VOITURES D'EAU - VOYERS
par six clievaux. Ce bateau, assez propre, est un iransporl coniiiiode et parfaitement sûr. Nous débarquâmes sains et saufs à Paris à liuil heures. Le prix pour chaque passager ne va pas au delà
de douze sous ' ».
Voy. Bateaux-coches. — Bach.oteurs, etc.
Voituriers (Commissionnaires des). On nommait ainsi << ceux qui, lorsque les voituriers sont arrivés, prennent soin de livrer les ballots et caisses de marchandises aux marchands à qui elles appartiennent ou ix qui elles sont adressées. Ce sont, pour l'ordinaire, les hôteliers des grandes villes où arrivent les voituriers qui exercent ces sortes de commissions ' ».
Voituriers. Voy. Cliarretiers.
Voituriers par eau. Voy. Bateliers.
— Bateaux. — Coches. — Voitures d'eau, etc.
Voituriers de la mer. Nom donné aux chasse-marée.
Volailles (Commerce des). Voy. Commissaires.— Contrôleurs. — Courtiers.
— G-aveurs. — Poulaillers. — Rôtisseurs. — "Vendeurs, etc., etc.
Volailliers. Nom qu'ont porté les poulail-
lers
Volantiers. Fabricants de volants. Titre qui apparlejiuit ii la corporation des bouchonniers.
Volontaires. « Galopins, petits garçons, qui, sans avoir ni emploi ni maître, servent ceux qui les veulent employer '^ ». Le mot volontaire, pris dans celle acception, a été omis par le Dictionnaire de Trévoux et aussi par celui de Littré.
Voltigeurs. Professeurs de voltige. Dans l'art militaire, dans les académies, la voltige représentait les exercices les plus difficiles de l'équitation. A la grande comme à la petite écurie du roi, où étaient élevés des pages, il y avait à la fois des écuyers et des voltigeurs *. Mazarin" créant l'académie qui devait être annexée au collèo-e qu'il fonda par testament, s'exprimait ainsi : « Il y aura à l'académie un écuyer, un créât, un maistre à danser, un maistre tant ù faire des armes qu'à voltiger, etc. ^ »
Voy. Académistes.
< Journal île Madame Crarlock, p. 27. — Voy. aussi La vie parisienne sous Louis XVI, 1882, in-16.
* Savary, Dictionnaire du commerce (1723), t. I, p. 133U.
•** .\. Furetière, /^/c/fort/ffl/Vf unicerseî des mots françoix, 1701, in-folio.
* Trabouillot, Étal delà France jmir 17 12. t. I, p. 5l')l et X<W.
t» A.-I'\, Histoire de la biùliothèiine Matarine, j). S.^cl.
Voltigeurs. Nom donné parfois aux danseurs de corde, aux sauteurs, etc.
Voyage 'Abticles de. Voy. Bahutiers.
— CofCretiers. — Éicriniers. — Emballeurs. — Futiers. — Gainiers. — Layetiers. — Malletiers. — Sacs (Fabricants de), etc.
Voyers. Dès le douzième siècle, un fonctionnaire spécial appelé voyer avait pour mission de surveiller la voirie urbaine. Jean Sarrazin, qui occupa cette charge sous Louis IX et Philippe III, dressa même en 1270 un mémoire résumant les devoirs imposés et les prérogatives conférées par l'Ile. Ses successeurs immédiats firent de môme, allongeant toujours un peu plus la liste de leurs privilèges, en sorte qu'on ne .sait pas très bien s'ils les avaient reçus du roi ou s'ils se les étaient arrogés. Légitimes ou non, les redevances qu'ils exigeaient des Parisiens constituent un curieux tableau de mœurs.
Le voyer rançonnait surtout les petits débitants c[ui exposaient leurs denrées aux abords des marchés et sur les places publiques. La veille de Xoël, chaque vendeur de paille devait lui en offrir deux charges, et chaque chandelier lui présenter deux livres de chandelles. Le 31 décembre, il recevait de chaque « fourmager » un fromage. La veille des Rois, chaque gastelier lui remettait « un gasteau à febve », chaque chapelier deux ou trois chapeaux et une couronne de Heurs. Toutes les semaines, il exigeait des merciers de la rue aux Fers deux aiguilles. Tous les ans, les herbiers lui devaient « deux faiz d'herbes » ; les chaussiers « une paire de chausses, ne des pires ne des meilleures » ; les rôtisseurs un oison « avec la petite oye * ». Les duellistes eux-mêmes lui payaient le loyer de la place où le roi leur permcllail dese])allre: ils versaient au voyer 2 sols (3 deniers au moment où le gage de bataille était jeté, 7 sols 6 deniers quand l'emplacement du combat était choisi.
Au reste, sous et deniers pleuvaienl dans la caisse du voyer, car on ne pouvait sans son autorisation ouvrir ni fermer une rue, en modifier la direction ou l'alignement, poser de nouvelles saillies ou changer les anciennes, établir des élaux pour la vente des denrées, exécuter aucun travail, aucune réparation sur un point quelconque de la ville - .
Le voyer Jean Sarrazin fut remplacé par son gendre Etienne Barbette, qui eut a son tour pour successeur Pierre, puis Jean des Es.sarts. A la sollicitation de Pierre sans doute, le roi Jean rendit au mois de févTier 1348 une ordonnance ' ([ui enjoignait aux habitants de nettoj'er les rues, et pour la première fois, menaçait les récalcitrants d'une amende.
Comme toute bonne sinécure, la charge de
1 L'abatis.
2 Sur tout ceci, voy. Delamarn», Traité de la police, t. IV, p. 047, et Félibien, Uitloirt de Parit, t. IV, p. 309.
' Or/on», royales, t. III, p. 98. — Drlamarm, l. IV, p. 2I>2.