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blait les Français an moins autant que. leur roi, fit ce que la défaite d'Azincourt
En 1410 , il devient avocat du roi au parlement. C'était dani le temps où le grand schisme d'Occident agitait tonte l'Europe. Juvenel soutient que le roi a droit d'assembler son clergé, d'y présider, et, après l'avoir consulté, de choisir le pape qu'il voudra reconnaître; maximes qui annoncent des idées supérieures à son siècle.
Le due de Lorraine avait fait abattre les armes de France placées dans des terres qui relevaient du roi. Le parlement de Paris le condamna par contumace à la confiscation de ces terres et aubannîssement. Cependant le duc arrive à la cour, protégé par te due de Bourgogne, alors tout-puissant. Le parlement dépure au roi pour lui taire sentir la nécessité de maintenir son arrêt. Juvenel arrive avec la députation au palais du roi , à l'instant même où le duc de Bourgogne allait lui présenter le duc de Lorraine. Il expose avec force tes motifs du parlement. Le duc de Bourgogne , indigné de se voir arrêté par l'activité et le courage de Juvenel: e Jean Juvenel, lui dit-il, ce n'est pas ainsi qu'on agit. •
« Si fait , Monseigneur, » dit Jean Juvenel , et
il ajouta: « Que tous ceux qui sont bons citoyen 1 se joignent à moi , et que les antres resteut avec M. de Lorraine. » Le due, étonné , quitte la main du duc de Lorraine, se joint à Juvenel, et le duc de Lorraine est obligé d'implorer la clémence du roi. Avouons que ce trait vaut bien celui de Popiliua.
Après l'assassinat du duc d'Orléans, le duc de Bourgogne , maître de Paris, livrait aux bourreaux ceux des Armagnacs qui n'avaient pu s'échapper. Une troupe de scélérats à ses ordres emprisonnait , forçait à des rançons , assassinait ceux qu'on n'osait ou qu'on ne daignait pas livrer à na supplice publie. Le roi, la reine, le dauphin, Louis, gendre du duc de Bourgogne, étaient prisonniers , et exposés à l'insolence de satellite» Bourguignons. Juvenel ose concevoir seul l'idée de les délivrer et de sauver l'état. Il était aimé du peuple , et surtout de celui de son quartier. II sait a la fois relever leur courage, exciter leur sèle et le contenir; et cette révolution, faite parle peuple, a' exécute sans qu'il en coûte un seul homme. Peu de jours après il sauve le roi, que le duc de Bourgogne voulait enlever, sous prétexte de le mener k la chasse. Ainsi, au milieu d'un peuple révolté, de princes, de grands accompagnés de troupes armées, agitées par l'ambition et par la haine, un seul homme rétablit la paix, et tout lui obéit sans qu'il ait d'autre forco que celle que donne la vertu.
Le dauphin , Louis , fut à la tête des affaires, et Juvenel devint son chancelier. On déclara la guerre au due de Bourgogne, à qui Juvenel avait eu la générosité de laisser la liberté lors du tumulte de Paris. On reprit sur lui tout le pays dont il s'était emparé, depuis Compiègne jusqu'à Aras. Le roi fit en personne le siège de cette ville ; et le due de Bourgogne, battu en voulant la secourir, demanda la paix , en consentant de remettre Arras, Juvenel fit conclure cette paix. Ce fut le dernier service qu'il rendit à son pays. Il était chancelier* du dauphin. On lui présenta des lettres qui contenaient des dons excessifs accordés par ce prince : il refusa de les sceller, et perdit sa Wace. Lors de la prise de Pans par le duc de
n'avait pu faire. Deux dauphins étaient morts ; le troisième , qui fut depuis le roi Charles vu, alors âge de seize ans, tachait déjà de ramasser* les débris de ce grand naufrage. La reine sa mère avait arraché de son mari des lettres patentes qui lui laissaient les rênes du royaume. Elle avait à la fois la passion de s'enrichir, de gouverner et d'avoir des amans. Ce qu'elle avait pris à l'Etat et à son mari était en dépôt en plusieurs endroits, et surtout dans les églises. Le dauphin et les Armagnacs, qui déterrèrent ces trésors, s'en servirent dans le pressant besoin où l'on était. A cet affront qu'elle reçut de son lils, le roi, alors gouverné par le parti du dauphin, en joignit un plus cruel. Un soir, en rentrant chez la reine, il trouva le seigneur'de Iioishourdon qui en revenait; il le fait prendre sur-le-champ. On lui donne la question, et, cousu dans un sac, on le jette dans la Seine. On envoie incoutinent la reine prisonnière à Blois, de la à Tours, sans qu'elle puisse voir son mari. Ce fut cet accident, et non la bataille d'Azincourt , qui mit la couronne de France sur la tête du roi d'Angleterre. La reine implore le secours du duc de Bourgogne.
Ce prince saisit cette occasion d'établir son autorité sur de nouveaux désastres.
£i4»8] Il eulève la reine à Tours, ravage tout sur son passage , et conclut enfin sa ligue avec le roi d'Angleterre. Sans celte ligue il n'y eût point eu de révolution. Henri v assemble enfin vingt-cinq mille hommes, et débarque une seconde
gue, Juvcncl était dans la ville, attaché au parti du roi, contre la cabale du duc. Il «"attendait à périr. 11 était douteux même crue le duc de Bourgogne, qui lui devait la vie, 1 eut épargné. Jamais tyran peut-être n'a uni tant de fausseté, de noirceur et de férocité; et il est difficile de supposer qu'un mouvement de vertu ait pu lui échapper. Mail Juvenel avait également sauvé Dcbar, l'un de* généraux du duc de Bourgogne, le môme qui, avec Chatelus et l'Ile- Adam, l'étaient rendu ai célèbre» par leurs pillages, leurs exactions et leurs cruautés. Debar avertit Juvenel de se sauver.
On ne parla plus de lui après cette époque. Ses services furent récompensés dans ses entons : l'un fut chancelier; un autre, archevêque de Reims, a donné une histoire de ces temps malheureux, où il y a plus de patriotisme et moins de superstition qu'on devait en attendre. Il a le courage de louer «on père de ce qu'il avait osé dire contre les prétentions du clergé.
Celte famille est éteinte ; les deux dernières hériiiï-res se sont silices dans les maisons de ilarrille et de Saint-Chamans du Pescht*.
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fui» en Normandie. 11 avance du côté de Paris, tandis que le duc Jean de Bourgogne est aux portes de cette vill< y dans laquelle un roi insensé est en proie fc toutes les séditions. La faction du due de Bourgogne y massacre en un jour k connétable d'Armagnac, les archevêque?»
de Reims et de Tours, cinq évêques, l'abbé de Saint-Denis, et quarante magistrats.La reine et le duc debourgogne font à Paris une entrée triomphante au milieu du carnage. Le dauphin fuit au delà de kl Loue , et Heuri v est déjà maître de toute la Normandie. [i4i 8] Le parti qui tenait pour le roi, la reine, le duc de Bourgogne, le dauphin , tous négocient avec l'Angleterre à la fois; et la fourberie est égale de tous côtés.
C 1 4 » 9Ï Lc K'une dauphin , gouverné alors par Tanneguy du Chatcl, ménage enfin cette funeste entrevue avec le du oc Bourgogne surir pont de Monter**!.
Chacun d'eux arrive avec dix chevaliers. Tanneguy du Châtel y assassine le duc de Bourgogne aux yeux du dauphin.
Ainsi le meurtre du duc d'Orléans est vengé enfin par un autre meurtre, d'au tant plus odieux que Pmaaniml était joint à la violation de la foi publique (\
(*) Peu da jours avant l'assassinat du due d'Orléans, le due de Bourgogne et lui avaient communié de la même hostie , sur laquello ils s'étaient juré une amitié éternelle.
T.n mort du due de Bourgogne Jean fut-elle l'effet d'une trahison nu du hasard?
Nous croyons la seconde, opinion plus vraisemblable, et voici nos raisons :
Charles VIT a été un prince faible; mats on ne lui a reproché aucune action atroce. Le due de Bourgogne s'était souillé de toutes les espèces de crimes.
Il est donc plus naturel de soupçonner le due d'avoir voulu se saisir du dauphin , que la dauphin d'avoir formé le complot de 1 assassiner.
Charles nia que le meurtre du duc de Bourgogne fût prémédité. Tanneguy du Châtel fit faire la même déclaration sur sa foi de chevalier au fils et à la veuve du duc de Bourgogne. Il s'offrit à le maintenir par les armes contre denx chevaliers, et personne n'accepta le défi. Jamais ni l'un ni l'autre no varièrent dans leurs déclarations.
Parmi le grand nombre do chevalier» attachés au duc de Bourgogne, aucun n'osa entreprendre de le venger ; et il est bien vraisemblable que c'était , non par lâcheté , mais d'après l'idée superstitieuse qui faisait croire que Dieu accordait la victoire à la cause de la vérité.
Le duc de Bourgogne avait cependant avoué hautement l'assassinat du duc d'Orléans. Il avait fait soutenir, par le cordelier Jean Petit , quo c'était une bonue action.
Pourquoi , si le dauphin eût vengé ce crimo par
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On serait presque tenté de dire que ce meurtre ne fut point prémédité , tant on
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avait mal pris ses mesures pour en soutenir les suites. Philippe-le-1
-Bon, nouveau
an crime semblable , n'eût-il pat avoué qu'il avait traité le duc de Bourgogne suivant ae« propret principes? Tanneguy du Cbâtel était an nomme d'une grande générosité. Charles VII fut obligé de letacrifier au eonnétable de Riobemond. Tanneguy te retint dans la ville d'Avignon sans se plaindre , après avoir même exhorté le roi à faire a ses dépens cette réconciliation nécessaire. Dans ce temps de barbarie, un homme de ce caractère pouvait tramer un assassinat ; mais il n'est pat vraisemblable qu'il l'eût nié. Au contraire , il eût mis de la hauteur à t'en charger, pour disculper le dauphin. Attaché au duc d'Orléans assassiné par Jean de Bourgogne, il eût déclaré qu'il avait vengé ton ami.
On a prétendu que Tanneguy s'était vanté de ce meurtre ; qu*il portait la hache avec laquelle il avait frappa le duc. Mais , ou la pièce qui rapporte ce fait ne regarde pat du Châtel , ou elle n'est digue d'aucune créance. Tanneguy du Châtel,qui avait, en 1404, fait une descente en Angleterre, à la tète de quatre cents gentilshommes, pour venger la 1 ton frère, qui, la même année, en repouslet Anglait, qui étaient venus à leur tour en ie , avait tué leur général de sa main , peutil être désigné, vers 14*0, comme un m bâtard naguère valet de cuisine et de chevauxà Paris ? a
On a compté la dame de Gyac, maiïresse du due de Bourgogne , parmi les complices , parce qu'après la mort du duc, elle se retira dans les terres du dauphin , pour échapper à la vengeance de la duchesse. Cette accusation n* est-elle pas absurde? Que pouvait offrir le dauphin à cette femme, pour la dédommager de ce qu'il lui fesait perdre?
La dame de Gyac avait conseillé au duc de Bourgogne d'accepter la conférence de Montereau. C'en était assez pour que la duchesse la crût coupable j mais cela ne prouve rien contre elle.
On a instruit un espèce de procès contre let meurtriers ; devant qui? devant les officiers de la maiton du duc de Bourgogne. Qui a-t-on entendu ?
10 Trois des dix seigneurs qui l'ont accompagné , et de ces trois , deux disent ne pat tavoir comment la chose s'est passée. Un seul dit avoir vu frapper le duc par du C h à tel : mais aucun des trois ne parle des circonstances quf ont pu occasionner le tumulte ;
a° Seguinat , secrétaire du duc , long-temps retenu à Bourges par le dauphin , comme prisonnier. Il était entré dans let barrières. Son récit ett trèt détaillé, et il est le seul qui charge le dauphin ;
30 Deux écuyersdu sire de soailles, de la maison de Foix. Cet éouyert n'ont rien vu ; mais ils déposent ce qu'ils ont entendu dire au tire de Koailles, qui, blessé en même-temps que le duc, mourut trois jours après. Cette déposition n'est pas faite comme les autres , devant une espèce de tribunal; cest une simple déclaration par-devant no • taire ; déclaration écrite en latin , tandjs que les nui es «om en français, ce qui prouve qu'elle n'a pas été dictée parlas deux écuyers. Pourquoi , au lieu de ces discours tenus à ses écuyert , n'a-t-on pas son testament de mort? S'il existe, est-il conforme à la déclaration des deux écuyert?
Le dauphin et le duc devaient être accompagnés chacun de six personnes. Le dauphin était faible, peu accoutumé aux or m ci ; le duc de Bourgogne
était très fort. Cependant le dauphin lui, parmi les dix, trois hommes de robe sans armes. Ce serait la première fois que, dans un. assassinat prémédité , on aurait prit volontairement des gens inutiles.
Le duc Philippe voulait faire périr sur unéchafaud les meurtriers de ton père. Le roi d'Angleterre Henri V avait entre ses mains Barbasan et Tanneguy du Châtel , let deux hommes que la faction bourguignonne haïssait le plus. Jamais il ne voulut consentira les livrer au duc, et il les relâcha, quoique les meurtriers du duc de Bourgogne fustent exceptés de toute capitulation. Henri V était fourbe et féroce ; il avait besoin du duc do Bourgogne. Il fallait donc que lui et les Anglais qui I accompagnaient fussent bien convaincus de l'innocence de ees deux hommes.
Charles, duc de Bourbon, gendre du due, était avec lui. Il suivit le dauphin, et combattit pour lui dans la même année en Languedoc , où il prit Béxiers. Est-il vraisemblable» qu il eût tenu cette conduite , s'il eût vu le dauphin faire assassiner son beau-père sous sea yeux ?
Les partisans du dauphin ont prétendu que, le duc de Bourgogne ayant proposé au dauphin de venir vert ton père, et que le dauphin l'ayant refuté, aprèt quelques discours, le sire de Noaiilc* saisit le dauphin et mit la main snr sots, êpéc ; qu'ai on Tanneguy emporta le dauphin dans «es bras, et lui aauva une seconde fois la liberté et la vie (car ce fut lui qui, lorsque le duc de Bourgogne entra dans Paris et fit le massacre des Armagnacs, prit le dauphin dans ton lit, et l' emporta tur sou cheval à Vincennes) ; que les autres tuivans du dauphin se retirèrent , excepté quatre , qui tuèrent le due de Bourgogne et le tire de Noailles. Ce récit est beaucoup plus vraisemblable que ceux de la faction bourguignonne.
De tes quatre , trois avouèrent qu'ils avaient tué le duc de Bourgogne, parce qu'ils avaient vu qu'il voulait faire violence au dauphin. Un d'eux, ancien domestique du due d'Orléans, te vantait d'avoir coupé la main du duc Jean , eomme il avait eoupé celle de ton maitre. Le quatrième avoua qu'il avait tué le sire de Noailles , parce qu'il lui avait vu tirer à demi son épée. Voyca l'Histoire de Charles VI, par Juvenel des Ursins.
Nous croyons doue que l'on doit regarder le dau-
{>hin et Tanneguy du Chfttël comme absolument nnocens , non seulement de l'assassinat prémédité, mais même du meurtre du due Jean ; qu'il n'y eut rien de prémédité dans cet assassinat, qui n'eut pour cause que l'imprudente trahison du due de Bourgogne , qui voulait profiter de la faiblesse du dauphin pour le forcer de le suivre, et la haine violente que lui portaient d'anciens serviteurs du duc d'Orléans, qui saisirent ce prétexte pour te tuer.
Nos historiens ont presque tout aecuté le dauphin et du Chfttel, parce que, si en en excepte Juvenel des Ursins, tout let historiens du temps étaient ou sujets ou partisans de la maison de Bourgogne.
Voycx dans les Essais historiques sur Paris, par M. de Saint-Foîx , une dissertation trèt inlov restante sur ce point de notre histoire.
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duc de Bourgogne , successeur de son père, devint un ennemi nécessaire du dauphin, par devoir el par politique; la reine sa mi re, outragée, devint une marâtre implacable; et le roi anglais, fum'itant de tant d'horreur», disait que Dieu l'amenâ t par la main pour punir les français. [1420] Isabelle de Bavie.e ei le nouveau duc Philippe conclurent à Troyes une paix plus funeste que toutes "les guerres précédentes , par laquelle on donna Catherine, fifle de Charles vi , pour épouse au roi d'Angleterre , avec la France en dot.
Il futstipulé dès lors même que Henri v serait reconnu pour roi, mais qu'il ne prendrait que le nom de régent pendant le reste de la vie malheureuse du roi de France devenu entièrement imbécille.
Enfin, le contrat portait qu'on poursuivrait naos relâche celui qui se disait dauphin de France. Isabelle de Bavière conduisit son malheureux mari et sa fille à Troyes, où le mariage s'accomplit. Henri, devenu roi de France, entra dans Fans paisiblement, et y régna sans contradiction, tandis que Charles vi était enfermé avec ses domestiques à l'hôtel de Saint-Paul, et que la reine Isabelle de Bavière commençait déjà à se repentir.
[i4?.o] Philippe, duc de Bourgogne, fit demander solennellement justice du meurtre de son père aux deux rois, à l'hôtel de Saint-Paul , dans une assemblée de tout ce qui restait de grands. Le pro- «ureur général de Bourgogne, Nicolas ttaulin , un docteur de l'université , nommé Jean Larcher, accusent le dauphin.
Le premier président du parlement de Paris et quelques députés de son corps assistaient à cette assemblée. L'avocat général ^ Mai igni prend des conclusions contre l'héritier et le défenseur de la couronne, comme s'il parlait contre un assassin ordinaire. Le parlement fait citer le dauphin à ce qu'on appelle la table de marbre. C'était une grande table qui servait, du temps de saint Louis , à recevoir les redevances en nature des vassaux de la tour du Louvre, et qui resta depuis comme une marque de juridiction. Le dauphin y fut condamné par contumace, fcn vain le président Hénaut , qui n'avait pas le courage du président de Thou a
avéré dé8"isCr CC ,ait; U n'est ^ue troP
C'était une de ces questions délicates «t difficiles à réioudre , de savoir par qui
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le dauphin devait être jugé; si on pou- £l a Jo. clique; si , le meurtre du duc d Orléans n'ayant point été vengé, iassassiuat du meurtrier devait l'être On a vu longtemps après, en Espagne,' Philippe 11 faire périr son lils. Cosme f duc de Florence , tua l'un d,- ses eufans qui avait assassiné l'autre. Ce fait est très vraion a contesté très mal à propos à Varillai cette aventure ; le président de Thou fait assez entendre qu'il en fut informé sur les heux. Le crai Pierre a f.it de nos jours condamner son (ils à la mort • exemples all'reux, dans lesquels il ne s agissait pas de donner l'héritage du fils à un étranger! 8
> oilà donc la loi salique abolie , Fhé„\ tier du trône déshérite et proscrit, le gendre régnant paisiblement , et enlevant I héritage de son beau-frère, comme depuis on vit, en Angleterre, Guillaume , prince d'Orange, étranger, déposséder le père de sa femme. Si cette révolution avait duré comme tant d'autres, si les successeurs de Henri v avaient soutenu 1 édifice élevé par leur père, s'ils étaient aujourd'hui rois de France, y aurait-il un seul historien qui ne trouvât leur cause juste ? Hâterai n'eût point dit eu ce cas que Henri v mourut des hémorroïdes en punition de s'être assis sur le trône des rois de France. Les papes ne leur aurai eut ils pas envoyé bulles «ur bulles ? IN 'auraient-ils pas été les oints du Seigneur? La loi salique n'atirait-cllc cas été regardée comme une chimère? Que de bénédictins auraient présenté aux rois de la race de Henri v de vieux diplômes contre cette loi salique! que de beaux esprits l'eussent tournée en ridicule! que de prédicateurs eussent élevé jusqu'au ciel Henri v vengeur de l'assassinat et libérateur de la France !
™ ~~ ( Essai sur ks Mœurs. ) OTHON, empereur d'Allemagne. — sk vkkcr do sAiifT siiîGR ( i3 février 062 ) — Othon entra en Italie, et il 8'v conduisit comme Charlemagne. Il vainquit Beranger qui en affectait la souveraineté. [96a] 11 se fit sacrer et couronner empereur des Romains par les mains du pape, prit le nom de César et d'Auguste, et obligea le pape à lui faire serment de fidélité, sur le tombeau dans lequel on dit que repose le corps de saint Pierre.
Le pape s'étant ainsi donné un maîtie , quand il ne voulait qu'un protecteur, lui fut bientôt infidèle. Il se ligua contre
oui
l'empereur arec Béranger même, réfugié chex des mahomctaos qui venaient de te cantonner sur les cote* de Provence. 11 fit venir le fils de Béranger à Rome, tandis qu'Othon était à Pavic. 11 envoya chea les Hongrois pour les solliciter a rentrer en Allemagne ; mais il n'était pas assez puissant pour soutenir cette action hardie , et l'empereur l'était assez pour le punir.
Othon revint donc de Pavie à Rome ; et, s étant assuré de la ville , il tint un concile dans lequel il fit juridiquement le procès au pape. On assembla les seigneurs allemands et romains, quarante évêques, dix-sept cardinaux dans l'église de Saint- Pierre; et là, en présence de tout le peuple , on accusa le saint-père d'avoir joui de plusieurs femmes , et surtout d'une nommée Eticnnctte, concubine de son père, oui était morte en couche. Les autres chefs d'accusation étaient, d'avoir fait évêque de Lodi un enfant de dix ans , d'avoir vendu les ordinations et les bénéfices , d'avoir fait orever les yeux à son parrain , d'avoir châtré un cardinal , et ensuite de l'avoir fait mourir; enfin de ne pas croire en Jésus-Christ , et d'avoir invoqué le diable ; deux choses qui semblent se contredire. On mêlait donc, comme il arrive presque toujours , de fausses accusations à de véritables ; mais on ne parla point du tout de la seule raison pour laquelle le concile était assemblé. L empereur craignait sans doute de réveiller cette révolte et cette conspiration dans laquelle les accusateurs même du pape avaient trempé. Ce jeune pontife , oui avait alors vingt-sept ans, parut dépose pour ses incestes et ses scandales, et le fut en effet pour avoir voulu , ainsi que tous les Romains , détruire la puis-, sanec allemande dans Rome.
Olbon ne put se rendre maître de sa personne ; ou , s'il le put, il fit une faute en le laissant libre. A peine avait-il fait élire le pape Léon vm , qui, si l'on en croit le discours d'Arnoud , évêque d'Orléans, n'était ni ecclésiastique ni môme chrétien, à peine en avait-il reçu l'hommage, et avait -il quitté Rome, dont probablement il ne devait pas s'éearter, que Jean xn eut le courage de faire soulever les Romains; et, opposant alors concile à concile, on déposa Léon vin ; on ordonna que • jamais l'inférieur ne pourrait ôter le rang à son supérieur. » Le pape , par cette décision, n'enten-