‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 108 sur 183 · ORD · texte numérisé non relu

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cours, George ne 6e serait jamais tiré de là. (Dictionnaire philosophique.)

ORDINATION. — lavabdih aivoooB

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— Si un militaire , chargé par le roi de France de conférer l'ordre de Saint-Louis à un autre militaire n'avait pas, en lui donnant la croix , l'intention de le faire chevalier, Je récipiendaire en serait -il moins chevalier de Saint-Louis ? non sans doute.

Pourquoi donc plusieurs prêtres se firent-iJs réordonner après la mort du fameux Lavardin , évôque du Mans ? Ce sinsingulier prélat, qui avait établi l'ordre des Coteaux \ s'avisa, à l'article de la mort, d'une espièglerie peu commune. Il était connu pour un des plus violens esprits forts du siècle de Louis xiv; et plusieurs de ceux auxquels il avait conféré l'ordre de la prêtrise lui avaient publiquement reproché ses sentiment. Il est naturel qu'aux approches de la mort une âme sensible et timorée rentre dans la religion qu'elle a reçue dans ses premières années. La bienséance seule exigeait que l'évêque édiOât, en mourant, ses diocésains que sa vie avait scandalisés; mai* il était si piqué contre son clergé, qu'il déclara qu'aucun de ceux qu'il avait ordonnés n'était prêtre en effet, que tous leurs actes de prêtre étaient nuls , et qu'il n'avait jamais eu l'intention de donner aucun sacrement.

C'était, ce mesemble, raisonner comme un ivrogne; les prêtres manceaux pouvaient lui répondre : « Ce n'est pas votre intention qui est nécessaire, c'est la nôtre. Nous avions une envie bien déterminée d'être prêtres ; nous avons fait tout ce qu'il faut pour l'être ; nous sommes dans la foi; si vous n'y avez pas été , il ne nous importe guère. La maxime est , quidquid recipitur ad modum récipient t$, redpiiur et non pas ad modum dantis. Lorsque notre marchand de vin nous a vendu une feuillette , nous la buvons , quand même il aurait l'intention secrète de nous empêcher de la boire : nous serons prêtres malgré votre testament. »

Ces raisons étaient fort bonnes : cependant la plupai t de ceux qui avaient été ordonnés par l'èvèqne Lavardio, ne se

* C'était un ordre de gourmet*. Lei ivrogne* étaient alon fort à la mode ; l'évolue du Man» était a lent tête.

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crurent point prêtres, et se firent ordon ner une second fois. Mascaron, médiocre et célèbre prédicateur, leur persuada, par ses discours et par son exemple, de réitérer la cérémonie. Ce fut un grand scandale au Mans, à Paris et à Versailles. Il fut bientôt oublié, comme tout s'oublie. ( Dictionnaire philosophique. ) ORLEANS (le duc d'j — kst assassiwb

PAB JBAN, dttC DB BOUBGOGNB (1407.)

Personne n'ignore que Jean, duc de Bourgogne, fit assassiner son cousin, le duc d'Orléans, frère du roi, dans la rue Barbette. Le roi n'était ni assez maître de son esprit , ni assez puissant pour faire justice du coupable. Le duc de Bourgogne daigna cependant prendre des lettres d'abolition. Ensuite il vint à la cour faire trophée de son crime, liassent bla tout ce qu'il y avait de princes et de rands, [i4o8]et, en leur présence, le octeur Jean Petit, non seulement justi fia la mort du duc d'Orléans , mais il établit la doctrine de Y homicide , qu'il fonda sur l'exemple de tous les assassinats dont il est parlé dans les livres historiques de l'Ecriture. Il osait faire un , dogme de ce qui n'est écrit dans cet* livres que comme un événement, au lieu d'apprendre aux hommes, comme on l'aurait toujours dù faire , qu'un assassinat, rapporté dans l'Ecriture, est aussi détestable que s'il se trouvait dans les histoires des sauvages, ou dans celle du temps dont je parle. Cette doctrine fut condamnée, comme on a vu, au concile de Constance, et n'a pas moins été renouvelée depuis.

C'est vers ce temps-là que le maréchal de Boucicaut laissa perdre Gêne* , qui s'était mise sous la protection de la France. Les Français y furent massacrés comme en Sicile. L'élite de la noblesse qui avait couru se signaler en Hongrie contre Bajazet [i4»o] , l'empereur des Turcs, avait été tuée dans la bataille malheureuse que les chrétiens perdirent.

Mais ces malheurs étrangers étaient peu de chose en comparaison de ceux de l'état.

La femme du roi, Isabelle de Bavière, avait un parti dans Paris; le duc <le Bourgogne avait le sien ; celui des enfans du duc d'Orléans était puissant: le roi seul n'en avait point. Mais ce qui' fait voir combien Paris était considérable, et comme il était le premier mobile du royaume , c'est que le duc de Bourgogne,

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qui joignait à l'Etat dont il portait le i la Flandre et l'Artois, mettait loule sou ambition a Être le maître de Paris. Sa l'action » 'appelait celle des Bourguignons; celle d'Orléans était nommée des Armagnacs, du nom du coailc d' Armagnac , beau-père du duc d'Orléans, OU de celui

2ui avait été assassiné dans Paris. Celle es deux qui dominait lésait tour à tour conduire au gibet, assassiner, brûler ceux de la faction contraire. Personne ne pouvait s'assurer d'un jour de vie. On se nattait dans les rues, dans les églises, dans les maisons, à la campagne

£i4i5] L'esprit de vertige , qui trou-

(*) Ce siècle d'horreur a cependant produit un magistrat dont la vie eut honoré de* temps plus heureux. Il était de ce petit nombre d'hommes qui doivent leur vertu & leur conscience et à leur raison, et non aux opinions de leur siècle. C'est de Jean Juvenel des Vrsins , que nous parlons. Né ta ni fortune, il fut d'aboid avocat (car, soit qu'il descendit réellement des TJrains d'Italie, soit que cette origine fût unefable dont on a flatté depuis la vanité de ses enfan* , il cet certain qu'il subsista long-temps de cette profession) ; sa réputation de probité et de courage lui fit donner par Charles Vf, alors gouverné par des ministres vertueux, la place de prévôt des marchands, long-temps sup- / primée, et qu'on erut devoir rétablir. A peine revêtu de cette charge, il voit que des moulins, construits par les seigneurs sur les rivières de Marne et de Seine, gênent la navigation. La puissance de ces seigneurs, leur crédit dans le parlement, ne l'arrêtent point; il sollicite un arrêt qui ordonne la destruction des moulins et le remboursement de leur valeur au denier dix ; il l'obtint ,

Farce qu'on espère faire naître des obstacles à exécution. Mais la nuit même tous les moulins sont abattus , et la subsistance du penple assurée. Tendant la pemière attaque de folie de Charles VI, les princes s emparèrent du gouvernement. On persécuta les ministres ; on ôta l'épée de connétable à Clisson. Nogent et La Rivière furent emprisonnés. Juvenel prit leur défense et les sauva. Le due de Bourgogne, Philippe, inité contre lui, veut le foire décapiter dans les Halles. C'était alors le sort des gens en place disgraciés , comme l'exil il 7 a quelque temps , et maintenant l'oubli. On suborne des témoins contre lui. Juvenel était cher au peuple. Un cabaretier, qui avait surpris le cahier des informations (car c'était au cabaret que se traitaient les intrigues du gouvernement) s'expose à tout pour l'avertir. Juvenel , instruit , ne laisse pas le temps d'accomplir le projet, se présente hardiment aux princes, et réduit ses adversaires au silence. Echappé de ce danger, il conserve tout son courage. Attaché au roi et à l'état , au milieu des factions des Orléanftia et des Bourguignons , il ose reprocher nu duc d'Orléans ses dissipation* , sa légèreté et ses débauches, et lui en prédire les suites. S reproche avec la même franchise au duc de Bourgogne ses liaisons avec des scélérats , et son obstination à tirer vanité de l'assassinat du duc d'Or-

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