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occuper la mémoire des hommes. Cet air de grandeur dont le roi relevait toutes les actions, le bonheur rapide de toutes ses conquêtes , la splendeur de son règne , 1'idolalric de ses courtisans; enfin, le goût que le peuple et surtout les Parisiens ont pour l'exagération, joiut à l'ignorance de la guerre , où l'on est dans l'oisiveté des grandes villes; tout cela fit regarder, à Paris, le passage du Rhin comme un prodige qu'on exagérait encore. L'opinion commune était que toute l'armée avait passé ce fleuve à la nage en présence d'une armée retranchée , et malgré l'artillerie d'une forteresse imprenable, appelée le Tholus. Il était vrai que rien n'était plus imposant pour les ennemis que ce passage; et que, s'ils avaient eu un corps de Donnes troupes à l'autre bord, l'entreprise était très périlleuse. ( SiêcU de Louis XI V. )
HIIODES (siège de) pas mahomkt h — (a3 mai 1480). — Pendant trente et une années de règne , Mahomet 11 marcha de conquête en conquête , sans que les princes chrétiens se liguassent contre lui ; car il ne faut pas appeler ligue un moment d'intelligence entre Huniade, prince de Transylvanie , le roi de Hongrie « et un despote de la Russie Noire.
Sa fortune échoua contre Rhodes. Les chevaliers, qui sont aujourd'hui les chevaliers de Malte , eurent , ainsi que Scanderbeg, la gloire de repousser les armes victorieuse* de Mahomet 11.
Ce fut en 1480 que ce conquérant fit attaquer cette île, autrefois si célèbre , et «ette ville fondée très long-temps avant Rome , dans le terrain le plus heureux, dans l'aspect le plus riant, et sous le ciel le plus pur ; ville gouvernée par les enfans d'Hercule, par Danaiïs, par Cadmus; fameuse dans toute la terre par son colosse d'airain dédié au soleil , ouvrage immense jeté en fonte par un Indien , et qui, s'élevant de cent pieds de hauteur, les pieds posés sur deux môles de marbre , laissait voguer sous lui les plus gros navires. Rhodes avait passé au pouvoir des Sarrasins dans le milieu du septième siècle; un chevalier français, Foulques de Villaret, grand maître de l'ordre, l'avait reprise sur eux en i.uo; et un autre chevalier français, Pierre d'Aubusson, la défendit coutre les Turcs.
C'est une chose bien remarquable, que Mahomet 11 employât dans cette entreprise uoe foule de chrétiens renégat*. Le
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grand-visir lui-même, qui vint attaquer Rhodes, était un chrétien ; et, ce qui est encore plus étrange , il était de la race impériale des Patéologucs. Un autre chré tien, George Frupau, conduisait le siège sous les ordres du visir; on ne vit jamais de mahométans quitter leur religion pour servir dans les armées chrétiennes. D'où vient celte différence? Serait-ce qu'une religion qui a coûté une partie d'euxmêmes à ceux qui la professent, et qu'on a scellée de son sang dans une opération très douloureuse , en devient ensuite plus chère? Serait-ce parce que les vainqueurs de l'Asie s'attiraient plus de respect que les puissances de l'Europe? Serait-ce qu'on eût cru, dans ces temps d'ignorance, les armes des musulmans plus favorisées de Dieu que les armes chrétiennes , et que de là ou eût inféré que la cause triomphante était la meilleure?
Pierre d'Aubusson Gt alors triompher la sienne. II força, au bout de trois mois, le grand-visir Messith Paléologue à lever le siège. Chalcondyle, dans son Uistoirt des Turcs y vous dit que les assiçgeans, en moulant sur la brèche, virent dans l'air une croix d'or entourée de lumière, et une très belle femme vêtue de blanc; que ce miracle les alarma, et qu'Us purent la fuite, saisis d'épouvante. 11 y a pourtant quelque apparence que la vue d'une belle femme aurait plutôt encouragé qu'intimidé les Turcs, et que la valeur de Pierre d'Aubusson et des chevaliers fut ie seul prodige auquel ils cédèrent. Mais c'est ainsi que les Grecs modernes écrivaient. (Essai sur (es mœurs.)
RICHARD II, roi d'Angleterre. sa fin thaoiqub. — Le fils du Prince Noir, Richard 11, succéda à son graudpère Edouard 111, à l'âge d'onze ans; et, quelque temps après, Charles vi fut roi de France à 1 âge de douze. Ces deux minorités ne lurent pas heureuses; mais l'Angleterre fut d'abord la plus à plaindre.
Ou a vu quel esprit de vertige et de fureur avait saisi en France les habitans de la campagne du temps du roi Jean, et comme ils vengèrent leur avilissement et leur misère sur tout ce qu'ils rencontrèrent de gentilshommes , qui en eil'et étaient leurs oppresseurs. La même furie saisit les Angkus. [lôKijOn vit renouveler la guerre que Rome eut autrefois oontre les esclaves. Uu couvreur de tuiles et un prêtre tirent autant de mal à l'Angleterre que les querelles des rois et des par-
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le mens peuvent en faire. Ils assemblent les peuple» de trois provinces , et leur persuadent aisrment que les riches avaient joui assez long-temps delà terre, et qu'il est temps que les pauvres se vengent. Ils les mènent droit à Londres, pillent une partie de la ville, et font couper la tète à l'archevêque de Cantorbéry et au grand trésorier du royaume, il est vrai que cette fureur finit par la mort des chefs et par la dispersion des révoltés. Mais de telles tciu pètes, assez communes en Europe , fout voir sous quel malheureux gouvernement ou vivait alors. On était encore loin du véritable but de la politique, qui consiste à enchaîner au bien commun tous les ordres de l'état.
On peut dire qu'alors les Anglais ne savaient pas jusqu'où devaient s'étendre les prérogatives des rois et l'autorité des parlemens. Richard 11, à l'âge de dix-huit ans , voulut être despotique , et les Anglais trop libres. Bientôt il y eut une guerre civile. Presque toujours dans les autres états les guerres civiles sont fatales aux conjurés ; mais en Angleterre elles le sont aux roi*. Richard , après avoir disputé pendant dix ans son autorité contre ses sujets, fut enfin abandonné de son propre parti. Son cousin , le duc de Lancastre , petit-fils d'Edouard 111 , exilé depuis long-temps du royaume, y revint seulement avec trois vaisseaux. Il n'avait pas besoin d'un plus grand secours ; la nation se déclara pour lui. Richard 11 demanda seulement qu'on lui laissât la vie et une pension pour subsister.
[i3<)9] Un parlement lui fit son procès, comme il l'avait fait à Edouard 11. Les accusations juridiquement portées contre lui ont été conservées : un des griefs est qu'il a emprunté de l'argent sans payer; qu'il a enlretenu des espions, et qu'il a dit qu'il était le maître des biens de ses sujets. On le condamna comme ennemi de la liberté naturelle, et comme coupable de trahison. Richard , enfermé dans la Tour, remit au duc de Lancastre les marques de la royauté, avec un écrit signé de sa main, par lequel il se reconnaissait indigne de régner. Il t'était en effet ,. puisqu'il s'abaissait à le dire.
Ainsi le même siècle vit déposer solennellement deox rois d'Angleterre , Edouard u et Richard u, l'empereur Vcnceslas et le pape Jean xxm , tons quatre juçés et condamnés avec les formes juridiques.
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Le parlement d'Angleterre, ayant enfermé son roi, décerna que, si quelqu'un entreprenait de le délivrer, dès lors Richard u serait digne de mort. [i4<>o] Au premier mouvement qui se fit en sa faveur, huit scélérats allèrent assassiner le roi dans sa prison. Il défendit sa vie mieux que son trône ; il arracha la hache d'armes à l'un des meurtriers ; il en tna quatre avant de succomber. Le duc de Lancastre régna cependant sous le nom de Henri iv. L'Angleterre ne fut ni tranquille ni eu état de rien entreprendre contre ses voisins ; mais son fils, Henri vy contribua à la plus grande révolution qui fût arrivée en France depuis Charlemagne. (Essai sur les mœurs. )
RICHELIEU (le cardinal de), premier ministre du roi de France, —bbao xbajtr
QU'IL CONCLUT AVKC GCSTAVB-ADOLFH1 , EN
i63i . — La puissance de Ferdinand 11, qui fesait craindre aux états d'Allemagne leur perte prochaine , inquiétait en même temps la France, Venise, et jusqu'au pape. Le cardinal de Richelieu négociait alors avec l'empereur au sujet de Mantoue; mais il rompt le traité dès qu'il apprend que Gustave- Adolphe se prépare à entrer en Allemagne. Il traite alors avec ce monarque. L'Angleterre et les Provinces-Unies en font autant. L'électeur palatin , qui était , un moment auparavant , abandonné de tout le monde, se trouve tout d'un coup près d'être secouru par toutes ces puissances. Le roi de Danemarck, affaibli par ses pertes précédentes, et jaloux du roi de Suède, reste dans l'inaction.
Gustave part enfin de Suède, le s3 juin , s'embarque avec treiie mille hommes , et aborde en Poméranie. Il prétendait déjà cette province en tout ou en< partie pour le fruit de ses expéditions. Le dernier duc de Poméranie qui régnait alors n'avait point d'enfans. Ses états, par des actes de confraternité, devaient revenir à l'électeur de Brandebourg. Gustave stipula qu'au cas de la mort du dernier duc , il garderait la Poméranie en séqutstre , jusqu'au remboursement des frais de la guerre. Or, séquestrer une province et l'usurper, c'est h peu près la même chose. '
[i63i] Le cardinal de Richelieu no consomme l'alliance de la Fiance avec Gustave que lorsque ce roi est en Pomé- Il n'en coûta à la France que trois cent mille livres une fois payées, Cl neuf
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cent milJc par an. Ce traité est un des plus habiles qu'on ait jamais faits. Ou y stipule la neutralité pour l'électeur de Bavière , qui pouvait être le plus grand support de l'empereur. On y stipule celle de tous les états de la ligue catholique aui n'aideront pas l'empereur contre les Suédois; et on a soin de faire promettre en même temps à Gustave de conserver tous les droits de l'église romaine dans tous les lieux où elle subsiste* Par là on évite de faire de cette guerre une guerre de religion ; et on donne un prétexte spécieux aux catholiques même d'Allemagne de ne pas secouru* l'empereur. Cette ligue est signée, le a3 janvier, dans le Brandebourg. Ce traité est regardé comme le triomphe de la politique du cardinal de Richelieu et du grand Gustave.
( Histoire particulière. ) R1ENZI , notaire à Rome. — soir ■uîvATioif kt sa CBVTB ( s3 mai 1^7 ). — Nicolas Bienzi, notaire à Rome, homme cloquent, hardi et persuasif, voy ant Rome abandonnée des empereurs et des papes, qui n'osaient y retourner, s'était fait tribun du peuple. 11 régna quelques mois d'une manière absolue; mais le peuple, qui avait élevé cette idole, la détruisit. Rome depuis long-temps ne semblait plus faite pour les tribuns : mais on voit toujours cet aocien amour de la liberté aui produit des secousses , et Cjui se débat dans ses chaînes. Rienxi s'intitulait» chevalier candidat du Saint-Esprit, sévère et dément libérateur de Borne, zélateur de l'Italie , amateur de l'univers et tribun auguste* Ces beaux titres prouvent qu'il était un enthousiaste , et que par conséquent il pouvait séduire la vile populace , mais qu'il était indigne de commander à des hommes d'esprit. Il voulait en vain imiter Gracchus, comme Crescence avait voulu vainement imiter Bru tus.
11 est certain que Rome alors était une république, mais faible, n'ayant de l'ancienne république romaine que les factions. Son ancien nom fesait toute sa gloire. ( Essai sur (es Mœurs. )
ROBERT, roi de France. — soif excommuhicatiou ( 20 juillet 999). — De tous les événemens de ce temps, le plus digne de l'attention d'un citoyen est 1 excommunication du roi Robert. 11 avait épousé Berthe, sa cousine au quatrième degré; mariage en soi légitime, et, de plus, nécessaire au bien de l'état. Nous