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TAILLES DE 1292, DE 1300 ET DE 1313 — TAILLEURS D'HABITS

Ji'liau lîoiicliel, Tainturier.

.Iii([ui's, VUUifr.

(iiiiiirt Very, MarcAattl de vins.

(iiiilliiume lo Flurier, Tareriiier.

Tlioniiis lie Saint-Benois(, Drapier '.

Anilri Marcel, Drapier.

'l'Iiomassin de Saiiit-BeiiDÎst, Drapier.

Jehan MareeL

Yves le Breton, Peletier.

l'ierre Pauniier, Espicier.

Tlioinas de Clianevières.

Je rappelle que les boiirg^eois seuls figurent sur cette liste. On n'y trouve donc pas les grandes fortunes de Paris, qui étaient presque toutes entre les mains des nobles et du haut clei^é. J'ai omis aussi les sociétés commei'ciales déjà formées par plusieui-s Lombards.

Un résumé de la Taille levée sur Paris en 1300 a été publié par M. (îustave Kagniez, en tête de ses Etudes sur l'industrie et la c/a,i.se industrielle à Paris au treizième et au quatorzième siècle -.

Tailleurs. Clùrurgiens qui pratiquaient la taille.

Vov. Lithotomistes.

Tailleurs. Chez les sabotiers, ceux qui donnaient au bois la première forme.

Tailleurs d'ardoises. Ouvriers qui donnaient la dernière façon a l'ai'doise, « de manière à la rendre vendable ' ».

Tailleurs d'armes sur étain. Voy.

Potiers d'étain.

Tailleurs de corail. Voy. Patenôtriers.

Tailleurs d'habits. Au treizième siècle, nos couturières et nos tailleurs étaient représentés par plusieurs corps d'étal, et chacun d'eux lirait son nom du vêtement dont il avait la spécialité. Je trouve ainsi mentionnés :

1* Les DOUBLETiERS, faiseuTs de doublets.

2" Les HOQL'ETONNIERS OU .\UQUETONMERS,

faiseur de hoquetons.

3" Les GiPOXiERS, faiseurs de gipons.

4° Les BRAALIERS DE FIL, faiseurs de braies.

5" Les pouRPOrNTiERS, faiseurs de pourpoints.

6" Les CHAUSSETIERS, faiseurs de chausses.

7" Les T.ULLEURS DE ROBES, faiscui-s de robes el autres vêtements à l'usage des deux sexes.

8* Les PELLETIERS.

Auxquels on peut ajouter encore :

9° Les COUTURIERS, couseurs de vêtements. 10" Les FRIPIERS, revendeurs de vêtements ayant été déjà portés.

1 1° Les RAFRESCHissEURS OU raccommodeuTs.

* Il fut ëchevin en 1293, et réélu en 1296. Il ilemeurait en la Vieil Draperie (rue de la Vieille-Draperie, dans la Cité).

S Paris, 1877, in-S».

■> Kneyeltp-'ilie m~lhoilique, arl.s ot méliiTS. I. I, p. 68.

Ouel était le nombre des maîtres composant chacun de ces métiers V Les déiionibremenls de la population ' faits en 12'J2 el en 1300 fournissent les chiffres suivants :

Taillo .!.• 1292. Taill.' .le 1300.

Tailleurs- l^.", IGO

Hoquetonniers 4 »

Braaliers 0 2

Chaussetiers 61 48

Tailleurs de robes. .. 15 27

Couturiei's ."j7 121

Pelletiers 214 344

Total.

Donc, sans compter les fripiers et les rafraîchisseui-s ([ui ne fabriquaient point, 482 chefs d'industrie en 1202 el 702 en l.'iOO se partageaient la confection des vêtements d'hommes et de femmes. Mais il importe de remarcjner que chacun d'eux occupait très peu d'ouvriei-s.

Les tailleurs de robes du treizième siècle, ayant successivement absorbé à peu près tous les métiers qui s'occupaient de la confection des vêtements, peuvent être regardés comme les ancêtres directs de nos couturières et de nos tailleurs actuels.

M. (^)uicheral nous apprend •* que, dès le huitième siècle, les tailleurs contemporains de Charlemagne étaient renommés pour la précision avec la(]iielle ils savaient conduire les ciseaux dans l'élolfe, et faire des habits qui s'adaptaient parfaitement à la forme du corps. Au quatorzième siècle, le buste d'un homme bien mis ne devait pas laisser voir un seul pli ; le plus souvent, on faisait, à force de ouate, un estomac bombé au doublet, au gipon ou au pourpoint.

Mais du douzième au quatorzième siècle, la robe fut le principal vêtement des hommes et des femmes, au moins dans la classe aisée ; ce fut même celui que portaient les gens de guerre quand ils quittaient leur armure. A cette époque, la ressemblance entre l'habillement des deux sexes est si grande qu'il n'est pas toujours facile de distinguer l'un de l'autre. Les tailleurs de robes, qui conservèrent jusqu'à la fin du dixseptième siècle le privilège d'habiller les hommes et les femmes, devaient donc représenter alors l'aristocratie du métier.

Les statuts qu'ils soumirent, vers 1208. à l'homologation d'Et. Boileau donnent des détails assez précieux pour l'histoire des mœiu's au treizième siècle *.

L'ouvrier qui voulait s'établir devait prouver d'abord qu'il connaissait le métier, en.suite qu'il possédait un capital suffisant, « qu'il saclie fère le mestier et il ait de coy ».

Les jurés n'admettaient un nouveau maître qu'après avoir « veu et regardé s'il est ouvrier suffisant de coudre et de tailler ».

* Voy. ci-dessus l'art. Tailles.

* Sous ce titre sont compris les doubletiers, les giponiers, les pourpointiers, et peut-être d'autres petits corps d'état dont je n'ai pas retrouvé les noms.

3 Histoire ilu eosiume, p. 107.

* J.icrr Hes mi-'tierx, titre LVI.

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