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THE SUISSE ET SES SUCCÉDANÉS — TIHKTAIXIERS

Le commerce du thé suisse ou thé des Alpes, qui se vend encore, je crois, chez (|u<.'lqu('s herboristes, date de la lin du dix-huitième siècle. Je le trouve recouiuiandé on ces termes dans les journaux qui accueillaient aloi-s des réclames :

<< Majjjazin fjénéral du thé des Alpes, cueilli sur les monlaj^nes de la Suisse, <l()nl la composition a été donnée par le célèbre M. le baron de Haller, cliez le sieur Guyol. négociant, rue du Mouton, près de l'Hôtel-de- Ville, à Paris.

Ce thé est composé de fleurs choisies des vulnéraires suisses. Il est d'un "roût très-agréable, et supérieur à celui des Indes pour l'usaf^e et les [jropi'iétés qui sont expliquées sur chaque boëte. Elles sont de fer blanc. Le prix est de 3(5 sols.

On déliite aussi, même maison, les véritables vulnérai]-es suisses, à 12 et 24 sols le l'oulean, couvert d'un imprimé qui en indique les propriétés.

Ledit sieur Guyot a établi des enlrepcMs dans les principales villes de France ' ».

Pour mémoire, je mentionnerai encore le thé de Hollande ou thé d'Angleterre, qui était composé de thé inférieur, mêlé ù de la racine d"iris réduite en poudre ^.

Théâtre. Voy. Aboyeurs. — Accessoires (Fabricants d'). — Acteurs. — Automatistes. — Bateleurs. — Cbefs d'orchestre. — Chorégraphes. — Claqueurs. — Contrôleurs. — Copistas. — Costumiers. — Déclamation (Maîtres de). — Décorateurs. — Directeurs. — Espaliers. — Figurants. — Cragistes.

— Lanterne magique. — Machinistes.

— Maîtres de ballets. — Maîtres des salles. — Marionnettes. — Metteurs en scène. — Moucheurs de chandelles.

— Musique (Maîtres de). — Orateurs.

— Ouvreuses. — Forte Maillot. — Souffleurs.

Tlléorbistes. Joueurs, professeurs et fabricants de l'instrument appelé théorbe, qui tenait du luth et de la guitare, et représentait assez bi(Mi notre vi(doncclle. Le Lirre Cfmm'ide pour lO'J'-J cile sept théoi'bisles, dont deux appaileriiiient a la chamlire du roi ■'. Un peu plus lard, Mallot et (lampion, tliéor))istes de l'Opéra, j(Uiissaient d'une grande ré])ulalion.

On écrit souvent téorlistcs .

Tliériacleurs. Voj. Triacleurs.

Thermomètres (Marchands de). Voj.

Baromètres.

Thiphaine, thiphanie et thiephaine

(La). Dans les statuts des métiers et dans les

1 Voy. les Affiches, aniioners et avis divers, année ITHl, p. 199 ; année 1782, p. 201) ; ot le Journal général île France, n" du 22 janvier 1785, p. 39.

- Kncyclopt'die inèthudiqtte , ai*(s et mûtiors , t. II, p. 23T.

3 Tume^I, p. 210.

ordoiuiances du moyen âge, ces moLs désignent ri'ïpiphanie. « Nul talemelier ne puel cuire le jour de la Tidphaine * ».

(J'est le jour que choisirent plus tard, pour les réunions de leur confrérie, la communauté des cartiers, qui était placée sous le patronage des Rois *.

Thuilliers. Voy. Tuiliers.

Tierce. Dans le Livre des métiers et dans les ordonnances du moyen âge, ce mot désigne souvent neuf Iieures du matin. L'ordonnance du 30 janvier 13.51 enjoint aux mesureurs de grains de se trouver : « es halles, entre tierce et midy : en Grève, à l'iieure que prime à Nosfre Dame sera toute sonnée ; au marché de la Juiverie. entre priiiii- et tierce •' ».

Voy. Semaine de l'évéque.

Tiers et dang-er. Voy. Traversiers (Sergents).

Tilleurs. Voy. Teilleurs.

Tim.baliers. Faiseurs ou joueurs de l'instrument appelé timbale. Un compte de 1313 mentionne le sieur Parisot, attaché à la personne de Louis le Hutin, et qui remplissait les fonctions de « ménestrel de naquaires * ou tymbales ■'■ ».

Les faljricants de tiudjales appartenaient à la corporation des chaudronniers. Au dix-septième siècle, le plus estimé de tous, le sieur Cresfien, demeurait rue de la Ferronnerie ".

Il se faisait aussi des tindiales en argent, mais elles étaient l'œuvre des orfî?vres. .

TimJjeresses. Joueuses de timbre, iustru-

iiiiMil ([ui ressemblait à nos tainlioni's de basque.

Tieuliers. Voy. Tuiliers.

Tim.bres-poste. Voy. Commis général du port payé.

Tiretainiers et Tiretiers. Fabricants de tiretaine, étofl'e très répandue au treizième sièi^le, et qui venait surtout île Douai. (Jn en fabriquait aussi il i'aris. car la Taille de 1292 foiiinit les noms de quatre tiretainiers. Joiuville nous apprend que saint Louis porta un habit de tiretaine.

Suivant M. Francisque Michel, la tiretaine était alors classée parmi les étoffes les plus

' Livre des métiers, titic 1, art. 21. \oy. aussi l'art. 12.

* Le Masfion, Calendrier des confréries, p. 28-

3 Titre V, art. 50.

i On écrit plus ordinairement naeairts et notaires, et ceux ijui en jouaient «étaient dits aussi nacarins. \\>y. P. Daniel, JUstoire de lu milice, t. I, p. 53(> et suiv. — Ducanj^e, Olvssarium, au mol nacaïa. — H. I*i*osl, Inrentnires mubiliers, 1. I, p. 112.

5 llihliolkique de l'école des chartes, anniio 1841-42, p. 381.

•> te licre commode pour 1692, t. 1, p. 215.

TlRl'lTAlMl'lUS — TISSICUANDS DM SOIM

précieuses '. Son nssorlion est (léiniMilie parées deux vers du Dit ilit Lendit:

r.n ti[i-taini> dont siin]>Ie jjffut Sont ri'vi'sliis, ili" pou (l'argi>nt *.

H Mais, connue (Tuii aiilie côlé, je trouve que les reims Clénieiue de Hunj^rie ' et Jeanni^ de MinM'^ii^ne ' purlaieni des ridies- de lirelaine •', il laut l)ien adniellre (ju'il exislait plusieurs variélés de ce lissu.

« Nos tiretaine> d'aujourd'iuii, éiril Savary ", no passent <^uères le prix de 4.") sols l'aune, et encore l'aul-il qu'elles soient IcinlcN de laine e| des plus Unes >^.

Les fabricants élaienl dils aussi tireliers.

Tireurs. Chez les ardoisieis. ouvriers eniplovés au service des pompes.

Ciiez les ferrandiniers et les f^aziers, ouvriers i{ui liraient l'assendiiao-e des lieclles placées au rôle droit des inéliei's.

Cliez les nuroiliers ou iiindieloliers, ouvriers qui reliraiejil le plomli de la cliaudici-e poui' en tornier de la dragée on des lialles.

Dans les l'aiji'iques de toiles peintes, ouvriers ipii appliquaient li> nioi-dant ^ur la toile.

Tireurs d'armes. Vov. Armes (Maîtres d').

Tireurs et remonteurs de bateaux.

( )fHciers jurés. L'édil du 9 août U)!)0. cpd crée vino^l de ces cliarij;es, stipule (]ne les titulaires seront tenus de remonter tous les bateaux vides qui leur seront livrés au dessus des ponts Marie et de la Tournelle par les metteurs à port et »ai'de-l)ateaux ».

Tireurs de brouette. Voy. Brouetteurs.

Tireurs de cartes. \uy. Cartomanciens.

Tireurs de cors. Voy. Pédicures.

Tireurs de fer. Voy. Tréflieurs.

Tireurs de foin. Voy. Courtiers.

Tireurs d'horoscopes. \in. Astrologues.

Tireurs d'or et d'arg-ent. Ouvriers qui

tiraient l'or et l'argent à la iUière pour les réduire à l'étal de lil dit or ou ur<ient trait.

Dans les statuts qu'ils soumirent, vers 1208, à rhomolojfation du prévôt Etienne Boileau, iJs prennent le nom de buteurs (For et (Purgent à filer ' . A celte époque, le métier était libre.

' Histoire fies tissus ih soie tiit moyen àye, t. I, p. 206, et t. II, p. 250.

3 Fi'mme de Louis le Hulin.

* Femme de Philippe de Valois.

' % i'^-. Douël-d'.\rcq, Suuteatix comptes de l'argenterie, ['. 70 et 27.

6 Tome II, p. 173,-1.

" Lirre lies métiers, titre XXXI.

Clinque maître pouvait avoir un nombre illimité d'apprentis, et lixer comme il l'entendait les corulitions de l'apprenlissafre. Le travail à la lumière était interdit. Deux jurés administraient la corporation.

La Taille de 1292 lA celle f/t? /.900 mentionnent chacune deux fileiirs d'or.

Les statuts de 12(58 furent fréquemment révisés et coniirmés.

Gomme tons les métiers occupés au travail desmétaux précieux, celui des tireurs d'ur fid, en L">.")(], soumis ii la juridiction de la cour des Monnaies. En aoiit l.'>r)7, elle ptdilia un rèj^^lcinent dont l'article '26 réunis.sait en une seule corporation les tireurs et les batteurs d'or. Tous durent prêter serment devant la Cour et limlirer leurs produits d'une marque particidière. l']idln, la décbiration di' mai 1777 réiuut les iiallenrstireurs d'or aux orfèvres.

Los batteurs-tireurs d'or avaieiil pour patron sailli ]<;ioi.

Tireuses. Dans l'opération du dévidao;(' des cocons, ouvrières qui les retiraieni de la iiassini^.

Tiseurs. Oii nomme ainsi, dans les verreries, ■^ ceux qui servent le «•entilhoinme, et tiennent au feu sa felle toutes les fois qu'il faut chavill'er la matière ou que le gentilhomme a besoin de reprendre haleine. On les appelle aussi fouets, peut-être parce que ces tiseurs étimt de très jeimes gens sont sujets à ce cliàlimenl quand ils manquent à leur devoir ' ».

Dans les manufactures de glaces, les tiseurs étaient les ouvriers chargés de surveillei' le tisage, d'enfourner et de suivre la fonte du verre jusqu'à son affinage. On les nommait aussi fondeurs.

Tisserandes de couvre-chefs. Voy.

Cliapelières de soie.

Tisserands (Maitre des). On appelait

ainsi le chef de la corporation des drapiers.

Tisserands de lang-e. Voy. Drapiers.

Tisserands de soie. Au treizième siècle, ce métier parait n'avoir été exercé que par des femmes. .Jean de Oarlande cite déjà les «itextrices qua' leximl serica texta -». Il est probable qu'elles tissaient, avec la soie et l'or, des ceintures, des galons, des rubans, mais leurs premiers statuts sont muets sur ce point.

Elles les soumirent vers 1268 à l'homolotration du prévôt Etienne Boileau ■'. On y lit ipie çiui([iie maîtresse ne pouvait avoir plus de deux apprenties et que l'apprentissage était fort long; il durait dix ans pciur l'enfant sans argent, ludt ans poiucelle qui apportait quarante sous, six ans pour celle qui apportait quatre li%Tes. La surveillance du métier était exercée concurremment par trois jurés et par trois jurées.

' Savaiy, Dictionnaire, t. II, ji. 1738. * Dictionarius. édit. Sclieler, p. 34.

3 l.iere îles métiers, titre XXXVIII.

TISSKRANDS 1)1-; TOII.I-:

Tisserands de toile. Leur coiporalion éliiit coiisliliK'e. avail une existence légale dès le règne (le l'Iiilippe-Auguste. Je lis. en effet, dans leurs statuts de 1281 que « dès le tans au lion roi Philippe » les tisserands conservaient l'étalon des dillérenfes mesures employées pour les toiles unies ou façonnées. Cet étalon consistait en une verge de fer, ajant la longueur du rot des nappes de la table royale et indiquant la largeur légale de tous les tissus de toile. La largeur était mesurée entre le rot, peigne dans les dents duquel passent les fils, et le temple, instrument qui sert à tendre l'étoffe.

Jean de Garlande consacre dans son Diclionarius ([uelques lignes aux textrices, et décrit assez Lien le travail auquel ils se livraient '. Ils ne présentèrent cependant pas leurs statuts à l'iiomologation d'Etienne Boileau ; les plus anciens que nous possédions sont datés du mois d'octobre 1281, et ils ont été publiés par M. Depping *. En voici l'analyse :

Le métier « de la texeranderie de linge » appartenait au roi ; c'est donc à lui que l'apprenti reçu mailri^ devait acheter le droit de s'établir.

Le travail à la lumière était interdit, « car l'en ne puet fere oevre à chandoile oudit meslier si boine ne loial comme celé qui est fêle de la lumière du jour ».

Chaque objet, << suit napes, touailles, ou oewe plaine », devait avoir toujours sa largeur déterminée : celle-ci était imliquée par la verge étalon, et nid ne devait tisser une toile qui ne fût de la largeur ^ réglementaire.

Nul ne pouvait avoir deux ateliei-s, à moins qu'ils ne fussent contigus *.

Le client fournissait au tisserand, soil le fil en pelote, soit la chaîne ourdie. Le fil était pesé au moment de la livraison, et la toile devait représenter le poids du til. déduction faite du déchet normal résultant du tissag.'. Si le tisserand eno-affeait ou détournait une partie du Hl à lui confié, il était banni du métier jusqn à ce qu il eût payé une amende de dix sous.

Chaque maître ne pouvait avoir qu'un seul apprenti, en dehors de son fils ou du fils de sa femme.

L'apprentissage durait cinq ans pour l'enfant qui apportait vingt sous, six ans pour celni qui ne donnait pas d'argent.

Le travail était interdit les jours de fêtes solennelles. Aux fêtes de second ordre, pendant lesquelles les boulangers pouvaient cuire leur pain et les baigneurs chauffer leurs étuves, les tisserands avaient le droit de préparer l'ouvrage pour le lendemain, mais sans ourdir ni tisser.

LTn ouvrier ne devait introduire dans un atelier, pour y travailler avec lui, que sa femme légitime ; il fallait donc « qu'il .se fût fait creable

1 E<lit. ScheliT, y. -.U.

2 Orilonnnnces relutices aux métiers, p. 387.

•1 « De la moison », disent les statuts. Voy. Ducango, au mut moiso.

* « So il ne puf»t aler d»' l'un à laulrt' sans istrc tuirs sur la voie ». .\rt. 8.

par bons leinoins ou par creableté de sainte yglise que il ail espousé la famé ». On condamnait ii l'amende tout mauvais sujet qui avait une maîtresse hors de la ville, « tout boulier qui tient sa p. . . .n ans chans ».

Il parait que les tisserands de toile jouissaient, comme les tisserands dé laine, du droit de ne pas faire en personne le service du guet. Chaque fois que revenait leur tour de service, et il revenait toutes les trois semaines, ils payaient une .somme de trente sous et fournissaient soixante hommes qui veillaient ù leur place. Au mois d'avril 1372, ils renoncèrent à ce coûteux privilège, et obtinrent ' de ne plus se faire remplacer.

Quatre jurés administraient la communauté. Il est impo.ssible de déterminer le nombre des maîtres alors établis à Paris, car les Tailles de 1292, de 1300 et de 1313 ne distinguent pas les tisserands de toile des tisserands de lange ou drapiers. D'après celle de 1300, les deux métiers réunis eussent compté environ 370 maîtres, indication confirmée par l'ordonnance d'avril 1373. << Jadis, dit-elle, ou temps que le mestier des tissarans de lange et de linge estoil si grant que il y avoit bien trois cens inaisires et plus... ». Cette prospérité ne s'est pas maintenue, « tant pour les mortalilez comme pour occasion de nos guerres... », et surtout parce que la plupart des maîtres ont abandonné le domaine royal, et ont été s'établir sur les terres (le Saint-Martin, de Sainte -Geneviève , de Saint-Marcel, etc., « où ceulx qui demeurent sont qtiittes et exems du guet », de sorte que « il n'est pas demouré en nostre terre plus de seize mesnaiges ou environ ».

Les tisserands reçurent, le 22 janvier 1586 de nouveaux statuts, qui furent confirmés par Henri IV en 1608 et par Louis XIII en mai 1640. Ils y prennent le titre de tisserands en toile, canevas et linge. Les maîti'es qui n'avaient pas atteint l'âge de cinquante ans ne pouvaient engagei- à la t'ois plus de deux apprentis ; ceux ((ui avaient dépassé cet âge pouvaient en avoir trois. La duiée de l'apprentissage, comme celle du compagnonnage, était de quatre ans. Nul n'était re(;u maître avant d'avoir parfait le chefd'œuvre. Toutefois les fils de maître étaient soumis .seulement à l'épreuve plus facile nommée expérience. Quatre jurés administraient la corporation, qui avait pour patron s;>int Biaise.

L'édit de 1776 rendit le métier absolument libre. Le nombre des lisscrands établis à l'aris était alors de 70 environ.

La rue de la Tixeranderie s'appelait déjà au

([uatorzieme

siècle

la viez les.serendei'ie

Supprimée en 18.îl, lors du prolongement de la rue de Rivoli, elle allait de la rue du Mouton. a\ijourd'imi comprise dans la place de l'hôtel de Ville, à la place Baudoyer qui est aujourd'hui représenli-e par la niaiiie du qualrième arrondissement.

* La ctiarte d'autorisatiun a <!lé publiée par Faprnii'Z, Éludes sur l'industrie, p. 294.

î V(.y. la m/le ,/r 1313, p. 118.

TISSKHANDS I)K TOII.K - TISSUTIl-lRS-RUBANIl^HS

I,es tisserands ont été iioniiués telicrx, Itxiers, Ulliitiers, lissiers, tissots, toikroas, etc., etc.,

\ov. Blanc (Spécialité de). — Clianevaciers. — Lingeras. Toiles (Commerce des), elo.

Tisserents. Lafféniiis, en 1000. luniimi" aiii>i lf> tisst'raiitl>.

Tissiers fl Tissots. \ ov. Tisserands.

Tissuriers. Nom ([ironl pmté les tisserands

et les tissutiers. On disait d'aillcni-s. an seiziènir siècle, tissurer ponr lisser.

Tissutiers-riibaniers. .^ncnjio coi-po-

ralion parisienne n'a anssi souvent changé de nom.

Au treizième siècle, ils sont dits lareitrs de fil et de soie.

Dès la lin (lu siècle, ils deviennent frti n^ers- Jore/otiers.

An ((uatorzième siècle, ils ne sont pins ijne dorelotiers.

Au début du quinzième siècle, il> >"inlilnleiil ruhaniers de fil et de soie.

Vei's 1475, ils adoptent un nom qu'ils vont «garder longtemps : tissutiers-ridKuiifrs-frantieis.

Eniin. au dix-li\iitiènie siècle, il li-ni' re>la seulement le litre de rniiiiiiers.

Les premiers statuts qui leur donnent ce litre sont du 20 décenilire 1475. Ils furent révisés le 13 février 1566 et le 15 août 1585. Quelques années plus tard, on les trouve, en outre, qualifiés de ourriers de lu petite navette, pour les distinguer des drapiers d'or et de soie, dits ouvriers de la grande navette et ((ui dataient du règne de Henri IV.

La corporation atteignit son apogée vers le milieu du dix-septième siècle, ([uand les ornements d'or et d'argent, prohibés par les édils somptuaires, se virent remplacés par les rubans. Aucune époque n'en lit un pareil abus. Dès 1661 Sganarelle ne voulait pas entendre parler

... De ces cotillons appelés hauts-de-chausses, De ces souliers mignons, de rubans revêtus Qui vous foui ressembler à di-s pigeons paltus, El de ces grands canons où, comme en des entraves, On met tous les matins ses deux jambes esclaves, Et par qui nous voyons ces messieurs les galants Marcher écarquilles ainsi que des volants ' .

Les canons garnissaient le genou et avaient pour mission de réunir le hanl-de-cbausses au bas-de-cliausses. C'était un large rouleau de toile, autour duquel s'attachaient des dentelles et des rubans. Un peu plus bas, le vaste épanouissement des bottes se remplissait d'un fouillis de dentelles, dit rond de bottes, et c'était tout un art de marcher sans froisser l'un contre l'autre ces deux choux encombrants. Les (/filants étaient des coques de rubans que l'on posa d'abord un peu partout, sur l'épaule, le long des ouvertures du pourpoint, autour du haut et du bas-de-chausses. sur les

• Voluals, ailes de moulins à vent. — Le'eole des maris, acte I, .se. 1.

souliers, aux poignets, à la garde de l'épée, etc. Ils linirenl par trouver leur place sur le haut du corps principalement, et aussi sur le ventre où ils repré.seiitaient un petit tablier finissant en pointe. Corneille, en 1634, mentionne les galants dans La galerie du Palais :

Si lu fais ce coup-là, que ton pouvoir est grand ! Viens, je te veux donner tout à l'heure un galant ',

dit .\ronte, écuyer de Lysandre.

Michel de ^îarolles. en 1656, calculait que riiabillenient d'un jeune dameret comportait au moins trois cents aunes de rubans -.

Il y avait des protestations :

I, 'argent ne nous vient pas si vite qu'on le pense, (lliacun di> les rubans me coûte une sentence,

dit Dandin à son fils 3. Mais Dandin élail un vieux justiciard. Les liiianciei-s n'y regardaient pas de si près, et deux seigneurs étrangers, i[ui visitèrent Paris en 1657, constatèrent avec admiration ^< que le sieur de la Basinière avoil un habit dont la petite oye estoit de deux cent ciiu[uante aulnes de rubans * ».

.•V celle (laie, on ■d\^]»'hù\ petite oie les cordons, les aitruillellcs. lestralants, ren.sendjle d(^s t'aidreluchesquiconsliluaienl les accessoires duvèleinenl proprement dit. En ce sens, l'expression date du dix-sepliènie siècle. Molière l'ait dire par Mascarille <in\ pre'cieiises "> . « Que vous semble de ma petite oie, la trouvez-vous congruante à l'habit .^> 'i Jusque-là, ces mots, avaient désigné « le cou, les bouts d'ailes, les pieds, le gésier et autres issues d'une oye * », en somme ce .que nous nommons aujourd'hui Vabatis. La bête reste reconnaissable après qu'on lui a ôté tout cela, et il en était de même de l'élégant que l'on avait dépouillé de la petite oie.

La mode changea. Puis, le métier à rubans, inventé vers 1666 par un ouvrier de Poitiers, finit par être adopté à Paris, « Mille métiers, disait-t)n alors, n'occuperont que cent hommes, et pour ainsy dire que cent bras; car les soyes estant bien disposées sur chaque meslier, un homme d'une force médiocre n'a besoin que d'un bras pour en faire aller dix ; ainsy, on peut faire travailler les gens estropiés qui demeurent inutiles, pourvu qu'ils ayent encore un bras. Il est même facile d'y faire travailler un aveugle ' ».

La transition fui dure pour les ouvriers tissutiers, dont une grande partie se vit réduite à la misère. L'un d'eux, au moment où l'on venait saisir « son pauvre lit et sa pauvre écuelle », coupa la gorge à ses trois enfants*.

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