‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 347 sur 422 · VOITURES · texte numérisé non relu

VOITURES

ou à son coussin. Quand elle fait même ce dernier sacrifice, il faut que son corps y soit plié comme unZ ».

M. d'Offreville. Vous avez bien raison, Madame.

Mad. Leleu. El vous dites que c'est madame de Claqui^nville qui a eu le premier V

Le conseiller. Hier, Madame, elle fut en faire parade dans vingt maisons, et fit le tour de Paris, droite comme un pi([uet sur un douljle carreau, narguant toutes les malheureuses qui, la tête enfoncée dans les épaules, semblaient envier sa voiture et son attitude triomphante.

Mad. Leleu. Comment, une impériale qui se lève et se baisse à commandement V

Le conseiller. D'un coup de pouce, madame, avec moins d'elfort qu'il n'en faut pour tirer le cordon...

Mau. Leleu. Oh ! voila qui est fini. Je réforme toutes mes voitures. Et cela s'appelle 'i

Le conseiller. Une complaisante - ».

Corbillards. Coches faisant le service entre Paris et Corbeil ^. En 1700, ils partaient de Paris le mercredi et le samedi à dix heures du matin, de Corbeil le mardi et le vendredi à neuf heures ; les places coûtaient dix-huit sous *.

Coucous, Voj. Carabas.

Coupés. Voy. Carrosses coupés.

Demi-fortunes. Voilure particulière montée sur quatre roues, mais à un seul cheval. Cette expression n'est guère antérieure à la Révolution ^.

Désobligeantes. Carrosses coupés destinés à une seule personne. P. de la Mésangère les cite, en 1797, comme d'origine récente '.

Diables. Voiture à l'usage des marchands de chevaux, et qui leur servait à dresser et exercer leuis bêtes. Le diable ne se composait guère que de quatre roues, une flèche et un timon ; le siège était figuré par une cage rembourrée en dedans et capable de résister aux ruades '. (1' ef.i\B squelette de dressage moderne.

D'autres moyens de transport ont encore porté le nom de diables, un coupé, par exemple, dont on trouve le dessin dans Y Encyclopédie méthodique ". Séb. Mercier écrivait vers 1780 : « Je vois passer dans un carrosse le médecin en habit noir, le maître à danser dans un cabriolet, le maître en fait d'armes dans un diable. L'humble vinaigrette se glisse entre deux carrosses '■'. »

Diligences. C'est le nom que prirent les carrosses de voiture perfectionnés de façon à fournir un service plus rapide. Ils s'appelèrent d'abord carrosses de diligence.

1 Sur la ridicule élévation des coiffures à cette époque, Voy. les Mémoires, de M""" Cam|ian, I. I, p. 70.

2 Rutlid^e, Le train fie Paris, acte I^', scèue 1. ■ •'* Voy. (;i-<lessus l'article (j'oque-morts.

4 Jez.-, fUal ou tableau, etc., p. 308.

5 I^ Mésangère, Le voyageur à Paris, t. I, p. 52. *> Le toyaijeiir à Paris, t. I, p. ^2.

"^ (îarsault, p. (il .

* Aris et métiers, art. Menuisiers en voitures.

» Tableau de Paris, t. I, p. 117.

La diligence de Lyon, qui fut le premier type sérieux de ce moyen de transport, date des dernières années du dix-septième siècle. Elle accomplissait le trajet en cinq jours durant l'été et en six jours durant l'hiver. Ce lourd véhicule pouvait contenir douze personnes. Outre la banquette du fond et celle qui lui faisait vis-àvis, il y avait de petits strapontins établis sur les côtés et accrochés à chaque portière ; ces dernières places étaient naturellement les moins recherchées. Quand les bagages n'abondaient pas trop, on logeait encore, au besoin, quelques voyageurs dans les paniers ti bagages placés devant et derrière le carrosse ' .

Dormeuses. Une des variétés de la berline.

Fardiers. Voy. Ilaquets.

Fiacres. Voy. l'article Fiacres.

Fourgons. Lourdes charrettes emplo^'ées principalement par les marchands de marée et les marchands de farines *.

On les nommait aussi surtouts.

Gainguettes. Voy. Phaétons.

Galèches. Voy. Calèclies.

Gondoles. Carrosses de voilure perfectionnés. Au dix-neuvième siècle encore, des gondoles faisaient le service entre Paris, Versailles et Saint-Germain.

GuiGUES. Voitures hautes et légères, de la famille du pliaéton. •< Il faut que la mode soit un tyran bien despote pour avoir mis en vogue des équipages si fragiles qu'un homme raisonnable n'y monte jamais sans réfléchir qu'il touche peutêtre à sa dernière heure. Le moindre choc les brise, les culbute ». (Début du dix-neuvième siècle).

Guimbardes. Variété de charrette. Elles servaient surtout au transport de la paille et du foin ^.

Guinguettes. Variété du phaélon. Savary écrit gainguette.

En 1797, le service entre l'aris et Melun, Lagny, Villeneuve-Saint-Geoiges, Boissy Saint- Léger et Champigny était fait par des guinguettes *.

Haquets. >,< La plus simple de toutes les voitures », écrit Garsault. On nomme ainsi de lonf'ues et étroites charrettes, à l'usage surtout des marchands de vins, des brasseurs, etc.

Le haquel-fardier était destiné au transport des poutres, des bois de charpente longs et pesants ^.

Voy. l'article Haquetiers .

Litières. Voitures d'origine fort ancienne. Nos chroniqueurs citent des litières garnies de riches tissus, ornées d'or et de pierreries *. Voy. Carres.

Malles-charrettes. Employées pour le

' Voy. ei-dessus fart. Transports (Kntivpreni'Ui-s de).

* (iai-saull, p. 3'J.

'i Garsaull, p. .31.

^ .ilmanach national pour i798.

'' (Iarsault, p. 22.

'■ Voy. Sauvai, I. I, p. 187.

VOriTHIlS — VOITUKKS D'KAU

service ilf la poste, elles suecédèreiit aux premières iiialles-posles. C'étaient de véritables charrettes, portées par deux roues et munies de carreaux soutenant une toile f^oudronnée qui servait de couverture. On y entassait pa(|uets et lettres, sous la s\n-vcillance du covirrier, chargé de dislriliuer le chargement tout le lon-:^ de la route.

Mai.les-postes. Jusqu'au milieu du dixseptième siècle, le service de la poste se faisait au n)oven d'une malle portée en croupe par un postillon. Viennent ensuite les malles-charrettes, puis les chnises de Creiutn.

En 1792, la Convention réorganisa ce service en remplaçant les anciens véhicules par îles voitures suspendues, couvertes, ù deux roues et ù trois chevaux.

Ce modèle fut perfectionné en 1818, année ou l'on adopta les malles-postes à quatre places, quatre roues et quatre chevaux.

Le dernier modèle, celui (|ue bien des gens ont encore connu, datait de 1839.

Omnibus. Vov. l'article Laquais.

Palaisottes. Grandes charrettes i» hautes ridelles et destinées surtout au transport du foin '.

Paniers. On donnait ce nom aux voilures construites en osier, aux carabas et aux cabas entre autres.

Phaétons. Voitures ù quatre roues, légères et découvertes. Elles méritent leur nom, écrit le cordinuateur de Delamarre-, « parla témérité des jeunes gens de qualité, .sans expérience, qui les conduisent, et qui ont si souvent, dans leurs chutes, le sort du Pliaéton de la Fable».

Ces dangereux véhicules furent d'idjord appelés Aef. gaiiiguettes. C'est sous ce nom que les désigne encore Savary, qui les définit ainsi : « Petite chaise roulante à deux roues, tout à fait découverte, et qui se lire par un seul cheval. 11 n'y a guère que de très jeunes gens qui s'en servent ^ ».

Pots de chambre. Vov. Carabas.

Roulettes. « C'est une espèce de calèche montée sur deux roues moj'ennes, qui est traînée par un homme seul ; on la nomme roulette, et pardérision \nnaigretle. Elle nesi>rt vulgairement qu'aux femmes qui craignent la pluie ' ».

\'oy. Brouetteurs.

Sociables. V oy. Vis-à-vis.

Soi.os. Variété du cabriolet. (Dix-huitième siècle .

Soufflets. Voitures légères, ù deux roues, à un cheval, et munies d'une capote qui pouvait se relever et se rabattre à volonté. C'est l'origine du cabriolet 5.

On les a nommés aussi chaises à l'italienne.

Surtouts. Voy. Fourgons.

' Garsault, p. 30.

1 Trnilé lie lu police (1738;, t. IV, p. 579.

■' Dictionnaire du commerce (1723), t. II, p 197

* Sauvai, t. I, p. 191.

5 Garsault, p. 78.

Tombereaux. Ha([uets courts et garnis de cloisons qui on font une caisse carrée. i,e tombereau à bascule est en é<[uilibre sur l'essieu. Le tond'ereau de dimension réduite se nommi! tianneau ; plus [letit encore c'est un camion '.

TiiiKOTES. « (;haLses basses ayant deux roues di' dcrrièi'e et une seule en face du devant tenant le milieu, et qui tourne sous un pivot. Ces voitures ont atnu.sé il y a déjà long-lenis la .«îcience des machinistes, mais ils n'ont pu en tirer bon parti * ». (Dix-huitième siècle).

Turgotines. (îrandes voitures île vova^e établies sous le ministère de Turgot •'. Elles ne valaient guère mieux que les diligences qu'elles remplaçaient et elles jouissaient d'un privilège exclusif; aussi soulevèrent-elles de nombreuses criti(|ues. ^< La caisse de ces carrosses est étroite, écrivait Séb. Mercier, et les places y deviennent si pressées que chacun redemande sa jambe ou son bras a son voisin lorsqu'il s'agit de descendre... On attelle de maigres chevaux de poste à cette machine monstrueuse, chargée de monde et surchargée de cotTres et de valises * ».

Balzac a longuement décrit une turgotine dans son roman des Chouans.

Les tui'gotines parcouraient, en moyenne, (piinze lieues en 24 heures.

Vismgrettes. Voy. l'article Brouetteurs.

\is-A-vis. Voiture pour deux places seulement et placées en face l'une de l'autre. Leclerc du Brillet, en 1738, la cite comme ayant « paru depuis peu ^ ».

Sous l'Empire, certains vis-à-vis reçurent le nom de sociables.

WisKYS. « Hautes voitures imitées des .\nglois. Elles sont sur le pavé de Paris incommodes, meurtrières, dangereuses, même pour celui qui les mène, car elles vomissent souvent leur conducteur, à raison de leur élévation ^ ».

On a écrit ichiski, wiski; etc.

Wourst. Voiture de chasse, originaire d'Allemagne, longue et basse, qui jouait le rôle de nos break '. On a écrit rource, tvroust, etc.

Voitures d'eau. L'on nommait ainsi les coches, galiottes. batelets, etc., qui faisaient un service régulier entre Paris et ses environs. Madame Cratlock, venue d'.Angleterre à Paris, .écrivait en 1784 : .< Xous marchâmes jusqu'à Sèvres où nous devions prendre le coche d'eau pour revenir. Nous nous embarquâmes à sis heures. Le coche d'eau ou patache est une sorte d'immense barcpie pouvant contenii' plus de cent personnes. Qu'on se figure au milieu une lon^'us chambre étroite éclairée par des fenêtres de chaque côté. .Au centre et autour sont des bancs. Elle est dirigée par un timonier, et remorquée

' Garsault, p, 33.

- Garsault, p. 55.

•I \oy. Mémoires secrets, dits de Bachaumonl, 5 août 1775, t. XXX, p. 301.

* Talilenu île Paris, t. V, p. 331.

5 Traité lie la police, t. IV, p. 437.

•• S. MerciiT, Takleau île Paris, t. IX, p. 2BG

1 Garsault, p. 62.

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