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ACADÉMIE FRANÇAISE. — SUN ktablissf.mbht (n Mars i635). — Il est singulier que le parlement n'eût pas hésité à casser et annuler le mariage de l'héritier du royaume, contracté du consentement de sa mère, célébré selon toutes les formalités de l'église, et qu'il refusât constamment, pendant dix-huit mois, l'enregistrement des lettres-patentes qui établissaient l'académie française. Les uns crurent qu'après un arrêt rendu en faveur de l'université et d'Aristote , cette compagnie craignait qu'une société d'hommes éclairés , encouragés par l'autorité royale, n'enseignât des nouveautés. D'autres pensèrent que le parlement ne voulait pas qu'en cultivant l'éloquence inconnue chez les Français , la barbarie du style du barreau devint un sujet de mépris. D'autres enfin imaginèrent que le parlement , mortifié tous les jours par le cardinal , voulait à son tour lui donner des dégoûts.
Le Vassor, compilateur grossier, qui a fait un libelle en dix - huit volumes , de l'histoire de Louis xm , dit que « l'établissement de l'académie est une preuve de la tyrannie du cardinal. 11 ne put souffrir que d'honnêtes gens s'assemblassent libre* ment dansWe maison particulière. »
On sent bien que cette imputation ne mérite pas d'être réfutée ; mais on ne doit pas perdre ici l'occasion de remarquer que cet écrivain aurait dû mieux profiter des premières leçons de l'académie ; elles lui auraient appris à écrire d'un style moins barbare, avec un fiel moins révoltant , d'une manière plus judicieuse , et à ne pas blesser à la fois la vérité , la langue et le bon sens.
L'érection de l'académie française était une imitation de celles d'Italie, et d'au-
tant plus nécessaire que tous les genre* d'éloquence, et surtout ceux de la chaire et du barreau , étaient déshonorés alors par le mauvais goût et par de très mauvaises études , pires que l'ignorance des premiers siècles. La barbarie , qui couvrait encore la France , ne permettait pas aux premiers académiciens d'être de grands hommes ; mais ils frayaient le chemin à ceux qui le devinrent. Ils jetèrent les fondemens de la réforme des esprits. Il est très- vrai qu'ils enseignèrent à penser et à s'exprimer. Le cardinal de Richelieu rendit, par cette institution, un vrai service à la patrie.
Si le parlement différa une année entière d'enregistrer les lettres, c'est qu'il craignait que l'académie ne s'attribuât quelque juridiction sur la librairie. Le cardinal fit dire au premier président Le Jai, qu'il aimerait ces messieurs comme ils l'aimeraient. Enfin , quand cet établissement fut vérifié, le parlement ajouta aux patentes du roi que l'académie ne connaîtrait que de la langue française et des livres qu'elle aura faits , ou qu'on exposera à son jugement. Cette précaution,
Ï irise par le parlement, prouve asses que 'érection de l'académie avait donné quelque ombrage. Elle n'en pouvait donner, n'ayant que des privilèges honorables, aucun d'utile , et son fondateur même ne lui ayant pas procuré une salle d'assemblée. ( Histoire général*. )
ALBÉRONI ( le Cardinal). —sa confia atios , en 1^18. — Le cardinal Albéroui, premier ministre d'Espagne , se mit en tète de bouleverser l'Europe, et fut sur le point d'en venir à bout. Il avait en peu d'années rétabli les finances et les forces de la monarchie espagnole ; il forma le