bas officiers
40 chiens courants.
12 grands lévriers ' .
« La chasse du sanglier se peut faire de quatre façons. La première est de tuer les siuigliers enfermés dans l'enceinte des toiles, à coups d'épées et de dards ; la seconde manière est quand on fait prendre aux lévriers ces sangliers ainsi renfermés dans ces toiles. Les daines même peuvent prendre le diverfis.sement de ces deux premières façons de chasser le sanglier, car elle> peuvent être placées dans la petite enceinte detoiles. La troisième manière est de chas.ser h •^ sangliers avec le chien vautray - et la quatrième façon est de le prendre à f(irce ' ».
Voy. Capitaine du Vautrait.
Vautroy. Voy. Vautrait.
Veelliers. ^ oy. Marchands de veaux.
Veilleurs. « C'est ainsi que l'on appelle à Paris l'ecclésiastique qui veille auprès d'un corps
mort * >..
Veilleuses (Fabricants de). Les veiDeuses portèrent longtemps le nom de mortier. Il en brûlait un toute la nuit clans la chambre du roi. Ce mortier, dit un écrivain du dix-huitième siècle 5, « est un petit vaisseau d'argent ou de cuivre, ainsi appelé à cause de sa ressemblance avec un mortier à piler. Il est rempli d'eau, où surnage un morceau de cire jaune gros comme le poing, aussi nommé mortier, et aïant un petit lumignon au milieu. Ce morceau de cire pèse une demi-livre. Il l]rùlp pendant la nuit, et l'eau où il surnay-e fait durcir ou creler la cire de tout autour, dont il se fait comme une croûte. La bougie qui brûle aussi toute la nuit e.sl dans un flambeau d'argent posé au milieu d'un ba.ssin d'argent qui est à terre ». Mais dans les grandes maisons seulement, l'on gardait ainsi la lumière durant la nuit. La ducliesse de Savoie y gagna de reconnaître le galant Thosé qui s'était introduit el caché chez elle, « car. dit ïallemant, il y a tousjours de la lumière dans la chambre des prince.sses comme elle f' ».
La veilleuse se tran.sforma peu à peu, et
' AW de la France pour 1687, I. I, p. S-tfi.
ï De la raci' ilos cliions dits vautres.
3 f.'tat de la fra née pour 17i2. t. I, p. 610.
1 Dictionnaire de Tre'eoux, t. VIII, ]i. 811.
5 Tiatiuuilli't, Kintdr la France pour 1 7 12, t. I, p. 300 1^1 314.
« Historiettes, t. IV, p. 20.
M:II-LKUSKS — VKNDEURS-DKCHAWiMrHS
l'annonce suivante, <\\n iliile do 1762, prouve quels proi^ri's elle avait alors accomplis.
« Mis.sY, inécaiiicicii à l'aris, rue des Vieux- Au^justiiis, il roMseij:;'no du roi de France, n inventé une nouvelle espèce de veilleuse très coinin(><le pour l'usage des malades : l''On y fait chaulïer du houillon ou telle liqueur qu'on souhaite. 2" A toutes les heures, elle sonne un timbre, pour avertir le malade ou ceux qui le «^•ardent de prendre on de faire prendre les potions (irdoriuées par le médecin. 3° On a. pendant toute la nuil, une lumière douce, qui ne peut ni fatij^uer la vue, ni interrom[)re le sommeil. 4" Il y a, dans le corps de la niaciiine. un cadran éclairé qui nuirque les heures. 5° On y ménage encore un réveil-matin, qui se fait entendre au moment précis où il faut donner an malade la médecine qu'il doit prendre ».
La perfection sendilait atteinte en matière de veilleuse, nuiis nous savons qu'elle n'est pas de cemonde. Le Mercure du 3 février 1787 reproduit la réclame d'un sieur Laliat, demeurant rue de la Roquette, et (|ui préconise un nouveau modèle dont la lumière a la précieuse propriété « d'attirer et consommer les mauvaises vapeurs de l'air du lieu où. elle brûle, ce qui doit engager à s'en sei-vir surtout dans les chambres des malades. Le prix est de trente sols ' . »
Veilliers et Velliers. Faiseurs de vrilles. Vov. Vrilliers.
Veloutiers. Faiseurs de velours. Au moyen âge, h' veloiu> était dit : en latin villosa, tillosus, ril/iisus. vellutuM. ve/utum, relluetum, etc. - ; en fran(;ais veluait, veinyan, velttiau, vehiet, etc. La Taille de 129'i désigne un des imposés par ces mots : << Jehannot, qui fel le veluet - », et il s'agit sans doute ici de l'un des drapiers de soie qui, en 1268. soumirent leurs statuts à l'homologation du prévôt Etienne Buileau •'.
Au siècle suivant, on trouve des velours blancs, verts, jaunes, azurés, vermeils, violets, rayés, brochés, etc. '
Stefano Turqueti et Paolo Moriz créèrent à Lyon, en 1536, une manufacture de velours, qui prospéra.
Un établissement du môme genre, fondé sous Louis XIV à Saint-Maur. près de Paris par le sieur Charlier, laissa bien loin derrière lui tous les résultats obtenus jns(|nel;i. « Outre le velouté ordinaire et la soie frisée, l'or et l'argent y étoient travaillés et ménagés avec tant d'art ([u'on ne pouvoil le voir sans ime espèce de surprise et d'admiration. Chaque aune, au sortir du métier, revenoit à plus de mille livres, aussi l'ouvrier n'en pouvoit-il faire chaque jour qu'un pouce ou dix-huit lignes ' y>. L'industrie des velours fut presque anéantie en France par la révocation de l'édit <le Nantes. Des réfugiés protestants forcés
< Pagr 47.
- Papr<> 29.
•'' Dans 11- i.icrf lies mf'lifrs, titre XL.
• Douët-rt'.\rrq, Comptes de rarjenlerie, p. XX^'III.
5 Savary, Diclionnaire ila comment, t. II, p. 1849.
d'émigrer allèrent établir l'i l'olranger des fabriques dont les plus importantes fureid celles de Spitaltield en .\ngleterre el <le Harlem en Hollande.
Le velours dr <-olou. connu en .Vnglelerre dès 1747, fut inlroduK iMi France vers la fin du siècle.
Voy. Drapiers de soie.
Velteurs. Voy. Jaugeurs de futailles.
Veluet Oui l'.vrr le). Celte menlion, exiraili; de la TnxUc de Ji'!/:?, ne peut désigner qu'un faiseur de velours.
Vendang-es (Droit des). Voy. Banvin.
Vendang'eurs. Pendant très longtemps, la vendange lut laite par des femmes que l'on trouve nommées vendamjeresses, vandangeresses, etc.
Officiers jurés .< établis pour lUX marcbands i'oraius, loixpi'ils
Vendeurs
payer complanl
sont convenus de prix avec les acheteurs, les sommes à (pioi monte la vente de leur marchandise, desquelles ces vendeurs se chargent >ur leur propre compte, et en font, à leurs risques et périls, le recouvrement sur les acheteurs ' ».
Ces intermédiaires entre les marchands en gros et l'acheteur représentent assez bien nos commissionnaires, qui font le commerce sans posséder aucune marchandise.
Voy. les articles suivants.
Vendeurs de bétail. Ils exerçaient déjà depuis longtemps, quand un édit de septembre IfiOô les constitua en officiers jurés sous le titre de vendeurs de bétail à pied fotirche', savoir bœufs, ruches, veaux, montons, brebis et pourceaux. Colbert renouvela leurs statuts en février 1690; ils étaient alors au nomlire de soixante. Ils furent remplacés, en janvier 1707. par cent trésoriers de 1(1 bourse des iiiarche's de Poissy et de Sceaux -.
Vov. Bestiaux (Commerce des) el G-rimelins.
Vendeurs de bois à bâtir, de sciage, charonnag-es et autres bois à bâtir.
Soixante de ces offices jurés furent créés par Louis Xl\ au mois d'août 169Q.
Vendeurs-décharg'eurs de cuirs.
L'édit du 28 juin 1627 eréa trente de ces offices. J'y lis : « .-Vussilôt que les marchands forains seront arrivez, les vendeurs se chargent du prix de la vente vers lesdits marchands, pour leur en faire l'advance. afin qu'ils ne séjournent après ladite vente el n'aient affaire qu'aux dits vendeurs, sans plus estre sujets, comme ils sont journellemenl. d'aller recouvrer. leur argent des baudroyeurs. corroyeure et autres qui achètent cuire... Auxquels vendeurs nous attribuons un
• Savary, Dictionnaire du commerce, t. II, p. 1853. 4 Dplamarre, Traité de la police, l. II, p. 1185 ctsuiv.
VENDEURS-DECHARGEURS — VENTRIERES
sol pour livre desdils cuirs, que les forains seront tenus leur [layer >■.
Vo y. Cuirs et peaux et Vendeurs.
Vendeurs d'eau-de-vie et eau forte.
Titre qui appartint h la corporation des distillateurs.
Voj. Eau-de-vie (Vendeurs d').
Vendeurs de foin. \»\. Contrôleurs.
Vendeurs d'huîtres. Voy. Pourvoyeurs.
Vendeurs de meubles, ^'^y. Commissaires-priseurs.
Vendeurs d'œufs et de fromages.
Voy. Compteurs.
Vendeurs de poissons d'eau douce.
Ofiices jurés créés en 167.'j. Après liieu des vicissitudes, ils furent portés, en 1708, au nomlirede 70, puis supprimés.
Voy. Vendeurs.
Vendeurs de poissons de mer. Intermédiaires entre les chasie-marée et les poissonniers de mer.
Dés que le poisson était arrivé, les compteurs et les déchargairs enlevaient les paniers , <-omptaient, triaient, empilaient les poissons. Puis les vendeurs ouvraient les enchères. La criée terminée, ils payaient comptant les chassemarée, qui repartaient aussitôt.
Au treizième siècle, les vingt vendeurs, dits aussi compteurs-déchargexirs-poignenrs, étaient nommés par les jurés de la corporation des poissonniers de mer *. Ils ne furent constitués en titre d'office que l'année l.")44, et à dater de ce moment leur nombre varia sans cesse. Soixante offices nouveaux furent créés en mai 1696 et supprimés en janvier 1698.
.le rappelle que les poissons se mesuraient entre œil et batte, c'est-à-dire depuis le coin de l'œil jusqu'à l'angle de la fourchette de la queue.
Vendeurs-visiteurs de porcs. Offices
créés en 1704, pour remplacer les lotiijueyev.rs. Ils furent eux-mêmes remplacés, en 1708, par des offices A'inspecteurs-contrôle^trs de poirs -.
Vendeurs-contrôleurs de vin. Ils ne pouvaient exercer leur industrie ([u'au port d'arrivée des bateaux. Les vendeurs payaient comptant les vins au marchand, et se cliargeaieni, à leurs risques et périls, du recouvrement .sur l'acheteur.
Les vendeurs étaient nommes par la municipalité. Ils prètaieni sermenl comme ofliciers publics et fournissaient caution. Ils versaient en outre quarante sous, pour droit de bienvenue, et huit deniers parisis chaque mois : cette cotisation était destinée a >' soustenir la confrérie et aussi à
' Livre (les me'lirrs, titre CI. •
* Voy. Delamarrr, Traite i/e la police, t. II, ji. 1310.
ayder à vivre aucuns desdits vendeurs, s'ils venoient ou cheoient en mendicité ' ».
Le nombre des vendeurs de vin varia sims cesse. 11 était de 60 en 141."), de 1^4 en l'iCil, de 43 en 1633, etc., etc. Ils avaient pour patron saint Nicolas.
Voy. Vendeurs.
Ven deurs de volailles igibiers , œufs , beurres et fromag-es, cochons de lait, agneaux et chevreaux vifs, offices jurés
créés par éilit de mars 1073. Ils remplacèrent la communauté des poulailliers dont on ne trouve plus trace à dater du dix-sepliènie siècle. On les rencontre aussi désignés sous les noms de : cendeurs de veaux, volailles, gibiers, agneaux, chetreaux, œufs, beurres et fromages.
(^es offices furent supprimés par un édil de mai 1696, qui créa ccni iméa vendeurs de volailles, et cent jurés ;v/(r/^î<r.s d'œufs, beurres et fromages *.
Voy. Vendeurs.
Vendredi. Il fut toujours considéré comme jour néfaste, jour de tristesse, déjeune, de grand deuil. Kn 1339, les soldats de Philippe VI, étant deux fois plus nombreux que leurs ennemis ', refusèrent de combattre un vendredi *, et lais.sèrent l'armée anglai.se opérer sa retraite pendant la nuit. En 1744 encore, il fallut rendre une ordonnance, pour forcer les marins à mettre à la voile le vendredi^.
Voy. Croix aourée.
Veneurs. Voy. Grand-veneur.
Ventiers. Marchands de bois qui achetaient des ventes dans les forêts et les faisaient exploiter sur les lieux mêmes.
Ventouseurs. Voy. Corneteurs.
Ventrières. Sages-femmes. « La ventrière, écrit VI is 13.")() Barthélémy l'Anglais, dans son traité De prupriettitibns rerum, est une femme qui a l'art d'ayder à la femme quand elle enfante, à lin qu'elle ayl l'enfant légèrement, et que l'enfanl ne soit en péril. Geste veutiière oing le ventre delà femme qui enfante d'aucuns oignemens pour faire yssir " l'enfant plus tost et à moins de douleur. Quand l'enfant naist, elle le reçoit et luj" couppe le nombril du long de quatre doigtz, et le noue; et puis elle lave l'enfant pour en osier le sang, et après elle le frotte de sel et de mie! pourseidier et conforter les membres, et l'enveloppe eu blaiicz drapeaulx". >•
Voy. Sages-femmes.
t Oriliinii. de 14i't, chap. V.
ï Dclniiiarro, TmiU île la police, I. II, [i. 1 174 i-l 1479.
■* Kroissart, Chroniques, liv. I, ^ 86.
* Les graiii/es chroniques île France, édil. Paulin Paris, I. \\ i>. 378.
'• IHic cil' I.uyni's, Mémoires, avril 1744, t. V, p. 405. — Vuy. aussi A. Jal, Dietionnaire critique, p. 1241.
C Sortir.
' Le propriétaire de toutes choses, traduit en français, par Jean Corbichon, Wil. de 1556, chap. X, p. 52 yerso.
VKNTHlLOOrKS — VKKJUS
Ventriloques. On numme ainsi ceux ([ui oui Tari ili- iiiDdilier leur voix natiircllf i-l de piirlcr PII ronuianl à peine les lèvres. Toiil purte il eroire cpie lessyliilles. les pvllioiiis^es el aiili-es devineresses de ranli(|iiilé ii'elaienl ([ne (riiaijile> venliil(i(|ues. Tunlefuis, je ne vois, dans les temps modernes, aucune femme qui se soil distinguée en ce sens.
Parmi les ventriloques, dont le souvenir a été consei-vé, on peut citer un valet de cliamlire de François l""', un sieur Constiuilin, qn'l'ltienne Pasipiier avait connu ' ; Collet, dit ri'lspril de Mont martre, ainsi nommé, écrit Tallemant des Héaiix. parce qu'il habitait Montmartre, el ■< qu'à cause d'une petite voix (|n'il l'aisoit, il seinbloit que ce fust un esprit qui parlast de bien loin, en l'air - ; )> l'auteur de la Poupée pavltuile, qui fil courir tout Paris en 1784 ■' ; le comédien Léclnse; Borelel Fitz-Janies. tous deux propriétaires d'un café au Palais-Royal, et qui excellèrent, sous le premier Empire, dans l'art stupide des mystilications *.
On crut pendant longtemps que ces bateleure parlaient du ventre, ce qui les a fait désigner sous une foule de noms plus liarbares les uns que les autres : engastriloques , engaslrimandres , engastrimythes , engastromandres , qastrilniptes , sioilots, etc.
Vêpres. Dans le Livre des métiers el dans les ordormances du moyen âge, ce mot désigne le plus souvent six lieures du soir. Les maçons déclarent qu'ils ne doivent plus travailler le samedi dès « que ve.spres soient chantées à Nostre- Dame ^ ». Au seizième siècle encore ", les couvreurs cessaient le travail « au premier coup de vespres sonnant à la parois.se oii ils demeurent ».
Verdiers. Gardes-forestiers et parfois jardiniers.
Dans la hiérarchie des eaux et forêts, les verdiei-s prenaient rang au-dessus des gni^'ei-s. Ils avaient garde et juridiction sur une étendue de bois dite verderie.
Les verdiers furent supprimés par lettres patentes d'août 1669, et remplacés par desyffra'e*bois.
Verduriers. Marchands de salades, de légumes verts. Chez le roi, officiers de cuisine qui fournissaient une partie des légumes '.
Vergetiers. N'oy. Brossiers.
Vérificateurs. \'oy. Commissaires.
Vérificateurs d'écritures. Titie qui
' Rfeherehes sur la France, liv. VI, ctiap. 39. î /fisloriettes. t. V, p. 94.
S K. CJiinipardon, Les spectacles île la foire, t. I, p. 323, •■t I. Il, p. 449.
* l'i-uiiliiimini', Miroir de Paris, t. V, p. 255 à 257.
5 Licre des méliers. litre XLYIII, art. 10.
6 Statuts lie juilli'l Iôt!6, art. 10.
' Étal de la France pour 1712, t. I, p. 129.
appartenait aux maîtres de la corporation , des écrivains.
Vérificateurs des francs-salés. Ofli-
ciei-sjiire> dépendant des greniers à sel. \'oy. Sel (Commerce du).
Vérificateurs de mémoires. Dès le début du ([uinzième siècle, des maîtres habiles, choisis dans la communauté des maçons et dans celle des charpentiers, reçurent le titre de .Jurés du roi, et furent chargés de .servir d'arbitres entre les particuliers et les entrepreneurs, lis élaieid désignés par le prévôt do Paris sur la proposition des maîtres réunis des deux communautés.
Au mois de mars 157.5, ces experts devinrent oflicier.s-jurés, durent acheter leur ofiice el prêter serment au roi. Leur nombre fut fixé à 24: 15 pris parmi les maçons et 9 parmi les charpentiers.
Un arrêt du l!} août 1622 constate que les particuliers préfèrent soumettre leurs contestations à des (< experts bourgeois et autres gens à ce cognoissans, autres que les dits jurez érigez en tiltre d'office », et il les autorise à ce faire. Pourtant, en 1639, le nombre des jurés royaux est porté à 32 et celui de leurs clercs à 4. Puis Louis XIV, par édit de mai 1()90, crée 50 nouveaux offices, dont 25, pris parmi les maçons et les charpentiers, furent qualifiés experls-j tirés e/ilrejirencitrs, et les 25 autres, pris parmi les architectes, reçurent le titre à' experts-Jurés lionrgeois. Si deux experts ne parvenaient pas à s'entendre, on en désignait un troisième, qui ne pouvait être qu'un expert bourgeois *.
En général, les mémoires étaient majorés d'un sixième, et les experts touchaient un sou pour livre sur le chiffre définitif ^
Les experts-jurés, appelés aussi loiscurs de ôdtimeiits, se réunissaient, depuis le seizième siècle au moins, rue de la Verrerie, dans une maison dite Bureau de Vécritoire, ou même Eécriloire, qui est mentionnée sur les plans de Gomboust 1,1647; et de Bullet (1710) 3.
Vérificateurs des rôles pour la consommation du sel. Voy. Commissaires.
Verjus. (Marchands de). Ils criaient leur mai-chandise dans les rues *. Mais le mol veijus était pris autrefois dans un sens beauciuip plus large que celui qu'on lui attribue aujourd'hui. Il désignait le suc de plusieurs plantes acidides et vertes, l'oseille par exemple. Le verjus était vendu par les vinaigriers. On s'en servait pour assaisonner les viandes, le poisson, les œufs.
On trouve aussi verjutiei's.
1 DelamaiTC, Traité de la police, t. IV, p. 56 et s.
* S. Mercier, Tableau de Paris, t. VIII, p. 209.
' .K. F.. Les anciens plans de Patis, t. 1, p. 14fl, el t. II, p. 92. .
* Voy. Les Crieriesie Guill. de la ^■ille Neuve, {Ireizitme siècle) ; les cei,l el sept cris (fiuatoraiCme siècle),
VKKJUTIKHS — VMHKIKKS
Verjutiers. Marchands de verjus.
Vermicelliers. Ce sont, dilJaubert, ceux qui « au moyen d'un inslrnnieiil percé (le plusieurs petits trous, réduisent la pâte en petits filets qui ressemblent à des vers ' v. h'Encyclopédie méthodique est plus explicite. Ce sont ceux, y lit-on, qui ont « l'art de composer ce qu'ordinairement on nomme des pâtes, des vermicellis, des macaronis et des lazagnes ^ ». Cet ai-t, originaire d'Italie, fut introduit en France par le docteur Paul-Jacques Malouin. qui mourut en 1778 membre de î'.Acadéniie des sciences, professeur au collège de France et méilecin ordinaire de la reine. Kn 1789, il y avait à Paris un « vermicellier ordinaire du roi », le sieur Sap ou Dusap, établi rue des Prouvaires '.
Vernis Martin. Composition laquée qui eut une grande vogue au dix-huitième siècle, et dont les spécimens sont encore recherchés par les amateurs de curiosités. Il avait été inventé par Robert Martin, qui eut le titre de vernisseur du roi. Un arrêt du lô avril 1753, rendu au pnjlil de la corporation des tabletiers contre Guillaume Martin et Martin Bergeron, donne en ces termes la description du procédé employé par les Martin : « Le corps de l'ouvrage est de plusieurs feuilles de papier ou de toile collées et assemblées en grande (juantité, pour former une épaisseur convenable à l'ouvrage que l'on se propose de faire. L'on donne à ces morceaux de toile ou papier 'assemblé telle forme que l'on juge à propos, parle moyen d'un moule (jui a différentes formes selon l'ouvrage qu'il s'agit d'exécuter, soit un plat à barbe, soit un gobelet, une tasse, un pot-à-l'eau, un étui, une tabatière, en un mot tout ce qu'on peut s'imaginer. On donne à ces ouvrages une première consistance en les faisant sécher au four, ce qui les rend fermes et durs comme du bois ; quand ces ouvrages ont acquis ce prenner état, on les polit et unit avec la lime ou la râpe pour recevoir la couleur qu'on veut leur donner; ensuite on les vernit. On peut appliquer ces couleurs de différentes manières, soit en les alliant et mêlant avec le vernis, pour donner aux vases, à la tabatière, ou à tel autre ouvrage, la couleur qu'on juge à propos, soit en les appliquant par compartiment en façon de guilloclié ou autrement, en y passant par dessus un vernis poli, soit enfin en mêlant, avec un vernis gonimeux, des poudres et limailles des métaux qui s'incorporent avec le vernis, et par l'arrangement desquelles le peintre fait sur cet ouvrage tel dessin que son goût lui fait inventer ' ».
Verni sseurs.
emploient les vernis
Ceux qui fabriquent ou Robert Martin, inventeur
^ Dicfioniittire, . J\\ p. 352.
S Ails et m(-tiors, t. VIII, ]). 400.
3 Almnnuch Ihuphin pour i789.
* Slnliils. arri'/s. srn/ners.... pour la communauté J/s peigiiieis-laileliers, 170U, in-8°, ]). 205. \uy. ausiîi .\. Jal, DictionHoiie criliyue, p. 844.
du vernis qui porte son nom, eut le litre de vernisseur du roi * .
Verre cassé (March.\nds de).
\'oirre cassez, voirre cassez !
Chambrières, regardcz-y.
Si en trouvez beaucoup d'amassez, \ uus me ferez un f^rand plaisir 2.
Voy. ChifTonniers.
Verriers. Les ustensiles de table en verre étaient encore rares au quatorzième siècle. Jean de Garlande qui, au milieu du treizième, donne une énumération des vases à boire alors en usage, mentionne comme matière première, l'étain. le nu«<lre, le platane, le houx, l'érable, le tremble, etc. ', et il ne cite point le verre. Quant aux bouteilles, nous savons d'autre part qu'elles étaient en argent ou en cuir, le verre n'apparaît que par exception.
La Taille de 1292 mentionne 17 voirrier», mais étaient-ce des ven-iers, des vitriers ou des fabricants de bijoux en verre * ? Cette dernière hypothèse n'est, du moins, pas applicable aux deux mentions suivantes : « Macy. qui fet les bouteilles * » et « mestre Raoul le verrier le Roy * ».
La verrerie est le seul art manuel auquel un gentilhomme pouvait se livrer sans déroger, et, ce qu'il y a d'étrange, c'est que dans la fabrique, le noble seul avait le droit de souffler les bouteilles. Quand le verre était fondu, le gentilhomme prenait la felle et commençait Topération : « au gentilhomme verrier seul il appartient de souffler le verre », dit Savary '. Il ne faut pas croire d'ailleurs que ce métier anoblît et que les ouvriers devinssent nobles en l'exerçant: « C'est là une erreur populaire et grossière », écrit de la Roque *. Les gentilshommes verriers ou gentilshommes souffleurs ne dérogeaient pas, voilà tout. On a fait remonter ce privilège jusqu'à Philippe de Valois ; il fut, en tout cas, confirmé par Louis XIV au mois de décembre \(thh '.
Haudicquer de Blancourt écrivait pourtant en 1 697 : '< Nous avons en France plusieurs grosses familles sorties de gentilshommes verrière et qui n'en continuent plus l'exercice ; entre lesquelles il s'en trouve qui ont été honorées de la pourpre et des premières charges *" ». Il doit s'agir ici, non de familles anoblies par la verrerie, mais de nuiisons dont quelques membres avaient occupé l'emploi de souffleurs dans une manufacture.
La corporation des verriers ne comptait guère que dix maîtres en août 1583. quand Henri III
' .\. Jal, Dictionnaire criliqne, p. 845.
S Ant. Truquet, Les cent et sept cris jne Cou crie journellement à Paris, mai 1545.
3 fl Demurinis et planis et bruscis, do acere et Iremulo ». Edil. Scheler, p. 25.
* A oy. ci-dessus l'art. Bijoutiers en fiiuz.
B Dans la rue des Kosicrs, p. 112.
1' Dans la rue de la Verivrie, p. 118.
' Dictionnaire tlu commerce, t. II, p. 1885.
8 Traitr lie ta noètrsse, p. 353.
"•• Isamberl, Anciennes lois franfalses, I. X\ II, p. 31S
'• 1,'art lie la terrtrie, liv. I, cUap. 3.
VKKHIKHS
NKIVKS |)K MAI'I'KKS
confirma leurs statuts. L'appreiitis>a^o était de ([tiatre ans, suivis tle deux ans de coniinij^noiinaj^c, avec chef-(Fœupre. Ces statuts furent, de niiuveau, conliriués ijresquc sans chanj^enienl en niai-s 1(100 et en lévrier lli.^y. A coltt' date, la durée de ra|)prentissa^;e avait été portée à cinq ans, et l'article 10 autorise les maîtres à unir, comme anjourd'imi, la vente des faïences et des porcelaines à celle des verreries, lin arrêt du "21 septembre 170(i leur réunit l'ancienne coniniunauté des patenôtriei"s d'émail. Les uiaili'es qui déjà se ilisaienl vairiers, coirriers Pfrrieurs, toirieurs, etc., se qualifièrent liés lors officiellement ctrrim-s-boukill&rs-faïeHciers-fmailleurs-paUnôtriers-couvrcurs tle /laçons et bouteilles en osier.
I La corporation était placée sous le patronajje
I de saint Clair.
I Vo\-. I^oblesse commerçante.
"Verriers. Titre qui appartint, a dater de I 170(>, à la corporation des énuiilleurs.
Verrieurs. Voy. Verriers el Vitriers.
Vertugadiers. Louis XIV créa, avant 1712, deux cluu-^es de vertujçadiers suivant la cour, nom dans lecpiel je ne puis reconnaître ([ue des faiseure de vertuiradins. Un dési^rnait ainsi l'ancienne vertujjade. jupe très ample qui iléljuta au seizième siècle et qui, avec (]uel(|ues intermittences, se perpétua jusqu'au dix-neuvième siècle sous la dénomination de paniers, puis de crinoline.
Voy. Suivant la cour.
Vestiaires. Dans les couvents importants, un vestiaire était cliarp'' de fournir et d'entretenir tous les vêtements des frères. Souvent aussi l'ameublement du dortoir rentrait dans ses attributions.
Vétérinaires. La médecine vétérinaire en France date de la tin du dix-huitième siècle. Jusque-là, elle était représentée par les maréciiaux-ferrants, tous dépourvus de connaissances spéciales, et dont la science se bornait à un certain nombre de pratiques bizarres et superstitieuses qui se transmettaient par tradition de maître en maître.
Un arrêt d'août 1649 constate qu'ils appliquent aux animaux des saig^nées, des médecines, des onj>:uenls et des fomentations. L'article (ides statuts de 1687 déclare qu' « il n'appartient qu'aux seuls maistres mareschanx de s'entremettre de ferrer, panser et médicaïuenler toutes sortes de bestes chevalines. » Défenses à loides personnes de leur faire concurrence, d' « exif^er aucun salaire sous prétexte de pansement, etc. ».
Le vétérinaire en vosjue sous Louis XV était un sie\ir Lionnais, dont l'habileté ne put parvenir à sauver Filou, le chien préféré de Sa Majesté. Dans les cas {graves, on avait recours à la Faculté de médecine. En 1763, par exemple, les chiens étant décimés par une impilovable épidémie, les médecins furent priés d'en vouloir
liien déterminer la cause et indiquer le remède. Le docteur Desmars, qui étudia It; lléau avec un soin tout spécial, apprit à la France anxieusi\ ([lie cett(î épiilémie ne devait •< pas être attribuée seulement aux astres ([ui anroient versé sur notre alnuispiière des irdhu'nces qui, sans nuire aux autres cspèires de quadrupèdes, ont été pestilentielles il la race canine ' ».
La première école vétérinaire qu'ait eue l'Hurope fut créée à Lyon, en 1762, par le savant Claude Bour<;elat, vrai créateur de l'art vétérinaire. En 17(i4, elle prit le litre d'école royale, et le succès (ju'ello obtint décida, en 1767, la fondation de l'école d'Alfort, près de l'aris. Dès l'année suivante, les Me'moires strrets nous révèlent (|u"il est fréquent « d'y remettre la jand)e à un ciieval, sorte d'accident aucpiel on ne savoit pas renu'dier autrefois ; tout récemment, ajoutentils, on vient il'y trépaner un cheval qui s'était ca.ssé la tète, et l'opération a très bien réussi * ».
En dehors de l'école, on commençait à rencontrer quelques spécialistes, surtout chez les marchamls de chiens •'. Je citerai aussi un oiselier, le sieur (Marcel, qui demeurait rue Richelieu et faisait annoncer ([u' << il traite avec, coniioissance diverses maladies des petits animaux tant à poil ([u'à plume * ».
Veuves de maître. Le moyen à-i^e leur ténKiio;'na beaucoup de bienveillance. La veuve d'un maître était autorisée à conserver la maison lie son mari, et celle-ci étant rej^ardée comme n'ayant pas changé de propriétaire, la veuve n'avait pas à acheter le droit de s'établir. En }>;énéral, on exigeait qu'elle ne se remariât pas avec un homme étranger au métier, mais rien ne l'empêchait d'épouser un de ses apprentis ou de ses ouvriei's. Les statuts des foulons sont foi't explicites sur ce point : \< Se lame veve tenent '' le meslier des foulons se remarie à home qui ne soit du mestier, elle ne puet pas tenir le mestier ; et se ele se marie à home qui du mestier soit, soit à aprantis ou à vallet, tenir le puet franchement * ».
Au treizième .siècle, l'apprenti engagé par son mari lui devait la fin de son service '. Quand il avait terminé son temps, elle n'en pouvait prendre un antre, à moins qu'il ne s'agît d'un métier de feuune qu'elle-même fût capable d'exercer.
Les siècles suivants respectèrent ces privilèges. Les vinaigriers, par exemple, déclarent en 1658 que les veuves continueront It; commerce de leur mari, « à condition qu'elles mèneront une vie honneste et qu'elles n'auront qu'un serviteur Si elles s'emportent dans la
I ^ Lettre sur la mortaliié liex chiens i/aiis /'itiinr'e Ï703, p. 8.
î 2.'i juitlet 17iiS, t. TV, p. G6.
•' Jaubort, Dielioniiairr, t. I, p. 48.1.
* Alinanack IJituphlit pour 1777, art. Oiselrufs.
•» Si ft'iiinio veuve exerçant.
'■' Litre lies mrlirrs, tilre LUI, art. (!. I ' <i Li apprenti.s est tenuz de parfaire son servico entour la ifamo si li sire muert ». Licre lies mr'/ie.s, litre IAI\', art. 1.
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