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THÉ — THK SUISSE ET SES SUCCÉDANÉS

25 avril 1()80. Pour une demi-livie de llii', 12 liv.

18 mtemhre 1680. Pnur un quarteron de (lié,

6 liv.

20 mars l(i81. Pour un quailercui do llie, 0 liv.

31 Mtnhri: 1(181. Pour du llié, un (lunrterou, 6 liv.

1" fécrier 1082. Pour une bouelte ù thé, achetée chez d'Herrere, 1 liv. 10 s.

1" fécrier 1082. Au mesine. pour une demilivre (le thé, (i liv.

4 férritr 1082. Pour une denii-livri' do thc, chez d"HeiTere, 0 liv.

3 décembre 1082. Pour une livre de thé, 12 liv.

28 décembre 1082. Pour demi r|uarteron de thé, pour le P. Rapin, 1 liv. 10 s.

1" avril 1083. Pour une livre de thé, 12 liv.

2 décembre 1083. Pour un quarteron de thé, 6 liv.

0 décembre 1083. Pour quatre prises

Ih

\% décembre 1683. Pour une demi-livre de thé, 2.-> liv.

20 décembre 1683. En thé, 1 liv.

13 janvier 1684. Pour une livre el demie, et demi-quarleron de thé, 39 liv.

6 mars 1084. Pour une demi-livre elune once de ihé, au Ver^aland ^ 18 liv. 10 s.

2 novembre 1684. En thé, au Yerg:aland, 6 liv. 8 s.

'iQ janvier 168.5. Pour deux prises de thé, 10 s.

."> mars I68ô. En thé, 3 liv. 6 d.

8 mars 1685. Pour deux livres de thé, trois livres de calTé en fèves et 3 livres de cass \ 14.5 liv. 6d.

8 «MffW 168.5. En thé, 10 s.

15 mars 1085. Pour une livre de thé. chez Andry, 50 liv.

15 mars 1085. Pour une bouotte à mettre du thé, prise chez .\ndry, 1 liv.

5 nmembre 1685. Pour du thé, 1 liv. 5 s.

17 décembre 1085. Pour du thé, 10 s. 6 d.

24 décembre 1685. Pour deux livres de thé, au Yergaland, 110 liv.

Pendant l'année 1880, Huet semble avoir voidu renoncer au tlu' et y substituer le café, car ie relève parmi ses dépenses :

'.\ jiiiivier. Pour une livre de calfé. 1 liv. 10 s.

21 février. Pour une liouëtte à calïé, 1 liv.

4 mars. Pour (jualre caffetières de terre blanchie, 3 liv. 3 s. Od.

15 mai. Pour deux livres de caffé, 2 liv. 10 s.

21 novembre. Pour une livre de caffé. 1 liv. 15 s.

10 décembre. Caffé. 1 liv. 15 s.

Cette infidélité fut de courte durée. Dès le 31 décembre apparaît de nouveau cette mention :

Pour une livre et demie de thé à 29 liv. la liv., 43 liv. 9 s.

1 On aiipi'lait ^n'.vfla quantité nécessaire pour olilcnir unr taî.s*'.

- Mufrnsin célèljii' situé rue des Lombards, cl iipparli'uant à un siour \ilain.

La dernière acquisition de thé qui fijjure dans le registre est du 16 décembre 1691, et ainsi conçue :

« Pour 14 onces de tlié à 20 liv. la liv., pris chez Francœur, 17 liv. 10 s.

Les linuinadiers furent constitués en corporation au mois de luars 1670. Leurs statuts, qui leur reconnaissent le droit de débiter du café, ne mentimuienl pas le thé. et un édit de 1692 accorda le privilège de ce commerce à un sieur Damame, qui y renonça en 1693 *.

Le commerce du thé en feuilles se trouve coiupris dans les statuts accordés, en 1705, aux limonadiers. Il arrivait à Paris dans des caisses d'étain (|ui en contenaient cinquante livres. En 1766. la France consommait environ 2.100.000 livres de tiié.

A la lin du dix-huitième siècle, on ne connaissait à Paris que trois théiers ; l'un appartenait au jardin des plantes, l'autre au duc de Cessé, le troisième à un amateur nommé de Janssen.

Thé siiisse et de ses succédanés

Commerce dlj. On a vu. dansTarlide précédent que le tlié se vendait cher. Tousses partisans s'en plaignaient amèrement, el Corneille Decker s'était fait l'écho de leiu^? doléances : « Bien des gens, écrivait-il, aïant de l'aversion pour l'eau froide à cause de son insipidité, et beaucoup d'autres ne pouvant fournir a la dépense du thé. parce que la compagnie des Indes, contre le dessein de Dieu et de sa providence, juge à propos de priver notre pais, et même toute l'Europe, du thé et de la amnelle ; et d'un autre côté les brasseurs, ou bien n'ont pas l'art de faire de bonne bierre, ou se mettent moins en peine de donner a la boisson qu'ils travaillent toute la boulé qu'elle peut avoir que de tirer de sa vente un prolil considérable ; en sorte qu'une infinité de malheureux tombent malades pour boire de ces mauvaises boissons ».

Decker conseille donc aux perscumes Irop pauvres pour se procurer de la bonne bière ou <lu thé de remplacer ces breuvages par un autre, composé de salsepareille . d'esquine * el de cannelle ^ ; on laisse bouillir penilanl ime demiheure, el '< l'on a une boisscui (|ui surpasse tous les vins, toutes les bierrcset toutes les potions que la pbarnuK'ie fournil ' »

Celle rèchwue n'eut aucun succès. Les Franç^iis se ressouvinrent aloi-s que leur pays possédait plusieurs plantes précieuses, le myrte, la sauge, l'origan, la véronique, l'aigremoine, elc, dont le parfum est bien supérieur ii celui de la salsepareille.

Les méilecins employaient déjà la sauge comme succédané du thé. En 1070, Louis XIV soull'iant d'une « pesanteur de tète, » Vallot le

1 Voy. ci-dtssus l'article t'.afe (CotniUiToe du).

* Ou mieux squine, une smilacéc qun l'on II souvent cipnfenilue avec In salsepareille.

3 Demi-once de .salsepan'ille, deux drachmes d'esquine, deux drachmes de poudre de santal, di'ux drachmes de cannelle, on vei-se sur le tout quatre pintes d'eau.

t Tome II, p. 144.

TIIK SI ISSK ET SKS SI CCKDA.NKS

mil iiit ivffiiii»' (le lu saiij;i'. Le mal HUfj^mciila, c'i'nI vrai, il s'en Miivil iiumiii' des cliiiinlissf-

llU'Ilts el ill>> Vl'l'li^l's '.

l/apdtliicaiiv l'omcl rnniN iijjpn'iid (|ii*i'ii i (l'.M, il vendait le llu- de la (lliiiie environ soixaiile-dix francs la livre, el celui du Jajion cent cinquante il deux cents IVumcs; el il ajoute : « Le thé éloit si en iisajje il y a f[uel(]ues années en France qu'il \- Hvoil lorl peu de j^ens de (pialité ou de hons bourp'ois (|ui n'en prissent, mais depuis ([ue le calîé et le chocolat ont été connus en France, on ne s'en sert pres(pie plus. » l'omet saisit l'occasion |)our faire l'éloije de la sauf^e : ■< Nous n'aviins, ilit-il, };ui'r(> de plantes ([ui soient plus douées de Ikuiiics ipuilitez cpie la petite ou IVanciie sauj^e, cl il est certain que si elle croissoil aux Indes on l'estinieroit beaucoup ; parce qu'elle nous est commune , nous n'en tenons presque aucun compte - ».

On pouvait, sansdoute, lui reprocher de n'avoir pas soulajj^'e Louis XI\ . mais dans cette circonstance, les mé<lecins devaient certainement être seuls en faute. Ce fut l'avis du docteur Pierre HiinauU. professeur à la Faculté d'.Yng'ers, qui publia en KiyS son Discours phi/siqtte sur les propriétés de la saug;'. Dés le début, l'auteur j rend pleine justice aux mérites du café et du thé : « La Kenonimée puiiliant par toute la Terre la ^randeui' du Hoi surprit si ao;n'id)leme]il tous les peuples. (]ue jusques aux plus éloig'uez crûrent lui devoir rendre liouima^e. connue au plus jjrand l'rince i|ui fût jamais, et le plus <liijjne de commander a tout le monde. Leurs voiag-es et notre commerce avec eux nous aprirent leurs coutumes, dont nous devinsmes en peu de tems si jaloux (comme il n'est point de nation plus susceptible de celles d'autrui que la nostre) que nous abandonnâmes nos anciennes pour les pratiquer. A parler naïvement, je ne crois pas que nousaïons beaucoup ^aj^né dans cet échanije. Je suis du moins assuré (pie pour quelques ragoûts plus capables d'irriter l'appétit et de satisfaire notre délicate.sse que d'entretenir solidement la santé, nous avons quitté des choses d'un usaj^e moins équivoque. Il faut néanmoins excepter le thé et le caffé, ces li(|ueurs aussi agréables qu'utiles, et dont on ne doit craindre que le trop fréquent usage ».

Mais il existe une autre plante, bien supérieure il celles-ci, une autre plante qui '<. tient comme le milieu entre le thé el le cafVé. aiant par excellence les meilleures qualitez de toutes deux. » c'est la sauge de nos jardins. Fille est souveraine contre « les paresses de reslomac. ses foiblesses, ses indigestions, ses nausées, ses éructations, ses gonllemens. ses amas de glaires visqueuses où domine la pituite crue ». La sauge est amie du cerveau et des viscères, « Les goûteux ne la trouvent pas moins favorable à leurs articles, les épileptiques ii leurs nerfs, .\ussi bien que les catharreux. les liydropiques se louent des évacuations sensibles qu'elle leur procure; les graveleux

I Jituriinl lie In snnir île [.nuis XIV, p. 103. ! Pivmière parlie, lib. V, p. 144.

riissentent qu'il proportion qu'elle forlilie leur estomac, elle dérobe ii leurs reins les impureté/ (pii les chargent ». File est « dinreti(pie. diaphorétiqut^ el purgaliv.' ». •< Les gens sujets aux vapeurs, aux vertiges, au (IcH'aul de inémoiri', aux palpitations v ti-ouvciit un remède également souverain ».

La sauge « n'est jjas moins efluuice i» l'extérieur qu'au dedans des parties , étant d'une (pialité vulnéraire, douce, balzamique, fortiliante, résolutive, ("est pouri[uoi on l'euiplnïi' avec beaucoup de succès ii fomenter les paiiics foililes et débiles, ii déterger des ulcères, desérésipelles, des gales, ii résoudre des œdèmes ou d'autres amas d'humeurs solidement invisquées et épaissies ». Il y aurait beaucoup à dire encore sur ce sujet, mais « comme un plus grand détail nous engageroit dans une si vaste dissertation qu'elle comprendroit toute la plivsifpn», nous prions lo lecteur de considérer ce petit essai plutôt comme l'échantillon d'un plus grand ouvrage que pour un traité absolument achevé ».

Les Parisiens restèrent insensibles aux charmes de la sauge. Le docteur Andrj, qui devint doyen de la Faculté, entreprit alors de les convertir au culte de la véronique, véritable thé de l'Eunipe. S'inspirant des idées d'un médecin alleiuainl nommé Francus, il publia en 1704 un petit in-8" intitulé : Le thé (h l' Europe, ou les propriété: de la rérouique, tirées des (ibserrations d^s meilleurs auteurs et surtout de celles de M. Fnnicus ', mtdecin alleriiand. Suivant ce Fi'ancus, la véronique pos.séde mémo >< l'apparence extérieure » du thé, et elle convient dans toutes les maladies que le thé a la réputation de soulager. Prise en infu-sion, elle guérit la migraine, les catarrhes, les ophtalmies, la surdité, la paralysie, l'asthme, la toux, la phtisie, hi colique, la diarrhée, etc., etc. Cela, c'est Francus qui l'alTirme, et en terminant il s'écrie dans un transport d'enthousiasme : « Je vous salue, plante de bénétliction ; je vous salue, reine des herbes, présent incomparable de la nature, souverain vulnéraire ii qui sont contiées tant de vies ; a vous soit louange et gloire au-dessus de toutes les autres herbes de la terre ! »

.\ndry n'a pas reproduit cette éloquente apo.s- Irophe. Kst-ce il cela qu'il faut attribuer le peu de succè,s qu'obtint son livre, et l'oubli dans lequel retomba bientôt l'innocente véronique V Lui-même semble ne pas lui être resté longtemps fidèle, car dans son Traité des alimens de caresme , écrit vers 1712, il ne la mentionne même pas, tandis qu'il consacre au thé un chapitre fort élogieux *. Il le déclare précieux surtout pour les personnes « replètes et pituiteuses, » et à la même date la Faculté de médecine en recommandait particulièrement l'usage aux vieillards •'.

* Joanni^ Franei rrronira theeznns, l'il est cottntin reroiùeip Enrùffo' nnn llie rlilnitieo, etc. Sccondi" tMlitiou, I.ipsiw, 17(11, i(i-12 it<' 138 pagos.

* Tuiii.' II, p. 380.

3 Ail xeniiiis M??Thèse soutenue en 1712 par le bacti'-lier J.-P. Silva.

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