilshommes. C'est ainsi, que du treizième au quatorzième siècle, nous trouvons mentionnés, outre les armuriers proprement dits, des e'ruriers, des faiseurs de gantelets, des trumeliers, des e'crecéiciers, des brignndiniers, des hauhergiers et des heaumiers '.

Ces sept spécialités représentaient, à peu de choses près, (ont l'ornement défensif des gens de guerre. Quelle était donc la tâche réservée aux armuriers ? Les plus anciens statuts dn

* \'>v. Èclirit'rs.

î Édit. Bucti..n. liv. IV. cil. 1.

•' Viiy. -V .lal, Dieli'iHHnire erilii/ue. |. 442.

• \ oy. tous ces mots.

métier, ceux qui lui furent accordés en 129<i par le prévôt Jean de Sainl-Liénart ', n'éclaircissent pas la qtiestion. Leur examen porte cependant à conclure que les armuriers avaient alors le privilfgi' de liibriquer les pièces de fer rigides (]iii couMuençaienl à remplacer la maille.

l'iii 1409. les arnniriers et li's heaumiers furent réunis en une seule corporation, dont les maîtres prirent dès lors le titre iVariiiuriers-henumiers^.

Les troubles qui ensanglantèrent l'Ile-de- F'rance pendant la démence de Charles \1 donnèrent à l'industrie des armes une telle impulsion que la fabrication locale devint insufKsante. l ne ordonnance du mois d'avril 1412 ' déclare que les ouvriers de Paris « ne poiirroienl pas souftire a la centiesme partie des armeures qu'il convient pour les causes dessusdites ' ». Le commerce des armures fut donc momentanément proclamé libre, tout le monde eut le droit d'en fabriquer, d'en importer et d'en vendre.

.\ussitôt que Charles VII eut pris possession de son royaume, les armuriers s'empressèrent de réclamer leurs privilèges, el sollicitèrent de nouveaux sUiluts, qui furent octroyés le 27 mars 14iil '*. aux « armuriers, briuandiniers. faiseurs d'espées, haches, guisarmes on voulges. dagues et autres choses* touchant rimbillemenl de guerre ». Faut-il en conclure que tous ces corps d'état formaient alors une seule corporation '( O qui tendrait à le faire admettre, c'est que, comme on va le voir, tous sont placés sous la dépendance du même seigneur, et que la surveillance de tous est confiée à deux jurés seulement.

Quoi qu'il en soit, nul, s'il n'était fils de maître ne pouvait s'établir avant d'avoir payé 60 sous parisis et d'avoir été, après examen, déclaré « ouvrier suffisant » par les jurés du métier. Les armures étaient àWefi d" épreuFr o\\ de demi-i'in-evre , suivant leur qualité, el marquées comme telles. Toute pièce, avant d'être mise en vente, devait avoir subi la visite des jurés. Ceux-ci. aussitôt élus, faisaient serment « aux saints Evangiles de Dieu, par devant Poton. seigneur de Sain- Irailles. premier escuier du corps du Roy el maistre de son escuirie. ou de son commis de par luy, de bien loyanlinent et diligemment visiter les dits ouvrages ' ^>.

A l'époque où furent rédigés ces statuts, les perfectionnements apportés aux armes ii feu avaient fort diminué l'utilité des armures". Pourtant, elles avaient gagné en souplesse et perdu de leur poids. Les armuriers qui écrouissaient le fer avec une perfection que l'on n'obtient

Dan;- Dcppinj;:. (h-do'infiupex. p. ',M\\. Vi)v l''(intiiii<in, Eilils el onhiiHniice'. I. I. |.. 1 rJ8. I)aiis les firilonn. royales, I. X. |i. 5. En raison « <t('s f^ans cnlrcprises. arniccs cl [iihléi's tic }i;cns d'ainics qui ont fait et font confie s cl ilcvanl nosli'c ville île l'aris... u. Bihlioth. nationale, niss. français, n» 21792. f» 112". 1,'arl. a prouve que les arbalétriers étaient compris s l'onlonnance.

\'oy. l'art. Maître des armurici-s.

* « r,es ijrand> pistolets rendent ces hardcs inutiles «. écrivait Tavannes au milieu du seizième siècle. J/ë»iaire.\ , éd. Michaud. p. 191.

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