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POUR LK CORPS

72 chemises.

72 mouchoirs en demi-hollande.

48 mouchoirs en batiste.

72 paii'es de chaussons.

() coi"sets en beau basin.

12 pièces d'estomac garnies en haut d'une petite

dentelle.

6 camisoles à cordons, en belle toile de coton ou en beau basin des Indes, doublées de basin ù poil pour la nuit.

6 jupons piqués en mousseline.

6 jupons de dessous pour l'été, de belle toile de

coton ou de basin des Indes, fi manteaux-de-lit, de belle mousseline brodée. 6 jupons en belle mousseline brodée, garnis de même, ce qui s'appelle un beau déshabillé. fi trarnitures de corset.

fi tours de "jorije.

12 paires de manchettes.

(') garnitures de coi-set.

12 toui's de gorge.

12 paires de manchettes.

en mousseline festonnée.

en dentelle entoilée de mousseline brodée.

6 paires de manchettes de toile, pour laver les mains.

48 linges de toile, à laver les bras.

72 linges de toile, pour la garderobe ' .

Cette énumération nous est donnée par l'écrivain qui fut chargé de faire connaître L'art de la lingerie dans la Description des arts et métiers publiée de 1771 à 1793 -. On peut donc la regarder comme un type adopté pour les riches trousseaux de celte époque. L'auteur a omis de nous en donner le prix, indication que d'autres documents vont nous fournir. Ainsi, le trousseau nITert en 1785 à M"' de la BrilTe coûta 21.780 francs ; la lingerie et les vêtements, non compris les fourrures, figurent seuls dans cette somme. J'y relève les articles suivants :

1 parure de point d'Ai^entan 2.000 liv.

1 parure de point d'Angleterre .. 1.150 — 1 paire de manches pour habits

de cour 424 liv.

' Par M. (!■ Garsault, 1780. in-4" - En 19 vulumcs \n-V.

1 baigneuse d'Angleterre 21)0 —

1 baigneuse en vray valenciennes 22fi —

10 falbalas de mousseline 24G —

180 aunes de toile pour 0 douzaines

de chemises 1.04() —

17 aunes de batiste pour 2douzaines

de mouchoirs 157 — '

Loraqu'un fils de France se mariait avec une princesse étrangère, un envoyé spécial venait la recevoir à la frontière, et il lui remettait le tro\isseau fourni par la Cour de France. On la déshabillait complètement, l'on changeait jusqu'à sa chemise, car tout ce qu'elle portait sur elle à dater de ce moment devait provenir de France. Mais la jeune princesse était arrivée avec un magnifique trousseau, qu'on lui enlevait, et que se partageaient la dame d'honneur et la dame d'atour-.

En 1795, la fille de Louis XVI, restée au Temple après l'exécution de ses parents, fut échangée contre cinq personnages politiques français, que Dumouriez avait livrés a rAutriciie. Elle était dénuée de tout, et le Directoii'e, en lui rendant la liberté, lui constitua un trousseau que la princesse refusa d'ailleurs d'accepter. Il avait coûté 8.917.937 livres en assignats qui, au cours moyen du jour de la livraison, repi-ôsentaient une somme de 55.592 livres en numéraire.

On y remarque :

1 ajustement de point d'Argentan 790.000 liv.

1 ajustement de point d'Angleterre 780.000 —

1 manchon 10.000 —

1 chat ou palatine 6.000 —

12 paires de bas de soie 25.000 —

24 paires de bas de fil 35.000 —

48 chemises.

24 bonnets de nuit.

24 mouchoirs de toile de Frise.

24 mouchoirs de batiste.

12 fichus de batiste.

12 jupons^. *

Voy. Layettes.

Trousseurs. Voy. Drousseurs.

Troussoire. Voy. Relève-jupe.

Trubliers. Faiseurs de petits filets appelés Incbles '.

Truffiers. Marchands de truffes. L'usage de faire déterrer les trulTes par des porcs muselés ne paraît pas antérieiu' au seizième siècle : « inventum novitium est •», écrit Bruyerin Champier

* Bulletin de la soeiéle de l'histoire de Paris, annéo 1885, p. 81. — Le mot que l'éditeur n'a pu lire page 83 est le mot estomac.

* M"" Campan, Mémoires, t. I, p. 288.

3 lîulletin de la société de l'Aistoire de Paris, amiée 1887, p. 58.

* H. l'rost, Intentai res mobiliers, t. I, p. 397.

TRUFFIia-iS — TYPOGRAPHES

en 1500 '. ^< Ccriains chiens les découvrent aussi ])iiMi qun les ooclious », suivant Lenierv '. Jusqu'au ilix-liuitièuie siècle, ou écrivit et on prononça trifujles. F. -P. de Lavarenne, écuyer de cuisine du marquis d'Uxelles, donne la recette des « Iroulles en ragousl et des troufles au naturel ». Pour ces dernières, on les lavait dans du vin, puis on les faisait cuire, avec sel et poivre, soit dans du vin, soit dans la cendre ^.

Trumeliers. Faiseurs de trumelières ou grèves, et l'on appelait ainsi la partie de l'armure (jui protégeait lesjandjes.

La Taille de 1202 mentionne un seul trunielier * ; on n'en trouve point dans la Taille de 1300, et celle de 1313 ^ en cite deux. Ces trois industriels demeuraient dans la rue de la Heaumerie.

Les trmneliers se fondirent, de Ijonne licure, dans la corporation des armuriers.

Voy. G-refflers.

Tuer le ver. L'habitude de boire le matin, à jeun, (le l'eau-de-vie ou du vin doit remonter assez haut, et je crois bien en avoir trouvé l'origine dans un de nos vieux chroniqueurs. J'y lis ce qui suif: « Audict an 1519, en juillet, mourut subitement mademoyseUe, femme de M. la Vernado. l'un des maislres des requestes du Roy. . . Dont elle fut ouverte, et luy fut trouvé un ver en vie sur le cœur, qui luy avoit percé le cœur. Kt lors, fut mis sur le cœur du médridal '' pour le faire mourir, mays il n'en mourut point. Puis y fut mis du pain trempé en vin, dont incontinant ledict ver mourut. Parquoy il ensuyt qu'il est expédient de prendre du pain et du vin au matin, au moings en temps dangereux, de peur de prendre le ver ' ».

Tueurs de pourceaux. Ils les tuaient et les (lépe(;aient, les mettaient en état d'être détaillés. Les tueurs de pourceaux sont mentionnés déjà dans l'ordonnance de janvier 1351.

Les langueyeurs examinaient la langue de l'animal, les hceurs inspectaient les morceaux intérieurs. « Il y a long-temps que l'on ne se sert plus d'eux », écrivait Delamarre * vers 1700. Ils avaient pour patron saint Antoine ".

Tuiliers. Faiseurs de tuiles. A la fin du douzième siècle, les tuiles et les ardoises étaient déjà d'un usage assez général à Paris. La tuilerie de ce temps est aussi belle que bonne ; les terres.

1 De re cîbaria, p. 544.

î Traite lies alimens (1705), p. 160.

^ Zc euisinier friui;uis (1(551-1053).

4 Taj,'!' 97.

3 l'ajro 102.

6 Du iiiilhi'idale, antiilole célèbre.

"^ Jonrniil it'iiii bourgeois de Piiris sous François /^\ p. 81.

8 Traite ,1e la police, t. II, ]j. 1311.

y Lt' Massuii, Cnlenflrler îles confréries, p. Ul.

soigneusement épurées, sont bien cuites, et constituent des ornements, des faîtières remar- (|uables par leur forme et par leur qualité *.

L'ardoise resta toujours plus chère, parce qu'elle venait de l'Anjou et des Ardennes. Il y avait, au contraire, à Paris de très nomiirouses tuileries, qui ont donné leur nom à plusieurs rues et à un palais célèbre.

On trouve cités douze tuiliers dans la Taille de 1292 et neuf dans celle de 1300. Ni l'une ni l'autre ne mentionnent d'ardoisiers.

La fabrication et le commerce des tuiles ont été réglés par des ordonnances de 1300. de 1350, de 1567, et par celle du 21 novembre 1577 •'. Cette dernière autorise les maître-, couvreurs ii entrer dans les tuileries pour y contrôler la qualité des tuiles qui y sont faites.

Les plus anciennes tuderies de Paris étaient établies sur la rive gauche, vers la partie du boulevard Montparnasse actuel où aboutis.sent les rues de Sèvres, du Cherche-Midi et de Vaugirard. On en créa plus tard au bord de la Seine, dans un endroit appelé la sahlonniêre, (]ui est représentée aujourd'hui par le jardin du palais. Dès 1372. il y avait là trois tuileries, qui nitardèrent pas à se multiplier; dans des lettres patentes de Charles VI. datées du mois d'août 1420, elles sont dites situées « outre les fessez du château du bois du Louvre ». Au seizième siècle, il existait en cet endroit une vaste demeure appelée « la maison des tuileries ». Catherine de Médicis l'acheta vers 1564. et sur ses ruines s'éleva le palais qui fut brûle en 1871.

Quelques tuiliers, qui n'avaient pas cru devoir abandonner leur industrie, .semblèrent bientôt à la Cour un voisinage peu agréalile. Henri III se charo-ea de les éloio-ner. L'ai'licle 45 de l'ordonnance du 21 novend)re 1577 porte (]ue. « pour la salubrité de l'air de la ville de Paris, sa Majesté a défendu d'y faire doresnavani aucunes tuileries, et veut que celles f[ui y sont de présent soient transférées, par l'avis des officiers de police, après avoir ouï ceux qui y ont intérêt ».

A la tin du dix-huitième siècle encore, on ne fubri(]uai( guère que huit espèces de tuiles (plates, faîtières, cornières, creuses, courbes, etc.) et les meilleures venaient de la Bourgogne. Le commerce en était libre.

Les tuiliers sont aussi nommés lieuliers, thuilliers. etc.

Voy. Ardoisiers.

Tumbeurs et Tumbiers. Voy. Tombiers.

Typographes. Voy. imprimeurs.

< Voy. A'iollel-le-Duc, Dictionnaire dr iarekilceture. I. I, p. 453 et I. IX, p. 325.

'- Delamano, Traité de la pjlice. I. IV, p. 51 el .siiiv.

UILIERS — VALETS

Uiliers. Nom sous lc(]iicl la Initie df 1392 désigne les huiliei's.

Uissiers. Faiseursd'lniis.Voy. Huissiers.

Université 1,1. IMITES DE I.'). \'ov. Quartiniers.

Vacherons. Jeunes vachers.

Vachers. La Taille de 1292 file dix vachiers. A cette époque, on estimait surtout les vaches hautes et longues, ayant le front élevé, les Yeux grands et noii-s, les jamlies noires et les pieds fins.

Les métiers qui utilisaient le plus le cuir de vache étaient les gainiers, les boursiers, les selliers et les bourreliers.

Sébastien Mercier écrivait vers 1780: «On vend les vaches pour du bœuf, dont les grosses maisons et les couvens ont emporté toutes les sortes de pièces ; il ne reste au petit bourgeois, qui achète en détail, que la vache. Partout ailleurs, il y a une différence dans le prix des viandes ; à Paris, la vache se vend publiquement au même taux que le boeuf ' ».

On trouve aussi taquets, vaqueurs, etc. Un jeune vacher était dit tâcheron.

Yoy. Bouviers.

Vaguemestres de l'éqpiipagre du roi.

Officiers de la maison royale, ddul la cliar-xe avait été créée en mai 1667. « Le wagniestre a autorité sur les capitaines des charrois de Sa Majesté quand elle va en campagne. Il a soin de les faire charger, de les mettre en marche, de les faire loger, et généralement de leur distribuer tous les ordres nécessaires et de leur partager le travail * ».

On écrivait souvent ivagmestre%.

' TMtau lie Paris, t. VI, p. 288.

* Klat de la France pour 1687. t. I, p. 511 ; pour 1712, t. I. p. ôar. ; pour 1736. I. Il, p. 267. — Guyul, Traité lies of/iees, t. I, p. 617.

Vair FnrRREURS de robes de). Voy.

Cîourroueurs.

Vairiers. ^'oy. verriers et Vitriers.

Vaisselle d'or et d'argent, ^'oy.

Orfèvres.

Valets. Ouvriers. Ce mot, qu'on a regardé comme un diminutif de vassal, est écrit parfois vaslets, tarlets, vallets, etc. '.

Le jeune homme qui avait terminé son apprentissage passait valet ou ou\Tier, titre qu'il conservait jusqu'au jour où il pouvait s'établir el devenir ainsi maître ou patron.

\m Taille de 1292 menûonne 'l'Ai valets sans accompagner ce mot d'aucune indication particulière : elle en cite 1 18 autres dont la profession est désignée. Voici la li.ste de ces derniers :

2 valets armeuriers.

7 valets barbiers.

1 valet baudraier.

1 valet bouchier.

1 valet bourrelier.

3 valets boursiers.

1 valet çavetier.

2 valet.s cer\-oisiei-s.

1 valet chandelier.

2 valets chapeliers de feutre.

1 valet chapuiseur.

1 valet charron.

2 valets chauciers.

i valet cirier.

1 valet cordier.

• Voy. le l.itrt îles mr'liers. pa.s-sim., cl ci-di'.ssu.s lail. Corporations.

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