‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 42 sur 422 · BANNIÈRES — BARBIERS · texte numérisé non relu

BANNIÈRES — BARBIERS

|julice ' ». Mais, à ce compte, tous les recueils d'ordonnances seraient des rejj^islres des Ijauiiiéres. N'esl-il pas plus naturel d'admettre que ces ref^istres, qui ont commencé à être tenus précisément en 1467. bien qu'on y ail inséré (|Uel(|ues documents antérieurs, doivent li'iir orij^ine et leur titre à l'ordonnance de 1407 V Loiii^rtenips après cette date, les mots métier et bannière étaient encore pris l'un pour l'autre, et l'on disait indifférenmient : à quel métier ou k quelle bannière apparleni-z-vous ?

^'oy. Bannières (Ordonnance des).

Banniers. ^ov. Baniers et Boisse- 11ers.

Banque Commissionnaires de). « Ce sont ceux qui priiciircnt racceplation et le paiement des lettres de change, ou qui en l'oiil passer la valeur iliiiis un lieu marqué - ».

Banqueteurs. Nom donne, surtout dans le Nord de la France, à des officiers municipaux chargés du (U)ntrùle des draps.

Banquets, ^ov. A-boivrement. — Past, etc.

Banquiers. Le mot banque est d'origine italienne; il vient dei5a«co, le banc où s'asseyaient les changeurs italiens qu'on appelait banquiers ; banqueroute est dérivé de banco rotto, banc rompu. Le commerce d'argent (jue désignent tous ces mots fut d'abord exercé en France par des étrangers, par des juifs, des Lombards, etc. Philippe-Auguste ayant chassé les juifs de ses états, ils se réfugièrent en Normandie ; là ils donnèrent aux voyageurs, aux négociants étrangers des lettres secrètes pour ceux qui avaient reçu leurs richesses en dépôt : c'est l'origine de la lettre de change.

En 1543, le cardinal de Tournon persuada à François l" d'étaldir une banque à Lyon, où le mouvement commercial des foires la rendait nécessaire. D'autres furent instituées en 154'J à Toulouse, en l.jfJGii Rouen. En 1547. on proposa à Henri II d'en créer une à Paris, et le plan fut même soumis à l'examen de l'échevinage : les Ijizarres raisons qui le firent rejeter prouvent (]ue la France n'était pas encore bien avancée dans la science de l'économie politique.

k la fin du dix-huitième siècle, les banquiers appartenaient à la corporation des merciers ^.

Banquiers expéditionnaires en Cour de Rome. On appelait ainsi les banquiers c(ui avaient le privilège de solliciter les gn'u'fs. bulles, dispenses émanant de la (]our de Rome. Ils se chargeaient en outre de pnjcurer des

* H. Horilier, Ltn iin'hiTfn //c lu Friinrf, p. 2."»7. — « Les douze rt'j]jistr*'s tiits /ftinnières. itu imtl bannit'r signifiant publier m . Jnrenttjire sommaire i/n fonds consercês aux archices iiatiomiles, l. I, p. 307.

2 Jauhert. Oictionnairt des arts et métiers, t. I, p. 524.

3 Sur tout ceci, voy. A. Cliéruel, Dictionnaire des institutions, t. I, p. 62. — K. Levasseur, Classes ouvrières en Francf. I II, p. -14

expéditions des pièces déliwées par la chancellerie et la dalerie romaines.

Voici, comme exemple, un certificat déli\Té par trois de ces banquiers : « Maistres Jean l'Uylier, aagé de soixante-neuf ans ou environ, demeurant rue de la Harpe; (iilbert Chapelle, aagé de soixante ans, demeurant rue S. Jacques, et Nicolas .\nroux, aagé de quarante-deux ans ou environ, demeurant rue des Noyers, tous trois banquiers ù Paris, solliciteurs d'expéditions de (>our de Rome, certifions et attestons pour vérité avoir veu, leu et diligemment examiné (■«■rlaine signature intitulée IndulUim Pnrisieme. i-onunençant en ces mots : « Beatiss. Pater, exponunt humiliter. etc. ». Les seings et escritures de sa .Sainteté et de sesdils officiers déclarons bien connoistre. tant pour les avoir veu escrire. comme pour avoir fait e-xpédier en ladite Cour de Rome plusieurs autres signatures signées, datées et paraphées de seings, escrilures et paraphes semblables à ceux de ladite signature, qu'asseurons estre telle que sur icelle nous voudrions bien entreprendre faire expédier bulle sous plomb et en l'orme probante, qui nous en voudroit bailler la cliarge. avec temps et délay nécessaire, et fournissant aux frais ii ce convenables ».

(Jes financiers furent déclarés officiers publics par édit de mars \ftT.i. D'aliord au nombre de douze, un édit de 1(591 les porta à vingt. Les expéditions de la chancellerie romaine devaient être revêtues de leur signature pour avoir un caractère authentique devant les tribunaux français.

Banvin i Droit de), dit aussi Droit des vEND.k.NGES. Droit que possédaient certains seigneurs de vendre seuls du vin sur leurs terres durant un temps déterminé. Ce laps était parfois de (juaranle jours, parfois aussi il commençait a Pâques et Hnissail seulement à la Pentecôte '.

Baquetiers. ^ uy. Cuveliers.

Barbaricaires. Nom donné aux tapissiers faiseurs de tapisseries. On écrit aussi brainbartriiirex.

Barbaudiers. Faiseurs de barbaude. sorte

de cervoise.

Barbeteurs. Voy. Barbiers.

Barbier du roi , Premier . 11 était chef de la corporation des barbiers. \ oy. Maitre des barbiers.

Barbieurs. \ ny. Barbiers.

Barbiers, .lusijuau milieu <lu dix-septième siècle, tout barbier était en même temps chiruririen. Dans sa bouticiue, obscure et sale, il rasait et saignait, coupait les cheveux et posait des ventouses, pansait les plaies, ouvrait les antlinix, ne reculait même pas devant les opérations les plus compliquées et les plus dangereuses. Un préjugé persistant enveloppait dans le même

' \"y. Duoanji;!', (llossarium.

ftannum tint.

HAHBIKHS

dt'diiiii tout travail uiiiiun'l. ([ii'il --'aiipliciiiiit ù iiM iiifliiT. a 1111 ail on a uni' ■^ciciui'. l.Hiivrii'r iiiai;uii l't rarcliitfcle, le l)arliimillt'ur d'fiisciy^nes l'I le peintre qui (iniail les palaisrovaux decliefsd'œuvre. le barbier et le i-liiriirgieii eiitiii apparlenaieiil l'iiii et l'aulre et au iiitMue litre à la nii^nie corporaliiin ouvrière. A vrai dire, il n'y avait •j^uére entre eux de dillereiice, et plusieurs de nos meilleurs chirur<;iens. Anibroise l'are entre autres, n'étaient <pie des barbiei-s, el fnreni associés l'orl lard à la classe des chirurifiens proprement dits.

(!e que l'on reprochait a\ix barbiers, ;;ens fort serviables el fort aimés du petit peuple, qui ne connaissait guère d'autre médecin, c'était donc surtout le mélange d'allributions disparates, les opérations de chirurgie el les soins de toilette : « V'oicy le mal que le barbier ne se contente du poil ' », était déjà une phrase proverbiale, au seizième siècle. Louis Xlll voulut donner satisfaction à un vœu si général. Mu décendire 1(537, il autorisa l'établissement dune nouvelle connuunaulé de barbiers, celle des finrliiers-bar/iunts, à laquelle toute pratique chirurgicale était interdite, et qui n'avait dans ses attributions cpie les bains I et la coiffure. Les barbiers-chirurgiens protestèrent, el l'affaire fut portée au l'arlemenl qui procéda avec une sage lenteur. Au mois de décembre 16.")9. Louis XIV intervint et confirma la créatiiui faite par sou prédécesseur. L'édit rendu à cette occasion ne put encore être exécuté, et lut renouvelé le 23 mars 1673 ; « Nous avons reconnu dès il v a longtemps, dit le roi, que l'usage de faire le poil et de tenir des bains et I étuves, et les soins que l'on apporte à tenir le ' corps humain dans une propreté honneste, estant 1 autant utile à la santé que pour l'ornement et la bienséance, par nosire édil du mois de décembre 1659, nous aurions ordonné l'établissement d'un corps et communauté de liarbiers-baignewsetUFtstes-perruquiers -, réduits ii deux cens, pour en faire profession particulière, distincte et séparée de celle des maistres chirurgiensbarbiers ■• ». Ces deux cents charges étaient (vendues par le roi, el déclarées héréditaires. Ces barbiers-barbant-s reçurent, en mars 1674, des statuts qui furent encore renouvelés le 26 avril 1718. Ces derniers se composent de 69 articles qui méritent (rètre analysés.

Comme l'ancienne conununauté des barbierschirurgiens, la nouvelle était placée sous l'autorité du premier chirurgien ilu roi. ^ chef el garde des chartes, statuts et privilèges de la barberie du royaume >>. En cette qualité, il avait sur tous les barbiers de France « inspection et juridiction ^>. Ne pouvant exercer en personne, il se faisait représenter par un mandataire owlieutenan', qu'il était tenu de choisir parmi les anciens jurés de la corporation.

Celle-ci se composait du premier chirurgien du roi, de son lieutenant, d'un greftier. de six

* Lariv€'y, Les trompuriis, scène 4.

- Les actes officiL-ls les nomment dans la suite Darbirrs-perruquiers-baigneurs-ëlutisles.

•* Manuscrits Detamane, t. 11, p. 112.

jures OU prévôts-syndics, des anciens syndics retirés du métier el des maîtres.

Les jurés étaient élus pour deux an-, pai' ujie délégation formée du premier chirurgien du roi, de son lieuteiuinl, des six jurés, de tous li-s maîtres Anciens et de quinze Modernes '.

Les jurés avaient droit de visile chez les barbiers-chirurgiens, el ces derniers droit de visite chez les barbiers-perru(piiers. .\ssistésd'un sergent à verge, ils devaient faire au moins (piatre visites par an chez chaque maître, << pour voir si les perru(]ues et cheveux ipii seront exposés en vente au public sont bons et marchaiuls ^>. llélail dû aux jurés quinze sous par visite.

Le Conseil de la corporation était composé de trente personnes : le premier chirurgien du roi, son greffier, son lieutenant, le doyen, les six jurés et vingt Anciens. Il se réunissait tous les mardis, à deux heures, « pour délibérer sur les atl'aires communes, policée! discipline concernant les maîtres, veuves-, aspirans, locataires, apprentifs, garçons, ouvriers, et tous ceux (pii son! somuis à la communauté.

(]hai[ue mailre ne pouvait avoir a la l'ois qu'un seid apprenti. Il était cependani autorisé à en prendre un second quand le premier avait achevé sa deuxième année.

Le fils de maître et les compagnons épousant une fille de mailre étaient tenus seulement de Vexperience. épreuve facile pour bnpielle on se montrait plus qu'indulgent. Les autres aspirants à la maîtrise devaient parfaire le chef-cCœiitre, travail dont la durée était limitée à deux jours.

11 était interdit à un maître d'avoir plus d'une boutique dans Paris. L^n apprenti ne pouvait, durant les deux années qui suivaient son admission à la maîtrise, ou\Tir boutique dans le ([uartier des maîtres chez qui il avait été soit apprenti, soit compagnon. Les apprentis ou compagnons changeant de maison ne pouvaient, avant une année, se replacer dans le quartier du maître qu'ils venaient de quitter.

Afin d'établir une distinction bien apparente entre les bouticjues des barbiers-perruquiers et celle des barbiers - chirurgiens . les premiers devaient avoir ^< des boutiques peintes en bleu, fermées de châssis à grands carreaux de verre, et mettre à leurs enseignes des bassins blancs pour marque de leur profession et pour faire dilïerence de ceux des chirurgiens qui en ont des jaunes ». L'enseigne devait être ainsi conçue : X, barbier, perruquier, baigneur, étutiste. Céans an fait h poil el on tient bains et étutes.

Les barbiers-perruquiers étaient autorisés à « vendj'e des poudres, opiats pour les dents, savonnettes, pommades et autres senteurs et essences, pâtes à laver les mains, el généralement tout ce qui est propre pour rornement, propreté el netteté du corps humain ».

A eux seuls appartenait « le droit de faire le poil, bains, perruques, étuves et toutes sortes d'ou\Tages de clieveux, tant pour hommes que

1 ^"oy. ces mots.

* .\utorisées à continuer le commerce île leur mari.

HAKBIERS — BAROMÈTRES

pour femmes, sans préjudice du droit que les chirurgiens ont de faire le poil et les cheveux, eL de tenir bains et étUves pour leurs malades seulement ». Il était défendu à tous particuliers, ainsi qu'aux « soldats sen-ans dans les Gardes Françoise et Suisse, de faire aucuns ouvrages de clieveux, mais seulement la barhe aux soldats desdits rétiniens. »

La corporation des harhiers-haujiieurs-iHurixles- ^«■n-«yK/f/-.v comptait environ 70(3 niaîlres à latin du dix-liuilième siècle. lOlle avait pour patron saint Louis. Les maîtres .se sont parfois nommés barbetetirs, Ijarbieurs, etc. *

^'ov. Baigneurs. — Cliirurgiens. — Épileurs. — Étuvistes. — Maître des barbiers. — Mouches (Faiseurs de). — Perruquiers. — Poudriers, t-lc.

Bardeurs. Ouvriers maçons employés au transport des pierres. Le bard est une sorte de civière ; pour les pierres très lourdes, il est remplacé par un charriot à roues nommé binard.

Barillards. Voy. Barilleurs.

Barilleurs et Barilliers. Ce n'est guère avant le dix-huitième siècle que l'on s'est décidé à placer sur la ta})le à manger les tlacons contenant les boissons. Jusque-là. les pauvres allaient durant le repas remplir leur gobelet, leur tasse ou leur écuelle a. un tonneau installé dans un coin de la pièce. Chez les riches et chez les grands, on faisait signe à un échanson, un valet ou un page; celui-ci prenait une coupe sur le dressoir, la remplissait aux barils qui y étaient à demeure, l'apportait au convive, attendait qu'il l'eût vidée, puis la remettait oii il l'avait prise.

V,n général, la partie supérieure de ces barils formait couvercle et était munie d'une serrure; on les vidait au moyen d'un robinel. Ils étaient souvent d'une richesse extrême, construits en bois précieux, couverts d'ornements de cuivre, d'argent ou de vermeil. On y enfermait, non seulement des vins fins, mais des liqueurs, des eaux de senteurs, des sauces, de l'huile, de la moutarde même, car certains de ces barils étaient fort petits, assez légers même pour être portés sous le bras ou sur l'épaule.

Au treizième siècle, la fabrication des barils occupait à elle seule une corporation, qui jouissait de tous les privilèges accordés aux industries de luxe.

Le métier était libre et le nombre des apprentis illimité. Les maîtres avaient le droit de travailler à la lumière, et étaient exempts du sei-vice du guet. « car ilsetleur mestierservenlles riches homes et les haus homes ». Ils ne pouvaient employer que certains bois de choix, le cœur de chêne, le poirier ^, l'alisier ^, l'érable, le tamaris et le brésil ^. Les barils d'ivoire, de cristal, d'or, d'argent étaient l'œuvre d'autres corporations.

A cette époque le mot iartï désignait aussi une

1 0 P(M"ii'r )).

î 0 Aller ».

3 Livre des métiers, titr»

meswe de capacité pour les liquides. Le baril représentait à peu près un sixième du muid, et le muid contenait environ 18 hectolitres.

La Taille de 1292 mentionne six barriUiers, nombre qui n'avait pas changé en 1300.

Je n'ai trouvé aucune trace plus récent* de cette corporation, qui se fondit sans doute de bonne heure dans celle des tonneliers, et ne ligure déjà plus dans l'ordonnance des Bannières (14(i7j.

La rue de la Rarillerie ', qui passait devant le palais de la (]ilé, portail (h;s 1280 le nom de Biii'iUeria, et dès 1292 celui de Bvrillerie, bien (ju'à cette date un seul jjarilleur y demeurât -. La rue Traînée, située près de Sainl^Eu.stache s'est aussi appelée r^te de la Burillerie ■'.

Voy. Bouteillers.

Barilliers. Dans les grandes maisons.

officiers de cuisine à qui incomliait le soin des caves, des tonneaux, des barils. Ils étaient d'un rang supérieur aux sommeliers. Charles VI et Charles le Téméraire entretenaient deux barilliers. qui avaient sous eux des porte-barils *. On les trouve aussi nommés inaUres des cares et barillards.

Voy. Barilleurs.

Baromètres et de thermomètres.

(March.^nds dei. On admet (pie liuvention du baromètre par Torricelli remonte a Tannée 1(543. Il est moins facile de déterminer cjuel lut l'inventeur du tiiermonièlre. Jacques Rohault dit, dans son Traite de physique publié en ItJTI : « L'on a inventé, de notre tenqjs, un instrument qu'on nomme tiiermomètre ^ ». Dans l'inventaire des meubles de Molière, dressé eu mars 1G73, ligure un « lermamettre ^ », et trois ans après. M""' de Sévigné. parlant de la chaleur qui éprouvait les l'arisiens écrit à sa fille : « Nous suons tous à grosses gouttes ; jamais les thermomètres ne se sont Injuvés à pareille l'èle ' •■>.

Les jardiniers avaient depuis longtemps imaginé un ingénieux procédé pour suppléer d'abord à l'absence, puis aux imperfections de cet instrument. Ils exposaient à lair libre, près de leurs serres, des vases remplis d'eau, et dès qu'ils apercevaient sur leur superficie la légère pellicule qui annonce le début de la glace, les paillassons étaient déployés et mis en place *.

Dans la construction des baromètres et des thermomètres, on substitua bientôt à la grossière planchette de liois qui portait les degrés une plaque de métal émaillé. (]'est ce qui explique puïU'quoi la fabrication de ces instrument.s appartenait à la connnunaute des émailleurs. On lit

' .Vuj. liouli'Viird (lu l'atais.

2 Taille <lc i:>9 2, |). \i6.

■' .I.iilliit, i|iiniliiT Saint-Eusiaclic, p. 47.

* Olivier (te 1h Marche. Mémoires. 6à\\. de 1(110. [1. (jHl. — K lai lie la Fiance /laur 1712, I 1. |i. 117

5 IVemière |iailie, ehap. XXIII.

•• E(ul. Siiiili(', lieeherches sur .Volière, p. ÏCS.

■ /,(/^r (1(1 l" juillet UtTC, t. I\', p. .".U(i.

" I.egcaiid (l'.Vus.sy, Vie pricée Jrs Français, I 1.

BAROMETRES

RAS AU MMTIKR

dans Le livre commode pour 1692 : « Le sieur Huhin, éniailleur rue Saint-Denis, devant la rue aux Ours, fait et vend des liaroniettres, des t}ioriii(iniettreset des hidmniellres d'une propreté particMliére. Le sieur Uo, aussi émailleur, rue du Harlay, aux armes <le France, en vend de plus simples et ù meilleur marché ' >>.

Bien que faisant corps avec la ronununauté des émailleurs, ces industriels prétendaient s'en séparer, et avaient pris la qualité de physiciens, marchands de baromètres. « Ce sont eux, dit VAlmanacA Dauphin, qui fabriquent et vendent les insirumens (|ui apprennent à connnitre et ù ju'^er par des siijnes sensibles les dejjrés de température de l'air, et qui s'occupent à la construction de différentes machines de plivsique expérimentales, telles que les pèse -liqueurs, verres d'optique , microscopes , télescopes , machines électriques, pneumatiques, larmes, bombes et pétards de verre... ».

En ce qui concerne les baromètres et les thermomètres, le commerce alors en était presque exclusivement concentré au faubourg Saint- Antoine et entre les mains des ijrnorants piémontais, qui allaient offrir leur marchandise « dans les rues, aux promenades, dans les cafés, dans les maisons, etc. - ».

Barquerots. Xoy. Bateliers.

Barracaniers. Vov. Bouracaniers.

Barrage i'Droit peV I)r<>il de passante perçu sur certaines routes. Il tirait son nom de la barre qui fermait le chemin jusqu'à ce que la marchandise eût acquitté l'impôt. Une ordonnance de mars 1388 ^ veut que le prévôt de Paris affecte le produit de cette redevance à l'entretien des chemins, ponts, etc.

Les préposés au barrage sont parfois nommés barriers, barragers *, etc.

Barragers. Voy. Barrage.

Barrière (Droit de). Sur les gravures qui représentent les anciens hôtels de Paris, on voit au-devant des demeures occupées par les hauts fonctionnaires ou les grands officiers de la couronne, une barrière formée d'énormes pièces de bois. Au dix-huitième siècle, les seules personnes qui eussent encore droit de barrière étaient les princes du siing, le doyen des maréchaux, le chancelier et le garde des sceaux ; mais il était de principe que ces barrières ne pouvaient être arrachées et devaient pourrir en place. Les dernières qui aient existé défendaient Ihôtel de Bouillon, où avait habité le grand chambellan, et l'hôtel d'Armagnac, ancien logis du grand écuver '.

Cet article figure ici comme complément à l'article conciers'e.

< Tome I, p. 242.

- Hiirtaut et Majrny, Diclionnairr île Paris (1779) , t. I, p. 531.

■'' Voy. Ddaniarri', Traité de la police. I. IV, p. 172. * Encyehpéilie méikodijue, commiTCf, t. I. p. 218. '=> V. Thiéry. Guide du toyageur â Paris pour 1786. p. 82.

Barriers iSergentsV Voy. Barrage.

Barseresses. \ oy. Berceuses.

Bas (Commerce des). Voy. Ba.8 au métier (Faiseurs de). — Bonnetiers. — Bonnetiers du faubourg Saint - Marcel. — Chaussetiers. — Inspecteurs -contrôleurs. Jarretières (Commerce des). — Visiteurs.

Bas OivKiKRS en), ^ov. Bonnetiers du faubourg Saint-Marcel.

Bas de chamois (Faiseurs de). Titre qui appartenait îi la corporation des boursiers.

Basd'estame F.\.isErRs iiK.N'ny. Bonnetiers du faubourg Saint-Marcel.

Bas au métier (Faiseurs de). Suivant une tradition qui ne mérite aucun crédit ', le métier ù bas aurait été inventé, au début du dixseptième siècle, par un pauvre compagnon serrurier des environs de Caen. Avec plus de raison, les .\nglais allrihueiit l'invention de celle admirable machine à un pasteur de Woodborough -, nommé William Lee. On prétend que c'est en voyant sa fiancée sans cesse absorbée par le travail dn tricot, qu'il voulut substituer à l'action des doigts un procédé mécanique donnant des résultats plus parfaits et plus rapides. Son premier métier fut construit en 1589 et fonctionna à Calverlon près de Nottingham. In lablea\i classique bien connu représente Lee en méditation près de sa fiancée confectionnant un bas de tricot. En outre, la corporation des bonnetiers de Londres a conservé pour armoiries un métier ù bas, supporté d'un côté par un ecclésiastique et de l'autre par une femme qui tient à la main une aiguille à tricoter.

William Lee, rebuté par les déboires que lui suscitèrent les bonnetiers anglais, accepta les offres de Sully, et vint s'établir en France. Il y eut des alternatives de succès et de revers ; puis, privé de la protection royale après la mort de Henri IV, il négligea son œuvre et mourut dans la misère. Son frère regagna alors l'Angleterre avec les ouvTiers qu'il avait formés.

Cette fois, on ne se méprit pas un instant sur l'importance de la découverte. Les premiers fabricants qui l'exploitèrent gagnèrent des millions, et le gouvernement la prit sous sa protection avec un soin si jaloux qu'il fut défendu, sous peine de mort, d'exporter des métiers à bas ou même d'en montrer à un étranger ■'. Il fallut presque un miracle pour les faire connaître en France. Un Nimois, nommé Jean Hindret, passa en Angleterre, réussit à examiner quelques métiers, en saisit le mécanisme compliqué, et en grava tous les détails dans sa prodigieuse mémoire avec une telle fidélité que, de retour sur le continent, il put

< Voy. l'ait. Bonm-liiTs.

î .\ 9 V\\. di- Noltlngliaui.

3 Jaubcrt, Dictionnaire, t. 1, p. 213.

BAS AU MKTIER

faire reconstruire, pièce à pièce, la machine qu'il avait vnf. OUc-ci liit mystérieusemerit renfermée au li<jis (le Boulon^ne, clans le château de Madrid, où Jean Hindrel réunit et forma un petit nombre d'ouvriers. On était alors en 1656 *. Les métiers fonctionnérenl bientôt avec un plein succès et, peu d'années après, le roi autorisa la création d'une société commerciale qui devait administrer la maiiufarlure n ses risques et périls et espérait lui diuiner um; p;rande extension.

Les bonnetiers faiseurs de bas au tricot s'ell'rayêreni de la concurrence qu'allait leur susciter le nouveau métier, et cherchèrent à s'entendre avec lui. La Société avait établi ù Paris un ma<^asiii de détail pour la vente des bas fabriqués par elle, dont chaque paire portait « la marque imprimée du chasteau de Madrid > ; mais les associés sentaient bien que le débit en serait beaucoup plus considérable si les bonnetiers, inléressés à déprécier leurs produits, se chartreaieiit au contraire de les écouler moyennant un bénéfice raisonnable, l'ne convention, rédi<:;ée sur ces bases, fut signée le 10 mai 1670 entre les jurés de la bonneterie et les coïntéressés de la société, représentés par deux personnag^es porleurs de lunns célèbres au théâtre, ■< Pierre de Rdtrou, conseiller du Rov, receveur jj^énéral du taillon à Bourges, demeurant à Paris rue Sainte-Avoye. et Philippes Pocquelin. bourgeois de Paris, y demeurant rue Quimquempoix >>. Les associés, d'ailleurs, étaient mécontents, ils avaient de la peine h trouver des ouvTiers, ceuxci navaiil aucun avenir dans la maison, puisque le privilègi' don! elle jouissait leur eidevait tout espoir de pouvoir jamais s'établir. Le roi se décida donc (février l(il'2] à désintéresser la compagnie par le don d'une somme de 20.000 livres, et à constituer la manufacture en corporation. Il lui accordait aussi des statuts très complets et très sages dont voici l'analyse.

A trois ans de là, on devait choisir parmi les ouvriers cent des plus capables et leur donner des lettres de maîtrise. Mais la cherté des métiers eût été pour presque tous un obstacle insurmontable, aussi Louis XIV, ou plutôt Colberl, olïrail-il une graliticatiou de '200 livres aux 200 premiers ouvriers qui s'établiraient.

(Ihacuii (les nouveaux maîtres avait le droit d'engager a la fois deux apprentis. L'apprentissage durait deux ans, et était suivi de deux ans de compagnonnage.

Ces délais expirés, le compagnon pouvait aspirer à la mailrise. pourvu qu'il fût en étal de réussir le (J/icf-iPœurre. qui consistait à « faire un bas de soye façonné aux coins et par derrière, avec une autre pièce, telle qu'elle lui sera ordonnée par les jurez ».

Le fils de maître était asireini seulement à V Expi'rieucr^ pour hiquelle on lui demandait de <^ monter un métier avec toutes ses pièces, sur lequel il fera un bas de soye tourné aux coins ^>.

Les maîtres reçus k Paris avaient la liberté d'exercer dans tout le royaume.

' Voy. le préambule des loUres patentes de février

Quatre jurés administraient la communauté, qui avait saint Louis pour patron.

Cependant, en dépit de ('es beaux statuts, les 20.0(10 livres accordées aux associés se faisaient attendre. Le roi ne soldait pas non plus les 200 livres promises aux premiers ouvriers qui s'établiraient. Or, la compagnie avait livré à 117 d'entre eux 129 métiers au prix de 400 livres, don! ils avaient versé seulement la moitié, puis(|ue pour le reste ils présentaient une créance sur le roi. I)e lii des réclamations réitérées, et qui paraissent avoir fini par amener le payement des sommes dues aux ouvriers. Quant aux aciionuaires, je doute fort qu'ils aient jamais été désintéressés.

La plus importante fabrique de bas au métier qui existât alors était celle du sieur Corrozel, neveu d'Hindrel, (|ui après avoir pendant vingtcinq ans aidé son oncle à former des ouvTiers. alla s'établir avec vingt métiers au faubourg Saint-Antoine.

Un arrêt du Conseil, reinlu le 12janvier 1084, autorisa les faiseurs de bas au métier « ii travailler à toutes sortes d'ouvrages de soye, de fil, laine et coton, à la charge néanmoins de travailler en ouvraires de sove sur la moitié au moins des mestiers que chacun desdits maîtres auroil chez lui '. <■. L'étranger nous fournissait, en efl'et, beaucoup de bas de laine. En 1662, on en importa encore pour 816.855 livres -.

La communauté reçut de nouveaux statuts le 18 février 1720. La durée de l'apprentissage se vit portée à cinq ans, qui durent être suivies de cinq années de compagnonnage. Tout maître dut faire profession de la religion catholique. Les fils de maître ne purent être admis à la mailrise avant l'âge de dix-sept ans. Six ym«rt'« jurés, nommés pour deux ans, surveillaient la corporation, elaix petits Jurés élus dans les mêmes conditions leur prêtaient concours el assistance pour les visites. Le nombre de celles-ci devait être de six par année, el chaque maître payait pour chacune d'elles une somme de vingt sous.

Les bonnetiers, toujours en guerre avec les tisseurs de bas, se montrèrent fort irrités de ces nouveaux statuts, ([ui confirmaient les privilèges de leurs concurrents. Les hostilités reprirent, plus acharnées que jamais, signalées par des querelles, des saisies, des procès également nuisibles aux deux comnnmaulés. Il fallait en finir. Le roi. >< ayant esté informé qu'il arrivoit jo\irnellement des contestations entre le corps des marchands bonnetiers et la communauté des maitn>s faiiriquans de bas au uiétier de la Ville de Paris, qui en Iroidilant les uns el les autres portoieni un préjudice considérable au public ; el Sa Majesté ayant jugé que le moyen le plus propre pour y reiuédier estoit de ne faire à l'avenir qu'un seul el même corps de bonneterie dans toute l'étendue de la ville el fauxbourgs de Paris « : un arrêt du 12 avril 1723 réunit la communauté des tisseurs de bas à la vieille corporation des bonnetiers.

I Manuscrits Delamarrc, n» 21.187, i* 140. * Corresjtoni/aHCf de Colbert, I. II, p. CtlLXlX.

Page 1