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avons vu de nos jours des particulier!
épouser leur* nièces, et acheter au prix ordinaire des dispenses à Rome , comme si Rome avait des droits sur des mariages qui se font à Paris. Le roi de France n'éprouva pas autant d'indulgence. L 'église romaine , dans l'avilissement et les scandales où elle était plongée , osa imposer au roi une pénitence de sept ans, lui ordonna de quitter sa femme; l'excommunia en cas de refus. Le pape interdit tous les évêques qui avaient assisté à ce mariage, et leur ordonna de venir i Rome* lui demander pardon. Tant d'insolence paraît incroyable; mais l'ignorante su-
Îterstition de ces temps peutl'avok soufèrte, et la politique peut l'avoir causée. Grégoire v, qui fulmina cette excommunication , était Allemand , et gouverné par Gerbert, ci-devant archevêque de Reims , devenu ennemi de la maison de France. L'empereur Othon m , peu ami de Robert, assista lui-même au concile où l'excommm ication fut prononcée.
Tout cela fait croire que la raison d'état eut autant de part à cet attentat que le fanatisme.
Les historien*: disent que cette excommunication fit en France tant d'effet, que tous les courtisans du roi et ses propres domestiques l'abandonnèrent , et qu'il ne lui resta que deux serviteurs qui jetaient au feu le reste de ses repas, ayant horreur de ce qu'avait touché nu excommunié. Quelque dégradée que fût alors la raison humaine , ifn'y a pas d'apparence que l'absurdité pût aller si loin. Le premier auteur qui rapporte ces excès de 1 abrutissement de la cour de France, est le cardinal Pierre Damieu , qui n'écrivit que soixante-cinq ans après. Il rapporte qu'en punition de cet inceste prétendu, la reine accoucha d'un monstre; mais il n'y eut rien de monstrueux «/ans toute cette affaire , que l'audace du pape, et la faiblesse du roi , qui se sépara de sa femme. (Essai sur les mœvrt.) ROBERT, ro- de France. — tkvr tac-
LIS DBS HOMMES PO OS CBIMK n'uKaisiK, 15
ioa8. — Les hérésies semblent être le fruit d'un peu de science et de loisir. On a vu que l'état où était l'Eglise au dixième siècle ne permettait guère le loisir et l'étude. Tout le monde était armé, et oo ne se disputait que des richesses. Cependant en France, du temps du roi Robert, il y eut quelques prêtres, et entre autres un nommé Etienne, confesseur de la
seine Constance , accusé d'hérésie. On ne les appela manichéens que pour leur don" ner un nom plus odieux ; car ni eux ni leurs juges ne pouvaient guère connaître la philosophie au persan Manès. C'étaient probablement des enthousiastes , qui tendaient à une perfection outrée , pour dominer sur les esprits. C'est le caractère de tous les chefs de sectes. On leur imputa des crimes horribles , et des seotimens dénaturés, dont on charge toujours ceux dont on ne connaît pas les dogmes. [1028] Ils furent juridiquement accusés de réciter des litanies à l'honneur des diables, d'éteindre ensuite les lumières, de se mêler indifféremment, et de brûler le premier des enfans qui naissaient de ces incestes, pour en avaler les cendres. Ce sont à peu près les reproches qu'on fesait aux premiers chrétiens. Les hérétiques dont je parle étaient surtout accusés d enseigner que Dieu n'est point venu sur la terre , qu'il n'a pu naître d'une vierge , qu'il nest ni mort ni ressuscité. En ce cas, ils n'étaient pas chrétiens. Je vois que les accusations de cette espèce se contredisent toujours.
Le roi Robert et sa femme Constance se transportèrent à Orléans, oii se tenaient quelques assemblées de ceux qu'on appelait manichéens. Les évêques tirent brûler treize de ces malheureux. Le roi, ia reine , assistèrent à ce spectacle indigne de leur majesté. Jamais» avant cette exécution , on n'avait en France livré au dernier supplice aucun de ceux qui dogmatisent sur ce qu'ils n'entendent point. 11 est vrai que Priscillien, au cinquième siècle , avait été condamné à la mort dans Trêves avec sept de ses disciples ; mais la ville de Trêves, qui était alors dans les Gaules, n'est plus annexée à la France depuis la décadence de la famille de Charlemagne. Ce qu'il faut observer, c'est que saint Martin de Tours ne voulut point communiquer avec les évêques qui avaient demandé le sang de Priscillien. 11 disait hautement qu'il était horrible de condamner des hommes à la mort parce qu'ils se trompent. 11 ne se trouva point de saint Martin du temps du roi Robert.
(Essai sur les mœurs.) ROCHELLE (la). — raisx di cette viixb fax lss raAHÇAis(a8 octobre i6a8). — Trois ministres également puissans fesaient alors presque tout le destin de l'Europe : Olivarès en Espagne , Buckingham en Angleterre, Richelieu en France.