‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 92 sur 422 · CONCURRENCE — CONDUIT · texte numérisé non relu

CONCURRENCE — CONDUIT

Il l'ut prouvé que « plusieui's maîtres faisoient courir des billets iuiprimés, par li'squels ils ann()in;oii'iit au pulilic des vètemeiis de toutes façous à des pri\ très médiocres, dans la vue de s'attirer uu plus faraud nombre de pratiques, au détriment de leurs ciuifrères et du public /•. Les jurés se trausporloreni cliez deux de ces maîtres, qui olïniieni « des redinifolles à viiifft-sepl livres pièce », et ils constatèrent que ces vêtements étaient nuiuvais, mal laits, « el si peu amples que pour peu qu'ils soient mouillés parla pluje, il sera impossible de pouvoir s'en servir ». Plainte fui portée au Parlement qui, le 10 décembre, rendit un anèl aux termes duquel il l'ut interdit « de distribuer an public d'autres billets, soit imprimés, soit manuscrits, que ceux qui contiendront les noms, qualités et demeures purement et simplement, sans pouvoir y ajouter ni faire aucuns prix ». Toute contravention devait être punie d'une amende de trois cent;» livres, el en cas de récidive le coupable était déchu de la maîtrise, c'est-à-dire ruiné '.

Mais l'esprit de corps çt la solidarité- fraternelle, premiei-s fondements des communautés ouvrières, n'existaient plus. La passion du gain l'emportait. Au mois de mai 17(51, le lieutenantgénéral de police dut sifjpnilier de nouveau aux jurés des ditlerenles corporations son ordonnance du P' juillet 1734, en l'accompagnant de cette lettre : « Je vous envoie, Messieurs, un extrait d'une ordonnance de police, que j'ai rendue pour défendre aux marchands de courir les uns sur les autres pour le débit de leurs marchandises, et de répandre des billets pour en annoncer la vente. \'ous voudrez bien la faire inscrire sur vos registres et informer de ces dispositions les membres de voire communauté.

Je suis.

Messieurs,

Voire très humble serviteur, DE Sartine ».

La concurrence, autrefois presque impossible, ensuite difficilement contenue, se produisait donc de toutes parts, eu dépit des obstacles qu'on lui opposait encore. Au compagnon reçu maître, il fallut interdire d'ouvrir boutique auprès du patron qu'il venait de quitter.

La sentence de police du 2 juin 1669.

confirmée par Farticle 37 de l'édit d'août 1776, lui défendit « de s'établir en la même rue que dans la distance de vingt maisons, comme aussi d'avoir les mêmes plafonds, étalages et oruemens de boutique ». Les boulangers ne voulaient pas qu'il s'établît « aux environs de la boutique de son maître ou dans les rues adjacentes plus voisines que deux rues * ». Les charcutiers ^ et les perruquiers * l'empêchaient de s'éttdjlir dans le <^ quartier » de son dernier maître avant

* Sur c«'Ut' affaire, vuv. Statuts et ordonnances des maîtres tailleurs d'iaiils, pourpo intiers, ekaussetiers, 1763, iii-12, p. 200.

* Statuts a.- 1746, art. 49.

^ Statuts d« 1745, art. 16.

* Statuts de 1718, art. 47.

deux ans. Un arrêt, rendu par le Parlement le 30 septendjre 17ô4 à la rei|nêlc des charcutiers, fixa à (ri'Mle-cin(( maisons au moins la distance qui devait exister entre la inuilique d'un maître (|nelcon([ue el celle d'un compagnon qui s'élablis.sait '.

\'ov.IjOti88age. — Perfectionnements.

— Publicité, elc.

Conducteurs des Vov. Introducteurs.

am bassadeurs .

Conducteurs de brouette . Voy .

Brouetteurs.

Conducteurs de la haquenée. Le

conducteur de la haquenée était un officier de la maison royale, appartenant au service de la paneterie. Quand le roi sortait, soit à cheval, soit en carrosse, dans sa suite figurait une haquenée chargée de paniers dans lesquels on plaçait des mets froids et tout ce qui était nécessaire pour servir au roi un dîner et un souper.

La haquenée portait :

6 pains.

6 bouteilles de vin.

20 grands biscuits.

6 douzaines de petits choux.

6 paquets de confitures sèches.

6 paq-uets de pastilles.

G oranges de Portugal.

Les jours maigres, on y ajoutait :

1 pâté de poires de bon chi'élien.

1 pâté d'œufs brouillés.

2 fromages à la crème.

2 gâteaux de crème.

24 lalmouses.

24 brioches.

En plus : linge, couvert, tasse à essai, etc.

Pour tout prévoir, deux chevaux portaient en outre six douzaines de pains et soixante bouteilles de vin.

« Le conducteur de la haquenée a l'honneur de servir immédialemenl le Roy, qui dîne quelquefois dans son carrosse, quand on est en voyage '- ».

Vov. Coureurs de vin.

Conducteurs domnibus.

quais.

Vov. La-

Condliit (Droit de). Droit de passage levé sur les marchandises traversant le territoire d'une seigneurie ou d'une ville. Le Livre des niétiers^ consacre au conduit un chapitre qui a le mérite de nous apprendre quelles étaient, au treizième siècle, les limites de la prévôté de Paris. Celle-ci s'étendait jusqu'à Montlhéry et Juvisy, suivait

1 Xouteaux statuts des charcutiers, p. 19. Vov. aussi Delaniarie, Traite' de la police. I. III, p. 481.

2 KtttI de la France pour 1087. t. I, p. 82; pour 1736, t. 1, p. 200.

•^ Ueuxièiiie partie, litre VII.

CONDUIT — CONFRERIES

la rivière de Marne, depuis Cliarenloii jusqu'à Lagiiy, Ciouniay et Meaux, remonlail jusqu'à Ac.v-eii-Mnltien, ^af^iiait l'Oise par ()ji;'ii()ii, puis Bt-auniont et Ponloise, et venail rrlmuver la Sfiiie iï Poissy '. Le droit de coiidiiil appliqué il la lianlicue de Paris, n'était exiii;ililr (|ue hors de ces limites, appelées liornes de Paris. On disait aussi droit de Iravers.

Confections pour hommes. L'anncjiice suivante, que j'ai rencontrée dans un journal de 1770, permet peut-être d'attribuer à un habile tailleur de Paris la première idée de ce que nous nomnKins aujourd'hui la conlccliDn pourhnmmes. Voyez :

« Le sieur Darlig-aloni^ni'. maître et marchand tailleur il Paris, a établi (h'puis quelque tems un magasin d'habits neufs tout laits, de toutes espèces, de toutes tailles, et des plus à la mode. Si ceux du maj^asin ne sont pas au goût des personnes qui veulent être promptemeut habillées, il est en état de les satisfaire presqu'à l'instant, par la quantité d'ouvriers qu'il employé. Il entreprend toutes les livrées avec le plus d'économie possible. Il fait des envois en province et jusque dans les pays élranfj^ers, mais les personnes qui voudront lui écrire, sont priées d'affranchir leurs lettres. Son adresse est à la Renonunée, rue de Savoye, fauxb. S. Germain, près la rue des Grands-Augustins^ ».

L'innovation paraît avoir eu peu de succès, car, cent ans phis tard, on citait comme une curiosité le Tailleur unique ou veloci-tu illeur. L. Prudhomme écrivait vers 1806 : « Au Palais- Royal, au bout de la galerie de bois, près le Théâtre-Français, on remarque un atelier considérable de tailleur, qui vous habille entièrement en deux heures. Il propose souvent la lecture du Moniteur pendant que l'on vous confectionne habit, gilet, pantalon, sans oublier les guêtres •'* ».

^'oy. Fripiers et Tailleurs.

Confiseurs. Vm sont ceux qui « font et vendent des cunlitures sèches et liquides, sirops, dragées, gelées, marmelades, et généralement tontes espèces de fruits secs et contits * ». Parmi les inncjnibraliles produits qu'ils débitaient, et que sous-enlend cette définition, je citerai :

Le chocolat.

Les glaces.

Les gaufres.

Les marrons glacés.

Les mousses à la vanille, à l'anis, à la canelle.

Les gimblettes.

Les massepains.

Les meringues.

Les pralines.

Les pastilles à la Dauphine, au tamis, en cornet,

1 C''.s noms .sont ainsi urllio^rapliiés dans le texte: M.iiili'lclHTi, Oevisi, I.eif^iii, (Icmrnai, Miaus, Acy on Meucien, Senliz, HiauiiioMl, l'onlaize, l'oi.^si.

^ Af/ichi's^ nnnùiices ff iiris liirrrs, n" du -I avril 1770, p. 55.

■"* Miroir lie l'ancien et iln nolirenu l'nris, t. ^^ p. *240.

4 Almuntieh Dauphin pour 1777,

au cachet, transparentes, de vanille, de safran, d'œillels, de roses, d'ambre gris, de cachou.

Les crèmes glacée, blanche, brûlée, aux pistaches, au chocolat, a la vanille, aux amandes, aux noyaux, au thé, an café.

Les sorbets de citrons, d'oranges, de raisins, de café, de roses, d'oeilleLs, dépêches, d'abricots, de prunes, etc.. etc.

Dès le seizième siècle, ce commerce était centralisé dans la rue des Lombards ' . Au dixhuitième, on y citait surtout le lidèle berger, dont la réputation fut durable, et le qrand monarque. Au mois dejanvierde chaque année, les confiseurs en vogue avaient l'habitude d'exposer quelque chef-d'œuvre capable d'attirer la foule. En 1780, \p grand inonarqtte t'\]ittiin \\n combat naval; en 1781 on admira à son étalage « les cérémonies qui se sont observées à la naissance du DaUphin ^, où tous les princesel princesses sont représentés''». En 1788, le confiseur Berthélemol, qui demeurait rue de la Vieille-Lanterne, exposa « l'arrivée de Télémaque dans l'île de Calypso, sujet bien choisi qu'il a rendu avec intérêt* ».

Les confiseurs appartenaient à la corporation des épiciers.

Confituriers. << Quelques-uns mettent de la difTérence entre le confiseur et le confiturier, prétendant que le confiseur est celui qui fait effectivement les confitures qu'il vend, et le confiturier celui qui fait cnmiuercedes confitures qu'il n"a pas faites. Cependant, dans l'usage, et même dans le négoce de coiditures, on ne fait pas cette distinction, et confiseur et confiturier y ont une même signification ' ».

Confréries. La corporation, association civile, devait son origine à la nécessité de défendre des intérêts communs, de maintenir des privilèges lentement acquis. La confrérie, quoique formée des mêmes éléments, constituait une association religieuse et charitable. La corporation avait pour syndjole une bannière, la confrérie y sid]stituail ini ciertre ou un bâton. Les statuts (le la corporation s'adressaient surtout au citoyen et à l'artisan, ceux de la confrérie à l'honnue et au chrétien. A cela près, la confrérie faisait partie intégrante delà corporation, ne s'en distinguait que par son but et son organisation.

Parfois, dans une même communauté, maîtres et ouvriers avaient créé une confrérie distincte, parfois aussi certaines confréries , celle des drapiers et des bouchers par exemple, admettaient des personnes étrangères à la corporation ; d'autres métiers, les orfèvres entri' autres, avaient plusieurs confréries. Le Calendrier des confréries, publié en 1()21 fournit la liste d'environ cent quatre-vingts confréries, avec le nom du patron sous lequel chacune était placée, ainsi que l'indication de l'égli.se et du jour où elle était fêtée.

' /.e litre eommuilr pour 101)2, I. 1. p. 300. ï Murt on juin 1789.

■I MrMuires secrets dits do Bacliaumont, I. XV, p. 15 il I. XVIll, p. 223.

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