‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 325 sur 422 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

TI.SSUTllOHS-KUBAXIEHS — TOILKS

• 1,(1 nombre des maîtres était lonilié à 146 en 1080 <. L'édit de 1776 réunit en une seule corporation les rubaniers, les ferrandiiiiers et les rrazicrs ; ils formèrent ainsi une communauté assez importante pour constituer le ciiu|uiénie des Stx-Corps. A ce mujukîiiI, l'apprentissaj^e était de (|uatre années, ainsi que le cunipajji^iKmnaijfe ; mais Tappi'enti qui épousait une fille de maître était dispensé du compajj;nonnag-e.

Quatre jurés, élus pour deux ans, suiTeillaient la communauté. Le chef-cT œuvre, qui consistait en deux aunes de tissu, était l'ait en présence des jurés et de six baclieliers.

Le métier s'était placé sous le patronage de la Nativité de la Vierge.

On trouvera ci-dessus, page 197, la formule d'un contrat d'apprentissage par la corporation des tissutiers-rubaniers.

Tixlers. ^'oy. Tisserands.

Toiers. Faiseurs de taies. Voy. Taiers.

Toile cirée (Fabric.\nts de). Dès le sixième siècle, la toile cirée servait, ainsi que le cuir, à ensevelir les personnages de distinction ; les corps de sainte Radegonde, de saint Ansberl, de saint Culhtieil, de saint Rémi, du roi Louis VIII ont été retrouvés enveloppés dans de la toile cirée ^. Cet usage subsista longtemps, car on lit dans le compte des dépenses faites pour l'enterrement du petit roi Jean, mort en 1316 : « Pour une aune et demie de toille cirée... » En revanche, je trouve parmi les frais qu'occasionna, l'année suivante, le sacre de Pliilippe le Long, cette mention : « Pour quatre aunes de toille cirée, dont les draps d'or du pape lurent enveloppés... ^ >>. La toile cirée sen-ait donc à envelopper les objets les plus précieux, d'où l'on peut conclure qu'elle était dillérente de la nôtre. Ce qui le démonlj'e mieux encore, c'est qu'au quatorzième et au quinzième siècles, on se sei-vail de la toile cirée en guise de vitre pour garnir les fenêtres *.

11 paraît que les procédés enqiloyés dans cette fabrication constituèrent pendant longtemps une sorte de mystère. L'abbé Jaubert écrivait en 177)J : « Les ouvriers qui fabriquent les toiles cirées font un secret de la coTuposition don! elles sont enduites ^ ».

Au dix-septième siècle, les manufactures les plus estimées étaient établies dans le faubourg Saint-Antoine ^. Au dix-huitième, Paris et Rouen fournissaient la France de toiles cirées et en exjjorlaienl beauctjup en Anuiricpie '.

Toilerons. Voy. Tisserands.

1 « Dont tli.v sonl dos ri'ligiunnaires ». Manuscrits DclnniaiTC, n" 21, 71IW, 1'" 2:!0.

'^ l*'i'ancis(jui' Midii'I, Hisfuln dfs //.v.vh.v t/r .v./c tnt mol/fll àfjr, t. I, p. 118.

^ I)uuot-ti'.\.fC'i[, Comptes fie l'ni'gi'uttric^ p. li) et 70.

* Voy. ci-(lcs.sous l'art, ^'ilrip^s.

5 Dicllonnnire //fs tti-ts et tiif-iic-s^ t. I\". p, 200.

6 Lf lipre commofti' pour ltî92, t. II, ]>. Tti.

^ Savary, Dictiominirr du cr.nniieret\ I. II, \y 17t»8.

Toiles ^Commerce des). Au treizième siècle,

la l'iibi-ication et le commerce des toiles occupaient plusieurs corps de métier, ayant chacun son organisation particulière. C'étaient entre autres :

1° Les fl;selier.s, faiseurs de fuseaux. "2" Les XAVETIERS, faiseure de navettes. '.V Les Li.MERS, mardiands de lin.

4" Les CHANVRiERS, Diarciiands de chanvre. .^)° Les Fii.ASSiÈRES, peigneuses de filasse. 6° Les Fii,EtJSE.s lie chanvre, de lin et de coton.

7° Les CHAXEVACIERS, marchands de toiles. 8° Les TissER.\NDS de toiles.

9° Les LIXGÈRES *.

Les femmes du treizième siècle s'étaient prises de passion pour la couleur crème. Non seulement elles votdaient coucher dans des draps jaunis, mais elles se plaisaient à ensafraner leur visage et tous les vêtements de toile dont elles se servaient. C'est ainsi que s'expliquent ces vers du Dit d'un mercier :

J ai les guimples ensaSTrenées,

J'ai saffren à mètre en viandes * Que je vent à ces damoisels A faire jaune.s lor toeles 3.

Durant cette période, on désigna sous le nom de /i>i(/e les toiles de lin et de ciuinvre, par opposition au mot lanye. que l'on appli(|uait aux éloU'es de laine. Les ti.sserands de toiles étaient dits alors tisserands de linge et les drapiers tisserands de lange. Ainsi, on lit dans les statuts des fripiers, revendeurs de toutes espèces d'étoiles : « Nus ne puet estre frepier, c'est à savoir vendeur ou achateur de robes viez *, de

linges ou de langes ^ ». Toutefois, le mot

chiuievucerie était plus spécialement consacré aux étoffes de chanvre.

Les toiles de lin étaient arrivées déjà à un extrême degré de perfection. On reciierchait surtout celles que nous envoyait l'étranger. Tournai et Venise entre autres ; mais la France aussi en produisait, notamment à Laon, à Compiègne, il Reims, à Morigny, à Lavauguyon, etc. En 1351, la fine toile de Compiègne vaut 9 sous l'aune, la fine toile de Reims 8 sous, la Une toile de Morig-nv 7 sous, et la tri'osse toile de Lavauguyon 4 sous ". Dans l'inventaire des meuliles de Charles V, les nappes et les serviettes sont le [jIus souvent en toile de Reims ou de Compiègne. La liatiste date du treizième siècle. On croit (pi'eile dut son luim à un sieur Batiste Cambrai ou Chambray, originaire du village de Cantaing ' et qui s'était établi à Valenciennes *.

' Voy. tous ces mots.

^ I.e safran entrait alors coinme assaisonnement dans un trranil nombre de mets. Voy. H. Eslienne, Apologie pour llrroitote, chap. XXX\ II.

■^ I.t'iirs toiles.

4 De vieux vOlements.

■i Lien' des métiers, titre LXX\ I, art. I.

" Comptes d'Etienne de la Fontaine, p. 93 et s.

" .\uj. <lans le (If^parlenient ilu Nord.

8 A'ov. K. Houlv, Oietionnaire historiijne de Camhrtii, p. 37. ■

TOI Lies — TOILETTK

11 l'iiul KO rnppoler d'iiiUtnii-s qur. parmi les lissas qui i'iivi'lcFp|jiiiciil les iiumiii's tl'l'I^Vpti'. un a li-iiuvi' lies toiles i(leiili(|iii's aux [)liis lielies iiiiiusseliues de l'Inde et aux plus liiies liatisles '.

»Les ([uinzièiiie et seizième siècles sont earactérisés par la passion du lieau lin^e et par le désir de l'exliilier le plus possihle. Le eoiunierce des toiles était devenu eonsidénihle. l'arnii les lieux de production, on doit citer Rouen el

ILouviers, la Brelai^ne, Laval, Cliùtelleraull *, le Barrois et la (^liaïupajîne. On avait commencé, . non sans succès, à cultiver le colon dans le midi de la France, dans le Var plus parliculicremenl ■". Les futailles de Troyes étaient reclieichées. L'ne autre inanulacture de ce tissu fut montée ù Lyon

tvei-s lr)80 ; peu d'années après, elle occupait jnscpt'à deux mille ouvriers, parmi lesquels liy^uraieiit un i^rand nombre de Milanais el de l'iémontais '.

Au début du dix-sepliènie siècle, la France

» tenait le premier ranjj: dans la fabrication des toiles c'ommunes. La Bretay:ne et la Champagne étaient des centres iinpi)rtants de production el d'exportation. Pour les toiles fines, nous étions tC triiiutaires de la IloUaiide. Cambrai se dislinff guait par la qualité vraiment merveilleuse de ses batistes. ^< Les Cambrésiens. écrit un contemporain, sont souvent qualifiés de hargneux, ■rardez-vous bien de croire avec le vulgaire, m que c'est à cause de leur humeur chagrine et importune ; c'est à cause de la subtilité de leur travail, qui ressemble en tous ses points à celuy de l'araignée ^ ».

En 1004. le roi d'Espagne interdit l'entrée des toiles de Hollande dans ses Etats. C'eût été pour notre pays l'occasion d'acquérir ce marché, si nos toiles avaient pu lutter avec celles des Provinces-Unies. Deux négociants de Rouen, Jean Wolf el Antoine Lambert, tentèrent d'engaerer la lutte. Ils ofl'rirent au roi d'établir dans le faubourg Saint-Sever une manufacture de toiles fines imitant celles qui se confectionnaient en Flandre et en Hollande. Henri IV ne ménagea à ces vaillants industriels ni son appui, ni ses capitaux, el au mois de janvier 1616 \a grande tissa nt/erie était constituée. Elle possédait cent cinquante métiers, et elle en eut deux cents l'année suivante. La fabrication, toute nouvelle en France, comprenait le linge de corps, de table « et autres ouvrages ouvrés, damassés, figurés, rayés d'or, d'argent ou de soie, de toute couleur et façon ». Le succès de cette tentative encouragea le roi. qui bientôt subventionna deux autres manufactures de toiles fines, toutes deux établies à Mantes, et dont la prospérité ne survécut pas à la mort de Henri IV' •*.

t fiecue arciealagiçue, t. XXI (1870), p. 218.

2 Kabelais nous apprend ([nt^ « pour la chemise de fiargîintua furent levées neuf cents aunes de toille de Cliastoleraud ». Livre I, chap. VIII.

3 Voy. Musset-Pathay, Jlibliographie ajronomijue, 1>. 32 el 93.

* W>y. Savarj', Dictionnaire, I. II, p. 187, et 17/i»toii-e du chinuie.-Cf de LaU'émas.

3 J. Lecarpentier, Histoire ae Camirny, p. 292.

*» \oy. G. Fagniez , L industrie en France sous Henri IV, p. 50.

Bien (pi'i'i cette époque, l'on ne se piqndt pas il'uiie grande propreté, les Luis de la galanterie ' , publiées en 1644, insistent sur le choix du linge. On y lit : ^< L'on doit avoir esgard ii ce qui couvre le corps, et qui n'est pas seulement estably pour le cacher et leganleidu froid, mais encore pour l'ornement. Il faut avoir le plus beau linge et le plus fin que l'on pouri-a trouver. L'on ne sçauroit estre trop curieux de ce qui approche de si près de la personne.. . Quant aux canons de linge que l'on estalle au dessus des bottes, nous les approuvons bien dans leur simplicité (juand ils sont fort larges et de toille baptiste bien empesée Afin de les orner davantage, nous voulons aussi que d'ordinaire il y ail double et ti'iple rang de toille, soit de baptiste, soit de Hollande, el d'ailleurs cela sera encore mieux .s'il y peut avoir deux ou trois rangs de poincl de Gênes, ce qui accompagnera Xs jabot, qui sera de mesme parure. Vous sçaurez que, comme le cordon et les esguilletles s'appellent la petite oye, l'on appelle jabot l'ouverlure de la chemise sur l'estomach, laquelle il faut lousjours voir avec ses orneinens de dentelles, car il n'appartient qu'il quelque vieil penanl d'estre boutonné tout de long ».

Jusqu'au dix-huitième siècle, la France produisit peu d'étoiles de colon -. h' Inventaire du mobilier de la Couronne di-essé en 1681, enregistre déjà quelques draps de coton, mais la toile de lin fut toujouis préférée par les Parisiennes. Dans les familles les plus opulentes, à la Cour même, les dames prenaient << plaisir à filer la toile qu'elles despensent à la maison, la croyant de meilleur usage que celle qu'on trouve chez le marchand •' ». Cette simplicité n'était plus de mise au siècle suivant. On voyait alors les femmes tirer « de leurs sacs à ouvrage une jolie navette d'or, d'écaillé ou d'ivoire, et faire des nœuds connus sous le nom de frivolité * ». Cependant, une des filles du Régent, Louise- Adélaïde, abbesse de Chelles. ^<. pratiquoit dans son abbaye toutes sortes de métiers qu'elle se faisoit apprendi'e par de petites ouvrières qu'elle faisoit venir de Paris. Elle savoit faire toutes sortes de modes, de coifîiu'es. etc. ^ >-. *

Voy. Slanc (Spécialité de). — Filature. — Lingères. — Tisserands, etc.

Toiles de chasse 'Officiers des). Voy.

Vautrait (Officiers du).

Toiles peintes. \ oy. imprimeurs sur étoffe.

Toilette (M.iRCH.\XDES a la). On disait, au dix-huitième siècle, revendeuses à la toilette. JauLert, en 1773, les définit ainsi : « La reven-

1 Dans le Nouveau recueil des pièces les pius agréables de ce temps, p. 1 .

* Savai'v, Dictionnaire, t. II, p. 1719.

3 R. Le Pays, Amitié:, amours et amourettes, édit. de 168.5, p. 228. — Voy. aussi le Recueil des pièces galantes, de M»« de la Suze, édit. de 1741, t. I, p. 43.

* M"" de (ioulis, Étiquettes de la Cour, t. II, ]). 3. 5 Soulavie, Mémoires de Richelieu, t. II, [i. 237.

TOILETTK — TOMBIERS

deuse ii la loilelle est une femme qui va le malin il lii loiletle (les (lames, aliii (le leur faire voir les luiii'clianiliscs ([u'elle a à vendre, comme les nippes et les hijoux dont on veut se défaire. (|ucl(juefois aussi des marchandises de contreliande quelle vend pour son coniple ou pour celui d'autrui ' ». Hurtaud est plus clair : « Elles aciièlenl, revendent et t'cliant^enl soit robes, jupons, déshabillés, dentelles, ajustemens, etc. - » Mais tous les auteurs s'accordent pour enj^ay^er les acheteurs à être fort circonspects dans leurs rapports avec ces dames. « Elles font fortune en tri-s peu de tems, écrit Sébastien Mercier ^, et elles ne la doivent pas en entier à la vente de leurs marchandises ».

Les marchandes à la toilette étaient soumises aux mêmes réf^lements de police que les brocanteurs.

A cette oc(asion, je rappelle que le mot toilette avait une foide de sens, dont quelques-uns ont lieaiicotip vieilli. On noMunail toilette le morceau d'éloffe dans lequel on enveloppait tous les menus objets nécessaires à la loiletle. Cette étoffe fut plus tard remplacée par un coffre souvent très riche. Le contenu ne tarda pas à prendre le même nom que le contenant. Puis, comme, le moment venu, on étalait la toilette dépliée sur une table, celle-ci, qui jouait à son tour le rôle de toilette, fui désignée de la même manière. Enfin le fait de s'habiller étant toujours consécutif à l'étalage de la toilette, finit par prendre le même nom. D'où il résulte qu'en donnant toujours au mot toilette sa signification précise, on pouvait dire qu'une femme, déployant une toilette, y a trouvé une belle toilette, et qu'elle a l'ait sa toilette devant sa toilette.

.Sous Louis XIII et sous Louis XIV, le mot toilette était presque exclusivement pris dans la première de ces acceptions, et toute personne un peu élégante possédait deux toilettes. Celle du malin contenait le miroir, la pelote, la boîte à poudre et la boîte à mouches, les pots de pommade, les brosses, les peignes, des coupes, des chandeliers, etc. ; la toilette du soir renfermait surtout le linge de nuit. Tallemant des Réaux raconte que M. de Brancas « se misl au lict un jour à quatre heures, parce qu'il trouva sa toilette mise * ». Quand on devait coucher hors de chez soi, on se faisait suivre de sa toilette.

Souvent choisies comme cadeau, les toilettes étaient parfois d'une extrême richesse. Voici la description de deux toilettes qui existaient en ]f>l'i, au garde-meuLles de la couronne : « Une toilette d'argent vermeil doré d'.\lleniagne, consistant en dix-neuf pièces. Sçavoir : un miroir, lui carré couvert ^, un autre carré découvert, une gantière ', une couppe, une souscoupe, deux ferrières '' ; deux pots à pastes et pommades, deux

1 Diclioniinire ilrs arts el métier.'! (n73), t. IV, p. 17.

ï Dictionniilre ih Paris (177!»), t. 1, \>. 690.

3 Tnlilrau île Paris (1782), t. II, p. 189.

* Historiettes, t. II, p. 308.

5 Un coffret carré et couvert.

f' Une boîte à )^ants.

' Pout-8lrc les ioiIii>l.s cund-nant les fers à friser.

chandeliers, une boeste à poudre, une boeste à mouches, une petite escuele couverte, une forme de salière pour mettre l'eau de gonmie *, une pelote, une vergette et une brosse à peigne, le tout pesant ensemble :W"4"'4g. *.

Toilette (Soins de . Vuy. Batigneurs. — Bains froids. — Barbiers. — Cheveux (Marchands de). — Coiffeurs. — Corneteurs. — Épileurs. — Étuvistes. — Prater. — Mouches. — Perruquiers. — Poudriers, etc., etc., etc.

Toilières. Titre quiappartenailauxliagères.

Toiliers. Titre (]ui a appartenu aux chanevaciers, aux tisserands, etc. Laiïémas. en KiUO. écrivait touailliers.

Toiseurs de bâtiments. La loise repié-

sentait six pieds nu deux mètres, exaclemeni l'",949. Le plus ancien étalon connu était en fer et portait une inscription indifimuit qu'il datait de l'année lr).")4. Il était conservé par les merciers dans leur bureau '. On résolut, en 1608, d'en constituer un autre. On prit comme mesure l'arcade qui servait d'entrée au vieux Louvre, du côté de la rue Fromenleau, parce que les plans indiquaient que l'architecte avait voulu lui donner douze pieds de largeur. L'étalon ainsi obtenu et représenté par une verge de fer portant une arête à chaque bout fut encasti'é au bas de l'escalier principal du Grand-Chàlelet.

Exposé aux injures du temps et des hommes, cet étalon dut être encore renouvelé en 1766. Cette fois, quatre-vingts toises exécutées avec soin furent envoyées dans les provinces.

Voy. Vérificateurs de mémoires.

Toiseurs de plâtre. \ dy. Mesureurs.

Toissarans de lange. Nom ((ue le Liore des métiers donne aux drapiers.

Tôliers, Voy. Fabricants de tôle. On trouve

aussi tauliers.

Tombeliers. Voy. Boueurs et Ordures ménagères.

Tombiers. Au moyen âge, les maçons ou les artistes qui avaient pour spécialité la construction ou la décoration des tombes étaient nommés tombiers, tumbeurs, tumbiers. tailleurs de tombes, etc. La Taille de 1313 cite, parmi les imposés de la rive gauche, « Nicolas le (îrant. tumbeur' ». On a publié dernièrement l'inventaire après décès d'un habile tombier liégeois, Heiuie(iuin, dit aussi Jean de Liège, qui vint de bonne heure s'établir à Paris, où il mourut en 1382. Il possédait un atelier où il avait réuni d'importantes provisions de pierres, d'albàlre, de

• Servant ù fixer les mouches.

2 Onces, inar(Xs, gros.

•* Savary, Dictionnairf iIh commercf, i. I. p. 195.

* l'ap' 180.

l'OMMIKHS — TUNDKl HS DK DKAI'

iimiliii's, l'U'.' Uiiaiilic Hi'imi"(|uiii i'>t inenlidiiiiô en |:i87, ilaus 11- ilfvisdii lniiiliciiii clcviMi .It'im (If Doniians au inll/^-i' di' Lîcaiivais -. \ iTs ia lin (ruii cdiiipic lit' ir)4t) jf troiivi' cilc un sieur ,I<'l\au I.enicivnt'. (|ui est (|ualilu' •■ laillciir «If IdUlllOs ■•.

Il parait qu'au t{iialoi'7.ii'iiie siècle, l'on ue respeclail j^uèie les inouuuieuls fuuèlires, car je lis dans le Cmipti- des dt'pinsfs faites pur Charles V lia château du Loucre ■' : « Pour avoir anieué XI luuihes, priuses à Saiiil-Iiinoeenl '. par

uiarilie. pour le d^iand viz ■' neuve XXIII sols

parisis •■.

l'ar lettres pateides d'oetolire I()()9, le litre de faiseurs de tombes et epitaphts fui donné à la eorporalioii des niarltriers.

Tondeurs de buis et de palissades.

Leur spécialité a pour orijjine la mode, inau- «ijurée par le dix-sept iénie siècle, de donner aux buis, aux ils, etc. les formes les plus contraires à leur nature, hommes, oiseaux, pyramides, naviresaux voiles déployées, etc. .etc. Le médecin Héroard raconte qu'il Fontainelileau. le lotris de SuUv était éj^ayé pai' « soixante honunes artificiels elautant deilialilestiui se conihaltoient " > . Les tondeui"s appartenaient à la corpoiation des jardiniers.

Tondeurs de chiens. ^ A I'aris,où il y a lieancoup de chiens de toutes espèces, il y a aussi une grande quantité de pei-sonnes qui ne font d'autre métier (jue celui de tondre des chiens. Le plus ^rand nombre de ces tondeurs habitent les endroits les pins passaj;^ers, comme les trottoirs (les ponts, et ont des enseignes on sont leurs noms et leurs demeures. Non seulement ils tondent ces animaux sur les places qu'ils occupent, ils vont encore dans les maisons quand on le juge à propos ' ».

A la fin du dix-huitième siècle, les demoiselles Deraoncy et Varechon s'étaient fait une grande réputation par leur habileté à soigner les chiens et les chats. Je lis dans un de leurs prospectus, daté de décendjre 1774, (ju'elles demeuraient quai Pelletier et demandaient une livre quatre sols pour chiuiue opération, « qu'il s'atrit de tondre un chien, de le saiyrner, de lui couper lesoreilles ou autre chose » . Elles opéraient aussi el pour le même prix les chats, mais ici elles rencontraient des concurrents dans les chaudronniers, les marchands de peaux de lapin, les (•ardeurs de matelas, les frotleurs d'appartements, qui tous se disaient aptes à mutiler ces pauwes animaux.

Sébastien Mercier a fait un grand éloge de Thomas, <•< le plus habile tondeur du monde », (pii opérdit sur le Pont-Neuf el avait « écrit

• Mémoires de la socie'le' de l'histoire de Paris, t. XXX (1903), p. 281.

' tr. Fagfiiiez. Études sur l'industrie, p. 349.

•'' Dans la Rrtite arehéohgiiiue. t. VIII (18511, p. 090.

* .\u cimi'tièif (les Innocents.

"' E.sealier.

« Journal, 6 septembre 160(5, I. I, p. 209. " Jaubert, Dielionmire [ll'Z), I. IV, p. 280.

sur son tïuseigne : Thomas tiniil les vhieiis et sa femme et rat en rille >•. Madame Thomas jouait, vis-u-visde ces petites bêles, lerùlede vétérinaire: les « chiens les plus rogneux ne la rebident pas ; elle entend leur langage, leur prodigue ses care.s.ses, en prend quatre dans son tablier, les médecine avec succès et les met d'accord en les baisant tour à tour -, ils sont sous ses jupes, où ils jappent de reconnoissjince... Les chiens de distinction ne sont pas tondus sur le parapet, cela est bon pour les chiens ordinaires...' ».

l'n peu plus tard. Gouriet a célébré Joseph Lorain, dont la place était indi(piée. dit-il, par un écriteau ainsi conçu : Joseph Ijorin, tons lé chien, ca en vile, coupe le chat et sa famé. Lessez votre adrèce -.

Voy. Châtreurs et Chiens (Commerce des).

Tondeurs de drap. Le dra[) après avoir été laine el séché, devait être tondu à plusieurs reprises, et cette délicate opéralion constituait le privili'ge d'une communauté spéciale, celle des tondeurs. La Taille de 1292 en cite 20. celle de t.'lOO fu mentionne 30.

Je ne connais pas de statuts des tondeurs antérieurs à ceux du mois de ih-cendire Ki84'. i|ui régirent la corporation pendant plusieius siècles. Ils sont, d'ailleurs, détaillés et curieux.

Les maîtres s'y qualifient de tondeurs de drap ■'i table sèche, parce qu'il leur était interdit de tondre aucune étoffe de laine tant qu'elle restait mouillée.

Nul ne pouvait ouvrir boutique avant d'avoir été » expi'rimenté par lesjurez et trouvé suffisant, expert et convenable » .

La durée de l'apprentissage était fixée à deux ans.

Les maîtres déposaient entre les mains du prévôt de Paris une caution qui pouvait s'élever jusqu'à six marcs d'argent, « pour la seurté des draps qui leur seront bailliez à tondre >•.

L'embauchage avait lieu de la même manière que chez les foidons, mais l'endroit (u'i il se faisait n'est pas désigné.

La journée de travail était fort longue. D'octobre à février, elle commençait à minuit « à XII lieures de nuict », et finissait «; à soleil couchant », soit en tout dix-sept heures de travail . Il faut cependant en déduire le temps des repas. Les ouvriers avaient une demi-heure au point du jour « pour aller boire ou faire ce que bon leur semblera >> ; ils déjeunaient de neuf à dix heures, et dînaient de une lieure à deux. De février à octobre, ils arrivaient « k heure de soleil levant », et restaient à l'atelier jusqu'au « soleil couchant ». Ils déjeunaient de neuf à dix heures et dînaient de midi à deux heures. Ils avaient en outre une demi-heure de liberté dans la journée.

Ce règlement ne concerne que les ouvriers pris ùlajournée. Pour les autres, logés et nourris

• Tableau de Paris (1788), t. X, p. 281.

S Personnages célèbres dans les rues de Paris, \. Il, p- 313.

3 Ordona, roi/ales, I. VII, p. 98.

Page 1