‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 316 sur 422 · III. Les TAPISSIERS DE HAUTE-LISSE [katlte · texte numérisé non relu

III. Les TAPISSIERS DE HAUTE-LISSE [katlte

li.ssiers, hmUe-lissenrs on haïUe-liciers], ouvriers d'abord restés libres et qui, en 1303, furent réunis ù la communauté des tapùssiers sarrazinois *. A ce moment, on ne comptait que six de ceux-ci, tandis (pie les nouveaux venus étaient au nombre de dix.

A ces trois classes, on pourrait ajouter celle tli's litpissiers à l^àfjuille, qui ne furent jamais constitués en corporation. Les tapissiers ou plutôt les tapissières à l'aiguille, car ce métier était pres([ue exclusivement exercé par des femmes, se louaient à la journée chez des bourgeois désireux de faire exécuter sous leurs yeux ces grands ouvrages à l'aiguille qui exigeaient souvent ijlusieurs années de travail.

1 Livre lies métiers, titre Ll.

* Sur co point, voy. A. Durcol ot J. Guifîri-y, La stromntourgie do Piorro Dupont, p. \'II. — Dans uno de mi'S noies, où nialtieuri'U.semenl la source manque, je lis que les lapins français étaient appelés lupins nosfrés, pour les distinguer des lapins d'Espagne, qui étnient beaucoup moins estimés des fouireurs.

•'* AiiTf i/rs inrtiers, titre I.II.

' \'>y. G. Depping, Oiihnnances rclalires aiu mcliers, p. -110.

La Taille de 1202 mentionne 24 tapiciers, celle de 1300 en cite 30. Elles ne font entre eux aucune distinction.

Les tapissiers sarrazinois furent enrégimentés dans la cin(|uantième des bannières créées par Louis XI en 1467, et les tapissiers noslrés reçurent de lui, en 14()6, des statuts qui furent complétés en I4S)1. L'apprentissage était alors de six années, suivis du clief-d'œuvre, dont étaient dispensés les fils de maître.

Pour la première fois depuis le treizième siècle, les tapissiers sarrazinois et haute-lissiers modifient, en août 1618, leurs statuts qui ressemblent beaucoup à ceux des tapissiers iwslre's. l'uis, en juillet 1636, des lettres patentes réunissent en une seule et même communauté les tapissiers de hante-lisse, sarrazinois et nostre's, et aussi deux communautés depuis longtemps rapprochées d'eux, les routiers et les cmitepnintiers. L'apprenti doit être « enfant de bonne famille et de proiiité », et le maître s'engage à le traiter « comme fils de [)reiid'liomme >/. Les dimanciies et jours de fête le travail est interdit, à moins ([ue ce ne soit « pour le Roi ou pour sa gant ' ».

Je note que, par lettres patentes de mai 1656, la corporation élail déclarée exempte de recevoir jamais des maîtres sans qualité *. (Comment avait-elle obtenu ce privilège? Depuis longtemps, elli; était chargée de << tendre des tapisseries, le jour de l'octave du .Saint-Sacrement, an devant des maisons des sujets fai.sant profession de la religion prétendue réformée », parce que ceux-ci refusaient de le faire '. La communauté devait toucher de ce chef trois cents livres par année ; mais le roi ne s'acquittanl pas, la dette finit par se monter à seize cents livres. La communauté y renonça et s'obligea pour l'avenir à tendre gratuitement les maisons des protestants '.

Avant d'abandonner le dix-septième siècle, je dois mentionner les manufactures de tapisseries fondées à Paris par la royauté.

La moins importante et la plus ancienne est l'atelier élalili au seizième siècle, dans l'hôpital de la Trinité, où étaient élevés des enfants pauvres auxquels on apprenait un métier. Le plus habile de leurs professeurs, Maurice l)ul)0ut. obtint en 1608 un atelier et un logement au Louvre.

En 1607, Henri IV installe, au faubourg Saint-Marcel, un atelier qui deviendra la manufacture des (îolielins.

En mars 1627 est fondée ù Chaillot la manufacture dite de la Savonnerie, destinée ù produire (< des tapis de Turquie et du Levant ».

En 1628, un nouvel atelier est ouvert rue de

• l'our sa famille.

- Voy. ci-des.sus l'article Qualité (Mail n-s .sans).

3 l>esloile raconte qu'en ItîOl « le jour de la l-'éte- Dieu, la procession cle Sainl-Sulpice, qui avoil accoutumé do ])a.sser par la rue de Touruon, n'y passa point, pitur l'amour de l'nmhassatleur d'.\nt^letorre qui y étoit logé, et ne voulut souffrir qu'on tendît devant sa maison, di.sant qu'il feroil mettre lo fou dans les tapisseries qu'on y tendroit ». (23 mai).

' Uibliolh. nationale, manuscrils Dclamarrc, n» 2l,79tl, folio 193.

IM-ISSIKUS

TAHTHIKKS

lii (lliiiisc. iui l'iiiiliourj^; Sainl-l îi'riiniiri. par Uiipliacl (lo la l'iaiiclii', iKml U- pi-i-e avait diri^o celui lia raulunir^- Saint-Marcel.

KnCm, en Kifi'i, la eélélire nuiisou des Golieliiis est créée par (iolliert sous le uoui de maniifartiire des meitUes Je la couronne, et placée sous la haute direcliiin de (Charles Leljrun '.

Sairit-Sinion nous apprend (|ue M'"" de MainlenoM. ipii assistait au travail du roi avec les miuislr-es, \' passait son temps à faire (le la I tapisserie -. Louis XV y eniplovail ses loisii's •'. Kn mars 171!*, il octrova de nouveaux statuts à la sextuple corporation des tapissière. La durée de ra[)[)rentissa^e reste ilxée à six années, que suivront trois années de conipai;nonnai.!;e. Chaque maître ne pourra avoir eu mèuie temps plus d'un apprenti, ses oïdants exceptés. Les lils de maître, sauf ceux nés avant la maîtrise de leur pèi-e, soid dispensés du chef-d'œuvre.

.\ la tin du dix-huitième siècle, le nomlire des maîtres était de six cents au moins.

Les tapissiers de haute li.sse étaient [)lacés sous le ijatronaijpe de sainte Cieiu'viève. Mais la coinmiuuiuté honorait aussi les patrons des communautés qui lui avaient été réunies ; l'arlicle 24 des statuts île juillet IG'.VS cite saint Louis, saint François et saint Sébastien.

Les tapissiers ont été désif^iu's sons des noms fort divers : lapisseurs, ôiirôar ira ires, irnuittrictiires, Imsse-Uciers, hiute-liciers, haule-lisseurs, bouracliers, basses-marches, haute-lissiers, basselissiers, rentrayeurs, etc.

Voy. Ijouvre (Galerie du).

Tapissiers. Autrefois, un tapissier figurait dans le personnel de toute jurande maison. Les fonctions qu'il y remplissait sont ainsi décrites par Audiger: « Il faut que le tapissier fasse rahattre les matelas, raccommoder les tapisseries, les chaises, les tables et autres meubles s'il y eu avoil de cassés, et qu'il ail soin de liieu couvrir les tableaux, tapisseries, matelas, couvertures, lit.s de plume, traversins, miroirs et tous autres meubles où il y a de la doriu'e.

Il faut aussi qu'il sache rentrer les hautes lisses et autres choses concernant les cmmenblemens, qu'il fasse sa princi[)ale all'aire de tenir le tout en bon état, et d'en rendre bon coni[)te toutefois et quantrs f(u'il eu sera requis, suivant le mémoire qu'il en doit avoir [)ar devers lui.

Quant aux appartemens et meubles tendus, il doit aussi en avoir un soin particulier, et les bien balayer et vergeter tous les jours pour en (Mer la poudre et empêcher que les araignées ne s'y mettent, prendre garde que les souris ne gâtent les tapisseries, et que les vitres des chambre- soient toujours bien propres, bien nettes et bien fermées ' ».

• Sur tout ceci, voy. J. Guiffrcy, Les mnnufachires royiilfs lie la/nsseries (1892), iii-8» ol ffistoire île lu Inpisserie (1S86, in-8») ; H. Havard et M. Vac-li.m, Les m'iiiiifacliires nalionates (1889, in-S») ; et les iiionofjraijhies consacri^es aux établissements cités.

i .Vemoires, t XII, p. 122.

•• D'.\rgenson, Mêmuiees, t. III, p. 257 et 264.

' Lu miisoH réglée, livre I, chap. ô.

Ceci était impriuicen Ki',)".^. ,li^ trouve, cinr] ans après, décrit dans le Mercure (jaliint cipiiiinc invention nouvelle, notre procédé actuel |K)ur ouvrir et fermer les rideaux au moyen de cordons roulant sur les poulies dont est munie la tringli; de suspension. « Le cordon, y est-il dit, est passé dans trois poulies et ihms un aniKmu en bas : les deux parties de ce cordon, (|ui sont perpendiculaires, serveiK pour tirer h- rideau ' ».

Sons Louis XIV et sous Louis XV. il y avait à Versailles huit lapi>siers servant par (piai'tier (^t ayant h^ litre de valets de ciiandire. Ils aidaient à faire le lit du roi et étaient occupés surtout lorsque la (]our se déplaçait ^. On sait (pie MoliiM'e succéda il son père dans la charge (le tapissier valet (le chambre du roi.

11 existait depuis longtemps des marchands tapissiers qui se chargeaient de la venti^ des meubles et de la décoration des appartements. Ij'AfmaïKich Dauphin pour 1777 cite, parmi les plus renommés, les sieurs": •< Bimont, ant(!nr d'im traité sur les principes de l'art du tapissier, ouvrage utile à tous ceux qui exercent cette profession ; Capin, tapissier ordinaire du Koi et du garde-meubles de la couronne ; Gijii.i.aumont, tapissier ordinaire de l'hôtel de ville pour tous les bals et fêtes de cérémonies ; Poi's.siN, un des [)lns fameux magazinset des plus connus pour l'ameublement des luMels et maisons de l'rinces et Seigneurs étrangers, soit à la ville, .soit à la campagne ; S.vue. tapissier ordinaire de .S. .\. S. Mgr. le duc d'Orléans: BARn(jT, fait, v(!nd, achète, échange et loue toutes sortes de meubles ; Mandron, fournit les deuils d'appartemens ».

Tapissiers. Titre qui appartenait à la corporation des dominotiers.

Voy. Papiers paints (Fabricants de).

Taqueniers. Voy. Savetiers.

Targiers. Nom souvent donné, jusqu'à la fin du quinzième siècle, aux selliers. L'article \h de leurs statuts de 1268 ', les autorise à recouvrir « sele, escu ou large ». et la large constituait nn bouclier presque toujours i-evètu de cuir de cor!', et chargé de peiidures ou d'arnioiries. La large de métal fut toujours une exception '.

Je les trouve nommés, au ([imtorzième siècle « faiseurs de larges et de pavnz ». Le pavaii était un bouclier plus grand que la large et porté surtout par les arbalétriers.

Tarotiers. Faiseurs de tarots. Titre (pii appartenait aux cartiers.

Tartiers. Marchands ou faiseurs de tartes. La Taille de 1292 cite une tartrière, mol qui, suivant Géraud « est mis pour tartière ^. »

Tartriers. Voy. Tartiers.

79 ; pour

Page 1